Les holsters de service modernes intègrent des systèmes de rétention mécanique conçus pour sécuriser l’arme tout en permettant un dégainé rapide. Parmi les plus répandus, Safariland a popularisé les dispositifs SLS (Self Locking System) et ALS (Automatic Locking System), tandis que Blackhawk propose la gamme T-Series basée sur sa technologie innovante du Master Grip.
Le SLS utilise un arceau de sécurité rotatif qui recouvre le chien (pour le SP2022) ou la base de la culasse de l’arme (pour le Glock). Pour libérer l’arme, l’utilisateur doit effectuer deux actions successives : appuyer le pouce vers le bas sur la partie crantée de l'arceau, puis le pousser vers l’avant. Ce mouvement abaisse et fait pivoter l'arceau de sécurité SLS vers l’avant, découvrant la culasse. Une fois le capot dégagé, le pistolet peut être tiré vers le haut hors du holster.
Safariland décrit ce geste comme « un tirage plus fluide en un seul mouvement », bien qu’en pratique il nécessite bien deux directions de pression.
L’ALS est un mécanisme interne qui se verrouille automatiquement sur l’arme dès l’embavage (rengainé). Il se présente sous la forme d’un levier de pouce placé à l’intérieur du holster, au niveau du pouce fort. Pour dégainer avec un holster ALS, il suffit d’appuyer le pouce vers l’arrière sur ce levier, ce qui libère le verrou interne retenant l’arme (généralement bloqué dans le pontet ou la culasse). Une fois le levier pressé, l’arme s’extrait verticalement d’un seul trait, « sans torsion ni autre mouvement requis ».
Le rangement de l’arme s’effectue en sens inverse. En Safariland ALS, le simple fait d’enfoncer l’arme dans l’étui réengage automatiquement le verrou interne (on entend un déclic indiquant que l’arme est sécurisée). Avec un système SLS, l'arceau rotatif ne se remet pas en place tout seul : il faut redresser manuellement l'arceau vers l’arrière jusqu’à la position verrouillée. Sur un holster combiné ALS/SLS, l’ALS se verrouille tout seul à l’insertion, mais il conviendra de refermer l'arceau SLS par mesure de sécurité supplémentaire.
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Bien entraîné, le dégainé d’un Safariland ALS/SLS peut être très rapide. Cependant, en situation de stress intense (adrénaline, motricité fine dégradée), ces gestes multiples peuvent poser problème. Il a été constaté que certains utilisateurs peu aguerris scindent le mouvement en étapes trop distinctes : par exemple, ouvrir l'arceau SLS complètement puis repositionner la main pour extraire l’arme. Cette méthode non fluide est « inefficace car elle ajoute des mouvements inutiles et augmente le temps de sortie de l’arme », en plus de créer un laps de temps où l’arme n’est plus retenue du tout ni contrôlée par la main.
En d’autres termes, si l’on appuie sur l'arceau puis qu’on relâche la main avant de saisir la crosse, le pistolet peut être momentanément libre - ce qui « pourrait être désastreux en combat rapproché ou mouvement dynamique ». Sous stress, un agent mal entraîné risque aussi d’oublier l’une des étapes (ex: débloquer l'arceau mais omettre le levier ALS) - l’arme reste alors coincée dans l’étui, générant panique et perte de temps. Ainsi, le système Safariland requiert un entraînement régulier pour que le geste d’appui vers le bas/avant soit instinctif.
Face aux holsters à étapes multiples, Blackhawk a développé avec la gamme T-Series un système de rétention axé sur la simplicité du geste. Le concept clé est le Master Grip Principle : la configuration du holster est pensée pour que la main du tireur tombe naturellement au bon endroit et puisse saisir l’arme d’un seul geste continu. Concrètement, le T-Series utilise une rétention activée par le pouce qui suit le principe du Master Grip.
« Grâce à un mouvement de dégainé fonctionnant selon le principe du Master Grip, l’utilisateur peut entrer en action même dans les circonstances les plus stressantes ».
Sur les holsters Blackhawk T-Series, on trouve une patte ou palette de rétention discrètement située sur la face interne de l’étui, au niveau du pouce. Cette palette contrôle un verrou qui bloque le pontet de l’arme. Lorsqu’une arme est insérée, un ergot robuste vient s’engager dans le pontet pour la retenir. Pour dégainer, il suffit d’appuyer le pouce vers l’intérieur (contre le flanc de l’arme) en direction du holster, ce qui pivote cet ergot hors du pontet et libère l’arme.
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Sur les modèles Level 3 T-Series (L3D), un second dispositif de rétention est présent : un arceau de sécurité rigide pivotant qui se place automatiquement derrière la culasse une fois l’arme rengainée, ajoutant une sécurité supplémentaire. Particularité importante : un seul et même appui de pouce suffit à libérer simultanément les deux sécurités. En effet, sur un level 3 deux palettes placées côte à côte se trouve sur la face interne de l'étui, en pressant la première palette avec le pouce celle-ci vient appuyer sur la seconde, déclenchant ainsi à la fois le déverrouillage du pontet et l’ouverture de l'arceau de sécurité par un ressort.
Le rengainé sur un Blackhawk T-Series est tout aussi simple. Il suffit d’engager le pistolet dans l’étui jusqu’au clic indiquant que le verrou interne a saisi le pontet. Sur un modèle Level 2, l’arme est aussitôt sécurisée. Sur un modèle Level 3, l'arceau de sécurité rotatif se referme ensuite manuellement. Dans la pratique, en poussant l’arme dans l’étui, votre index ou le dos de la culasse va repousser l'arceau de sécurité et celui-ci va se verrouiller de lui-même derrière l’arme dès qu’il est complètement enfoncé. Le tireur n’a donc pas de geste supplémentaire à effectuer pour activer une sécurité externe.
Il est recommandé de tirer légèrement sur l’arme après rengainage pour vérifier qu’elle est bien retenue, mais aucun arceau de sécurité ou bouton manuel n’a besoin d’être manipulé.
Le principal atout du système T-Series est qu’il suit l’intuition naturelle du tireur. Sous adrénaline, il n’y a qu’un seul geste réflexe à faire - prendre son arme comme d’habitude. Si la main parvient sur la crosse, l’arme pourra être dégainée. Les tests ont montré que « grâce au Master Grip, on peut réagir même dans les situations les plus stressantes ». L’utilisateur n’a pas besoin de penser à déverrouiller un dispositif : la pression du pouce fait partie intégrante de la prise en main. Cela réduit le risque d’erreur ou d’oubli en urgence. De plus, le fait d’avoir dès le départ une prise de tir complète améliore la sécurité : on ne sort jamais l’arme avec une prise hasardeuse.
Un holster police ou militaire doit non seulement permettre au porteur de dégainer rapidement, mais aussi empêcher un individu malveillant de s’emparer de l’arme. C’est pourquoi de nombreux étuis intègrent des dispositifs anti-arrachement (anti-snatch). Historiquement, Safariland a mis au point des accessoires comme le Sentry ou le Hood Guard, qui ajoutent un verrou empêchant l’abaissement du capot SLS par une tierce personne.
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Par exemple, le Sentry est un petit bouton de sûreté qu’on peut installer sur un holster SLS pour bloquer le capot en position fermée (niveau IV de rétention). De même, d’autres fabricants ont adopté des systèmes similaires en complément du « pont basculant ».
Le Blackhawk T-Series, lui, a été conçu dès l’origine pour se passer d’un anti-arrachement additionnel. Son mécanisme intégré joue déjà ce rôle de protection. D’une part, l’ergot de verrouillage du pontet retient solidement l’arme tant que le levier n’est pas pressé - un assaillant tirant sur la poignée ne fera qu’engager davantage le verrou. D’autre part, le levier de déverrouillage lui-même est camouflé et orienté de sorte à être difficile d’accès pour un agresseur : « il ne peut être actionné que par le dessus », c’est-à-dire par le pouce du porteur dans le bon angle. Un individu en face ou venant de côté ne trouvera pas aisément ce levier, protégé par la paroi du holster et le corps du tireur.
Enfin, sur les versions Level 3, l'arceau de sécurité ajoute une barrière supplémentaire : elle couvre le marteau ou la culasse, compliquant l’extraction de l’arme si le levier n’est pas enfoncé. En résumé, le holster T-Series “fait le job” tout seul en cas de tentative d’arrachage : pas besoin de bouton de sûreté additionnel. Cette intégration se traduit par une simplicité d’utilisation - pas de manipulation en plus à gérer pour le porteur - tout en offrant un niveau de sécurité élevé contre les retraits non autorisés.
Plusieurs autres fabricants de holsters professionnels se sont inspirés du système Safariland pour leurs étuis à rétention. Par exemple, l’italien Radar 1957, le français GK PRO ou l’italien Vega Holster proposent des modèles à niveaux II ou III reposant souvent sur un pont basculant actionné par le pouce, couplé à un éventuel verrou interne. Le holster GK Pro “port medium” décrit dans son catalogue présente « une rétention mécanique par pont basculant… il suffit d’une pression du pouce pour faire tourner le système et le débloquer », ce qui rappelle très clairement le SLS de Safariland.
De même, Radar a des modèles à capot pivotant et/ou à verrou index selon les déclinaisons, mais la philosophie générale reste : plusieurs sécurités mécaniques que l’utilisateur doit connaître et désengager d’un geste entraîné. Ces systèmes offrent une excellente rétention (certains holsters Radar montent jusqu’au niveau 4 ou 5 avec des sécurités additionnelles), et ont l’avantage d’être familiers pour qui a déjà utilisé Safariland. Notons que Vega Holster, autre marque répandue en Europe, propose également des holsters niveau II/III à capot pivotant.
L’ergonomie et la qualité de fabrication varient, mais l’idée reste majoritairement de reprendre l’approche Safariland qui a fait ses preuves.
En 2019-2020, l’Armée française a lancé un vaste programme de modernisation de son armement de poing, aboutissant à l’adoption du pistolet Glock 17 Gen5 pour remplacer le PAMAS G1. Qui dit nouvelle arme dit nouvel étui : la DGA (Direction Générale de l’Armement) a testé plusieurs holsters disponibles sur le marché afin d’équiper plus de 75 000 militaires. À l’issue des essais, c’est le Blackhawk T-Series L3D (niveau 3, duty) qui a été retenu comme étui réglementaire pour le Glock 17. Ce choix a pu surprendre, car il s’est porté sur un fabricant américain plutôt que sur une solution française ou déjà utilisée localement.
En somme, l’Armée française a opté pour le Blackhawk T-Series en raison de son efficacité opérationnelle (dégainé rapide et instinctif, adapté au stress du combat) et de sa sécurité intrinsèque (rétention robuste sans sacrifier la réactivité). Le fait que ce holster réponde aux besoins spécifiques (robustesse, silence, modularité) et surpasse ...
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