Le tir, par des terroristes, d'un missile sol-air contre un avion civil est une menace réelle. Un simple lance-roquette anti-char pourrait causer la mort de centaines de civils, assurent des spécialistes de l'armement et du terrorisme.
Depuis 2003, le gouvernement français prend en compte le risque d'emploi d'armes anti-aériennes portatives dites « MANPADS » (man portable air defense systems) contre un avion de ligne. Selon les experts, la menace liée à l'utilisation de ces armes concerne principalement l'arrivée et le départ des avions ainsi que leurs déplacements sur les pistes.
Toutefois, ce risque est limité par les contraintes liées au tir lui-même. Il doit intervenir dans un laps de temps réduit (7 à 10 secondes maximum après l'acquisition de la cible) et toucher l'un des quelques points stratégiques de l'aéronef pour maximiser les dégâts.
Au-delà de ces observations, une attention particulière a été portée sur les dispositifs de protection des zones aéroportuaires qui accueillent des vols de compagnies de pays tels que les États-Unis ou Israël. La commission interministérielle de défense aérienne (CIDA) a recommandé la mutualisation des moyens humains et matériels (surveillance aérienne par hélicoptère de l'armée de l'air et patrouilles au sol police/gendarmerie) ainsi qu'une cohérence méthodologique en matière de prévention pour l'ensemble des zones aéroportuaires répertoriées.
Des études effectuées, il est également ressorti que certains sites étaient protégés par des forêts ou des zones masquées. En effet, ces protections naturelles rendent impossible l'acquisition visuelle de la cible par l'utilisateur d'un « MANPADS ». Lorsque le milieu naturel ne permet pas cette protection, l'installation de clôtures de type « OACI » (Organisation de l'aviation civile internationale) empêche l'acquisition visuelle car une telle action nécessite le dégagement de tout obstacle du pas de tir.
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Après étude de vulnérabilité réalisée avec l'aide des services de l'État, Aéroports de Paris (ADP) a renforcé les protections périphériques de ses sites et développé la vidéosurveillance.
La France est engagée dans un renforcement de sa défense sol-air, domaine délaissé depuis la fin de la Guerre froide. Elle prévoit d'y consacrer 5 milliards d'euros d'ici à 2030 et a déjà commandé 8 systèmes SAMP/T de nouvelle génération, qui avec les nouveaux Aster comprendra un nouveau radar et un nouveau système de conduite de tir. Elle doit en commander quatre autres dans les années à venir.
Baptisé « opération Mercure », l’essai mené au centre d’essais de la Direction générale de l’armement (DGA) à Biscarrosse (Landes, sud-ouest) est le « premier tir de développement de ce que sera le futur missile Aster », explique la directrice du centre, l’ingénieure de l’armement Corinne Lopez.
Le missile Aster 30 B1NT (nouvelle technologie), qui doit entrer en service en 2026, aura la capacité d’atteindre une cible volant à 25 000 mètres d’altitude à 150 kilomètres à la ronde, selon son concepteur, le fabricant de missiles européen MBDA. Outre les avions, il aura la capacité d’intercepter des missiles balistiques de moyenne portée, du type de ceux tirés la semaine passée par l’Iran contre Israël, ainsi que les missiles dits hypersoniques, volant à plus de Mach 5 (6 000 km/h).
Pour l’heure, l’exercice se joue avec deux cibles orange volant à près de 900 km/h au-dessus de l’océan Atlantique à 6 000 mètres d’altitude, à une vingtaine de kilomètres de la côte. Il en faudra plusieurs autres avant que le missile et son système de défense sol-air de moyenne portée (SAMP/T NG, sol-air moyenne portée terrestre de nouvelle génération) entrent en service.
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« 5, 4, 3, 2, 1... Tir autorisé », énonce l’officier de conduite d’essai dans la salle d’opérations bardée d’écrans d’où sont surveillées et recueillies les données radar, optique ou de télémesures. En bord de mer, une batterie de défense sol-air, tubes de lancement pointés à la verticale, déclenche le tir. « A tous, la cible a été touchée », annonce peu après l’officier sous les applaudissements du ministre des Armées Sébastien Lecornu et de plusieurs parlementaires.
« C’était la première épreuve d’un programme qui est absolument clé (...), un beau succès sur la discrimination de cibles », salue M. Lecornu. Les frappes iraniennes sur Israël montrent bien à quel point les menaces balistiques à longue portée sont malheureusement devant nous. La France doit être prête », juge le ministre.
Alors que le système SAMP/T n’a jamais trouvé preneur à l’export, hormis une batterie donnée à l’Ukraine pour l’aider à défendre son ciel face aux bombardements russes, le ministre espère de futurs succès commerciaux, alors que de nombreux pays européens ont opté pour le Patriot américain.
Il s’agit pour Paris et Rome d’offrir une alternative au projet de « bouclier du ciel européen » (ESSI) lancé par l’Allemagne et auquel se sont joints une vingtaine de pays. Celui-ci entend s’appuyer sur les systèmes anti-aériens Iris-T allemand pour la défense sol-air courte portée, Patriot américain pour la moyenne portée et américano-israélien Arrow-3 pour la longue portée.
Quatorze pays de l’OTAN, associés à la Finlande, ont annoncé leur intention de se doter d’un système commun de défense aérienne et antimissile. Initié par l’Allemagne, ce projet se fera sans la France et compte se fournir auprès d’industriels non européens.
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Depuis 2013, la Pologne s’est lancée dans un vaste programme de modernisation des équipements de ses forces armées. La détérioration de la situation à l’Est a poussé Varsovie à accélérer le calendrier et à publier, en 2013, l’appel d’offre pour le système Wisla.
En ce qui concerne les systèmes de radars, plusieurs projets ont été lancés ces dernières années, comme le radar de trajectographie Liwiec, conçu en 2003 par Przemyslowy Instytut Komunikacji (maîtrise d'œuvre) en coopération avec Wojskowa Akademia Techniczna (WAT). Il s'agit d'un radar de soutien d'artillerie. Il est capable de localiser avec précision et automatiquement l'artillerie, les lance-roquettes et les mortiers.
D’autres projets sont en cours de réalisation comme le radar NUR-15M (TRS-Odra) développé par Bumar Elektronika. Il s'agit d'un radar de veille aérienne en trois dimensions, capable de suivre simultanément la trajectoire de 250 appareils. Les trois premiers radars de ce type seront livrés aux forces armées en 2015, et les suivants en 2016 (4) et en 2017 (1). La valeur du contrat est estimé à plus de 330 MPLN (80 M€).
Bumar Elektronika développe également un radar de courte portée (50 km) tridimensionnelle N-26, installé sur le véhicule d'infanterie AMZ Zubr (version Zubr-MMSR). Doté d'une antenne active AESA (Active Electronically Scanned Array), il sera installé, tout comme Sola, sur le véhicule d'infanterie Zubr. 19 exemplaires seront livrés aux forces armées avant 2022.
Au final, le ministère polonais de la Défense a commandé 7 systèmes de radar Liwiec, 8 systèmes TRS-Odra et 8 systèmes Sola.
Pour l’industrie d’armement polonaise, la participation aux programmes Wisla et Narew représente un enjeu vital pour son développement. C’est la raison pour laquelle le gouvernement polonais a fait très rapidement savoir qu’un achat sur étagère, souvent pratiqué ces dernières années, ne l’intéressait pas, tout comme la production sous licence. Seule une coopération la plus large possible avec l’industrie polonaise sera prise en compte.
Le combat aérien est à l'honneur pendant la Saison 1 : Heure H, mais il existe de nombreuses manières de contrer les menaces venues du ciel.
Pour se protéger des tirs de roquettes et de missiles en provenance des territoires palestiniens ou d’autres Etats, notamment le Liban et l’Iran, l’Etat d’Israël a mis au point et déployé progressivement après la première guerre du Golfe, en 1991, un dispositif antiaérien « multicouches » baptisé Missile Defense Organization (IMDO).
Conçu en étroite collaboration avec les Etats-Unis, il repose sur trois types d’intercepteurs dotés de capacités et de rayons d’action spécifiques. Au Dôme de fer, qui en constitue le socle à courte portée, s’ajoutent la Fronde de David et les systèmes Arrow, chargés respectivement des étages médian et supérieur. Il est pleinement opérationnel depuis le milieu des années 2000 et fait l’objet d’améliorations constantes.
Lors de la première attaque frontale de la République islamique d’Iran, menée dans la nuit du 13 au 14 avril en représailles à la destruction, deux semaines plus tôt, de la section consulaire de son ambassade à Damas (Syrie), 99 % des 170 drones et des 120 missiles balistiques dénombrés ont été interceptés, selon l’armée israélienne.
| Système | Pays d'origine | Portée | Description |
|---|---|---|---|
| Aster 30 B1NT | France/Italie | 150 km | Missile intercepteur de nouvelle génération capable d'atteindre des cibles à haute altitude et d'intercepter des missiles balistiques. |
| SAMP/T | France/Italie | Moyenne portée | Système de défense sol-air de moyenne portée associé au missile Aster. |
| Patriot | États-Unis | Moyenne portée | Système de défense aérienne largement utilisé par de nombreux pays européens. |
| IRIS-T | Allemagne | Courte portée | Système de défense aérienne à courte portée, ayant fait ses preuves en Ukraine. |
| Arrow-3 | États-Unis/Israël | Longue portée | Système de défense antimissile pour l'interception de missiles à longue portée. |
| Dôme de fer | Israël | Courte portée | Système de défense antimissile pour l'interception de roquettes et de missiles à courte portée. |
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