À l'occasion de la sortie de l'album "la 3e Kamera", publié par Editions Glénat, qui met en scène un photographe d'une Propaganda Kompanie, explorons le rôle et le fonctionnement de ces compagnies particulières.
Ces compagnies sont nées sous une autre forme durant la Première Guerre mondiale.
Pour assurer la création et la diffusion de la propagande, l’Allemagne s’assure les services d’une agence privée la BUFA (Bild-und Filmamt).
À l’approche de la Seconde Guerre, les services de propagande ne souhaitent pas reprendre ce système, ils vont militariser les opérateurs au sein des Propaganda Kompanie.
Le recrutement est similaire : on choisit des professionnels de l’image et du son et on leur met un uniforme.
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Cette militarisation est une défaite des services de Joseph Goebbels face aux militaires.
Le futur maréchal Keitel, qui commande l’armée, ne veut pas de civils aux côtés des soldats.
Pour Keitel, ces Kompanien sont une arme au même titre que l’infanterie ou l’aviation.
La naissance des Propagande Kompanien (PK) date de septembre 1938.
Elles vont faire la preuve de leur efficacité et de leur savoir lors de la campagne de Pologne en septembre 1939.
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Au moment de l’Anschluss en mars 1938, des photographes de l’armée sont présents, mais le résultat n’est pas très convaincant.
On a plus d’images issues des agences privées que de l’armée.
Entre janvier 1933 et 1938, les agences privées sont présentes pour les événements militaires.
Les photographes et caméramans des futures PK commencent à être visibles au moment des grandes manœuvres de l’armée allemande.
Ils en profitent pour s’entrainer à évoluer près et autour des chars, des véhicules et parmi les soldats en mouvements sans gêner la manœuvre et sans se mettre en danger.
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Ces manœuvres servent aussi à habituer les soldats à ces présences car, avant la création des bandes de bras, plusieurs photographes ont été pris pour des espions.
Ces marques distinctives leur laissent penser qu’ils appartiennent à une unité d’élite.
Ils font des stages professionnels et à l’école de cinéma de Postdam, puis, suivant leur grade, des formations plus ou moins longues au sein de l’armée.
Les formations sont adaptées aux armes dans lesquelles ils vont être affectées, sous-marin, char ou aviation.
Les photographes qui partent dans des régiments de l’armée de l’air reçoivent une formation de mitrailleurs à l’école l’armée de l’air de Rahmel en Pologne.
Quelques rares reporters seront brevetés pilote.
Bien sûr, ils sont armés.
On dit toujours que les reporters ne sont pas armés, c’est de la foutaise.
Il existe des listes officielles des armes (pistolet et fusils) en dotation.
Certains disaient qu’une image peut faire mal, mais moins qu’un coup de pistolet Walther P38.
Oui, il y a des équipes qui se déplacent.
Les camera team d’aujourd’hui sont copiées sur le modèle mis au point par les PK.
Ça dépend de l’ordre de mission et de l’importance de l’évènement à couvrir.
Quelques fois, on triple même avec de la radio.
C’est très compliqué.
En général, les demandes viennent des services de propagande, doivent être validées par le commandement.
Les photographes eux-mêmes sont force de proposition.
Sur certains documents, on voit des annotations comme « Je verrai bien mes photos dans tel ou tel magazine… ».
Ces gens ont des connivences professionnelles qui viennent d’avant la guerre.
Ils ont été intégrés dans les PK car ils n’avaient pas de travail.
Le régime les a recrutés pour leur savoir-faire professionnel.
Ils étaient répertoriés sur des listes de métiers.
D’ailleurs Walter Frentz dont il est question dans l’album s’est fait arrêter car il était inscrit sur ces listes de recrutement.
Un magazine comme Signal, en couleur, diffusé au travers d’édition en plusieurs langue et beaucoup fait grâce aux images de PK par exemple.
C’est un cas particulier.
C’est un hors-série qui apparait en 1940 et qui est copié sur Life quelques fois en plus spectaculaire.
Ce magazine utilise souvent le dessin quand les prises de vues sont compliquées comme quand ça chauffe un peu trop ou que l’action se passe la nuit.
C’est vrai que les PK fournissent la majorité des illustrations militaires publiées.
On compte 15 000 hommes dans la PK dont 2500 photographes et 700 caméramen.
Je travaille en ce moment sur les listes des preneurs de son car quasiment chaque reportage photo est doublé en son.
Ce sont des documents incroyables qui donnent vraiment vie aux protagonistes malheureusement le support magnétique d’origine est très fragile et la grande majorité des reportages sonores ont disparus.
Il en reste environ 10%.
Beaucoup, beaucoup de chose ont été photographiées mais il y a des manques car il fallait un ordre de mission pour partir en reportage.
Il y avait trop d’évènements pour avoir un photographe derrière chaque soldat (rires).
C’est vrai que la couverture est énorme.
Au milieu de images d’actions ou de vie quotidienne, il découvre des photos totalement montées comme les photos des Ukrainiennes qui accueillent les Allemands avec des fleurs, le pain et le sel.
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