Le milieu traditionnel n'est pas mort, mais les jeunes se bousculent au portillon pour prendre la relève. Ce livre, quatrième tome de la série "Parrains et Caïds", est une immersion dans le banditisme français mûri à l'ombre des cités. Un atout considérable, même si certains rêvent de reconnaissance médiatique.
Que disent-ils d'eux-mêmes ? Qu'en pensent les policiers qui les traquent et les magistrats qui les poursuivent ? Comment les voyous d'hier les considèrent-ils ? Qui sont les têtes d'affiche ? Que font-ils de leurs millions ? Réponses dans ce livre étayé de très nombreux témoignages inédits.
La fusillade sur l'autoroute A41, à Grenoble, a fait une victime de haut vol: Jean-Pierre Maldera. Il s'agit d'une figure du grand banditisme italo-grenoblois dans les années 1980-1990. Selon France Bleu Isère, Jean-Pierre Maldera et son frère Robert ont fait régner la terreur, poursuivis pour « association de malfaiteurs », « proxénétisme aggravé » et « racket ». Robert était d'ailleurs présenté comme « le parrain de Grenoble ».
Disparu en 2015, son corps n'a jamais été retrouvé, malgré trois mises en examen. « Les frères Maldera, c'est la dernière famille en France à faire plus peur que les caïds des cités », avait un jour confié un bon connaisseur du milieu. Jean-Pierre n'avait cependant pas de quoi rougir de la comparaison avec son frère.
« Son casier judiciaire comporte huit mentions pour des condamnations prononcées entre le 24 février 1978 et le 21 avril 1999. Il a notamment été condamné par la cour d'assises de l'Isère le 19 mars 1986 à quinze ans de réclusion criminelle pour un vol à main armée », a précisé le procureur adjoint dans un communiqué publié mercredi soir.
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Jean-Pierre, seul survivant de la fratrie Maldera, vivait depuis des années avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Ce mercredi, précise le parquet, il était dans une voiture de marque BMW quand une autre voiture est remontée à sa hauteur. Selon les premières conclusions du légiste, la victime aurait d'abord été visée par des tirs de kalachnikov dont au moins un l'aurait atteint au niveau du coude (le légiste évoque un geste de défense).
Jean-Pierre Maldera aurait alors stoppé son véhicule sur la chaussée et serait descendu. Le véhicule agresseur a fait demi-tour, emprunté l'autoroute à contresens pour venir le percuter violemment. Le corps a été projeté et retrouvé sur la voie opposée de l'autoroute. D'après le légiste, la plaie par arme à feu ne serait pas mortelle et la cause de la mort (qui ne sera certaine qu'après l'autopsie) serait plutôt due au choc avec le véhicule ou la chute sur la chaussée.
Le ou les assaillants ont pris la fuite à bord de leur véhicule.
Justice Publié le samedi 29 août 2020 à 15h08 Clarissa Jean-Philippe avait 26 ans et venait de réaliser son rêve : devenir policière. Le terroriste Amedy Coulibaly l’a abattue d’une balle de kalachnikov dans le dos, dans une rue de Montrouge, le matin du 8 janvier 2015, à la veille de la prise d’otages sanglante à l’Hyper Cacher.
Clarissa a peur pour sa maman. Peur aussi pour elle et son petit frère, même si le père n’a jamais levé la main sur ses enfants. Clarissa, la timide, commence à tenir tête à ce père qui l’écœure. Un jour, elle lui annonce qu’elle deviendra policière, pour le mettre en prison. “Elle lui a dit, 'tu vas voir, quand je serai grande je serai policière pour arrêter ce que tu fais à maman' ”, raconte la mère de Clarissa, la voix étranglée par l’émotion. Clarissa est alors une collégienne âgée de quatorze ans. Dès lors, elle ne pense plus qu’à ce jour où elle revêtira un costume de police pour protéger sa maman chérie.
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À 18 ans, Clarissa a envie elle aussi de traverser l’océan Atlantique. Elle annonce à sa mère qu’elle veut “partir avec tatie, parce que je veux faire quelque chose de bon, je veux réaliser mon rêve et faire des stages pour être policière, maman”.
Et son premier rêve se réalise en 2014 : devenir policière municipale. Clarissa est folle de joie. Elle se prend en photo tout sourire, “comme si elle posait pour des magazines, d’ailleurs tous les mois elle m’envoyait des photos d’elle, elle adorait les photos, elle m’envoyait tout” s’enorgueillit Marie Louisa Jean-Philippe, qui avait pris un avion pour venir rendre visite à Clarissa en septembre 2014, pour son anniversaire. Elle était fière de la réussite de sa fille qui a toujours été une championne de course à pied à l’école.
2014 s’achève et Clarissa rentre en métropole. Le 7 janvier 2015 au soir, Line appelle Clarissa parce qu’elle s’inquiète pour sa nièce après l’attentat perpétré contre Charlie Hebdo. “Je l’avais appelée pour lui dire de faire attention, de mettre son gilet, et elle m’a dit 'ne t’inquiète pas, tatie, on a eu une réunion suite à l’attentat à Charlie Hebdo et le port du gilet est obligatoire, mais de toute façon je le mets toujours'.”
Le lendemain, la France se réveille sonnée et effrayée. Soudain, un petit homme à la peau de couleur noire, comme elle, et vêtu d’un manteau à capuche fourrée, la vise et lui tire dans le dos. Une balle de kalachnikov transperce le corps de Clarissa Jean-Philippe, qui s’effondre.
Clarissa Jean-Philippe n’a pas eu le temps de recevoir officiellement son diplôme de policière municipale, juste eu le bonheur d'apprendre qu'elle était titularisée. Elle n'a pas eu le temps d'accomplir son rêve d’intégrer la police nationale. Pas eu le temps de rentrer en Martinique pour protéger sa maman, vêtue de cet uniforme de policière dont elle croyait qu’il allait la libérer de ses blessures de l’enfance et qui a fait d’elle une cible ce 8 janvier 2015. Clarissa Jean-Philippe n’avait que 26 ans.
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La guerre hante l’œuvre de Jean Hatzfeld. Blessé en juin 1992 à Sarajevo par une rafale de Kalachnikov, il rédige pendant son immobilisation son premier récit L’Air de la guerre.
Il poursuit ensuite son travail avec un groupe de Hutu ayant participé au génocide. De ces rencontres naît en 2003 Une Saison de machettes, qui reçoit le prix Femina Essai et le Prix Joseph Kessel la même année.
Dans Englebert des collines, J. Voilà une quinzaine d’années, dans la ville de Nyamata, Jean Hatzfeld a rencontré Englebert Munyambonwa, qui arpentait en haillons la grande rue, s’arrêtant dans tous les cabarets, hélant les passants.
Au printemps 1992, les Serbes encerclent Sarajevo. Vahidin et Marija, deux athlètes de l’équipe de tir yougoslave, s’entraînent en prévision des jeux Olympiques de Barcelone. Tous deux sont bosniaques, et amants ; lui est musulman, elle est serbe.
Jean Hatzfeld reconstitue l’atmosphère de Sarajevo sous les bombardements, le basculement des mentalités, il pénètre dans l’univers des tireurs d’élite, il décrit leurs techniques, leur adaptation à la topographie urbaine.
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