Vous l’utilisez tout le temps. A chaque fois que vous appuyez à mi-course sur le déclencheur, votre appareil photo fait la mise au point tout seul comme un grand. Oui mais connaissez-vous vraiment toutes les ficelles de l’autofocus ? Je parie que non !
Attention : ceci est surtout valable pour les reflex. Certains hybrides fonctionnent différemment en faisant simplement la mise au point là où vous l’indiquez sur l’écran tactile. Et bien les collimateurs sont la base du système de mise au point automatique de votre appareil photo. Les collimateurs sont donc ces carrés et rectangles avec un point au milieu, qui s’allume quand la mise au point est faite.
Vous ne l’avez sûrement jamais remarqué, mais le collimateur central est en général un carré, et les collimateurs périphériques sont souvent des rectangles, dont certains sont orientés verticalement et d’autres horizontalement (tout au moins sur les reflex d’entrée de gamme ou de milieu de gamme).
Ainsi, ce qui fait la performance des systèmes d’autofocus sur les boîtiers reflex haut de gamme, c’est qu’ils sont composés en majorité (voire en totalité) de cellules en croix voir en étoile, donc de collimateurs carrés, qui n’ont aucun mal à faire la mise au point selon l’orientation du sujet. A l’inverse, les collimateurs rectangulaires ne peuvent faire la mise au point que sur des sujets orientés perpendiculairement à leur propre orientation.
Il me semble très utile de le préciser, car cela peut facilement vous jouer des tours : la cellule est en général plus grande que le collimateur qui est affiché. Cela veut dire que la mise au point n’est pas faite précisément sur le petit point qui clignote, mais quelque part dans le carré/rectangle, et même un peu au-delà.
Lire aussi: Tout savoir sur les pistolets à eau
Et bien quand vous travaillez à de faibles profondeurs de champ, si la mise au point ne se fait pas exactement là où vous le souhaitez, votre point focal peut se retrouver flou. D’autant plus que l’autofocus a tendance à choisir les zones contrastées pour faire la mise au point.
C’est ce qui m’est arrivé pour un portrait à mes débuts : je jure que j’avais fait la mise au point sur l’œil, mais l’autofocus avait en réalité effectué la mise au point sur la mèche de cheveux proche.
Deuxième composante essentielle de ce système : le mode de mise au point automatique.
One Shot chez Canon, AF-S chez Nikon et beaucoup d’autres marques, ce mode est le plus simple, celui que vous connaissez tous et qui est défini par défaut sur l’appareil. Vous appuyez à mi-course sur le déclencheur : la mise au point automatique s’effectue. Ce mode est parfait pour les sujets immobiles ou presque.
Il existe un mode intermédiaire, AI Focus / AF-A, qui se comporte comme le mode One Shot, sauf quand il détecte un mouvement du sujet.
Lire aussi: Images de cible de tir : ce qu'il faut savoir
Ce mode est plus complexe de compréhension, mais peut être indispensable dans certaines situations. Dans ce mode, l’autofocus ne s’arrête jamais. Autrement dit, vous n’avez jamais de confirmation visuelle (le point qui clignote) ou auditive (le bip) de la mise au point, puisqu’elle s’effectue en continu.
C’est un mode quasi indispensable sur sujets mobiles, en particulier à des profondeurs de champ réduites où le moindre mouvement de votre sujet peut le rendre flou. Un très bon exemple de son utilisation est la photo de concert : mettons que vous vouliez shooter dans un bar sombre le guitariste un peu agité du groupe de rock qui s’y produit.
Si vous laissez le soin à votre appareil de décider où effectuer la mise au point, autant dire que vous lui laissez choisir un paramètre important. Pour sélectionner le collimateur, vous pouvez appuyer sur le bouton dédié puis naviguer entre les différents collimateurs avec la croix.
L’œil dans le viseur, vous aurez besoin d’une méthode plus rapide. Et bien il suffit d’appuyer sur ce même bouton et d’utiliser la molette : vous verrez dans le viseur s’illuminer les collimateurs au fur et à mesure que vous changerez votre sélection. Notez que sur certains reflex plus hauts de gamme, vous aurez un mini joystick qui vous permettra de bouger le collimateur sans appuyer sur un autre bouton.
Si votre sujet n’est pas situé sur un de vos collimateurs, vous allez être obligé d’employer cette technique. Vous devez pour cela employer le mode One Shot / AF-S décrit plus haut.
Lire aussi: L'attrait visuel du tir à l'arc exploré
Attention : à des profondeurs de champ faibles, le fait de bouger l’appareil photo entre la mise au point et le déclenchement peut foirer votre mise au point.
Je vous donne le terme anglais car c’est souvent celui que vous retrouverez dans vos recherches. C’est une technique avancée, je vous la déconseille si vous êtes vraiment débutants en photo. Mais si vous avez un peu de pratique, vous pouvez essayer pour vous entraîner. Une fois maîtrisée, c’est une technique très efficace !
tags: #image #viseur #croix #fonctionnement