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Au-delà de la transaction économique et de l’ambition sécuritaire, vendre et acheter des armes, donner un équipement militaire ou participer à son acheminement constituent pour les grandes puissances exportatrices comme pour leurs partenaires acheteurs un vecteur d’influence permettant de viser des cibles variées.

Stratégies d'Influence

Les ventes d’armement ont, dans la majeure partie des cas, deux objectifs principaux. Le premier, le plus évident, reste la génération de ressources économiques qui permettront l’entretien et le développement d’une base industrielle et technique de défense. Vendre assure une rentrée financière, mais aussi l’alimentation de bureaux d’études et d’usines. Le second est la perspective d’utiliser ces transferts comme vecteurs de différents messages politiques et diplomatiques.

Vendre des armes à un pays tiers, c’est lui transmettre une partie de ses propres capacités de défense. Moyennant finance, on lui remet des moyens de se protéger. Les livraisons d’armes sont accompagnées de toute une série de services allant de l’offset (construction d’infrastructures dans le pays client) jusqu’à l’entraînement et au maintien en conditions opérationnelles des équipages et des équipements. Évidemment, un tel commerce ne peut se faire - a priori - qu’à destination de pays avec lesquels on entend entretenir des relations durables. Il serait contre-productif de fournir à un potentiel ennemi des armes qui pourraient se retourner contre soi ou contre sa propre politique.

À l’échelle des relations internationales, vendre de l’armement à un pays tiers permet d’envoyer toute une série de messages. Les Américains équipent ainsi massivement les pays considérés comme alliés face à des adversaires plus ou moins déclarés : les pays arabes face à l’Iran, les pays européens face à la Russie, Taïwan, le Japon et la Corée du Sud face à la Corée du Nord et à la Chine. Les Russes arment les Chinois et les Vénézuéliens, visés par des embargos des Occidentaux.

Pour peser dans le rapport concurrentiel, il s’agit d’ailleurs parfois pour les États de laisser entendre qu’ils ne chercheront pas à profiter de leur influence et que leurs clients resteront parfaitement souverains. De nombreux commerciaux français jouent de cet argument : acheter chez nous, c’est échapper à la fois à la contrainte russe et à la contrainte américaine.

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Vendre des armes peut aussi amener à une certaine normalisation de ses relations internationales. Pour Israël, par exemple, il est intéressant de pouvoir afficher la fourniture d’armes à des pays musulmans, niant ainsi toute idée d’une grande coalition contre l’État hébreu. La Turquie, acheteuse de 1,27 % de l’export israélien (2), apporte ainsi un argument dont le poids économique relatif est largement contrebalancé par le poids symbolique et politique. Les bâtiments de projection et de commandement (BPC) Mistral vendus par la France à la Russie en 2010 devaient participer à une logique semblable : normaliser les relations entre Moscou et une grande puissance occidentale.

Influence normative

Les pays acheteurs acceptent, à travers de telles transactions, de se soumettre à une certaine influence politique de la part de leurs fournisseurs. Ces derniers transmettent en plus divers cadres normatifs à leurs clients. Des équipements américains, britanniques, russes ou chinois induisent souvent des facilités d’emplois bien spécifiques. Un aviateur participera plus facilement à des coalitions internationales avec des pays disposant eux-mêmes de matériels semblables.

D’autant plus que des matériels identiques peuvent plus facilement être entretenus en commun. Les calibres des armes légères en sont un bon exemple. Le M16, adopté dans les années 1960 par les armées américaines, a introduit la munition de 5,56 mm, quand la plupart des fusils d’assaut utilisaient du 7,62 mm. Au fil des années marquées par la guerre froide, l’opposition des blocs s’est retranscrite dans ces armements. À l’Ouest, on a pris l’habitude d’utiliser ce fusil, puis la M4, ainsi que bien d’autres dans les pays européens, comme le Famas, le HK416 ou le G36. Tous très majoritairement en 5,56 mm. À l’Est, la célèbre AK-47 et ses différentes déclinaisons sont restées en 7,62 mm. En choisissant un fusil plutôt qu’un autre, un pays se retrouve de fait dépendant de filières d’approvisionnement d’un bord, ou de l’autre, en munitions et en pièces de rechange. Pour Washington, faire passer des armées entières de l’AK-47 au M16 est un enjeu de poids.

L’influence normative, concernant les ventes d’armes, se manifeste également dans la définition des règles de ce commerce. La France ou les États-Unis imposent par exemple à leurs clients, dans les contrats qui sont signés, de demander des autorisations à leur fournisseur avant tout transfert à un pays tiers. Les États-Unis vont d’ailleurs un peu plus loin : ils interdisent l’exportation de tout équipement qui comporterait des composants américains. Ils imposent ainsi à la France, par exemple, de demander une autorisation pour livrer certains missiles de croisière SCALP de MBDA utilisés sur le Rafale… parce qu’il comprend un microprocesseur fabriqué aux États-Unis ! Ils bloquent ou contraignent ainsi de possibles ventes à l’Égypte (4). Dans de tels cas, c’est une image de dépendance qui apparaît, que Washington peut faire valoir dans les argumentaires commerciaux de sa propre industrie.

Adopter, refuser ou imposer des traités sur les armements participe à ces démarches. Des groupes de pays peuvent ainsi dicter des règles militaires à la majorité. Il sera par exemple interdit de vendre ou d’acheter des armements nucléaires (Traité de non-prolifération) ou encore des armes à sous-munitions (Convention sur les armes à sous-munitions). L’usage de telles armes peut alors devenir l’objet d’intenses débats internationaux qui reprocheront, par exemple dans l’actualité récente, leur emploi par l’Arabie saoudite ou Israël.

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Ces mêmes engagements internationaux peuvent donner lieu à des doubles discours de la part des États. Un même embargo peut donner lieu à des interprétations très différentes en fonction des intérêts identifiés par les gouvernements, qui sont eux-mêmes susceptibles d’évoluer. Celui adopté par les États-Unis, les Européens et le Japon contre la République populaire de Chine en 1989 en est un parfait exemple. À l’époque, ces pays décident par cette démarche de condamner la répression par Pékin des manifestations de Tiananmen. Il s’agit de convaincre les opinions nationales d’une fermeté à l’égard du pouvoir chinois, tout en évitant le risque de voir ces armements utilisés contre Taïwan. Près de 20 ans plus tard, les uns et les autres s’interrogent sur l’intérêt de cet outil… voire le contournent franchement. Le paradoxe est illustré dans le rapport au Parlement français sur les exportations d’armement : alors que la Chine figure sur la carte des pays sous embargo, 685 millions d’euros de commandes ont été autorisées depuis 2012.

Quel équilibre pour la balance ?

L’éternelle question reste de fait celle de l’indépendance. Dans la relation commerciale qui unit un fournisseur à un importateur, qui est celui qui a le pouvoir ? Est-ce celui qui livre et sans lequel le client ne peut plus garantir sa défense ? Ou est-ce celui qui achète et sans lequel le vendeur voit sa base industrielle, et donc ses propres forces, fragilisées ? Il peut arriver qu’un État exportateur perde une partie de sa capacité d’influence en devenant trop dépendant de son propre chiffre d’affaires. C’est aussi la logique de ce que dénonçait le président américain Dwight Eisenhower en 1961 à propos du fameux « complexe militaro-industriel » (5). Le secteur privé est devenu tellement lourd aux États-Unis qu’il réclame toujours d’alimenter la machine : en menant des guerres et en exportant la production.

Le même problème est observable dans les pays européens. La plupart des principaux industriels ont besoin de faire entre 40 et 60 % de ventes à l’export pour assurer la pérennité de leurs projets. Si cette part n’est pas atteinte, les entreprises ne sont plus rentables et c’est tout l’approvisionnement des armées nationales qui se retrouve en péril. Difficile, alors, d’imposer sa volonté à des clients majeurs dont les pratiques militaires seraient discutables : c’est le cas des grands producteurs européens avec des pays comme l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis ou l’Égypte. D’autant plus qu’il est difficile d’expliquer aux opinions publiques européennes, qui rejettent globalement ces logiques économiques, les subtils équilibres qui y sont liés.

L’indépendance affichée par certains États peut également être discutée. En Europe, plusieurs pays ont commencé à coproduire de l’armement en se reposant sur le principe de la dépendance mutuelle. Dans des groupes industriels comme le missilier MBDA, l’avionneur Airbus ou encore le fabricant d’équipements terrestres KNDS, la règle est d’autoriser chaque État participant à un projet à exporter à sa guise. Les limites de cette marge de manœuvre apparaissent déjà, toujours dans le cadre des ventes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, Berlin ayant commencé à demander des comptes à Paris sur certaines transactions, au motif qu’elles pourraient être illégales. Mais là encore, l’objectif est en partie d’afficher un message politique adressé à tous : les Européens sont un groupe solidaire.

Il est plus difficile d’évaluer les rapports de force réels chez les deux exportateurs majeurs que sont la Russie et la Chine, faute d’une bibliographie fiable sur le sujet. Dans ces deux pays, le commerce de l’armement continue d’être marqué par une forte opacité, les données récoltées par des centres de recherche comme le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) compilant tant bien que mal les rares données publiées tout en les recoupant avec le travail de la presse. Ces chiffres, s’ils nous donnent des indices sur les volumes de commandes, n’aident pas à observer finement la relation entre vendeur et acheteur.

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On pourra tout de même relever que la Russie continue de fournir de l’armement à son allié syrien, qui a besoin de ces approvisionnements pour poursuivre le combat. Malgré cela, les autorités de Damas ne se conforment pas toujours aux attentes de Moscou. Sur la période 2012-2016, la Russie s’avère également exposée à plusieurs clients majeurs comme l’Inde (37,5 % des livraisons), le Vietnam (11,4 %), la Chine (11 %) ou encore l’Algérie (9,7 %), autant de pays qui peuvent prétendre à une écoute particulière de la part des autorités russes. Même problématique pour la Chine, exposée à de gros clients : Pakistan (35,1 %), Bangladesh (17,9 %), Birmanie (10 %) ou encore Algérie (9,3 %) (6).

Face à des importateurs majeurs, acheteurs d’une part importante de la production exportée par un pays, la problématique de l’influence peut ainsi être inversée. L’Inde, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Algérie ou encore l’Irak peuvent ainsi parvenir à imposer à leurs alliés certains comportements et attitudes. Les pays impliqués dans la coalition au Yémen en sont le meilleur exemple contemporain : Américains, Français, Britanniques et Belges peinent à condamner fermement et définitivement les exactions commises, au risque de braquer des clients indispensables. C’était aussi une part de la logique du projet d’achat de navires de classe Mistral par la Russie à la France : faire de Paris un interlocuteur plus favorable au sein de l’OTAN, dans le cadre d’un rapprochement commercial, industriel et militaire.

« On peut rester vingt-quatre, s’il le faut même trente-six heure sans manger ; mais l’on ne peut rester trois minutes sans poudre, et des canons arrivant trois minutes plus tard n’arrivent pas à temps ». Bonaparte, commandant de l’Artillerie de l’armée du Midi, le 16 octobre 1793 aux représentants du peuple à Marseille.

Le cas Manhurin : un cas d'école d'abandon d'un savoir-faire français

Le rachat de Manhurin par le groupe émirati EDIC en 2018 est un cas d’école. Leader mondial dans les machines de production de munitions petits et moyens calibres, Manhurin exportait 100% de sa production. L’État français lui préférait une logique « off the shelf » de munitions 5.56mm. Alors que la société affichait des résultats bénéficiaires en 2013, 2014 et 2015, aucune banque privée ou publique ne lui accordait de crédits. L’État français, premier actionnaire de l’entreprise depuis 2012, décide de céder ses parts en 2016. Cette décision sera fatale pour Manhurin. En 2017, son chiffre d’affaire chutera de 12,1 millions d’euros. En juin de la même année, l’entreprise est placée en redressement judiciaire, et le tribunal de commerce de Mulhouse avalisera son rachat par EDIC en août 2018. Bruno Le Maire se félicitera de cette vente, considérant comme un avantage la présence d’un investisseur émirati sur le sol français, alors même que deux PME françaises et une entreprise belge avaient présenté des dossiers sérieux pour une entrée au capital de Manhurin.

La montée en puissance d'une logique mercantile

Il s’agit là d’une logique gouvernementale à l’œuvre depuis plus de 25 ans. Bruno Fuchs, député de la 6ème circonscription du Haut-Rhin affirme que l’activité de production de munitions était considérée « comme n’étant plus stratégique pour la défense française (…) Le gouvernement a décidé de laisser jouer le marché, sans mobiliser les fonds publics »[i]. En effet, le budget des armées sert de variable d’ajustement des gouvernements depuis Lionel Jospin. Et les munitions servent de variable d’ajustement au sein des armées[ii]. Le président de la République, Jacques Chirac, avait pourtant averti son gouvernement en le voyant ignorer la Loi de programmation militaire de 1997-2002 : « Si le gouvernement poursuit dans l’avenir la baisse des crédits militaires, c’est l’efficacité même des armées et la cohérence de notre politique de défense qui seraient gravement compromises »[iii].

Les munitions petit calibre, un secteur jugé "non-stratégique"

Aveuglés par l’illusion de la « paix éternelle », les politiques ont considéré que l’achat à l’étranger reviendrait moins cher qu’une production nationale. C’est notamment la logique qui a prévalu lors de la fermeture de GIAT Industrie du Mans en 1999. Un élan de lucidité a frappé le gouvernement de la présidence Hollande, en la personne de Jean-Yves Le Drian en 2016. Ce dernier, alors Ministre de la Défense, proposa de relancer une production nationale de munitions de petit calibre, qu’il considérait comme « un acte de souveraineté nationale ». Le projet mobilisait LobelSport, spécialiste des cartouches petit calibre et de tir sportif, TDA Armement, filiale de Thalès, et la société Manhurin. Les intéressés étaient allés jusqu’à la signature du protocole d’accord. La Revue Stratégique, commandée par Emmanuel Macron en 2017, est venue tuer le projet dans l’œuf, considérant la production de munitions de petit calibre comme n’étant « pas stratégique au regard du droit européen », car il serait compliqué de justifier une non mise en concurrence au niveau communautaire[iv], et qu’il s’agissait là d’un secteur qui n’était pas destiné à rester souverain.

Si la classe dirigeante ne considère pas le secteur des munitions petit calibre comme stratégique, les conséquences de son abandon sont bien concrètes, et touchent à l’autonomie opérationnelle du pays. Nous citerons ici deux exemples, non exhaustifs :

  • Le FAMAS tirait une munition de 5.56mm F1 et F1A adaptée à la culasse non-calée de son mécanisme, jusqu’à la fermeture de GIAT en 1999. Un marché est alors attribué en 2006 à BAE, Royaume-Uni et à IMI, Israël sur la base d’une cartouche F5 standard OTAN. Cette munition s’est révélée défaillante au-delà de 50 mètres, dégradant la précision des tirs. Un nouveau marché sera alors attribué à ADCOM, Émirats Arabe Unis, en 2007, qui fabriquait ses cartouches en laiton, et non en acier, comme l’étaient les cartouches F1. Les premiers incidents de tirs sont recensés en 2008. 37 seront enregistrés. La munition F3 d’ADCOM sera interdite en avril 2009.
  • Au moment de l’annexion de la Crimée en 2014, les livraisons de munitions de 9mm à la gendarmerie et la police française par la NSPA de l’OTAN, ont pris sept mois de retard. Cette situation a mené à des retards dans les formations des forces de l’ordre[v].

Les forces françaises sont aujourd’hui dépendantes d’ATK (États-Unis), MEN (Allemagne), BAE (Royaume-Uni) et CBC (Brésil), pour ses approvisionnements en munitions de petit calibre.

Analogie crise COVID-19

L’analogie avec la crise du COVID-19 est rapidement établie. Produit à faible valeur ajoutée, les approvisionnements en masques ont été délocalisés, et stockés à flux tendu. Lors du déclenchement de la pandémie en 2020, la France s’est retrouvée face à une pénurie de masques sur son territoire.

La « guerre de haute intensité », le début d’une prise de conscience ?

« Alors que les conflictualités s’intensifient, il nous faut aujourd’hui réévaluer nos ambitions », affirmait Emmanuel Macron, à la veille du 14 juillet lors de la réception donnée par le Ministre des Armées. « Notre ambition opérationnelle pour 2030 doit être revue à la perspective du retour possible d’un affrontement de haute intensité. »

La Loi de Programmation Militaire 2024-2030 prévoit un passage à l’économie de guerre . Le chef d’état-major des Armées, Thierry Burkhard, affirmait lors de la commission de la défense de l’Assemblée mi-juillet qu’« une logique faible de stock a prévalu, considérant qu’on pouvait faire beaucoup à flux tendus, mais on s’aperçoit que c’est plus difficile avec les munitions »[vii]. Seul le renouvellement des stocks de munitions est évoqué, alors même que Le général Burkhard, alors CEMAT, affirmait qu’ « en cas de conflit nos adversaires feraient tout pour nous empêcher de nous ravitailler en munitions et pièces de rechange »[viii].

Le député Jean-Louis Thiériot, corapporteur de la commission d’information sur la préparation à la haute intensité, ainsi que le Délégué général pour l’armement, Joël Barre, considèrent eux-aussi que l’une des principales lacunes capacitaires des armées françaises se trouve dans le « manque de stocks de munitions ».

Les ambitions opérationnelles des dirigeants ne s’appliquent donc pas à la relance d’une industrie nationale indépendante et souveraine. La stratégie de l’autruche prévaut toujours au sein de la classe politique. Le retour de la guerre de haute intensité ne sera pas salvateur pour l’industrie française de munitions petit calibre. Sophie BOURDEAU, Étudiante de la 26ème promotion du MBA "Stratégie et Intelligence Economique - SIE"

Classement des pays exportateurs d'armes

Selon le Stockholm International Peace Research Institute (Sipri), voici le classement des principaux pays exportateurs d'armes pour la période 2020-2024 :

  1. États-Unis (43 % des exportations mondiales)
  2. France (9,6 %)
  3. Russie (7,8 %)
  4. Chine (5,9 %)
  5. Allemagne (5,6 %)
  6. Italie (4,8 %)
  7. Royaume-Uni (3,6 %)
  8. Israël (3,1 %)
  9. Espagne (3 %)
  10. Corée du Sud (2,2 %)

La France a exporté ses armes majeures à un total de 65 pays, principalement vers les États d'Asie et d'Océanie (35 %), ainsi que 28 % d’entre elles vers des États du Moyen-Orient. L’Inde est encore une fois, le principal destinataire des exportations d’armes françaises ces dernières années avec 28 % des ventes totales réalisées par notre pays envers ce partenaire économique. Autre aspect important : la France a réalisé 9,7 % de ses exportations d'armes vers le Qatar.

Le réarmement entrepris par Kiev dans le contexte de l'invasion russe a contribué à faire de l'Europe la deuxième région du monde ayant importé le plus de matériel militaire depuis 2020 (28 % des armes importées au niveau mondial), derrière l'Asie et l'Océanie (33 %), mais devant le Moyen-Orient (27 %).

En comparant les données du Sipri pour les périodes 2015-2019 et 2020-2024, une tendance globale se dessine : celle du réarmement de l'Europe. Pour 22 des 27 Etats membres de l'Union européenne, les dépenses pour se fournir en matériel militaire provenant de l'étranger ont augmenté entre ces deux périodes, bien souvent de manière conséquente, voir spectaculaire.

Ainsi, les hausses spectaculaires des importations d'armes (tout comme les quelques baisses, par ailleurs) peuvent s'expliquer par de nombreux facteurs, parfois même concomitants.

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