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Le faisan, originaire de Chine, est resté pendant plusieurs siècles un oiseau de volière. Ce n’est que depuis 4 siècles qu'il vit à l'état naturel, échappé d’élevage. Seules quelques populations vivent à l’état naturel en France.

Caractéristiques et Identification du Faisan Commun

De multiples croisements ont produit des oiseaux aux poids, tailles et couleurs très vives. Le Faisan commun possède un plumage difficile à décrire car les différents croisements ont conduit à une multitude de coloris.

Le Coq Faisan

Les coqs ont une couverture colorée à reflets brillants. La tête est recouverte d’un vert brillant avec une collerette rouge écarlate au pourtour du bec. Un collier blanc entourant le cou marque la séparation entre la tête et la poitrine du coq. Il est muni d’une queue pouvant atteindre plus de 50 centimètres. Il pèse de 1,2 kg à 1,7 kg.

La Poule Faisane

La poule, plus petite, possède des couleurs plus ternes à dominante beige à brun. Sa silhouette est plus effilée et sa queue est bien plus courte. Son poids n’excède rarement 1,2 kg.

Caractéristiques Communes

Les adultes sont munis de pattes robustes leur permettant une course rapide et un grattage du sol efficace.

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Le Faisan et son Habitat

Comme beaucoup d’espèces de petit gibier sédentaire, le faisan a lui aussi connu de sombres années avec des populations en chute libre depuis l’intensification de l’agriculture. Haut en couleurs, le faisan a su reconquérir les campagnes et donner un élan d’espoir pour les chasseurs de petit gibier.

Repeuplement et Conservation

Depuis de nombreuses années déjà, l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (aujourd’hui l’Office Français de la Biodiversité), la Fédération Nationale des Chasseurs et le réseau des Fédérations Départementales et Interdépartementales des Chasseurs s’attachent à collecter des données pour évaluer la dynamique des populations du faisan commun. Ils s’appuient sur différentes méthodes de recensement (la battue à blanc, le percher ou le brancher - méthodes ne pouvant être appliquées à tous les milieux), mais plus particulièrement sur les comptages des coqs chanteurs au printemps.

Cette méthode permet de connaître l’effectif reproducteur, ou ses variations, par le dénombrement des coqs territoriaux et l’estimation du rapport des sexes. Entre mars et juin, les coqs territoriaux émettent des chants audibles permettant ainsi de les repérer aisément et ce même à plusieurs centaines de mètres.

Méthode de Comptage

Il doit être muni d’une paire de jumelle, d’une montre, d’un plan de la zone d’écoute au 1/5000 ou 1/10000ème et d’une bonne paire d’oreilles. Ensuite il arpente pendant une seconde heure sa zone de comptage pour préciser au mieux la position des faisans. Le comptage doit être répété une seconde fois dans les 15 jours et les meilleurs résultats seront retenus.

Attention, si aujourd’hui le faisan se porte bien et devient un oiseau dont il n’est pas rare de croiser le chemin, cela n’a pas toujours été le cas. En effet, aux prémices des campagnes de repeuplement les échecs ont été nombreux. Le faible caractère sauvage des oiseaux de repeuplement en fut la cause principale. Les oiseaux n’étaient absolument pas adaptés pour résister.

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Les oiseaux issus de souches d’élevage n’offraient pas non plus une reproduction suffisante pour installer une population sur un territoire de manière durable. Pour répondre aux demandes de repeuplement, l’ONCFS a mis en place un conservatoire des souches de faisan commun. Des géniteurs sont capturés chaque année sur des territoires français qui abritent des populations naturelles importantes.

Elevés dans les Yvelines, au cœur du massif forestier Rambolitain jusqu’à leurs deux mois sur des parcours en herbes, ils sont ensuite transférés dans des grandes volières. Il s’agit de la fameuse souche sauvage dite F1.

Une étude menée par l’INRA (Institut National de Recherche Agronomique) a mis en évidence que les individus issus de souche sauvage ont un comportement de plus grande discrétion, une réaction d’évitement de l’homme plus forte ainsi qu’une meilleure aptitude au vol des faisandeaux.

Grâce aux progrès accomplis en matière de repeuplement, principalement dû au travail effectué sur les souches de faisan commun, de nombreuses populations naturelles ont pu s’installer sur les territoires. Suite à cette première victoire, une forte demande a émané du terrain pour pérenniser cette réussite et affiner la gestion de cette espèce.

Entre 2013 et 2016, une nouvelle étude de télémétrie de grande ampleur, sur plusieurs départements, est venue ajoutée une plus-value à la gestion de l’espèce en termes de démographie et d’utilisation du milieu dans le but de montrer qu’au-delà des individus, la gestion de l’habitat est primordiale.

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Deux grands paramètres y ont été étudiés : la survie des adultes et la reproduction. La survie des oiseaux dépend de beaucoup de paramètres. C’est notamment un taux moyen de 55% de survie qui a pu être démontré.

Elle a également pu mettre en évidence que le taux de mortalité des poules est d’autant plus important en période printanière, correspondant avec la période de reproduction. En effet, les poules sont davantage sensibles à la prédation lorsqu’elles nidifient et défendent leurs poussins face aux prédateurs.

La prédation est la cause principale de mortalité chez les faisans. Les principaux prédateurs, sans surprise, sont les renards et les fouines. Les collisions routières sont également un facteur important.

Cette étude a également révélé que les poules n’affectionnaient pas plus particulièrement que cela les espaces cultivés que les autres milieux. En revanche, les milieux cultivés et non cultivés sont propices à l’installation des nids et le devenir des pontes y est bien meilleur. Quant aux zones vitales elles évoluent selon les saisons.

Contrairement à ce que beaucoup de chasseurs peuvent penser, le faisan n’affectionne pas particulièrement le bois pour y installer son territoire au printemps et pour y nidifier.

Dans cet esprit, et pour aider les populations de faisan naturel à s’installer durablement, il est nécessaire de concentrer conjointement ses efforts sur deux points importants.

Dans un premier temps, sur l’amélioration de l’accueil des individus en s’attachant à travailler sur l’habitat. Aucun résultat des différentes études menées met en évidence une sélection d’habitat dans le choix du domaine vital. Le faisan utilise l’habitat à la hauteur de sa disponibilité.

En revanche, les milieux cultivés semblent être utilisés de manière très marginale en hiver car ils n’offrent que très peu de couvert. Les oiseaux sont ainsi bien plus vulnérables face aux prédateurs.

Cette offre de lisières, de milieux différents articulés de manière régulière permettra aux individus de se déplacer facilement pour rechercher nourriture mais aussi pour pouvoir trouver protection à proximité immédiate lors d’attaques de prédateurs.

Il ne faudra pas oublier, si le territoire n’offre pas de ressource en eau naturellement via des mares par exemple, à apporter de l’eau tout au long de l’année et surtout en période de sécheresse.

Autre point indispensable pour espérer faire perdurer les populations, il s’agit bien évidemment de la régulation des prédateurs et ce de manière régulière. Des prédateurs présents en trop grand nombre pourraient mettre en l’air tous les efforts réalisés.

Face aux résultats encourageants de bon nombre de territoires grâce aux campagnes de repeuplement, aux travaux menés en termes d’aménagement et aux efforts engagés dans la régulation des prédateurs, les plaines et milieux bocager reprennent vie. Quoi de plus agréable, pour tous les utilisateurs de la nature de croiser au coin d’un chemin ou d’une haie de si beaux oiseaux ? Là est peut-être le renouveau de milieux devenus désertiques.

Controverses Autour de l'Élevage et de la Chasse

Élevés en enfer pour servir... de « chair à fusil » ! Avec le naturaliste Pierre Rigaux, L214 dévoile les images d'un élevage de faisans et de perdrix destinés à la chasse, où les oiseaux s'entassent par milliers en bâtiments avant d'être lâchés dans la nature comme cibles vivantes. Leur bref instant de liberté s'achèvera sous les balles des fusils.

Lâchés dans la nature peu de temps avant l'arrivée des chasseurs, les faisans d'élevage proviennent de vastes hangars industriels, où ils s'entassent par milliers dans l’obscurité. Les « reproducteurs » qui leur donnent naissance restent, eux, piégés dans des cages.

C'est le supplice dénoncé par l'association L214 et le naturaliste Pierre Rigaux, à travers une enquête consacrée à un élevage industriel d'animaux destinés à la chasse, situé à Missé (79). Tandis que leurs géniteurs passent leur vie dans des cages, les jeunes faisans s'entassent dans l'obscurité avant d'être libérés pour la chasse.

Dans les vidéos des lanceurs d'alerte, on découvre que pour éviter qu'ils ne se blessent entre eux sous l'effet de la promiscuité et du stress, les faisans sont équipés d'anneaux et de "couvres-becs", dont la pose peut nécessiter de percer la cloison nasale des oiseaux.

« Dans ces élevages, les poussins grandissent sans leurs parents et sans rien apprendre de la vie dans la nature, explique Pierre Rigaux, auteur de « Pas de fusils dans la nature - les réponses aux chasseurs » (éd. HumenScience, 2019).

L'élevage ciblé par les défenseurs des animaux appartient au groupe français Gibovendée, détenteur de 300 000 faisans et perdrix reproducteurs donnant naissance à 20 millions d'œufs « à couver » ainsi qu'à un million d'oiseaux « prêts à être lâchés » chaque année. Si les chasseurs de l'hexagone s'en réservent une large part, le marché britannique compte également parmi les débouchés majeurs de l'entreprise. « Les exportations vers le Royaume-Uni représentaient à elles seules un tiers de son chiffre d'affaires en 2016 », relève L214.

Si plusieurs compagnies maritimes refusent de transporter les oiseaux destinés à la chasse, ce ne serait pas le cas d'Eurotunnel, qui continuerait à les acheminer outre-Manche. Les bâtiments d'élevage et les rangées de cages s'étendent à perte de vue, concentrant des milliers d'oiseaux.

A l'instar d'une précédente vidéo, déjà consacrée à des élevages d'animaux destinés à la chasse (Aspas, 2018), ces nouvelles révélations viennent - à nouveau - battre en brèche l'argumentaire des chasseurs, qui se targuent de réguler les populations d'animaux sauvages et d'éviter leur prolifération excessive dans la nature.

Or, 14 millions de faisans et 5 millions de perdrix sont élevés chaque année en France pour être relâchés devant les fusils (Syndicat National des Producteurs de Gibiers de Chasse). Alors que les accidents de chasse font chaque année de nombreuses victimes tant parmi les humains que parmi les animaux de compagnie, plus de 8 Français sur 10 souhaitent - à minima - que le dimanche devienne un jour non chassé (baromètre Fondation 30 Millions d'Amis /Ifop - 2020).

La popularité - y compris en milieu rural - du Référendum pour les Animaux, proposant notamment d'interdire les pratiques de chasse les plus cruelles ainsi que l'élevage en cage, le montre : une large majorité de nos concitoyens privilégie désormais un rapport apaisé avec la nature et avec les animaux.

Environ 90 espèces issues de la faune sauvage dont une soixantaine d’oiseaux sont chassables en France. C’est plus que dans d’autres pays européens.

Cette spécificité française s’explique par la diversité des 4 régions biogéographiques (atlantique, alpine, continentale et méditerranéenne) qui la compose, ce qui est plus que dans aucun autre pays européen, et la qualité de ses biotopes.

En France, seules les espèces citées dans l’arrêté du 26 juin 1987, régulièrement amendé, peuvent être chassées.

Depuis plusieurs décennies, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) fait un classement de toutes les espèces au niveau mondial, européen et national sur la base de différents critères - taille de population, taux de déclin, aire de répartition géographique, degré de peuplement….

Ces listes sont appelées à tort liste « rouge » alors que pour certaines espèces y figurant les clignotants sont au vert car elles bénéficient d’un bon état de conservation.

Certaines espèces dites « menacées » selon le classement de l’UICN peuvent donc continuer à être chassées car cette pratique règlementée et encadrée n’a pas impact significatif sur leur état de conservation.

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