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Paul-Yves Nizan, né le 7 février 1905 à Tours (Indre-et-Loire) et mort le 23 mai 1940 au château de Cocove (Pas-de-Calais), fut un écrivain, journaliste et membre du Parti communiste français.

Jeunesse et Formation

Paul-Yves Nizan grandit dans un milieu provincial jusqu’à l’âge de douze ans. Son père, ingénieur des Ateliers des chemins de fer, fut muté à Paris en 1917. Nizan devint condisciple de Sartre au lycée Henri-IV de 1917 à 1922, puis entra en khâgne à Louis-le-Grand en 1922. Il continua à suivre les cours de philosophie d’Alain à Henri-IV.

Très tôt attiré par l’écriture, Paul Nizan s’essaya à la poésie et à l’essai caustique. Quelques mois après son entrée à l’École normale supérieure, il fut victime d’une dépression nerveuse. En octobre 1925, un « pèlerinage » italien le mena à Pise, Florence et Rome.

Engagement Politique et Littéraire

À son retour, il adhéra au Faisceau universitaire de Georges Valois. Ses névralgies faciales et son oscillation entre la politique et la littérature révélaient un certain désarroi. Paul Nizan s’intéressa et participa néanmoins à de nombreuses tentatives de renouvellement de la pensée philosophique et politique en France, notamment à celles de son ami Georges Friedmann.

En août 1925, il reprit le Groupe d’informations internationales qu’avait fondé Friedmann à l’École normale supérieure et fut proche de deux revues créées par son ami, Philosophies et l’Esprit. Parmi les collaborateurs, citons Pierre Morhange, Max Jacob, Paul Lotte, Jules Supervielle, Jean Cocteau, Robert Honnert, Jean Caves, Philippe Soupault, Pierre Drieu La Rochelle, Norbert Guterman, Henri Lefebvre, Georges Politzer.

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Nizan, dont le nom ne figurait pas sur la liste des collaborateurs, reprit toutefois par la suite certaines de leurs positions philosophiques, en les politisant, dans « Notes-programme sur la philosophie » (Bifur, 1930) et surtout dans Les Chiens de garde (1932).

Période à Aden et Adhésion au Parti Communiste

Brusquement, il quitta la scène littéraire et politique française en acceptant de devenir le précepteur des deux enfants de l’homme d’affaires, Antonin Besse, à Aden (septembre 1926-mai 1927). Il n’était pas dupe cependant et savait que « les voyages ne sont pas une solution ».

Dès son retour (mai 1927), sa situation se transforma : fiançailles avec Henriette Alphen, adhésion au Parti communiste (parrainée par Jean Bruhat, son condisciple rue d’Ulm), mariage le 24 décembre (témoins : Sartre et Aron).

Carrière et Militantisme

Agrégé de philosophie en 1929, c’est avec soulagement que Nizan quitta l’École normale supérieure. Dandy et anglophile, fasciné par la modernité, il fut l’un des tous premiers Français à lire Heidegger et fit connaître à ses amis la littérature irlandaise et les romanciers américains.

Dès son adhésion au parti, il se lança dans des activités fébriles et militantes : il participa, avec des camarades du parti et du groupe Philosophies tels Georges Friedmann, Henri Lefebvre, Georges Politzer, Pierre Morhange, Norbert Guterman, à l’aventure de la Revue marxiste. Il partagea avec son ami Georges Politzer, la direction de la Revue de psychologie concrète (1929).

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Au début de 1931, alors qu’il était conseiller littéraire de la revue Bifur, il se mit à la disposition de la section d’Agit-prop du Parti communiste français. Il s’occupa également de la librairie du parti, rue Lafayette et collabora à la revue Europe et à l’hebdomadaire Monde.

On retrouve des échos de Kharkov dans son article « Notes-programme sur la philosophie » ainsi que dans ses deux pamphlets, Aden Arabie (1931) et Les Chiens de garde (1932). Le premier, rendu à la notoriété par l’avant-propos de Sartre à la réédition de 1960, est célèbre par sa salve inaugurale : « J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie ».

Son apprentissage (1927-1933) fut marqué par le sectarisme et l’ouvriérisme du parti, sa politique « classe contre classe » à laquelle Nizan prit une part active. Son nom est associé à l’affaire de la Revue marxiste, au contrôle de Bifur, à la tentative de contrôle de Monde, puis à la création de l’Association des écrivains et des artistes révolutionnaires (AEAR) en 1932, au lancement de Commune en 1933, dont il fut secrétaire de rédaction avec Aragon, à la création de l’Université ouvrière (1932) et au Cahier de revendications de Denis de Rougemont, dans la Nouvelle revue française (décembre 1932).

Manichéen dans son analyse, il considérait que « tout le drame se joue entre la bourgeoisie et le prolétariat. Entre-temps, Nizan avait effectué son service militaire à Paris (15 octobre 1929-15 octobre 1930, au 20e régiment d’infanterie coloniale), qui lui inspira l’épisode de la conspiration dans le roman du même nom.

Nommé professeur de philosophie au lycée Lalande à Bourg-en-Bresse (1931-1932), il laissa une trace profonde dans cette ville à la suite de ses activités politiques et de sa tentative de syndicalisation des chômeurs qu’il encourageait à adhérer à la CGTU. Nommé professeur de philosophie au lycée d’Auch en 1932, il demanda sa mise en congé et revint à Paris.

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C’est en 1932 qu’il commença son apprentissage de journaliste à l’Humanité et qu’il travailla, entre autres, sous la férule de Gabriel Péri. Il collabora à la Revue des vivants en y donnant un article sur « La littérature révolutionnaire en France » (1932) ainsi qu’à Littérature internationale (organe de l’Union internationale des écrivains révolutionnaires, 1933).

Ce fut également cette année-là, sans doute inspiré et libéré par la mort de son père en 1930, qu’il publia son premier roman, Antoine Bloyé (une voix au Goncourt de 1933). Analyse marxiste de la montée du capitalisme français sous le Second Empire, dénonciation du déracinement et de l’aliénation par l’industrialisation et l’urbanisation, Antoine Bloyé était largement autobiographique et la vie de son père lui en avait inspiré le personnage principal.

Voyage en Union Soviétique

En 1934, son militantisme exemplaire fut récompensé par le parti qui l’envoya en Union Soviétique. En janvier, accompagné de sa femme, il quitta Paris et ses deux enfants pour un séjour qui dura presque un an, financé en partie par ses droits d’auteur. Il fréquenta l’Institut Marx-Engels à Moscou, assura la publication de cinq numéros de l’édition française de Littérature internationale, se rendit à Leningrad, voyagea dans l’Oural et en Asie centrale.

En août 1934, il participa à Moscou au premier congrès des écrivains révolutionnaires avec Malraux, Jean-Richard Bloch, Vladimir Pozner et Aragon. Il devait en naître, entre Malraux et Nizan, une amitié durable. Il rencontra Gorki et assista aux funérailles de Kirov en décembre 1934.

Nizan apporta sa contribution à la diffusion d’une nouvelle image de l’URSS dès son retour en France dans une série de conférences et d’articles dans lesquels il demandait à ses concitoyens de se fier à son témoignage « d’homme qui a longtemps vécu en URSS. » Participant aux deux journées nationales d’amitié pour l’Union soviétique, il publia trois longs articles dans Russie d’aujourd’hui où il vantait la gaieté des jeunes soviétiques, leur acharnement au travail, la volonté de paix de l’Union soviétique, « notre patrie, en attendant que nous ayions conquis celle que nous n’avons pas ».

Nizan participa au Congrès des écrivains pour la défense de la culture (Paris, 21-25 juin 1935) en y donnant une conférence sur « L’humanisme ».

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