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L'histoire de Caen est riche et complexe, marquée par des événements significatifs qui ont façonné la ville au fil des siècles. Avec Cadomus, plongeons dans le rétro sur les grandes dates qui ont fait Caen.

Les origines et le Moyen Âge

Il y a 6500 ans, une communauté d’agriculteurs néolithiques édifiait de très longs tumuli à Fleury-sur-Orne. Dans la première moitié du XIe siècle, la paroisse d’Allemagne faisait partie d’une très grande seigneurie qui s’étendait d’Est en Ouest, de la rivière Orne jusqu’aux limites de Soliers et de Bouguébus. En 1047, le jeune Guillaume, duc de Normandie (qui n’est pas encore Guillaume le Conquérant) aidé par Henri Ier roi de France, mit fin à la révolte des barons normands à la bataille du Val-ès-Dunes, près des villages de Chicheboville, Secqueville et Bourguébus. Du champ de bataille, les rebelles refluent en désordre vers la vallée de l’Orne en empruntant un des deux chemins antiques qui menaient au gué d’Athis, sur la rivière Orne. Ils tentèrent par petits groupes de trois à sept hommes de franchir l’Orne au gué d’Athis entre Saint-André-sur-Orne et Fleury-sur-Orne (« entre Fontenay et Allemagnes », comme il est raconté dans le Roman de Rou en 1160). Surpris par la montée des eaux et la vitesse du courant, massacrés par leurs poursuivants, les cavaliers et leurs chevaux se noient. Emportés en grand nombre par le courant, les corps des chevaliers massacrés bloquèrent le moulin de Bourbillon au niveau de l’actuelle Ile Enchantée.

Durant cette période au XI siècle, le carreau d’Allemagne était l’un des principaux lieux d’extraction de la pierre de Caen. L’exploitation se faisait alors à ciel ouvert. Dans un premier temps, l’exploitation s’est faite à partir de boyaux à flanc de coteaux. Vers les XIe - XIIe siècle l’église Notre-Dame de Basse-Allemagne est construite.

Le Château de Caen

Le château de Caen (Calvados), fondé vers 1060, n’a pas encore soufflé sa 1 000e bougie. C’est le point de départ de cet édifice, mais aussi de l’expansion de Caen. Vers 1060, le château, probablement après plusieurs années de construction, est érigé sur les hauteurs de la ville. La salle de l’Échiquier servait aux réceptions du duc de Normandie. À l’extrême fin du XIe siècle, la salle de l’Échiquier apparaît, à l’initiative de Guillaume le Roux, fils de Guillaume le Conquérant. Le duc de Normandie y tenait des assemblées, banquets et réceptions, parfois des séances de sa cour des comptes et de justice. C’est une salle qui permet d’exercer le pouvoir, mais aussi de le mettre en scène par son décor, la qualité des plats qui y étaient servis, ou encore les vêtements portés.

La Guerre de Cent Ans et les siècles suivants

La guerre de Cent Ans débute en 1337. En 1346, le roi d’Angleterre Édouard III passe par Caen, assiège et prend la ville en quelques jours. Les fortifications trop anciennes, datant de Guillaume le Conquérant, ne tiennent pas. La ville est incendiée, saccagée et pillée, mais le château ne tombe pas, l’armée du roi d’Angleterre continuera rapidement son chemin jusqu’à Calais. La ville de Caen a été malmenée par les sièges anglais pendant la guerre de Cent Ans. Pendant la guerre de Cent Ans, le roi d’Angleterre Henri V souhaite conquérir la Normandie. L’armée anglaise encercle Caen en 1417. La ville est bombardée pendant dix-sept jours, et lorsque l’assaut est lancé, 2 000 personnes trouvent refuge dans le château. Les XIVe et XVe siècles ont été une période troublée pour Caen et son château. L’Angleterre a complété les fortifications d’une forteresse importante pour montrer la domination anglaise sur le peuple caennais.

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Mais Rouen a été reprise par l’armée du roi de France en 1549. Caen est l’une des dernières places fortes à reconquérir en Normandie. Charles VII reprend la ville en passant par l’abbaye aux Hommes et le pont de Vaucelles, autrefois pont Frileux. En février 1563, l’amiral de Coligny, l’un des plus importants chefs protestants en France, rentre avec une armée de plusieurs milliers d’hommes et prend le château de force. Théodore de Bèze, disciple et porte-parole de la doctrine du calvinisme, tient des prêches protestants à l’église Saint-Jean et baptise les enfants selon leurs rites.

La Maison des Quatrans

La maison des Quatrans est l’ancien hôtel des Quatrans. C’est une maison à colombages construite dans les années 1460 dans le centre-ville ancien de Caen ; plus précisément dans la rue Cattehoule (rue de Geôle), l’une des rues les plus importantes de Caen. Le 11 novembre 1458, Jean IV Quatrans fieffe à Michel Le Fevre, riche tanneur caennais, un terrain dont il a probablement fait récemment l’acquisition, situé à l’est de la venelle reliant la rue de Geôle à la rue des Teinturiers. Le 27 décembre 1459, Michel Le Fevre achète la propriété voisine. Sur ces deux parcelles, il se fait construire vers 1460 une maison avec une longue façade donnant sur l’une des principales rues de la ville. Au sud de la cour, le long du Petit Odon, est établie une tannerie. Le 18 mars 1519, il agrandit encore la propriété vers le sud, au-delà de l’Odon. Le fils de Jean, Louis Le Fevre modifie plus profondément la demeure. En 1541, la tour d’escalier dans la cour est reconstruite dans le style Renaissance. Les deux lucarnes sur cour, de part et d’autre de la tourelle, sont également reconstruites à cette époque. Aux alentours de 1590, la maison est vendue à Jean Le Boucher, grénetier pour le roi au grenier à sel de Caen. Un jeu de paume est indiqué en 1610 dans les lots et partages de la succession de Jean Le Boucher et sur le plan de 1629.

La Révolution et l'époque contemporaine

Quatre ans après la prise de la Bastille, le château de Caen, symbole de l’Ancien Régime, traverse aussi les destructions révolutionnaires. À commencer par la porte Saint-Pierre, le donjon, et sa tour maîtresse de 27 m de haut, construite vers 1120. Au départ, l’idée était de raser toute la forteresse, mais après des accidents mortels et des phases de réflexion, son intérêt militaire semblant encore intéressant, l’entreprise s’arrête là. Napoléon Bonaparte vient en visite à Caen en mai 1811, pour montrer son emprise dans la région, qu’il considère comme réfractaire à son pouvoir. À l’occasion, il se demande si le château ne ferait pas mieux d’être détruit, semblant coûteux à entretenir. Il demande à ses officiers de rédiger des rapports sur cette question, ils s’empressent de démontrer l’utilité de la forteresse. Pour défendre la ville qui est connectée à la mer via l’Orne, guetter d’éventuelles émeutes et comme base arrière de défense de la côte. C’est aussi un lieu adéquat pour enfermer des prisonniers.

Les ruines du donjon, victime de la Révolution, sont définitivement ensevelies et son emplacement transformé en une vaste place d’armes, entourée par de nouvelles casernes et bâtiments utilitaires. Le château est rayé de l’inventaire des fortifications et devient la caserne Lefebvre, pour les 1er et 2e bataillons du 36e régiment d’infanterie, vers 1876. Soit 600 hommes qui rejoignent progressivement la forteresse.

Le 2 juillet 1937, environ 250 réfugiés espagnols arrivent à Caen pour fuir l’Espagne franquiste. Quelques mois plus tard, la majorité est rapatriée, seules 20 personnes restent.

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En 1916, pendant la Première Guerre mondiale, la commune a souhaité changer de nom car le nom d’Allemagne devenait difficile à porter. En 1921, un recensement dénombre 1200 habitants, alors qu’en 1866, on en comptait 1024 (496 hommes, 528 femmes).

La Seconde Guerre mondiale et la reconstruction

Du 6 juin au 13 août 1944, les troupes britanniques et canadiennes alliées combattent le Reich allemand à Caen, à la suite du Débarquement en Normandie. Pendant la bataille de Caen, les toitures de la maison des Quatrans sont soufflées lors d’un bombardement et les maçonneries fortement ébranlées. En mai 1951, la tourelle, ainsi que les lucarnes, sont totalement détruites. Jusqu’en 1944, l’hôtel a conservé sa fonction d’habitation. La salle de l’Échiquier est détruite de moitié. Le mur ouest de l’église tombe aussi. Et bien d’autres maisons et casernes qui composaient le lieu. Côté fortifications, un pan de mur et une tour s’écroulent du côté du Vaugueux, une autre tour tombe côté Saint-Pierre. De nombreuses collections du musée de Normandie sont perdues avec les bombardements.

En 1944, après le débarquement des alliés le long des côtes normandes le 6 juin, Fleury attend sa libération. La nuit du 5 au 6 juin fut très mouvementée par le bruit des avions. Dans la journée du mardi 6 juin, des avions alliés survolent Fleury, lâchent leurs bombes au-dessus de la route d’Harcourt pour bombarder Caen. Dans la matinée, le magasin d’alimentation situé sur la Place est pris d’assaut par des habitants qui liquident leurs tickets de rationnement afin de se procurer des réserves pour les jours suivants. L’après-midi des réfugiés arrivent par centaines, les personnes âgées dans des brouettes, les jeunes enfants dans des poussettes. Fuyant les bombardements, les habitants de l’agglomération caennaise prirent le chemin de l’exode vers les carrières souterraines pour y trouver refuge.

Durant la nuit du 18 au 19 juillet, les neuf régiments des trois brigades de la 2 division d’infanterie canadienne se préparent à libérer le sud de Caen avec pour objectif la cote 67. Quittant leur retranchement près de la prison vers 10 heures, les hommes du régiment de Maisonneuve traversent le pont Bailey mis en place quelques heures auparavant par le génie canadien. Le docteur Robert installe son poste de soins à la croisée des routes 158 et 162 (actuel carrefour rue de Falaise-Boulevard Lyautey). À 16 heures, la compagnie C du major Ostiguy, aidée des lieutenants Mathieu et Robert, atteint l’objectif, chaque maison de Fleury est inspectée. Le curé Saussaye et les habitants de Fleury, réfugiés depuis début juin dans les carrières, apprennent avec soulagement la fin de leur exil souterrain tandis que les Allemands se replient sur Étavaux.

La Normandie a été durement touchée par les combats. La guerre s’achève, il faut alors reconstruire. La commune de Sablé-sur-Sarthe va alors parrainer la commune et apporter son soutien. La Suède décide de participer activement à la reconstruction en offrant à la Normandie, 4 crèches et 400 maisons entièrement équipées. C’est ainsi que les premières maisons suédoises furent acheminées de 1946 jusqu’en 1948 par bateau. En 1946, la Suède envoie par bateaux 200 « maisons » suédoises. Elles arrivent dans le port de Caen les 22 et 27 décembre. Un beau cadeau de Noël pour ceux qui n'ont plus de toit.

Après-guerre, se pose une question : que faire du château ? Il a été un temps envisagé qu’y soit développée une antenne de l’université, et que des terrains de sport soient aménagés. Le site, qui était une caserne jusqu’alors, est cédé par la Défense nationale à l’administration des Domaines en 1949, puis à la Ville en 1956. L’édifice est intégralement classé au titre des Monuments historiques en 1953. Et en 1956, débutent les premières fouilles archéologiques sous l’impulsion de Michel de Boüard.

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Fondé en 1801 dans les locaux de l’ancien séminaire des Eudistes, place de la République, puis placé dans l’Hôtel de Ville avant-guerre, le musée des Beaux-Arts de Caen est aussi détruit par les bombardements de 1944. Sa reconstruction est entamée en 1967, avant la réouverture en 1970. En février 2025, juste avant le lancement des festivités, les Beaux-Arts récupèrent leurs statues, retirées pendant trois ans, le temps des travaux d’aménagement du site.

L’activité des carrières exploitant la pierre de Caen cessa à la fin des années 1950, après la Reconstruction de Caen, le béton étant alors le matériau le plus utilisé dans la construction.

Évolution administrative et événements marquants

Le 5 décembre 1964, Jean-Marie Louvel, le maire, lance les travaux d'un des plus grands quartiers de Caen. À l'époque, il s'agissait de la Société normande de fabrication électronique. Le 22 novembre 1961 commence une histoire industrielle marquante pour l'agglomération.

Le 1er avril 1836, le passage était ouvert, à l'initiative de deux propriétaires de la rue. Aujourd'hui encore, la Ville s'interroge pour dynamiser cet îlot du centre-ville.

Après mille ans de marchés et de concours agricoles, une foire expo commerciale voit le jour. Il y a 82 ans, la première ouvre ses portes cours de la Reine, au bout de l'hippodrome.

Il y a 179 ans, le conseil municipal de Caen décidait de lier la ville à la mer, via un canal.

Au début du mois d'août 1976, les habitants du Chemin-Vert se voient réserver une petite et éclaboussante surprise. La piscine ouvre ses bassins de manière anticipée le lundi 9, à 15 h.

Le 6 avril 1874, est érigé un calvaire sur la route de la Délivrande. En ce Lundi de Pâques 1874, comme chaque année, les paroissiens de Saint-Pierre marchent en procession.

Le 5 avril 1954, la première pierre de la maison des étudiants était posée, place de la Mare. En 1954, l’université est en reconstruction.

Retour sur le 6 décembre 1933, jour de pose de la première canalisation sur le Grand Odon.

En 1956, Serge ROUZIERE est élu Maire. Apprécié de tous, la commune donnera son nom à la rue de la Mairie. En 1978, Jane TILLARD est élue Maire. En 1992, Claude LECLERE devient Maire. Il est réélu en 1995, 2001 et 2008. Durant son mandat, il met l’accent en particulier sur l’urbanisation et le développement économique de la commune et amorce de nombreux chantiers dont celui des Hauts de l’Orne. La presse titre alors « Fleury-sur-Orne change de siècle ». Elle est la ville la mieux classée dans le département. En 2013, en partenariat avec le Ministère de l’Egalité des Territoires et du Logement, le jury attribue également à la ville pour la première fois la mention « ruralité » pour saluer la commune qui « souvent, arrive à un niveau d’initiatives égal aux plus grands territoires ».

Le 24 décembre 1912, la salle Gaumont ouvre ses portes, rue de l'Engannerie. La salle de cinéma et de spectacle baissera ses rideaux dans les années 1960.

Le 11 novembre 1948, par décision du Secrétaire d’Etat aux forces armées, Fleury-sur-Orne obtient une citation à l’ordre du Régiment. On peut y lire « Localité de la banlieue caennaise, détruite à plus de moitié par les bombardements. A eu une attitude très résistante pendant l’occupation allemande. A abrité, pendant la bataille de Caen, 6000 caennais réfugiés dans ses carrières, au profit desquels la population s’est dépensée avec dévouement. A fait preuve de courage pendant les combats et s’est remise au travail avec ardeur.

La totalité du bâtiment de la maison des Quatrans fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 24 juillet 1953.

Avec les n° 52 et 54 de la rue Saint-Pierre, cette maison est une des rares survivances de l’architecture médiévale civile à Caen. Comme souvent dans la cité ducale, seule la façade donnant sur rue est construite en pans de bois pour des raisons essentiellement esthétiques. Très sobre dans sa décoration, cette façade a permis un maximum d’ouvertures sur la rue ; les fenêtres sont agrandies au XIXe siècle, mais on reconstitue les baies originales lors des restaurations rendues nécessaires par les bombardements de 1944. Pour comprendre cette utilisation purement esthétique du bois, il faut rappeler l’importance de l’extraction de la pierre de Caen au Moyen Âge et donc l’abondance de ce matériau qui limitait singulièrement la nécessité d’utiliser du bois dans la construction proprement dite. Beaucoup de maisons de haut rang avaient de telles façades, souvent en pignon comme les n° 52 et 54 de la rue Saint-Pierre, mais le corps principal de la maison était en pierre.

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