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Quelle place accorder aux grands prédateurs dans notre société humaine et dans nos paysages fortement anthropisés ? Ce sujet qui revient régulièrement sur le devant de la scène nationale est cher à la Société nationale de protection de la nature. Au tout début de l’année 2022, l’Office français pour la biodiversité (OFB) confirme que le grand canidé observé en Camargue le 21 janvier est bien un loup gris (Canis lupus). Il est donc possible que la réserve naturelle nationale de Camargue, gérée par la SNPN, ait été visitée par l’animal, ce dont les salariés comme les adhérents et sympathisants ne peuvent que se réjouir. La précédente présence confirmée de l’espèce dans le delta du Rhône doit remonter à plus d’un siècle, probablement autour de 1894, date de la dernière observation.

Le retour naturel du loup en France, officialisé en 1992, aurait pu être perçu comme une extraordinaire opportunité. Le suivi des premiers individus, leur cheminement depuis la chaîne apennine, leur installation dans un paysage où l’espèce n’était plus présente depuis au moins un demi-siècle, auraient représenté autant de programmes d’écologie passionnants à organiser et à suivre. Comment répondent les espèces proies, les ongulés, indigènes comme introduits (le mouflon par exemple), comment réagit la végétation alpine en conséquence ? Quelles sont les voies de circulation des loups, quels sont les sites de reproduction, comment la population lupine se reconstruit-elle dans les Alpes après ce long silence, cette longue absence ?

Malheureusement, trente ans plus tard, le bilan est peu satisfaisant, l’essentiel des moyens ayant été orienté vers la protection des troupeaux domestiques, elle-même rapidement devenue destruction de loups, espèce pourtant protégée en France et sur tout le territoire de l’Union européenne. L’intrusion systématique du politique (au sens partisan et non pas dans l’intérêt général) dans des questions soit agricoles soit écologiques ne fait qu’apporter de la confusion au dossier, en retirant toute légitimité aux personnes compétentes mais sans offrir de vraies solutions. Le plus paradoxal se trouve dans la manière dont nos voisins européens réagissent face à l’espèce quand elle est présente et face à son retour quand il revient. Leurs bilans sont bien plus satisfaisants.

Il existe pourtant plusieurs niveaux d’études spatiales du loup et la situation européenne l’illustre clairement. L’arrivée de l’espèce dans les Alpes françaises à la fin du XXe siècle correspond à un schéma d’expansion de proche en proche assez classique au travers d’espaces favorables, offrant gîte et couvert. Dans le même temps, les noyaux de populations européens, parfois assez dynamiques, envoient des loups parfois très loin de leurs points de départ respectifs. Des animaux identifiés ont parfois parcouru des distances de plus de 1 000 km. La France étant au carrefour occidental du continent européen, des individus issus de plusieurs lignées géographiques et génétiques devraient tôt ou tard s’y retrouver.

Le premier loup originaire de Pologne, né en Allemagne et suivi lors de sa traversée des Pays-Bas puis de la Belgique, puis arrivé en France, a été légalement abattu en 2021. Début 2022, c’est la présence d’un loup d’Europe orientale (Lettonie ou Ukraine) qui est signalée dans le département de l’Aude. Ces capacités de déplacements expliquent qu’aujourd’hui il soit tout à fait possible et naturel d’observer un loup dans n’importe quel département métropolitain continental. Cela ne signifie pas que l’animal s’y fixera, ni même que l’on l’y reverra. Néanmoins, cette possibilité de large circulation de l’espèce devrait réjouir de nombreux naturalistes mais aussi de nombreux citoyens.

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Vous avez récemment approuvé la demande des chasseurs et éleveurs qui proposent de recompter les loups estimant que les dénombrements officiels de l’Office français de la biodiversité (OFB) sous-estiment leur population. Nous comprenons les doléances des éleveurs mais notons aussi qu’ils sont indemnisés largement de leurs pertes par l’aide publique. Outre le remboursement des brebis tuées au double de leur valeur, l’État finance le matériel, le personnel (2 500 €/ mois d’aide par berger) et les chiens de protection (300 € à l’achat, plus 652 €/an pour l’entretien). Les sondages montrent que 80 % de la population française souhaite la cohabitation avec le loup et c’est avec plaisir que cette écrasante majorité de citoyens dédommage ces attaques traumatisantes.

Mais elle aimerait que ces indemnités ne soient attribuées que si le troupeau est bien gardé, ainsi que cela est contrôlé à l’étranger (alors qu’en France, la majorité des attaques sont étonnamment concentrées sur un quart des élevages). Or, d’après la Cour des comptes, seules 15 % des attaques dédommagées sont attribuées avec certitude au loup ! Rappelons qu’aucune attaque sur l’humain n’a été rapportée, que le loup est devenu à peu près impossible à observer tant il est méfiant et qu’il est donc autrement plus difficile à compter que les moutons. Le prédateur est présent aujourd’hui à toutes nos frontières et en augmentation partout, n’étant pas persécuté comme chez nous.

Les pays à tradition pastorale comme l’Italie ou l’Espagne en ont interdit l’abattage alors qu’ils en comptent deux et quatre fois plus que nous. Leurs éleveurs estiment que c’est une gêne qui leur fait perdre du temps et de l’argent mais relativement facile à contrôler depuis toujours par le triptyque bergers - clôtures la nuit - chiens de protection. Les loups en meute sont inféodés à un territoire (de 200 - 300 km2 dans les Alpes) alors que les solitaires se déplacent sur des centaines de km traversant notre pays en quelques jours pour chercher un domaine de chasse et un conjoint afin de fonder une nouvelle meute.

Or les scientifiques nord-américains ont démontré, en équipant d’émetteurs les rescapés des meutes décimées par les chasseurs, qu’elles éclatent lorsque le couple dominant est abattu… Les biologistes savent depuis un demi-siècle que ce couple est seul à se reproduire dans la bande, les autres participant seulement à la chasse et à l’élevage collectif des jeunes. Cette castration psychophysiologique des dominés cesse quand ils deviennent des solitaires erratiques, comme en ce moment en France… Les adultes expérimentés ayant été abattus, les survivants sont incapables de chasser les animaux sauvages difficiles à capturer et ils se rabattent sur des proies plus faciles, les animaux domestiques…

Bref, en abattant les dominants avec des carabines à longue portée équipées de lunettes de visée nocturne, on essaime les meutes et on pousse les survivants sur les moutons s’il faut en croire les seules données scientifiques connues ! La gestion française du loup est un échec. De 2010 à 2020, le plafond d’abattage est passé de 10 à 20 % alors que les attaques ont fortement augmenté… Notre pays de paradoxes est à la fois celui qui dépense le plus pour protéger les moutons et celui qui compte le plus d’attaques : 25 moutons par loup et par an, 60 000 € dépensés par loup abattu…

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Chaque année, le ministère de la Transition écologique organise une consultation publique par internet pour fixer le prochain plafond d’abattage : 80 à 90 % des réponses demandent réduction de ce plafond et, chaque année, il augmente… Veut-on décourager les Français de la démocratie ? En paraphrasant Thomas Hobbes : l’homme est un loup pour le loup.

Depuis 2004, l’État français autorise des tirs de loups. En 2004, quatre loups pouvaient être abattus. En 2023, ce chiffre est de 174 ! Soit 19 % de la population de loups estimée en France, un pourcentage de prélèvement plus élevé que pour des espèces gibier. Avec 174 loups pouvant être abattus, ce sont toutes les familles de loups qui sont susceptibles d’avoir un de leur membre tué cette année. Rappelons que le loup est pourtant une espèce strictement protégée selon les lois européennes et françaises…

Et une espèce également toujours menacée et vulnérable car si les Alpes et la Provence sont occupées par des familles de loups qui se reproduisent régulièrement, il n’en est rien sur les fronts de recolonisation (Bourgogne Franche-Comté, Grand Est, Bretagne, Pyrénées, Massif central) où la reproduction est minime ou inexistante. Dans ces zones, les pouvoirs publics continuent pourtant de tuer des loups, empêchant ainsi le retour naturel de l’espèce alors que les habitats naturels sont largement favorables à son installation.

Derniers exemples en date : il y a quelques jours, un loup a été abattu en Corrèze, un autre en Saône-et-Loire alors qu’il s’agit des rares, voire des seuls, animaux présents. 48 loups ont déjà été abattus (contre 19 à la même date en 2022). Dans les Alpes-de-Haute-Provence, c’est carrément l’hécatombe avec 17 loups tués (contre 22 dans le département pour toute l’année 2022). Une hécatombe silencieuse car du côté de la préfecture et de la DDT *, c’est un silence assourdissant : aucun communiqué sur les tirs eux-mêmes ou sur les chiffres de la prédation.

Pourquoi des tirs de loups ? L’État français autorise ces tirs de loups pour soit disant protéger les troupeaux alors qu’aucune étude n’a pu apporter la preuve de cette prétendue efficacité. Pour finir, FERUS déplore que l’État français gaspille de l’argent public et du temps pour former des chasseurs à tuer des animaux d’une espèce protégée, encore récemment dans le Doubs, front de recolonisation de l’espèce. De notre côté, nous sommes fiers d’utiliser plutôt nos ressources en mobilisant des équipes chargées de surveiller activement les troupeaux bovins avec le lancement cette année de notre programme PastoraLoup - Massif du Jura : environ 70 bénévoles locaux se sont déjà manifestés !

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La Fondation Brigitte Bardot a cosigné, aux côtés de 213 associations, une lettre ouverte adressée aux ministres de l’Environnement et de l’Agriculture de l’Union européenne les engageant à ne pas abaisser le statut de protection du loup au niveau national. Malheureusement, le gouvernement français s’apprête à affaiblir encore davantage la protection de cette espèce. Le 7 mars 2025, l’Europe a franchi une ligne rouge. Le statut juridique du loup a été abaissé au sein de la Convention de Berne, et la directive du 17 juin 2025 a entériné ce recul historique pour la biodiversité. Sous couvert de « gestion pragmatique » et de « coexistence », la France s’est engouffrée dans cette brèche pour transformer une espèce protégée en gibier administratif.

Les chiffres sont édifiants : 161 loups abattus au 8 octobre 2025, pour un plafond fixé à 192. Face à ce rythme d’abattages frénétiques, la préfète en charge du plan national sur le loup envisageait dès le mois d’octobre dernier, d’augmenter ce quota de 2 % supplémentaires. Pourtant, la population de loups en France stagne. L’Office français de la biodiversité (OFB) a récemment estimé à 1 082 le nombre d’individus en 2025. La réforme annoncée va encore plus loin. Le gouvernement prévoit de remplacer (par la prise d’un décret et d’un arrêté) le régime d’autorisations préalables par un simple système déclaratif dans les territoires exposés. Concrètement, les éleveurs pourront tuer des loups puis le déclarer a posteriori à la préfecture. Cette mesure, présentée comme une« simplification administrative », signe l’abandon de tout contrôle effectif des destructions.

Si le projet de décret, soumis à consultation publique en septembre-octobre 2025, a suscité une opposition massive (89 % des contributions se sont déclarées défavorables), l’arrêté est encore en discussion. Une consultation publique a également été ouverte pour ce dernier et les Français ont eu jusqu’au 19 décembre pour s’y opposer.

Les données scientifiques sont pourtant claires : les tirs létaux ne résolvent pas le problème de la prédation. Pire, ils peuvent l’aggraver en désorganisant les meutes, perturbant leur structure sociale et leurs comportements de chasse. Pour parvenir à une réelle cohabitation, les mesures de prévention doivent être correctement mises en œuvre et soutenues financièrement par les pouvoirs publics : présence humaine renforcée, installation de clôtures adaptées, chiens de protection, parcs de nuit. Ces dispositifs existent, ils fonctionnent, mais nécessitent un investissement public à la hauteur des enjeux et un accompagnement technique des éleveurs sur le long terme.

L’arrêté du 7 février 2025 exige d’ailleurs que les dérogations aux destructions soient fondées sur « une analyse technico-économique réalisée au cas par cas » démontrant « l’impossibilité du recours à des dispositifs de protection ». La cour administrative d’appel de Lyon a reconnu, le 13 novembre 2024, la responsabilité sans faute de l’État pour les dommages causés par le loup, ouvrant ainsi la voie à des indemnisations au-delà des forfaits existants. Le déclassement du loup ne concerne pas seulement cette espèce. Il crée un précédent redoutable pour l’ensemble de la faune protégée. Une fois admis que les considérations économiques peuvent primer sur les impératifs écologiques, quelle espèce sera la prochaine sur la liste ? L’ours ? Le lynx ?

La protection du loup est un marqueur de notre capacité à maintenir une biodiversité fonctionnelle, à respecter nos engagements et à imaginer un avenir où l’activité humaine ne rime pas systématiquement avec destruction du vivant. La Fondation Brigitte Bardot appelle l’État français à respecter ses obligations légales, à suspendre la réforme du système déclaratif, à publier les études scientifiques sur l’état de conservation de la population et à réorienter sa politique vers une véritable cohabitation entre élevages et faune sauvage. L’avenir du loup en France se joue aujourd’hui. Avec 1 082 individus, une probabilité de déclin de 56 % d’ici 2035, et une politique de destruction qui s’accélère : nous sommes à la croisée des chemins.

Le loup a totalement disparu de France entre 1920 et 1940, victime d’empoisonnement à la strychnine et du manque de gibier, dans un pays où la pression agricole laissait de moins en moins de place à la vie sauvage. Contrairement à ce que certaines personnes de mauvaise foi laissent entendre, voire affirment, le loup est revenu en France de manière naturelle ; justement parce qu’avec l’abandon de nombreuses terres agricoles, et la création de Parcs nationaux, la faune sauvage a pu réapparaître. C’est le 4 novembre 1992 que des agents du Parc National du Mercantour découvrirent sa présence lors d’un comptage de chamois. Il s’agissait du Canis lupus italicus, le loup italien.

Un nouvel arrêté interministériel a été pris et autorise le tir de 40 loups du 1er juillet 2017 au 30 juin 2018. À ce jour, déjà 25 loups ont été abattus. Huit dans les Alpes Maritimes (06), Sept dans les Hautes-Alpes (05), six en Savoie (73) et quatre dans le Var (83). Cent-onze ! C’est le nombre de loups officiellement abattus par la France depuis leur retour naturel en 1992, soit un tiers de leur nombre estimé en 2017. Notre pays est en infraction avec les textes européens qu’elle a signés. Ces textes permettent des tirs exceptionnellement, en cas de prédation sur le « bétail », « lorsque tous les autres moyens ont été tentés pour l’éviter ».

Et l’État a même pris en charge l’abattage des loups avec la création de brigades de louveterie sous l’égide de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS). Malheureusement, cette politique a pour unique vocation de contenter et tenter de calmer les éleveurs, les lobbies agricoles et ceux de chasseurs. Ce que les décideurs ne mesurent pas c’est la montée des protestations issues de la société civile, largement favorable à la présence du loup en France. De plus, en aucun cas, le fait de tuer des loups ne règlera le problème… Voire même cela risque bien de le développer !

Pourquoi le choix de tuer des loups ne règlera pas le problème ? Une meute de loups en France est généralement constituée d’un couple dominant, accompagné de jeunes de l’année d’avant et des louveteaux nés entre avril et mai (elle est composée en moyenne de 5 à six individus). Si vous le tuez, eh bien vous désorganisez la meute. Tuer des loups n’a donc aucun sens. Il faudrait les éradiquer totalement pour régler le problème de la cohabitation avec l’homme et c’est bien ce qui fut fait par le passé… Depuis n’a -t-on donc rien appris ?

Par ailleurs, le loup, comme la plupart des prédateurs et charognards se trouvant en bout de chaîne alimentaire, a la capacité d’autoréguler les naissances. S’il a de quoi se nourrir, il fait plus de petits (l’inverse est vrai aussi).

S'ils ne représentent que 274 victimes sur les 10 348 attaques enregistrées par la Dreal en 2021, la tendance semble se confirmer : le loup aime le bœuf. Les bovins ne représentent qu'une faible part des victimes des loups : moins de 3 % des attaques mortelles en 2021 d'après les données de la Dreal. Mais cela représente tout de même un nombre conséquent d'animaux. En 2021, 274 bovins étaient victimes du grand prédateur. C'est 50 animaux de plus qu'en 2020. Un phénomène qui ne surprend pas Bruno Lecomte, éleveur Vosgien en croisade contre le plus connu des mangeurs de moutons.

« Certes les loups sont de plus en plus nombreux, mais il n'y a rien d'étonnant à les voir s'attaquer à une vache ».Avec une estimation de 921 loups en France au sortir de l'hiver 2022 par l'OFB, la population lupine est en constante progression. Elle compte 297 individus de plus qu'en 2021, voire davantage selon les dires de ses détracteurs. « Nous sommes dans une logique de minimisation de la population de loups pour ne pas casser la belle image qu'on voudrait lui donner », estime l'éleveur, membre de la communauté "Non au loup" et "L113".

Pour lui, le loup n'est pas qu'un problème de moutons. « On a oublié qu'il attaquait aussi les bœufs et chevaux au XIXe siècle. C'est d'ailleurs ce qui avait motivé sa chasse ». À une époque où la traction animale était la norme, les attaques de loup avaient des répercussions sur l'ensemble des corps de métier.

Et comme les éleveurs ovins redoublent d'efforts pour éviter le loup, certaines meutes se rabattent sur d'autres productions. Parfois, il est plus facile de s'attaquer à un petit veau qu'à un troupeau de moutons avec des chiens de protection. »Mais les veaux ne sont pas les seuls touchés. Les attaques sur gros bovins sont plus rares mais souvent très impressionnantes, comme en témoignent les images qui pleuvent sur les réseaux sociaux. « Le gros bétail n'est pas un problème pour eux. Ils le font courir jusqu'à ce qu'il s'épuise. Et bien souvent, ils ne cherchent même pas à savoir si l'animal est tué ou pas pour en manger la chair », insiste l'éleveur.

Pas besoin de grosses pertes pour avoir de lourdes conséquences sur le troupeau. Car une attaque, « c'est du stress pour l'éleveur, comme pour les bovins ». Et le stress, ça n'est pas bon pour l'élevage. Avortement, baisse de production laitière ou encore changement brutaux de comportement sont monnaie courante après les attaques. Et les pertes sont loin d'être compensées. « On est généralement indemnisé pour la perte d'un animal, mais les conséquences sur le niveau de production sont mal prises en compte », déplore Bruno Lecomte.

Face aux attaques, les éleveurs sont démunis. « C'est énormément de travail de mettre en place des clôtures quatre fils », d'autant que le loup franchit aisément les barrières de 1,20 m. Même rengaine pour les chiens de protection. « Ils ne fonctionnent que si les autres n’en n’ont pas », résume l'éleveur vosgien. Si tous les troupeaux environnants sont gardés, le loup s'affranchira du chien. « On rentre très vite dans une surenchère de moyens de protection... ».

Seule solution pour Bruno Lecomte, réguler davantage la population. 19 % de la population de loup peut être prélevée chaque année par les lieutenants de louveterie, soit 174 animaux pour cette campagne.

Le loup s’apprête à passer du statut d’espèce « strictement protégée » à celui d’espèce simplement « protégée ». Concrètement, ce déclassement offre plus de souplesse aux États pour gérer les populations. Oui, ne nous y trompons pas : le déclassement ne signifie pas que le loup devient un gibier comme un autre. L’espèce reste protégée au niveau national et européen. L’objectif affiché n’est pas l’éradication, mais une régulation plus pragmatique pour faire baisser la pression sur les élevages.

Ce virage découle d’une décision de la Convention de Berne actée en décembre 2024, transposée dans la directive européenne en juin 2025. Cette décision ne tombe pas du ciel. Les chiffres de la Commission européenne parlent. La population a quasiment doublé en dix ans, passant de 11 200 individus en 2012 à plus de 20 300 en 2023.

Une simplification radicale des procédures de prélèvement est enfin actée. Désormais, il ne sera plus nécessaire de prouver l’échec de toutes les autres solutions pour valider un tir de défense. Ce projet d’arrêté reconnaît enfin le rôle actif des chasseurs dans la gestion de la prédation. Pour les acteurs de terrain, éleveurs et chasseurs, ce texte est un virage attendu depuis des années.

En face, la réaction des associations de défense de l’environnement est épidermique concernant le statut loup france. Elles expliquent leur crainte que les tirs létaux désorganisent les meutes, aggravant les problèmes au lieu de les résoudre sur le long terme. On oublie souvent l’angle mort du débat : le rôle écologique du loup. Il régule activement les populations d’ongulés, comme les sangliers et les chevreuils. Cette prédation naturelle limite la prolifération et réduit les dégâts agricoles et forestiers. La controverse enfle sur l’état de conservation réel et le statut loup France. La LPO conteste fermement cette vision pour l’Hexagone.

La satisfaction du ministre de l’Agriculture ne laisse rien présager de bon. Nous prenons évidemment part à la consultation organisée par la Commission européenne jusqu’au 22 septembre. Rien ne nous arrêtera pour obtenir la fin des tirs létaux.

Tableau récapitulatif des données clés

Donnée Chiffre Année
Population de loups estimée en France 1 082 2025
Nombre de loups abattus au 8 octobre 161 2025
Plafond d'abattage fixé 192 2025
Estimation du nombre d'animaux tués à la chasse en France Entre 25,5 et 38 millions 2021-2022

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