Marseille et sa région ont été secouées par une vague de violence impliquant des armes de guerre, notamment des Kalachnikovs. Plusieurs fusillades ont eu lieu, ciblant parfois des pizzerias, et ont fait des morts et des blessés.
En moins d’une semaine, trois fusillades à la kalachnikov ont secoué Marseille et sa région, faisant trois morts et deux blessés graves dans des affaires distinctes : course-poursuite entre cambrioleurs et policiers, braquage, et un règlement de comptes. Ces événements ont suscité l'inquiétude et la consternation parmi les habitants et les autorités.
«Cela faisait plusieurs semaines que nous n’avions pas eu une telle série à Marseille », constatait hier le secrétaire régional du syndicat de police Alliance, David-Olivier Reverdy. Le préfet délégué à la Sécurité en Paca, Alain Gardère, déplorait quant à lui que ces trois affaires « entachent le travail des policiers au quotidien ».
Jeudi vers 23heures, une fusillade a fait un mort et un blessé grave dans un snack du quartier Saint-Antoine (XVe arrondissement), « selon un mode opératoire faisant penser à une exécution », a relaté une source proche de l'enquête. D’après cette source, une grosse cylindrée, volée, s’est arrêtée devant la pizzeria. Le passager, cagoulé et armé d’un kalachnikov, est sorti de la voiture en tirant en direction de la pizzeria, avant de pénétrer dans l’établissement où se trouvaient quatre personnes.
Ali Atia, 40 ans, est tombé sous les balles. L’homme, issu de la cité des Flamands et parent du propriétaire du snack, était connu de la justice pour 19 affaires et avait fait l’objet de 10 condamnations entre 1990 et 2010, la plus marquante datant de 1997 (quatre ans de prison ferme pour association de malfaiteurs), a précisé le procureur à Marseille, Jacques Dallest. Un autre homme a été grièvement blessé à la tête. Agé de 31 ans, il travaillait dans le snack et « pourrait être une victime collatérale », a dit le procureur. Il est connu pour 15 affaires et a fait l’objet de six condamnations pour vol, violence, extorsion de fonds et outrage, selon la même source. Polytraumatisé et toujours en réanimation, il était hier soir dans un état jugé « préoccupant » par l’AP-HM (Assistance publique Hôpitaux de Marseille), son pronostic vital restant engagé.
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« Dans cette affaire, on n’a pas de mobile clair à se stade », a dit le procureur. Lundi, c’était un homme de 30 ans qui était tué par la police lors d’une fusillade au sortir du hold-up d’une enseigne de bricolage du 13e arrondissement, ses deux complices ayant ouvert le feu sur la police avec une kalachnikov. Les deux hommes ont été mis en examen hier et risquent la réclusion criminelle à perpétuité.
Dans la nuit de dimanche à lundi, un malfaiteur avait été tué et un policier très grièvement blessé par une rafale de kalachnikov à l’issue d’une course-poursuite à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), après une série de cambriolages nocturnes. Le fonctionnaire, un père de famille de 37 ans, se trouvait toujours entre la vie et la mor hier soir. En soutien à leur collègue, plusieurs centaines de policiers se sont rassemblés à la mi-journée devant la préfecture à Marseille.
Face à cette recrudescence de la violence, les autorités ont réagi avec fermeté. Des enquêtes ont été ouvertes pour élucider les circonstances de ces fusillades et identifier les auteurs. Les forces de l'ordre ont renforcé leur présence sur le terrain afin de rassurer la population et prévenir de nouveaux incidents.
Pour M. Reverdy, qui s’inquiète du « climat général » ambiant, il ne doit cependant pas être fait d’ « amalgame » : « La fusillade de (jeudi) n’est qu’un règlement de comptes, tout ce qu’il y a de plus ‘banal’, même si encore une fois une arme de guerre a été utilisée. »
M. Gardère regrette que ces affaires, au cours desquelles « des individus sans scrupules et inconscients utilisent des armes de guerre », masquent des « résultats plutôt bons pour le troisième mois consécutif » en terme de lutte contre la délinquance à Marseille.
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Même réaction pour Roland Gauze, patron de la direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) à Marseille. Selon lui, au 1er décembre, son service a répertorié pour 2011 49 saisines pour homicides ou tentatives, contre 67 au 1er décembre 2010, soit une baisse de 26,9 %. Il a également précisé que le taux d’élucidation pour ces affaires d’homicides était de 73 %, « un bon résultat », a-t-il jugé.
Voici une chronologie des règlements de comptes survenus à Marseille, mettant en lumière la persistance de la violence dans la région :
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