Les grands gibiers occupent une place centrale dans l’écosystème forestier et dans l’imaginaire collectif des chasseurs. Ces imposants mammifères, symboles de force et de majesté, jouent un rôle crucial dans la biodiversité de nos forêts tout en représentant un défi pour la gestion cynégétique. Cette catégorisation a des implications importantes pour la chasse, la gestion des populations animales et la protection de l’environnement. Cette classification n’est pas figée et peut évoluer en fonction des changements dans les populations animales ou des nouvelles réglementations.
La chasse constitue un acte de chasse tout acte volontaire lié à la recherche, à la poursuite ou à l’attente du gibier ayant pour but ou pour résultat la capture ou la mort de celui-ci. Le gibier est constitué par les animaux sans maître, vivant à l’état sauvage. On le définit d’ailleurs par l’expression « res nullius », c’est à dire n’appartenant à personne.
Les gros gibiers sont les animaux les plus chassés avec une part de 32 % suivi de près par le petit gibier sédentaire avec 31% des espèces chassées.
Parmi les grands gibiers présents en France, certaines espèces se distinguent par leur importance écologique, leur valeur cynégétique ou leur place dans l’imaginaire collectif.
Le cerf élaphe (Cervus elaphus) est sans conteste l’un des animaux les plus emblématiques des forêts françaises. Avec sa stature imposante et ses bois majestueux, il incarne la noblesse de la faune sauvage. Le cerf joue un rôle écologique important en tant qu’herbivore, façonnant la végétation forestière par son broutage. Le brame du cerf, qui a lieu à l’automne, est un spectacle naturel fascinant qui attire de nombreux observateurs.
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La population de cerf élaphe reste en général faible sur le département par rapport à sa capacité d’accueil. Ce dernier se déplace vers les régions de Gray et de Pesmes. Une autre population, située entre Villersexel et Héricourt, a connu ses premières attributions il y a onze ans. Cette population a été isolée par la construction de la LGV. Aujourd’hui, très peu d’animaux sont observés dans les massifs au nord de la ligne, la connexion ayant été interrompue avec ceux situés au sud. 733 cerfs ont été prélevés au cours la saison 2022/2023.
Le sanglier (Sus scrofa) est une espèce dont la population connaît une expansion significative en France depuis plusieurs décennies. Cet omnivore robuste s’adapte à une grande variété d’habitats, des forêts profondes aux zones périurbaines. Les dégâts causés par les sangliers aux cultures sont un sujet de préoccupation majeur pour les agriculteurs et les gestionnaires de la faune. En 2020, on estimait que ces dégâts coûtaient environ 60 millions d’euros par an en France.
Le chevreuil (Capreolus capreolus) est le plus petit des cervidés européens. Agile et discret, il fréquente les lisières forestières et les zones de bocage. La gestion des populations de chevreuils est essentielle pour maintenir un équilibre entre la régénération forestière et la présence de cette espèce appréciée des chasseurs.
Le chamois (Rupicapra rupicapra) dans les Alpes et l’isard (Rupicapra pyrenaica) dans les Pyrénées sont des espèces emblématiques des massifs montagneux français. La chasse au chamois et à l’isard est considérée comme l’une des plus sportives et exigeantes. Elle nécessite une excellente condition physique et une connaissance approfondie du terrain montagneux.
Les grands gibiers occupent une variété d’habitats en France, chaque espèce ayant ses préférences en termes d’environnement.
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Les grandes forêts domaniales françaises, comme celles de Compiègne, de Fontainebleau ou de Rambouillet, constituent des habitats privilégiés pour les cerfs et les chevreuils. Dans ces écosystèmes forestiers, les cerfs et les chevreuils jouent un rôle écologique important. Leur broutage influence la structure de la végétation, favorisant certaines espèces végétales au détriment d’autres.
Le sanglier, espèce particulièrement adaptable, trouve dans les zones agricoles un terrain favorable à son expansion. Les cultures de maïs, de blé ou de pommes de terre constituent pour lui une source de nourriture abondante et facilement accessible. La présence de sangliers dans les zones agricoles soulève des questions complexes de gestion de l’espace rural.
Les massifs montagneux français, notamment les Alpes et les Pyrénées, abritent des espèces de grands gibiers spécifiquement adaptées à ces environnements difficiles. Ces animaux jouent un rôle écologique important dans les écosystèmes d’altitude. Leur présence contribue à maintenir une certaine ouverture des milieux en altitude, favorisant ainsi une biodiversité spécifique.
La gestion cynégétique des grands gibiers en France repose sur un équilibre délicat entre préservation des espèces, maintien de la biodiversité et limitation des dégâts aux activités humaines. Le plan de chasse est l’un des principaux instruments de gestion des populations de grands gibiers. Il définit, pour chaque espèce et chaque territoire, le nombre d’animaux pouvant être prélevés durant une saison de chasse. La mise en place de ces plans de chasse nécessite une collaboration étroite entre les différents acteurs : chasseurs, naturalistes, agriculteurs, forestiers et autorités locales. Un autre aspect important de la gestion cynégétique concerne l’aménagement des territoires.
Rendu obligatoire en France en 1978, pour certaines espèces, le plan de chasse assure le développement durable des populations de gibier et préserve leurs habitats, en conciliant les intérêts agricoles, sylvicoles et cynégétiques. Dans ce contexte, les chasseurs ont obligation de recueillir des données sur l’état des populations de gibier et de suivre leur tendance d’évolution : observations de terrain et résultats de comptages. Ces derniers précisent le nombre minimal et maximal de prélèvements autorisés afin de participer à une gestion équilibrée des animaux et des cultures agricoles ou forestières.
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Toutes les espèces de gibiers peuvent être soumises à plan de chasse. Pour les autres espèces (lièvre, faisan, perdrix grise), l’application d’un plan de chasse peut être décidée par le Préfet sur demande du président de la fédération départementale des chasseurs sur tout ou partie du département. Elle ne peut être déposée que par la personne physique ou morale (société de chasse, ACCA, etc.) détenant le droit de chasse sur le territoire concerné. Lors de l’instruction de la demande, la Fédération des Chasseurs peut exiger du demandeur qu’il justifie de son droit de chasse. Toutefois, lorsque le contrat de location ou de mise à disposition gratuite du droit de chasse le prévoit expressément, la demande est faite par le propriétaire ou son mandataire.
demande à la Fédération Départementale des Chasseurs un nombre d’animaux à prélever sur son territoire pour la saison de chasse à venir. recueille toutes les demandes et organise des consultations nécessaires à la préparation des plans de chasse . au vu de l’avis de la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage des minima et maxima de prélèvements à faire dans le département ou par unité de gestion des espèces ainsi que des modalités d’application du plan de chasse. décide des plans de chasse individuels pour chaque territoire en ayant recueilli les avis nécessaires (étape 2) en respectant les fourchettes préfectorales (étape 4). auprès de la Fédération Départementale des Chasseurs.
Le détenteur du plan de chasse, muni de sa décision d’attribution, doit retirer les bracelets accordés auprès de la FDC. Les attributions, suite aux demandes de plan de chasse, font l’objet d’une seule décision. Toutefois, concernant le sanglier, une attribution supplémentaire est possible, sur la base de demandes complémentaires. Ces demandes sont légitimes dès lors que l’attribution initiale se révèle notoirement insuffisante. Chaque animal tiré dans le cadre du plan de chasse attribué par la Fédération départementale des Chasseurs doit être marqué d’un bracelet à l’endroit même où il a été tué avant tout déplacement de celui-ci. Il est interdit de transporter le gibier sans avoir posé ce bracelet qui comporte un code assurant la traçabilité de l’espèce. Il identifie le gibier et sa classe d’âge. Une couleur unique est fixée annuellement par arrêté ministériel. Il convient donc que le chasseur porte toujours sur lui le(s) bracelet(s) qu’il a commandé(s) en accord avec le plan de chasse qui lui a été notifié par arrêté individuel d’attribution. Le nombre d’animaux à prélever est fixé pour un détenteur et un territoire déterminé : les animaux figurant sur un plan de chasse ne peuvent en aucun être prélevés sur des parcelles non comprises dans ce plan de chasse. Toutefois, la réglementation offre la possibilité aux bénéficiaires de plans de chasse individuels de gérer ensemble leurs territoires : on parle alors de mutualisation des bracelets accordés à chacun des intéressés. Les intéressés informent le président de la fédération départementale des chasseurs par lettre recommandée avec accusé de réception.
L’impact des grands gibiers sur leur environnement et sur les activités humaines est multiforme et parfois contradictoire. D’un côté, ces espèces jouent un rôle écologique important, contribuant à la biodiversité et au fonctionnement des écosystèmes.
La Sologne, vaste région naturelle située au centre de la France, est particulièrement touchée par les dégâts causés par les sangliers. Les dégâts occasionnés par les sangliers dans les cultures de la Sologne sont considérables. En 2019, on estimait que ces dégâts représentaient plusieurs millions d’euros pour la seule région Centre-Val de Loire. Face à cette situation, diverses mesures ont été mises en place : augmentation des quotas de chasse, installation de clôtures électriques autour des parcelles les plus sensibles, création de zones de dissuasion.
La forêt de Fontainebleau, située à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Paris, abrite une importante population de cerfs élaphes. Le broutage des cerfs influence la structure de la végétation, créant des ouvertures dans le couvert forestier qui favorisent certaines espèces végétales et animales. Cependant, une densité trop élevée de cerfs peut aussi avoir des effets négatifs, notamment sur la régénération naturelle de la forêt.
Dans les Alpes françaises, la présence du chamois constitue un atout touristique non négligeable. Des circuits d’observation de la faune sauvage ont été mis en place dans plusieurs parcs naturels alpins, offrant aux visiteurs la possibilité d’observer les chamois dans des conditions respectueuses de leur tranquillité. L’impact économique de cette forme de tourisme nature est significatif.
La chasse aux grands gibiers requiert des techniques spécifiques, adaptées aux comportements et aux habitats de chaque espèce.
La battue est l’une des techniques les plus couramment utilisées pour la chasse au grand gibier, particulièrement pour le sanglier et le cerf. Elle implique un groupe de chasseurs postés et des rabatteurs qui poussent le gibier vers les tireurs.
Elle se déroule sur un territoire déterminé, où deux groupes de chasseurs vont évoluer. Les « Traqueurs » accompagnés de meute de chiens courants, ont pour rôle de débusquer le gibier et le repousser, au moyen de cris et corne de chasse, vers le deuxième groupe de chasseurs en poste : « Les tireurs ». Ce deuxième groupe, posté en ligne, attend le passage du gibier refoulé.
Pour la battue, plusieurs types d’armes de chasse peuvent être utilisées. Utilisant des munitions métalliques, les carabines de grande chasse présentent divers modes de fonctionnements (Semi-automatique, réarmement linéaire, réarmement manuel). Les carabines express sont largement répandues pour la chasse à la battue. Enfin, il peut également être utilisé à la battue, les fusils de chasse de type « Slug » spécial tir à balle.
La battue, ou traque, désigne un espace qui est encadré par des lignes de chasseurs postés souvent à intervalles réguliers. A l’intérieur de la battue, des rabatteurs avec des chiens poussent le gibier vers les lignes de chasseurs.
La chasse collective au grand gibier (action de chasse communément appelée chasse en battue qui rassemble au moins 5 chasseurs, dont un au moins est en mouvement) simultanée sur 2 territoires contigus est interdite à une distance inférieure à 300 m, sauf si les territoires concernés le font d'un commun accord. « En cas de constat d'un tel cas de chasse collective simultanée, sont considérés comme étant en infraction les responsables des 2 territoires en cause.
Lors du transport à bord d’un véhicule (véhicule motorisé, remorque, etc.), avant, pendant et après l’acte de chasse, le chasseur doit transporter son arme déchargée et placée sous étui fermé. L’étui peut être une mallette, un fourreau ou une chaussette. Leur mise en place est obligatoire le long de tous les axes routiers, des voies/chemins goudronnés ouvert à la circulation publique traversant ou jouxtant la battue, puis recommandée sur tous les autres accès.
La chasse à l’approche, plus discrète, est souvent pratiquée pour le chevreuil ou le chamois. Elle consiste à s’approcher silencieusement de l’animal pour l’observer et éventuellement tirer.
Elle s’effectue par un chasseur solitaire, évoluant sur un territoire à pied. Cette pratique a pour but de réguler des populations de gros gibiers dans des zones n’étant pas compatible avec la chasse en battue.
A pied, on recherche et on approche le gibier. Le chasseur explore un territoire, seul, en silence et à bon vent, pour parvenir à portée de tir d’un animal. L’usage de jumelles permet une bonne identification de l’animal avant le tir.
L’affût est également une méthode populaire, particulièrement adaptée à la chasse au cerf pendant la période du brame. Le chasseur se poste dans un endroit stratégique, souvent en hauteur, et attend le passage du gibier.
Ce mode de chasse nécessite une bonne connaissance du territoire, afin de se poster devant des points de passage connus du gibier.
On se dissimule dans des secteurs fréquentés par les animaux. Ce mode de chasse permet l’identification précise de l’animal. Elle se pratique essentiellement au lever du jour ou au crépuscule, souvent du haut d’un affût (mirador).
La chasse à courre, bien que controversée, reste pratiquée dans certaines régions de France. Cette méthode ancestrale consiste à poursuivre l’animal avec une meute de chiens jusqu’à son épuisement.
La vénerie ou chasse à courre consiste à capturer l’animal de chasse à l’aide de chiens créancés.
La vénerie sous terre avec au moins 6 chiens de déterrage pour le courre du blaireau, du renard ou du ragondin. Elle consiste à capturer par déterrage, l’animal acculé par des chiens (à distinguer du déterrage qui est une opération de « destruction »).
La chasse à courre à cor et à cri, consiste à forcer l’animal avec des chiens que des veneurs, à pied ou à cheval, appuient de leurs cris et de sonneries de trompes et de piboles.
Quelle que soit la technique employée, la chasse aux grands gibiers nécessite une connaissance approfondie de l’animal chassé, de son habitat et de son comportement.
La chasse aux grands gibiers est bien plus qu’un simple acte de prélèvement. L’évolution des techniques de chasse reflète également les changements dans notre rapport à la nature et à la faune sauvage. De plus en plus, l’accent est mis sur une chasse éthique et durable, qui participe à la gestion des populations tout en minimisant la souffrance animale.
La chasse à l'arc est un mode de chasse très ancien remontant à l’aire paléolithique a beaucoup évolué avec la modernisation. D’abord remplacé par l’arme à feu, ce n’est que ces dernières années qu’il a connu un nouvel engouement pour la chasse. Face à ce phénomène, la chasse à l’arc a été légalisée en 1995, elle est assimilée à la chasse à tir et concerne tous les gibiers. Le nombre de pratiquants augmente chaque année.
Avec des distances de tir beaucoup plus réduites qu’au moyen d’une arme à feu, une vitesse de flèche moindre en comparaison à une balle, le rapport de force avec l’animal s’égalise. Le tireur doit s’approcher au plus près de la proie, ne pas être décelé, prendre sa visée tout en anticipant les mouvements du gibier.
Deux choix s’offrent au tireur entre un arc traditionnel ou un arc à poulies.
En France, afin de pratiquer la chasse à l’arc il est nécessaire de posséder un permis de chasse, et avoir suivi une « Journée de Formation Obligatoire » (JFO) dans le but d’obtenir une « Attestation de participation à une session de formation à la chasse à l’arc ».
| Mode de Chasse | Technique | Espèces Cibles | Description |
|---|---|---|---|
| Battue | Chasse collective avec rabatteurs et tireurs postés | Sanglier, Cerf | Technique courante impliquant des groupes de chasseurs et des rabatteurs pour pousser le gibier vers les tireurs. |
| Approche | Chasse discrète en solitaire | Chevreuil, Chamois | Le chasseur s'approche silencieusement de l'animal pour l'observer et éventuellement tirer. |
| Affût | Attente à un endroit stratégique | Cerf | Le chasseur attend le passage du gibier, souvent en hauteur, dans un lieu fréquenté. |
| Vénerie (Chasse à Courre) | Poursuite de l'animal avec une meute de chiens | Cerf, Chevreuil, Sanglier | Méthode ancestrale controversée où l'animal est poursuivi jusqu'à épuisement. |
| Chasse à l'Arc | Tir à l'arc | Tous gibiers | Mode de chasse nécessitant une formation spécifique et un permis. |
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