Le grand gibier, comprenant des espèces telles que le sanglier, le chevreuil, le cerf, le chamois, le bouquetin, le mouflon, le loup et le lynx, joue un rôle important dans les écosystèmes européens. Cet article examine la répartition de ces espèces, les défis liés à leur gestion, notamment dans les parcs nationaux, et les stratégies mises en œuvre pour assurer la cohabitation entre la faune sauvage et les activités humaines.
Mammifère omnivore de la famille des suidés, le sanglier est présent dans toute l’Europe, à l’exception des pays scandinaves. Le sanglier possède un corps trapu et une tête volumineuse, prolongée d'un groin très allongé (le boutoir). Il est armé de canines hyper-développées. Celles du haut sont les grès, celles du bas les défenses. En moyenne en France, la longueur du mâle est de 140-165 cm, celle de la femelle de 125-145 cm. Poids : mâle 100-110 kg, femelle : 70-80 kg. Certains sujets d’Europe Centrale peuvent atteindre 250 à 300 kg.
Omnivore très opportuniste, le sanglier s’adapte à une très vaste diversité de sources alimentaires au fil des saisons. Ses préférences vont aux fruits forestiers (glands, châtaignes et faines) et céréales (principalement maïs et blé). Il peut aussi se satisfaire de bulbes, racines et rhizomes.
Le sanglier est présent sur une grande diversité de milieux, pourvu qu'il y trouve de la nourriture et une végétation assez dense pour se dissimuler. On le rencontre dans différents biotopes : maquis, garrigues, landes, marais, littoral, forêts, alpages.
Espèce très prisée des chasseurs de Haute-Savoie, le sanglier est le gibier le plus intelligent que l'on puisse trouver en Europe. La Fédération s'est engagée prioritairement sur cette espèce pour développer les populations tout en diminuant la facture de dégâts et limitant les déséquilibres localement. Ainsi, des aides sont apportées aux sociétés de chasse sous forme de subvention pour mener des actions de prévention des dégâts.
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Le sanglier montre une grande sédentarité, avec un domaine vital allant de 500 à 3000 ha, quel que soit le sexe de l’animal. Entre 85 et 90% des chasseurs haut-savoyards cotisent pour la chasse du grand gibier et sont donc susceptibles de chasser le sanglier, espèce la plus prisée.
Le chevreuil est un ongulé de la famille des cervidés, donc à bois caducs. Si la forêt est son habitat préféré, il est présent partout, du bord de mer à plus de 2000 mètres d'altitude en montagne en passant par la plaine et la garrigue.
La superficie de son domaine vital varie selon les milieux (abondance de la nourriture) et les périodes de l’année. En automne-hiver, elle est d’environ 20 ha en forêt et de 150 ha en plaine agricole.
La Fédération des Chasseurs de la Haute-Savoie a mis en place depuis 1999 des réunions par pays cynégétiques, auxquelles sont conviés les forestiers. Entre 85 et 90 % des chasseurs haut-savoyards cotisent pour la chasse du grand gibier et sont donc susceptibles de chasser le chevreuil, espèce la plus présente sur tous les territoires du département.
C’est le plus grand des animaux sauvages vivant en France. Le cerf est aujourd’hui attaché aux milieux forestiers où il trouve refuge et nourriture mais ses origines steppiques lui font également fréquenter les plaines et la montagne jusqu’à 2500 m. Présente dans toute l’Europe, l’espèce n’était présente sur la Haute-Savoie que de façon très diffuse ; jusqu’aux campagnes de réintroduction menées à partir de 1975.
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A l’époque, ces lâchers se sont faits de façon assez empirique, avec, comme règle de gestion une fermeture de la chasse pendant 5 années, et un plan de chasse à l’issue, dès 1980. Une vingtaine d’année plus tard, la Fédération, à la demande des sociétés de chasse, sollicite à nouveau l’Administration pour effectuer de nouvelles réintroductions sur le département. Entre temps, certaines populations se sont développées, atteignant localement des densités conséquentes.
Des comptages nocturnes au phare sont organisés chaque année sur des circuits prédéterminés. On suit l’évolution du nombre d’observations par circuit. Un suivi quantitatif et qualitatif de la mortalité extra cynégétique est également réalisé. Le cerf fait l'objet d'une gestion spécifique par pays cynégétiques.
On suit l’évolution du nombre global de cerfs prélevés, mais aussi l’évolution du plan de chasse par classe d’âge, ainsi que l’évolution du sexe ratio des cerfs prélevés. L’objectif fédéral est d'adapter les niveaux de population à la capacité d'accueil des milieux, en respectant les intérêts économiques liés aux milieux (forêt, agriculture). Les cervidés sont apparus sur notre planète il y a 38 millions d'années en Asie. On en retrouve les traces dans un grand nombre de grottes, du paléolithique à nos jours.
Le chamois est un mammifère ongulé ruminant de la famille des Bovidae et du genre Rupicapra (ou « chêvre des rochers »). A dominante gris-beige ou gris-jaunâtre en été, la livrée du chamois des Alpes devient brun très foncé à noirâtre, ce qui fait ressortir la couleur crème de la gorge et du chanfrein.
Les effectifs de chamois étant très réduits après la 2ème guerre mondiale, une politique de restauration des populations a été mise en œuvre. Lors de la création des ACCA en 1967, les chasseurs ont accepté de créer de grandes réserves de chasse, certains sacrifiant parfois jusqu’à 50 % de leurs meilleurs territoires. Quelques 50 ans plus tard, les densités de chamois ont atteint des niveaux très importants.
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Des comptages sont organisés régulièrement au printemps et à l’automne pendant le rut. Avec le nouveau découpage en pays cynégétiques, l’espèce, soumise au plan de chasse depuis 1990, se gère dorénavant par massif. On suit l’évolution du nombre global de chamois prélevés, l’évolution du plan de chasse par classe d’âge, ainsi que la sexe ratio dans 9 UG entre 1990 et 1997. Les 25 massifs de gestion concernés sur le département doivent choisir entre un prélèvement simple et un prélèvement qualitatif.
Le Bouquetin des Alpes (Capra ibex) est un mammifère de l'ordre des artiodactyles (ongulés herbivore possédant un nombre pair de doigts). Le bouquetin est reconnaissable à ses grandes cornes : celles des mâles peuvent atteindre 1 mètre et peser 6kg ! Celles des femelles sont plus petites.
Le bouquetin des Alpes a une préférence marquée pour les habitats à dominante rocheuse. Au printemps, il utilise les altitudes les plus basses à la recherche de l'herbe nouvelle puis remonte en suivant la repousse de la végétation. En été et jusqu'à l'automne, on le trouve dans des milieux variés en terme de reliefs et d'expositions, souvent à plus de 2500 m.
Si le Bouquetin est aujourd’hui bien répandu dans les Alpes, il a bien failli disparaître au début du XIXème siècle. L’espèce fut sauvée par le Roi d’Italie, Emmanuel II, qui créa une réserve de chasse en 1856. Cette réserve devint en 1933 le Parc National du Gran Paradiso. La restauration du bouquetin dans les Alpes françaises, débutée dans les années 1960 par la mise en place de territoires protégés, puis par la réalisation d’opérations de réintroduction, a permis à l’espèce d’atteindre en 2010 un effectif d’environ 9000 individus.
Concernant enfin les épidémies, les résultats de l’étude ont révélé que l’apparition et la persistance d’épidémies associées à des diminutions d’effectifs (gale sarcoptique, kératoconjonctivite ou brucellose par exemple) sont liées à la densité et à l’abondance de bouquetins à l’échelle locale. Les épidémies persistantes tendraient à se produire dans des colonies à forte densité, de grande taille et parfois dans des colonies denses de petite taille.
Le mouflon a un pelage raide, brun-roux en été, brun-noir en hiver, à l'exception du ventre, des fesses et du museau, qui sont blancs et d'une tache grise en forme de selle sur le dos Le mâle porte deux épaisses cornes enroulées en spirale vers l'arrière (jusqu'à 85 cm de long).
Les plantes herbacées, les feuilles d’arbustes et de buissons forment le fond de son alimentation. Son domaine vital s’étend sur quelques centaines d’hectares et comprend plusieurs domaines saisonniers, parfois séparés de plusieurs kilomètres. En été, il recherche la fraîcheur (parties hautes de son habitat, pentes au nord ou pourvues d’abris rocheux, de ravins ombragés ou de végétation dense). En automne, il descend vers les parties médianes. En hiver, la neige ne lui convenant pas, il occupe les pentes d’exposition sud ou les fonds de vallées.
Présent depuis maintenant plus de 50 ans en Haute-Savoie, en 5 populations distinctes, dont certaines partagées avec la Savoie et le Valais, c’est un gibier fort prisé par les amateurs de chasse à l’approche en montagne, qui apprécient sa vigilance à juste titre. Il fait désormais partie intégrante du patrimoine naturel sur les massifs où il est présent. Par contre, s’agissant d’une espèce exotique pour les Alpes du nord, aucune autorisation ne serait sans doute délivrée par l’administration pour de nouvelles introductions.
Au moment du rut, de violents combats ‘engagent entre les mâles. Face à face et distants de 5 à 15 m, ils s’élancent l’un vers l’autre et se télescopent tête contre tête, à une vitesse avoisinant les 40 km.
Long de 70 à 85 cm (sans la queue) et d’une hauteur au garrot de 38 à 50 cm, son poids varie de 7 à 14 kg. Même s'il porte souvent son dévolu sur les charognes et les déchets, le chacal est également un chasseur habile, actif de jour comme de nuit. Le régime alimentaire opportuniste permettent au chacal doré d'habiter une grande variété d'habitats, tels que le désert, les prairies, les forêts et les zones agricoles, même s'il est présent le plus souvent dans les endroits secs et ouverts. Le chacal doré n'est pas considéré comme une espèce en danger. Il est inscrit en Annexe III de la CITES ainsi que dans la catégorie préoccupation mineure sur la Liste rouge des espèces menacées de l'IUCN.
Après un déclin souvent spectaculaire de ses populations et l'extinction des populations locales, on constate une expansion récente de l'espèce en Europe centrale et septentrionale. Grâce à l’installation de pièges photographiques en différents endroits du département, pour suivre les corridors biologiques et l'évolution des grands prédateurs, les chasseurs, après avoir surpris un loup à Saint Gervais et confirmé la présence du lynx sur les Glières, ont photographié à deux reprises un chacal doré dans le Chablais haut-savoyard au cours de l’automne 2017.
Le chacal doré est une espèce très vocale, utilisant une variété de cris tels que l'aboiement, le grognement, le caquètement et le pleurnichement.
Déjà présent sur les pourtours méditerranéens et de la Mer Noire 6000 ans avant J.C. (date approximative des plus anciens fossiles connus de l’espèce), l’expansion géographique naturelle du chacal doré a commencé dans la deuxième moitié du 19e siècle en Europe du sud-est et centrale.
Prédateur des ongulés sauvages (en France : chevreuil, chamois, mouflons, cerfs) et d’espèces domestiques (ovins, caprins, et plus rarement jeunes bovins et équins), ce carnivore peut également se satisfaire de petits mammifères (lièvres) et consommer des fruits à l’occasion. Capable de s’adapter à tous les biotopes compte tenu de la diversité potentielle de son régime alimentaire, le loup reste majoritairement présent dans les forêts de feuillus en montagne.
Il peut également se retrouver dans des chênaies, dans des pinèdes ou encore dans des garrigues sur tout le contour méditerranéen. Espèce classée LC (Préoccupation mineure) sur la liste rouge UICN mondiale et VU (Vulnérable) sur la liste rouge UICN « mammifères continentaux France métropolitaine » , le loup est une espèce strictement protégée selon la directive Habitat Faune flore du 23 avril 2007.
Dans ce cadre, un important travail de contribution est assuré pour apporter le point de vue, l’experience des chasseurs et œuvrer en permanence à l’élaboration des plans nationaux annuels, apporter un soutien pratique aux éleveurs et contribuer à la réalisation des opérations de défense et de prélèvement décidées par les Préfets. Le Président de la Fédération des Chasseurs de la Haute-Savoie anime par ailleurs le groupe de travail grands prédateurs de la FNC.
Dans les pays qui ont toujours eu des loups comme l’Espagne ou l’Italie, le taux de prédation est beaucoup plus faible. En Espagne par exemple, on dénombre 2000 loups et deux fois plus d’ovins, mais beaucoup moins d’attaques. En 2000, il y avait une trentaine de loups dans les Alpes françaises, dont une vingtaine dans le massif du Mercantour. En 2009, il y avait entre 180 et 200 loups en France. Durant l'hiver 2016-2017, la population a été estimée à environ 360 individus.
Le lynx mesure de 80 à 130 cm, tête et corps compris, sa hauteur totale oscille entre 60 et 75 cm, son poids entre 18 à 25 kg. A une queue très courte, noire au bout, le lynx associe un pelage brun jaunâtre, roussâtre ou gris, plus clair en hiver, fortement tacheté (taches foncées) sur les pattes, moins sur le dos. Ses oreilles sont prolongées par une longue touffe de poils favoris très développées.
Exclusivement carnivore, il se nourrit surtout de lièvres, rongeurs, jeunes chevreuils, jeunes chamois et d’oiseaux (tétras, bécasse, perdrix). Espèce monogame ?? - à valider - Maturité sexuelle du mâle à 30 mois, de la femelle à 22 mois. Le domaine vital du lynx s'étend de 150 à 450 km2. Son habitat est essentiellement forestier : forêts de résineux ou forêts mixtes avec sous-bois dense, dans les régions montagneuses comportant des rochers.
En général, il vit de 700 à 1 000 m, mais peut se réfugier jusqu’à 2 700 m d’altitude. Le noyau historique vosgien est au bord de l’extinction. La population la plus importante et la plus active sur le plan démographique se trouve dans le Jura, et compterait actuellement une centaine d’individus (ONCFS, 2013). Dans le sud du massif, tous les habitats forestiers favorables sont occupés.
La création d’espaces naturels protégés (ENP) relève de motivations multiples. Certains sont destinés à protéger des monuments naturels, alter ego naturels du monument historique. D’autres doivent assurer la préservation des principaux écosystèmes d’un pays, en Amérique du Nord notamment, afin de conserver intacte la « wilderness » du territoire colonisé.
Une grande majorité des ENP doit son existence à la raréfaction d’espèces animales ou végétales que l’on souhaite préserver. Si le motif de la protection peut-être unique pour les espaces les plus restreints (quelques hectares pour un arrêté de protection de biotope concernant telle orchidée), lorsque les superficies augmentent, la combinaison de motifs constitue la norme : un parc national de plusieurs centaines de km2 abrite à la fois des espèces menacées, les milieux dans lesquels elles s’inscrivent et des paysages dont la valeur esthétique légitime la préservation.
Si les justifications en sont variées, l’image des ENP les plus attractifs n’en demeure pas moins liée pour le grand public à la présence d’espèces emblématiques de la grande faune. Dans les représentations du grand public, mais aussi de la plupart des scientifiques, espaces et espèces se trouvent ainsi associés, le premier terme protégeant le second qui, par sa présence, justifie l’existence du premier.
Pourtant, les années passant, les effectifs animaux s’envolent et les dispositifs de protection se trouvent confrontés à des difficultés initialement peu envisagées qui vont jusqu’à mettre en question la pertinence du concept de parc national sanctuarisé prévalant en France. Elles tiennent à la multiplication d’espèces « secondaires » (d’intérêt écologique moindre) à l’abri du « parapluie » que constitue le sanctuaire. Par leurs débordements, elles multiplient aussi les dommages agricoles en périphérie.
Une telle situation ne va pas sans difficultés majeures, la demande d’une protection totale des espèces dans quelques hauts lieux sanctuarisés constituant à la fois le produit du message a-géographique que les citadins reçoivent d’autres continents par la télévision et le fondement de l’attractivité touristique des « produits-phares » que constituent les parcs nationaux pour les massifs montagneux.
Alors qu’une demande sociale de poursuite de la gestion par le sanctuaire se poursuit (puisque le principe est appliqué ailleurs avec succès, on doit pouvoir faire la même chose en Europe), les gestionnaires de la faune protégée par les parcs et ceux de la faune banale du pourtour que sont les chasseurs, se trouvent mis en relation par les animaux qui transgressent les limites de territoires voulues par les hommes.
L’objectif est donc d’examiner la manière dont les gestionnaires prennent en compte le problème de manière apparemment différenciée dans l’espace et au-delà, par une réflexion sur la géographie des densités d’espèces animales en interaction, de questionner la conception d’une nature protégée par des parcs.
Les uns privilégient la mise en place d’une régulation cynégétique interne au sanctuaire, qui cesse alors d’en être un. Les autres paraissent maîtriser le problème au dedans, au prix de relations peu ou mal formulées avec ceux du dehors. Dans un second temps, c’est le contenu même du sanctuaire qu’on s’attache à décrypter, soulignant que la mobilité des espèces animales rend leur protection parfois plus vitale hors du parc qu’au-dedans, ou encore, lorsque l’aire protégée est trop restreinte, que l’action sur les biotopes importe plus que celle sur les espèces, plus protégées par leur statut réglementaire que par un territoire.
Constatant que les étendues trop restreintes des parcs européens hypothèquent l’efficacité du modèle sanctuarisé, c’est aux conditions de rééquilibrage des populations surnuméraires que l’on s’attache, envisageant les conditions d’une régulation cynégétique, puis celle d’un contrôle par les loups.
Le Parc National des Cévennes a constitué dès sa création en 1970 un « cas » au sein des parcs nationaux français : c’est le seul qui soit chassable dans une partie de la zone centrale. Cette particularité tient à l’importance de la population résidante (600 personnes en zone centrale) et à la culture cynégétique de ses habitants. C’est donc à l’origine un « prix à payer » pour l’instauration d’un ENP de 912 km2 dans un Massif Central où l’altitude insuffisante prive ses promoteurs d’espaces dépeuplés suffisamment vastes pour sanctuariser totalement l’aire protégée.
Pour justifier le statut de Parc National, cette pratique cynégétique se trouve doublement encadrée. Dans la partie chassable (les ZOC : zones autorisées à la chasse), une association cynégétique du Parc National est constituée, aux statuts très voisins d’une association communale de chasse agréée (ACCA) mais d’une extension considérable : 1 600 adhérents, 67 500 ha, 51 communes. Dans un certain nombre de hauts lieux (par l’altitude et/ou la nature des espèces qu’on y trouve), des Zones Interdites à la Chasse (les ZIC) sont instaurées. Elles couvrent 16 % de la superficie du Parc, en majorité dans des forêts domaniales, rattachant ainsi le parc aux vrais sanctuaires que constituent alors la Vanoise ou le Parc National des Pyrénées Occidentales (PNPO).
Si, pendant une vingtaine d’années, le statut de sanctuaire y a été tenu, l’abroutissement considérable des pousses de régénération dans des parcelles plantées un siècle plus tôt conduisit dès les années 1980 l’ONF à demander que des tirs de régulation soient institués. Bien que le Parc s’y soit refusé pendant une dizaine d’années, la décision a été prise en 1993-1994 de pratiquer des tirs sur les grands cervidés et les sangliers.
Le nombre de tireurs potentiels, gardes du Parc national ou de l’ONF, s’est vite révélé insuffisant et le temps consacré à cette mission trop important. L’appel à des chasseurs locaux s’avéra dans un premier temps infructueux car ils voyaient dans ces ZIC des zones de quiétude où se reproduisait en paix le gibier tiré en ZOC. Il fallut donc faire appel à des chasseurs extérieurs au territoire du Parc pour intervenir sous le contrôle des agents ONF ou du Parc. L’arrivée de ces concurrents venant prélever dans leurs réserves décida les chasseurs locaux à contribuer aussi à ces régulations.
Aujourd’hui, un arrêté ministériel fixe chaque année les conditions de mise en œuvre des tirs d’élimination dans ces ZIC. En 2007-2008, le plan de chasse concernait ainsi 154 biches et cerfs, 78 chevreuils et plusieurs centaines de sangliers. Mis en œuvre suivant les lieux et les dates par des tirs à l’approche ou à l’affût sans chiens (pour limiter les dérangements) mais aussi par des battues silencieuses (sans chiens) ou non, il mobilise trois catégories de participants en proportions sensiblement égales.
Des chasseurs étrangers (souvent accompagnés de guide de chasse ONF qu’ils rémunèrent) pratiquent majoritairement des tirs à l’approche ou à l’affût. Des chasseurs locaux réalisent surtout les battues de fin de saison sous contrôle des agents du Parc, dérangeantes mais indispensables vu leur efficacité. Des agents ONF ou du Parc réalisent enfin les tirs plus techniques, notamment destinés à rééquilibrer la prédation par catégories d’âge et de sexe lorsque battues et tirs à l’approche n’ont pu les respecter.
On trouve donc ici un modèle de régulation en zone protégée qui fonctionne, s’inspirant en partie des dispositifs auxquels ont recours les agents de l’ONCFS dans les réserves nationales de chasse et de faune sauvage.
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