On a tous déjà entendu les reproches fréquemment émis à l’encontre des jeux vidéo : non seulement s’agit-il d’un média violent, mais en plus de cela, il rend violent. Si ce reproche semble exagéré et n’est que rarement pris au sérieux par les joueurs, il faut savoir qu’il y a bien un rapport direct entre les jeux vidéo et la violence, notamment la guerre. En effet, il est difficile de ne pas voir que le jeu vidéo est un média guerrier.
Les premiers jeux vidéo ont d’ailleurs vu le jour sur des ordinateurs dont le but premier était de procéder à des simulations militaires. Cependant, à mon grand désarroi, les jeux vidéo ont également un lien plus direct avec la violence qui sévit dans le monde.
Call of Duty, Medal of Honor, Battlefield, tous sont des titres dont tout le monde a déjà entendu parler et auxquels beaucoup d’entre nous ont joué. Il s’avère que les studios de développement qui créent des jeux de guerre ont des accords avec des fabricants d’armes. En effet, afin d’être en mesure de représenter des armes de plus en plus réalistes, les studios demandent l’autorisation pour modéliser les armes des constructeurs d’armes.
C’est une sorte de placement produit en somme. C’est en effet un placement de produit pour le coup vu que y a une relation commerciale directe entre les fabricants d’armes et les éditeurs de jeux vidéo/studios. C’est logique, c’est vrai que les armes portent leur nom réel et ressemblent à l’identique, c’est comme tout jeu. Mais c’est vrai que cela ne fait pas tilt dans la tête.
Les jeunes studios indépendants de jeux vidéo Ward B accusent l’armurier russe d’avoir copié un design de fusil d’assaut destiné à être intégré comme arme virtuelle dans leur jeu à venir, Oceanic, qui s’annonce comme un « fast-FPS ». Pour le moment, Oceanic n’a pas de date de sortie mais les studios Ward B publient régulièrement des assets graphiques, extraits d’animations, modèles 3D et autres démonstrations techniques pour présenter l’avancement de leurs projets. Parmi ces vidéos, on trouve la présentation du fictif fusil de chasse semi-automatique, l’EPM 28 Mastodon.
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Marcellino Sauceda, président de Ward B, affirme qu’il y a un an environ, les studios ont été approchés par Maxim Kuzin, un employé de l’armurier Kalashnikov Concern (la société-mère), pour une proposition de partenariat entre l’entreprise russe et Ward B. L’idée du partenariat était que Kalachnikov puisse avoir l’autorisation de reprendre le design du fusil fictif pour équiper son bien réel fusil semi-auto Baikal MP-155. Toutefois, dans les mois qui suivent, Kalashnikov Concern ne donne plus de nouvelles. En août 2020, l’armurier annonce un nouveau modèle : le MP-155 Ultima, un fusil semi-automatique au look étrangement similaire à celui de l’EPM 28 Mastodon, l’arme fictive d’Oceanic.
Les studios Ward B affirment, selon IGN, que cette arme reprend non seulement l’apparence de l’arme du jeu vidéo, mais également de très légers détails cosmétiques qu’on retrouvait chez leur Mastodon. Plus grave encore pour Ward B, le MP-155 Ultima est désormais utilisé dans le jeu concurrent Escape from Tarkov, du fait d’un partenariat de longue date entre les studios russes Battlestate Games et Kalachnikov.
Des documents révèlent un accord marketing entre Remington Arms et Activision Blizzard en 2009 pour l’ajout du fusil semi-automatique ACR dans Call of Duty: Modern Warfare 2. Le même document indique que le partenariat "contribuerait à créer une préférence de marque parmi la prochaine génération" et permettrait à Remington Arms de "gagner (leur) juste part de ces jeunes consommateurs".
L’arme en question est l’"Adaptive Combat Rifle" (ACR), présente dans le catalogue de COD: Modern Warfare 2 et comparable en tout point à l’ACR de Remington Arms. Le fusil partage notamment des éléments de l’AR-15, arme qui a servi à l’assaillant lors de la tuerie de masse de l’école primaire Sandy Hook. Les parents de neuf victimes de la tuerie avaient engagé des poursuites contre l’armurier et sa filiale Bushmaster pour avoir vendu en connaissance de cause une version du fusil semi-automatique AR-15, une arme de type militaire “pas du tout adaptée” à un usage civil avait rapporté La Tribune de Genève.
Ils avaient été dédommagés par Remington Arms à hauteur de 73 millions de dollars en février 2022. "La seule raison pour laquelle nous avons engagé des poursuites contre Remington était de créer un changement, en particulier des pratiques de marketing", a déclaré Nicole Hockley au Wall Street Journal, dont le fils Dylan, âgé de 6 ans, a été assassiné à Sandy Hook. Les documents indiquent "qu'avec l'urbanisation et l'accès moindre à des zones de tir ou des terrains de chasse, l'un des principaux moyens permettant aux jeunes tireurs potentiels d'entrer en contact avec des armes à feu et des munitions consiste à utiliser des scénarios de jeux virtuels".
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Dans un premier temps, la National Rifle Association (le lobby des armes à feu américain) - qui défend fermement le droit des individus à détenir et utiliser des armes à feu - avait remis en lumière la faute sur les jeux vidéo. Sans mentionner la participation des fournisseurs d’armes.
Usés de représenter toujours des corps démembrés et des fusillades à répétition, certains développeurs de jeu vidéo se tournent vers des créations plus pacifiques et réfléchies. Un signe d’une maturité accrue du secteur. Le nom d’Alex Hutchinson ne vous dit peut-être pas grand-chose, c’est pourtant lui qui est à l’origine de certains des produits de divertissement les plus populaires de la dernière décennie. Les deux jeux qu’il a réalisés - Assassin’s Creed III, l’histoire d’un assassin amérindien au XVIIIe siècle, et Far Cry 4, un jeu de tir explosif inspiré de la guerre civile népalaise [1996-2006] - ont été vendus à plus de 20 millions d’exemplaires. Mais l’an dernier, Alex Hutchinson m’a confié qu’il en avait “assez de faire des jeux tournant autour de meurtres”. Il n’est pas un cas à part.
De nombreux développeurs m’ont indiqué leur envie de faire des jeux moins violents. Aucun n’a cependant suggéré de faire disparaître les combats (“Si je dirige une organisation criminelle, je suis censé avoir une arme”, rappelle Alex Hutchinson) ; néanmoins, ils sont de plus en plus nombreux à penser qu’en renonçant à la violence, les jeux vidéo pourraient raconter des histoires plus enrichissantes au public toujours plus vaste auxquels ils s’adressent.
Avec plus de deux milliards de joueurs à l’échelle mondiale, l’industrie du jeu vidéo a un poids équivalent à celles du film et de la musique réunies. Pourtant, les développeurs parlent toujours de leur média comme d’un média qui cherche.
Il existe un jeu vidéo qui permet de démonter et remonter plus de 247 armes, de visualiser leurs fonctionnements, le tout en 3 dimensions et gratuitement. Ce jeu existe depuis 2014. Il est disponible sur iOS, Android et PC. Après différentes prospections, c’est à la faveur du visionnage d’une vidéo à vocation professionnelle du démontage d’un Glock, que Valerii Z. et Viacheslav K. eurent l’idée de créer un jeu de démontage et de remontage sur les armes à feu. Et pourtant aucun des protagonistes de cette histoire n’avait la moindre base en arme à feu !
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À l’issue d’une somme colossale de travail en recherche et développement, est lancé « Gun Disassembly 3D » en 2009. Sortirent ensuite l’AK-47 (second type, s’il vous plait !) et l’UZI. Le succès grandissant permit de faire émerger le jeu sur PC . « World of Guns - Gun Disassembly » - WoG pour les intimes - sera lancé sur Steam (une des plus grandes plateformes de distribution de jeux vidéo dématérialisés) le 21 Mai 2014.
Si les premiers retours sur cette version PC furent mitigés, un travail conséquent avec la communauté fut réalisé pour corriger les erreurs de jeunesse. C’est fort de ce travail et des évolutions qui en découlent qu’au moment où nous écrivons ces lignes, le jeu totalise environ 18 000 évaluations (dont la mienne) sur la plate-forme Steam, avec une évaluation globale « très positive » : 83% d’avis positifs. Plus de 100 000 joueurs se connectent chaque semaine. Il est donc disponible sur iOS, Android et PC, avec actuellement, 247 armes disponibles, 16 modèles « Premium » et 10 Stands de tir !
Le jeu est un « puzzle game », au sens où le démontage et le remontage d’une arme, surtout sur un support numérique qui s’affranchit de l’outillage et de la dextérité nécessaire, peut s’apparenter à un puzzle. Chaque arme est découverte au moyen d’un « tutoriel » de démontage / remontage sommaire, puis avancé, et enfin au travers de la mise en œuvre de l’arme.
Pour nous ce dernier mode, dénommée « Opération » est clairement la partie chef-d’œuvre du jeu, et ce sans dévaluer le reste : nous avons beaucoup joué sur ce qui constitue le cœur du jeu, c’est-à-dire les opérations de démontage / remontage. Mais dans le mode « Opération », vous pouvez voir le fonctionnement de l’arme, en cachant les pièces que vous désirez, en vous dotant d’une vue « Rayon X » et parfois d’une vue en coupe et en faisant défiler le temps à votre gré.
Une fois cette partie apprentissage passée, le jeu peut se prolonger : dans le vrai mode « puzzle ». Donc, on démonte et on remonte, sans aide, des tas d’armes. Il existe enfin un mode « Peinture », qui permet aux plus créatifs de customiser les armes d’un point de vue graphique…et de jouer en utilisant le fruit de cette création.
L’équipe a aussi proposé des modèles « Premium » : des véhicules, civils comme militaires, mais aussi…des squelettes ! Le format économique du jeu est un « free-to-play », c’est-à-dire un jeu gratuit à jouer, mais sur lequel il est possible d’acheter un certain nombre de chose.
Oui, c’est un jeu, mais surtout, clairement une des sources documentaires sur la technique des armes les plus complètes et les plus efficaces que nous connaissions, si ce n’est la plus efficace. Ses créateurs désignent d’ailleurs leur jeu comme « l’ultime encyclopédie 3D sur les armes dans un jeu compétitif.
L’outil est tellement puissant que nous l’utilisons régulièrement au cours de formations techniques à destination de professionnels ainsi que pour nos publications. De même, certains Youtubeurs en font un usage conséquent dans leurs vidéos. C’est en désirant approfondir cette expérience - appréciée par un grand nombre de joueurs qui trouvait le concept pas assez développé dans WoG - que l’idée émergea l’idée de World of Shooting. Il s’agit donc de proposer un stand de tir virtuel, permettant l’emploi d’une large palette d’armes, le tout dans un environnement de type « Practical Shooting » donc dynamique.
L’équipe n’abandonne pas pour autant WoG : le développement de nouveaux modèles se poursuit en parallèle. C’est les vacances, il fait chaud, vous allez rester enfermés (au frais ?) …C’est le bon moment pour se lancer sur WoG ! Vous allez vous amuser et apprendre : qu’y a-t-il de mieux ?
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