Envie de participer ?
Bandeau

Les jeux vidéo de guerre, en particulier ceux qui se déroulent pendant la Seconde Guerre mondiale, offrent une expérience immersive qui fascine de nombreux joueurs. Cependant, il est essentiel d'examiner comment ces jeux dépeignent la réalité historique et s'ils contribuent à une compréhension précise du passé.

Medal of Honor : Débarquement Allié - Une immersion intense au cœur de la bataille

Après des mois d'attente, Medal of Honor : Débarquement Allié est enfin sorti. Ce FPS propose 20 niveaux qui vous mettent dans la peau du lieutenant Powell, un GI pendant la Seconde Guerre mondiale. Bien que le thème puisse sembler similaire à celui de Return to Castle Wolfenstein, sorti un mois plus tôt, Medal of Honor parvient à se distinguer grâce à ses éléments scriptés et à son impression saisissante d'être au cœur d'une bataille.

Dans la plupart des missions, vous êtes entouré d'autres GI qui se battent à vos côtés. L'impression d'être insignifiant est renforcée par le fait qu'on meurt en très peu de balles, les dommages étant localisés. Les missions se suivent et se ressemblent un peu : beaucoup de sabotages de pièces d'artillerie, des raids contre l'ennemi et le classique sabordage du sous-marin allemand, le tout avec les armes classiques du GI.

Certains passages sont carrément arcades, comme lorsque l'on est posté sur une mitrailleuse à l'arrière d'une Jeep et qu'on massacre tout ce qui bouge. L'immersion est renforcée par l'excellente IA des ennemis qui vous contournent, se planquent, renvoient les grenades, se mettent à couvert...

Le débarquement du 6 juin 1944 : Un moment vidéo-ludique historique

Après avoir fini la campagne en Afrique, vous allez démarrer celle en Normandie par... le débarquement du 6 juin 44. Ce passage du jeu est le plus grand moment vidéo-ludique de l'histoire. Le cœur serré et entassé avec votre unité dans une barque, vous foncez vers la plage. À votre gauche, une barque alliée explose avec ces hommes. Votre capitaine siffle, la barque s'ouvre et bienvenue en enfer. Jamais le débarquement n'aura aussi été bien fait : les balles volent de partout, les obus pleuvent, des gars désespérés refusent d'avancer, d'autres foncent vers leur mort, les officiers hurlent des ordres inutiles et vous, vous n'avez qu'un seul objectif, atteindre la plage à peu près entier. Le soldat Ryan comme si vous y étiez...

Lire aussi: Les Plages du Débarquement : Histoire et Mémoire

Ce passage d'anthologie permet aussi d'admirer ce que les gars de 2015 inc ont fait du moteur de Quake 3 : les explosions sont magnifiques et projettent pléthores de débris, les hommes sont magnifiquement modélisés et texturés.

L'histoire dans les jeux vidéo : Au-delà du divertissement

Les jeux vidéo basés sur l'histoire du XXe siècle, en particulier la Seconde Guerre mondiale, suscitent un intérêt considérable. La multiplicité des supports ne peut que permettre d’instruire les gens qui y jouent, surtout avec le degré de réalisme que les FPS permettent aujourd’hui. Un jeu dépeignant avec précision les horreurs de la guerre, ou son déroulement, ne peut qu’apporter à ceux qui y jouent.

Battlefield 1 : Controverses et représentations historiques

Battlefield 1, sorti en 2016, a suscité des débats avant même sa sortie. L'un d'eux concernait l'impossibilité d'incarner des personnages féminins dans le mode multijoueur. Bien que la présence de femmes sur le front soit attestée dans certains cas précis, l'immense majorité des soldats étaient des hommes. Le jeu se concentre sur les soldats à Verdun, dans la Somme, en Italie, et il est donc logique que les personnages soient principalement masculins.

Un autre débat a porté sur l'absence de la Russie et de la France dans le jeu de base. Electronic Arts a justifié cette décision en affirmant que le rôle joué par ces nations était tellement important qu'il leur revenait de leur dédier une extension spécifique, pour leur rendre honneur. Cependant, la vraie raison était probablement marketing, car un jeu dans lequel les Allemands, les Anglais, les Austro-Hongrois, les Français, les Italiens, les Russes et les Turcs joueraient les premiers rôles se vendrait surement mal dans le marché domestique d’Electronic Arts, à savoir, les Etats-Unis.

Malgré ces controverses, Battlefield 1 offre une certaine véracité historique en n'incluant pas de batailles impliquant les Français ou les Russes avant de les ajouter dans les DLC. Le jeu se déroule évidemment durant la période où les Etats-Unis sont arrivés dans la guerre, à partir de 1917. On va y jouer un Anglais, un Américain, une Arabe (autant pour le débat sur l’absence de femmes dans le jeu) et un Italien.

Lire aussi: Jeux de tir et résistance : une analyse

Les points de vue manquants : Les "méchants" de l'histoire

Il manque à l’heure actuelle un point important dans tous ces jeux, le point de vue des “méchants”. Quasiment toute vraisemblance en termes d’uniformes, d’armes ou d’équipement a été sacrifiée sur l’autel du gameplay, et on passe plus de temps à jouer avec des prototypes d’armes qui n’ont plus ou moins jamais vu le combat, quand ils ne sont pas carrément arrivés après la guerre, qu’avec les armes qu’avaient vraiment les soldats à l’époque où l’histoire se passe.

Call of Duty : Une évolution vers plus de réalisme

Le bilan est meilleur pour Call of Duty, il faut bien le dire, et il risque de s’améliorer encore lors de la prochaine mouture. Cependant, cette série n’a pas eu beaucoup à essayer, tout comme Battlefield 1942 à l’époque. Les camps sont tous inclus, mais c’est bien parce que les Etats Unis étaient présents sur la plupart des fronts, et qu’il était donc possible de jouer un Américain (Fuck Yeah!) quasiment partout.

En regardant brièvement sur la page Wikipédia du prochain, Call Of Duty, World War II, j’ai vu que le jeu comptait intégrer la résistance Française (La quoi ? Jamais entendu parler…) pour la première fois dans le mode multijoueur d’un jeu de ce type, et avait fait le choix d’exclure la Waffen SS au motif que celle-ci était coupable de crimes de guerre.

Day of Infamy : Un FPS multijoueur immersif sur la Seconde Guerre mondiale

Day of Infamy, disponible sur Steam depuis le 23 mars 2017, est un FPS principalement multijoueurs sur la Seconde Guerre mondiale. Bien qu'il ne révolutionne pas le monde vidéo-ludique, sa simplicité et son gameplay amusant rappellent les bons vieux Call of Duty 2 et l'excellent Red Orchestra, en moins arcade du moins.

Dans Day of Infamy, hors de question de choisir impunément son arme. En effet, un système de classes est présent : sapeur, radio, mitrailleur, soutien, sniper, fusilier etc. Donc aucune chance de voir un soldat armé d'un lance-flamme avec autre chose qu’un lance-flamme ou un sniper courant partout mitraillette à l’épaule, sauf s’ils ont jugé bon de récupérer une arme sur un malheureux cadavre faute de munitions !

Lire aussi: Tout savoir sur les mitrailleuses lourdes airsoft

Parmi tous ces choix, les plus importants seront sans nul doute l’officier et le radio. À eux seuls, ils peuvent changer le cours de la bataille. Théoriquement inséparables, l’officier peut demander toute une flopées de soutiens comme de l’artillerie, un largage de ravitaillement, une attaque de chasseurs bombardiers et j’en passe.

Aspect assez innovant du jeu, pour une fois, outre les incontournables cartes comme Saint-Lô ou Omaha Beach, Day of Infamy nous permet de se battre à Dunkerque, en Crète, en Sicile et en Italie.

D’un point de vue purement esthétique, rien à redire, on pourrait réellement se croire en pleine ville durant la guerre. Affiche de propagande, maisons traditionnelles, ruelles, intérieurs modélisés, véhicules militaires et autres fournitures, le tout parsemé de quelques destructions éparses viennent garnir ces endroits autrefois paisibles.

L’ambiance sonore y a aussi une place prépondérante. D’abord, un calme olympien : on entend la plage, des cigales, des bruits du temps de paix. Mais c’est de la poudre aux yeux. La véritable immersion est durant la bataille : les fusils crépitent, les mitrailleuses crachent, les balles sifflent, l’artillerie gronde, les grenades détonnent, les avions retentissent, les hommes hurlent ! Sincèrement prenant.

Si on s’attarde sur les uniformes, ces derniers sont également réalisés avec un souci d’historicité tout à fait correcte. Les trois factions présentent pour le moment, c’est-à-dire l’Allemagne, les États-Unis et le Royaume-Uni (ou devrais-je dire le Commonwealth) sont déclinées en divisions.

L'importance de la véracité historique

Lorsqu'on se place dans un cadre historique, il est essentiel de respecter l'histoire. La modifier, par des petites touches personnelles, apparemment bénignes, c’est non seulement oublier la vérité mais en forger une nouvelle pour les générations futures. Les jeux vidéo universellement connus, les films universellement vus ne dépeignent pas toujours la réalité, mais si quelqu’un n’a accès qu’à cela pour s’informer ?

Lorsqu’on sape la véracité de certains événements dans les médias génériques, il devient difficile de s’en faire une opinion éclairée, et la recherche personnelle devient de plus en plus importante. Sans ce travail de recherche, et avec des bases effritées, il devient facile d’être la cible de manipulations bien plus graves, qui sont facilitées par le manque de bases solides.

Les noms des plages du débarquement : Anecdotes et origines

Le débarquement le 6 juin 1944 sur les plages de Normandie est mondialement connu, mais les origines des noms des plages investies par les alliés demeurent mystérieuses.

Poisson rouge (goldfish), méduse (jellyfish), espadon (swordfish), les trois plages britanniques tirent leurs noms de poissons mais les Canadiens ont refusé de débarquer sur "jelly", qui signifie en anglais "gelée" de fruits ! La légende dit qu’un commandant de l’armée de l’air canadienne aurait alors suggéré le prénom de son épouse, Juno. Côté américain, un haut gradé a simplement demandé à deux militaires d’où ils venaient : l’État d’Utah à l’ouest du pays, et la ville d’Omaha dans le Nebraska (centre).

Mulberry A et Band Beach, les oubliés. Le port Mulberry A, ("mûre" en anglais et "A" pour Américain) entre à peine en fonction qu’il est balayé par une tempête du 19 au 21 juin. Quant à Band Beach, initialement prévue pour être la sixième plage du Débarquement entre Ouistreham et Villers-sur-mer (Calvados), personne ne foule son sable.

Heinrich Severloh : La "bête d'Omaha"

Heinrich Severloh était un soldat allemand connu comme "la bête d'Omaha". Ce surnom lui a été donné suite à la bataille qui s'est déroulée lors du débarquement allié sur la plage d'Omaha Beach en 1944 au cours de laquelle en tant que mitrailleur il tua ou blessa environ 1000 soldats américains en tirant 12 500 balles de mitrailleuses et 400 balles de fusil.

L'évolution des jeux de guerre : Du divertissement au réalisme

Il y a quinze ans, on nous proposait une guerre aseptisée, presque dénuée de sang et avec assez peu de violences physiques. Les joueurs ont fini par s'en lasser. Le tournant se situe en 2008 avec la sortie de Call of Duty : World at War. On y voyait de la torture et des crimes de guerre commis par l'armée russe.

Dans WWII, le débarquement en Normandie traduit le niveau d'horreur que cela a pu être, avec des jeunes combattants qui se retrouvent dans un bain de sang à peine le pied posé sur la plage. Le jeu vous proposera de secourir vos compagnons blessés par des balles adverses. On ne fait pas un cours d'Histoire, mais il faut être authentique. Et on aborde un sujet délicat : celui des camps de la mort.

La mitrailleuse Gatling : Une invention révolutionnaire

La guerre de Sécession fut le premier vrai conflit moderne qui vit l'emploi du télégraphe des chemins de fer, des navires cuirassés, des sous-marins et de la première mitrailleuse. Inventée en 1862 par l'ingénieur Richard Gatling, cette arme à tir multiple consistait en 6 canons pivotants de calibre 0.58 autour d'un axe central, chaque canon possédant son propre système de mise à feu. L'alimentation en munitions se faisait au moyen d'un cylindre qui faisait tomber les balles par gravité dans les tubes.

Une manivelle permettait le mouvement circulaire qui fermait alternativement les chambres, éjectait une douille, verrouillait la culasse ou tirait la munition. Chacune de ces opérations se faisait sur chacun des canons mais, bien entendu, pas en même temps. Ainsi l'arme pouvait atteindre entre 200 et 400 coups à la minute.

Les Anglais qui furent impressionnés par les qualités de cette arme les utilisèrent contre les Zoulous, puis les Boers, les Boxers chinois et dans la plupart de leurs conflits coloniaux. Si bien d'autres mitrailleuses ont été inventées par la suite et notamment la Maxim 1908 des Allemands, la Gatling est considérée aujourd'hui comme l'arme ayant la plus grosse cadence de tir du monde.

Les derniers modèles de Gatling peuvent tirer jusqu’à 6000 coups par minute. Tous les avions de chasse de l'US AIR FORCE sont aujourd'hui armés d'un canon vulcain rotatif descendant du système de Gatling tout comme le monstrueux A10 warthog et son canon rotatif à 7 tubes de 30mm capable de percer le blindage d'un char.

Paradoxalement cette arme dont les différents successeurs furent les principaux pourvoyeurs de morts des conflits modernes avait été inventée par Gatling pour réduire le nombre de tireurs nécessaires au combat et réduire ainsi la taille des armées et donc le nombre de morts.

tags: #jeu #mitrailleuse #plage #histoire

Post popolari: