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La préhistoire, qui est l'histoire avant l'histoire, comprend tous les pays et toutes les époques où des hommes vécurent sans savoir confier à des documents écrits le souvenir de ce qu'ils avaient fait ou pensé. La préhistoire ancienne embrasse toute la terre et tous les peuples, remontant aux débuts de l'humanité et cessant lorsque les peuples les plus avancés connaissent l'écriture.

Les Méthodes de la Préhistoire

Pour étudier la préhistoire ancienne, il existe d'abord des documents directs. La terre s'est ouverte comme un livre, mais comme un livre qu'il faut savoir feuilleter. Ce sont d'abord des trouvailles faites au hasard, puis des fouilles méthodiques opérées à dessein dans tel endroit qui paraît devoir être fécond en découvertes.

Ainsi ont été mis au jour des fossiles poudreux et patinés par le temps, qu'on s'efforce de dater d'après l'épaisseur de la patine, et surtout d'après l'ancienneté du terrain où ils étaient ensevelis; mais toute une série de précautions est ici nécessaire.

Il faut mesurer l'excavation, dresser le plan et la coupe des couches du terrain, photographier les phases successives de l'opération, décrire avec un soin méticuleux les autres débris, animaux ou végétaux, avec lesquels sont associées les traces de l'existence et de l'activité humaines. Il faut savoir ensuite conserver, sans les altérer, ces fragments du passé, puis les comparer, les classer, les interpréter.

Or, les endroits explorés se chiffrent par centaines : Ce sont des tourbières, des lacs, des sables de rivière, des monticules, des grottes et des sépultures. De tout cela sont sortis des ossements et des objets de tout genre qui remplissent aujourd'hui les musées et beaucoup de collections particulières.

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Ainsi, qui veut étudier la préhistoire ancienne doit faire appel à l'aide de sciences voisines : la géologie, la botanique et la zoologie, l'anthropologie et la paléontologie, la technologie.

À ces vestiges des générations disparues s'ajoutent un bon nombre de documents indirects. Ce sont des survivances qui subsistent parmi les peuples civilisés. Il n'est pas jusqu'aux pratiques gardées par tel ou tel métier, qui ne contribuent à expliquer l'emploi de tel ou tel outil d'autrefois. Les religions surtout sont des conservatoires de traditions et de cérémonies antiques.

L'Art Pariétal et Rupestre

L’art pariétal, que l’on retrouve dans les profondeurs des grottes et le plus souvent très très loin de l’entrée. L’art rupestre se trouve quant à lui à l’air libre sur des roches, des abris sous roche. La très grande majorité des hypothèses et théories pour expliquer l’art préhistorique s’applique à l’art pariétal et dans une moindre mesure à l’art rupestre.

L'interprétation de l'art des cavernes est une obsession depuis le XIXe siècle. L’archéologue Carole Fritz, chargée de recherche du CNRS au Centre de Recherche et d’Etude pour l’Art Préhistorique (CREAP), aborde l’art préhistorique… A ses yeux, ces dessins préhistoriques ont pour objectif de raconter des histoires, des mythes.

Dans les sociétés, ce sont les mythes qui régissent l’organisation sociale, la pensée. Le problème c’est que nous n’avons pas d’ethnographie qui accompagne cela : on fouille des poubelles et on regarde des dessins ; c’est très difficile de reconstituer un mythe à partir de ça.

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A partir du moment où vous avez une mythologie, ça veut dire que vous avez un choix dans les figures représentées.

Les Théories sur l'Art Préhistorique

Les premières interprétations font référence à l’art pour l’art, au totémisme et à la chasse. L’abbé Breuil et le Comte H. Begouën reprennent cette théorie de la chasse magique, ce sera la magie sympathique soutenue par l’abbé jusqu’à la fin de sa vie. La magie dite sympathique suppose une relation d’identité entre l’image et son sujet. Le bison dessiné est symboliquement tué avant de l’être réellement.

A partir des années soixante cette théorie tombe progressivement en désuétude. A. Leroi-Gourhan ouvre une perspective nouvelle de type structuraliste. Derrière le désordre apparent de l’art pariétal il existe un ordre, une structure, que la statistique doit permettre de faire apparaître.

En 1996, Jean Clottes et D. Lewis- Williams réouvrent le dossier du chamanisme. Pour expliquer les grottes ornées ils émettent l’hypothèse que les peintures pariétales sont le fait de chamanes en transe. Ces prêtres magiciens sont le lien entre le monde réel et le monde des esprits. Par la transe, le chamane est le seul capable de voyager dans ces mondes parallèles mais également de communiquer avec les esprits qui l’habitent.

Cette hypothèse met en avant la grotte, dont les parois sont un lieu de passage privilégié des esprits mais elle est moins adaptée pour l’art rupestre ou l’art mobilier.

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Gwenn Rigal indique dans un numéro spécial des Grands Dossiers de Sciences Humaines, « Tout d’abord, parce que la confirmation d’une certaine forme d’organisation des décors rend l’hypothèse totémique plus plausible que la magie ou la transe chamanique, lesquelles n’impliquent pas d’interdépendance entre les différentes unités graphiques parce que la prise en compte de la topographie de chaque grotte dans son ornementation s’accorde bien au totémisme.

Les Tectiformes

Parmi les différents signes de l’art pariétal préhistorique, le tectiforme a une place un peu à part. C’est une figure assez travaillée, construite graphiquement, qui provoque immédiatement chez le « lecteur » un besoin de comprendre et de comparer.

C’est en 1902 que les premiers tectiformes gravés sont identifiés dans la grotte des Combarelles par Henri Breuil et Louis Capitan. La forme générale évoquant « la charpente d’un toit de maison ou une hutte », les préhistoriens les nomment tectiformes (en forme de toit).

Le tectiforme a toujours un mat (pilier) central au centre du signe. A sa base, un sol perpendiculaire, et à son sommet des lignes obliques d’un « toit » qui descendent à droite et à gauche de la figure.

Le motif des tectiformes se retrouve uniquement dans l‘art pariétal et est totalement absent des supports mobiles. Le signe est donc forcément associé à une cavité rocheuse. Il est présent dans seulement 4 grottes en France et plus particulièrement dans un rayon de 8 kilomètres autour des Eyzies-de-Tayac (Périgord) : les Combarelles, Font-de-Gaume, Bernifal, et Rouffignac.

Dans la grotte de Bernifal, l’un des tectiformes est très particulier car il est formé par la juxtaposition de centaines de points rouges mesurant moins de un centimètre de diamètre. A Rouffignac les tectiformes ont été tracés avec le doigt dans une paroi très molle.

Pour Denis Vialou « plusieurs des tectiformes de Rouffignac sont identiques, mais faits de tracés au doigt sur des parois calcaires très tendres ».

Marcel Otte : Les signes complexes inventés par les Paléolithiques, sur les parois et sur les objets, révèlent directement les significations symboliques propres des groupes : la cinquantaine de signes tectiformes, présents dans quatre grottes du Périgord, Font-de-Gaume, Rouffignac, Bernifal et Combarelles, sont inconnus dans les autres régions magdaléniennes.

La Chasse et l'Alimentation

Les activités de chasse et de cueillette étaient essentielles pour la survie. Les ossements d'animaux retrouvés permettent de reconstituer le mode de vie des hommes préhistoriques. L'animal le plus chassé par les hommes du Paléolithique récent était le renne. On sait également que les chevaux, les bisons étaient abondants.

Les outils rudimentaires servaient à dépecer les proies. Les outils en silex étaient adaptés à leur usage (couper, gratter...).

La consommation de viande était importante. Les hommes préhistoriques chassaient des chevaux et le rhinocéros. Ils utilisaient des outils pour la fabrication d'outils en silex.

Évolution des Techniques et des Sociétés

L'évolution des techniques de chasse et de fabrication d'outils témoigne d'une adaptation constante aux milieux naturels. Le développement de l’agriculture marque une transition vers une économie de production.

La domestication des animaux et l'agriculture ont conduit à des changements dans l'organisation sociale. Des villages se sont formés, témoignant d'une sédentarisation et d'une complexification des sociétés.

Tableau des Animaux Chassés au Paléolithique

Nom Commun Nom Latin Période Répartition Géographique
Antilope saïga Saiga tatarica Pléistocène moyen à nos jours Plaine russe, Kazakhstan, Mongolie, Asie centrale, Aquitaine (migrations)
Bison des steppes Bison priscus -500 000 ans à fin du Paléolithique Eurasie
Bœuf musqué Ovibos moschatus Début du Pléistocène moyen à nos jours Alaska, Canada, Groenland, Scandinavie, Sibérie
Bouquetin des Alpes Capra hircus ibex Environ 150 000 ans à nos jours Alpes, Massif Central, Périgord

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