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Après l’échec cuisant du Gewehr 1888, qui visait à répondre au superbe Lebel 1886 français, les Allemands, appuyés sur les remarquables qualités de conception de Paul Mauser, envisagèrent un successeur à ce fusil. D’autant plus que Mauser, ayant été éliminé bien à tort de la conception/production du 88, commençait à exporter, à des pays pas tous si amicaux de l’Allemagne que cela, ses remarquables productions des systèmes 1889, 1893, et 1895 (une version légèrement améliorée du 93 avec un tenon de culasse de plus), armes toutes bien supérieures au 1888. Il fallait réagir.

Cette fois-ci, nos amis allemands mirent dix ans de travaux patients et méthodiques pour le concevoir, le tester, ré adapter sa cartouche. Le contraire très exactement de ce qu’ils avaient fait avec le 1888. Sa mise en service fut très lente et progressive. L’armée allemande avait été décidément très échaudée par l’échec du 1888. L’arme fut d’abord attribuée au Corps Colonial à destination de la Chine, et, peu le savent, son baptême du feu eut lieu en Chine lors de la Révolte des Boxers.

Pour la métropole, il fut d’abord attribué très parcimonieusement aux unités de la Garde et aux « vieux régiments » des trois premiers Corps d’Armées. Les Mauser de cette période, ayant en plus survécu aux affres des combats de 14-18, à la démilitarisation de l’Allemagne de Weimar et aux destructions réglementaires du XX° siècle sont rares. En effet, les deux premières commandes massives d’armes datent de 1904 seulement avec 290 000 fusils commandés chez Mauser et 210.000 chez DWM.

Le Système 98 : Une Révolution dans les Armes à Verrou

De toutes ces études et tests soigneux, il résulta une arme remarquable, celle du système 98, avec sa culasse éponyme qui sera copiée par tous et partout et qu’un retrouve jusqu’à nos jours dans tous les calibres de chasse, de tir et de guerre en fabrications modernes. C’est dire la qualité conceptuelle de la chose. A mon sens, on n'a pas fait mieux dans les armes à verrou. Sauf peut-être les français, encore une fois, avec la remarquable culasse du Mas 36, conceptuellement certes copiée sur la 98 et aussi efficace, mais bien plus simple dans son démontage et robuste dans son éjection. Maître Flingus a une affection particulière pour cette amélioration de bon sens total de la culasse de Paul Mauser initiée à Saint-Etienne. Les Américains ne s’y trompent d’ailleurs pas, notre Mas 36 ayant chez eux un succès qui touche à l’engouement.

Le Gewehr 98 fut donc adopté par décret Impérial du 5 avril 1898. Il connaitra, brillamment, tous les affres de la Guerre Mondiale, sera doté d’une foule d’accessoires et de variantes de production qui font aujourd’hui le bonheur de mes amis collectionneurs (car le G98 et les fusils Mauser en général, c’est un un vrai thème en soi!). Notre G98 sera produit, pour cette seule version « 14-18 » à sans doute plus de 10 millions d’exemplaires.

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Notez que l’ensemble du système d’armes réglementaires 1898, y compris sa version K98 du III° Reich cette fois, qui n’est fondamentalement qu’un G98 à culasse coudée et raccourci en taille, entre l’Allemagne, les exportations (Chine…), les productions locales et jusqu’aux après-guerre (18/45) pour ses versions yougoslaves, sud-américaines, turques ou autres, a sans doute été produit à plus de… 80 millions d’exemplaires. C’est dire à nouveau le succès du système 1898. Il ne sera dépassé que par une seule autre star mondiale de l’arme d’épaule: la Kalachnikov.

Caractéristiques et Modifications du Gewehr 98

Notre arme raconte l’histoire et cela fait aussi sa rareté. Car il est non seulement beau mais il est surtout « pur sucre », à plusieurs points de vue, et c’est assez rare. Rappel: l’armée allemande en 1913, c’est 700.000 hommes, regroupés en 48 divisions et en 25 Corps d’Armées (dont 19 prussiens!). L’arme fut donc distribuée prudemment et au compte-goutte aux seuls trois premiers de ces 25 corps d’armées.

Les G98 ne sont pas bronzés en boitier, chambre et culasse qui ont été laissés « blancs » jusque 1918. Ici pour une raison que je ne m’explique pas seul l’arrière mobile de la culasse avec son taquet de maintien et son levier d’armement ont été bronzés. C’est ancien, bien fait, mais un poil pas tout à fait le même que le canon. On peut donc les laisser comme ça mais si on le veut totalement « text book » et juste parfait, un poil de vinaigre blanc sur ces trois pièces avec une éponge et il sera plus que totalement réglementaire en 30 minutes… C’est ultra simple. J’ai juste pas le temps de le faire.

Notre arme n’a subit qu’une seule modification réglementaire: celle de 1903, avec l’adoption de la balle 8×57 IS dite « S » pour Spitze. C’est la balle « pointue » définitive de l’arme qu’elle gardera sur toutes ses versions ultérieures jusque 1945 et jusqu’au K98. L’arme ne porte quasiment aucune rouille ou peaux d’orange en fer qui sont très éparses. Son bronzage noir profond de canon est là à 90%. Les légères tâches de surfaces s’en iront parfaitement avec un peu de paille 0000, de WD40 et d’huile de coude (faut être patient mais le résultat est toujours un bonheur).

Tous ses marquages et poinçons en fer sont parfaitement lisibles et visibles partout. Pour mémoire la durée de vie officielle réglementaire de ces armes étaient estimée à l’époque à… 8 ans. Ces merveille d’arquebuserie étaient en réalité du « consommable long » dont les surprenantes finitions de qualité s’expliquent bien plus par des considérations de prestige de l’armée et de « Présentez armes » que par la volonté de les préserver durablement pour nous collectionneurs! Il en était comme ça dans la plupart des armées européennes.

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A noter que l’arme est totalement mono-matricule y compris en culasse (et dans toutes ses pièces pour cette dernière) - Seule la baguette, parfaitement au modèle, est d’un numéro différent (« 80 » tout le reste est « 65 » même les vis qui doivent l’être !) et a été re bronzée aussi. Elle est impeccable. Mécaniquement l’arme est comme au premier jour - Magasin 5 cartouches bien fonctionnel - Culasse fluide mais ferme. Tous les ressorts sont en bon état et fonctionnels (c’est dire leur qualité d’origine). La percussion est nette et franche.

Le canon est terne - il a été oxydé - légèrement - à fond de rayures mais sans être dévoré de trous - Loin de là. Les rayures sont encore bien là jusqu’à la bouche et bien visibles. L’arme est encore doté d’une bretelle authentique d’origine en cuir marron comme elles l’étaient avant l’ordre général de 1914 imposant de noircir tous les cuirs des harnachements individuels et des armes (bretelles et étuis des armes de poing). C’est aussi extrêmement rare d’en trouver une encore brune comme à l’origine des armes d’avant guerre.

La baïonnette qui conviendrait le mieux à cette arme est une 1898 longue du premier type - C’est le modèle d’avant 1903 avec la poignée de bois en un seul morceau - Ça c’est pour un puriste fanatique dans mon genre qui voudrait remettre le tout comme au jour de sa distribution vers 1900 ou 1901! Mais une autre, genre 98/05 ou ersatz, n’est pas non un anachronisme.

Le Disque d'Unité de Crosse : Un Témoignage Historique

Cerise sur le gâteau, et peut-être signe d’une perte précoce durant le conflit, l’arme a conservé le disque d’unité de crosse qui a été officiellement supprimé (et devait être retiré des armes déjà en service) vers fin 1914 de mémoire pour ne pas faciliter l’identification par l’ennemi des unités présentes en ligne coté allemand. Elle nous apprend que notre arme a été attribuée au « 1. R. 4. Ne rêvez pas ce n’est pas le 1er régiment de grenadiers à pied de la Garde de Postdam, régiment le plus dingue en terme de prestige social de la vielle Heer. Mais c’est pas mal quand même. Il s’agit du 1er Régiment de Grenadiers Kronprinz dit « 1er de Prusse Orientale » en garnison dans la très teutonique et nobiliaire Konigsberg en 1914.

C’est parfaitement conforme avec ce que je vous disais sur l’attribution aux trois premiers corps d’armées et aux plus professionnelles des troupes de l’Empire des toutes premières armes G98 produites. C’est, en plus, ce qu’on appelle un des « vieux régiments » de la Heer. Ils ne sont seulement que 12 à avoir ce titre sur les 217 régiments qui composent la Heer en 1914. En signe de distinction, leurs uniformes et leurs plaques de casque à pointes sont différentes de celles des 217 autres unités.

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C’est un aigle à ailes très larges, facilement reconnaissable, mais différent de celui à ailes, larges aussi, de la Garde. Ce 1er Régiment de Grenadiers Kronprinz a été fondé comme régiment d’infanterie en 1655 ( les gars du 1er portent d’ailleurs cette date « 1655 » sur leurs casques en bandeau sur l’aigle). En 1914-1918, avec notre fusil de ce jour, il fut de tout les combats essentiellement sur le front de l’Est. Où il va beaucoup souffrir.

Entrée en guerre sous le commandement du Colonel Bernhard, Graf Finck von Finckenstein (1863 à Frankfort sur Oder - 1945 à Potsdam), il est lancé illico dans la bataille des Lacs de Mazurie et surtout participe à l’écrasante victoire de Tannenberg contre l’Empire Russe, historique revanche de la bataille perdue par les chevaliers teutoniques prussiens au même endroit 504 ans plus tôt en 1410 contre des troupes slaves. Finck von Finckenstein en était. Après 1937, les allemands construiront un gigantesque monument pour célébrer cette revanche. On y enterrait quelques vedettes militaires allemandes comme Hindenburg ou les Généraux victimes de l’attentat du 20 juillet 44.

On retrouve notre 1er régiment de Grenadiers l’année suivante dans les Carpates contre la Russie encore où il se distingue à nouveau. Le régiment est confronté aux épouvantables rigueurs de la montagne et de l’hiver dans les Carpates. L’unité est d’ailleurs récompensée en février 1917 par le badge du Karpathen‑Korps. C’est un des très rares signes distinctifs ayant été accordés à une unité allemande pour un comportement particulier. Il fallait vraiment se distinguer.

Après la défaite de la Roumanie en novembre 1917, il est réaffecté au front russe en Ukraine puis affecté quelques mois seulement en Italie pour porter secours aux forces austro‑hongroises en mauvaise posture. En février 1918, il est transféré vers le front Ouest et engagé dans les grandes offensives allemandes du printemps (Kaiserschlacht). Lorsqu’il est dissout début 1919, il a perdu 3.728 hommes tués, dont 167 officiers (! - on y vivait pas longtemps comme lieutenant ou capitaine…) et 3.561 sous‑officiers et soldats. L’effectif du régiment à l’entrée en guerre était de 2.058 hommes.

In fine, un très bel exemplaire du Gewehr 1898, une des armes du tout début de l’adoption de cette arme mythique, restée dans sa rare configuration d’origine de 1900, et attribuée à un des régiments les plus prestigieux l’Armée Impériale.

Le Gewehr 98 : Une Arme Historique et Fonctionnelle

Encore une arme venue de l’espace. Le Mauser G98 ou Gewehr 1898, tout le monde connait. Une icône parmi les fusils militaires du XXe siècle qui incarne l’excellence de l’ingénierie allemande. Conçu par Paul Mauser et introduit réglementairement dans l’armée allemande en 1898, ce fusil devint l’arme standard des forces armées allemandes pendant la Première Guerre Mondiale puis, à peine modifié, de la seconde.

Doté d’un mécanisme de verrouillage à deux tenons indestructible, d’un magasin à lames-chargeur et de toutes les améliorations brevetées par Paul Mauser depuis 1871, le G98 se distingue de sa concurrence par son exceptionnelle robustesse, sa puissance de feu, sa qualité de production irréprochable et sa précision qui en feront une arme de guerre de choix sur tous les continents, de l’Afrique du Sud à la Chine en passant par l’Amérique Latine. Dans les divers systèmes nationaux de 98 existant au monde, peut-être plus de 25 millions d’armes produites. Mais ici nous sommes devant une des raretés de ce système.

Voici un tableau récapitulatif des principales caractéristiques et productions du Gewehr 98 :

Caractéristique Description
Concepteur Paul Mauser
Date d'adoption 5 avril 1898
Production estimée (1914-1918) Plus de 10 millions d'exemplaires
Production totale (toutes versions) Plus de 80 millions d'exemplaires
Principales modifications Adoption de la balle 8×57 IS en 1903
Utilisateurs Armée allemande, exportations vers divers pays

Les Français ont fait une Révolution. Pour avoir aussi le droit de chasser. Et le paysan français est massivement chasseur depuis les années 1820, et souvent, au moins au départ, avec des calibres militaires ou presque. Les Allemands n’ont pas fait de Révolution et ils n’ont pas le droit de chasser. De gros propriétaires terriens aristocrates se réservent ce droit. Et ce sera comme ça encore bien après 1918. Alors les simples citoyens font du tir, plus proches en cela des Suisses et des Autrichiens que des Gaulois ou Ligures latins.

Ils utilisent le plus souvent de superbes Schützen décorées et sculptées, civiles, à culasse basculante type rolling block puis à culasse mobile. Deux munitions à percussion centrale finissent par dominer les compétitions, le 9,5X47R et notre 8,15 X46R de ce jour qui va prendre le pas sur les autres dans le monde germanique. Un excellent calibre de tir, permettant une précision optimale sans souci pour du tir à 300 mètres en visée ouverte. Si vous avez les yeux pour. La cartouche est proche mais pas interchangeable avec la 32-40 US. Elle se refait à partir du 30-30 sur base d’une balle plomb.

En 1897, un Hollandais introduit une nouvelle compétition à trois positions, allongé, à genou et debout bras franc à 300 mètres en calibre sportif 8×46 ou en 8,15×46 sur base d’une balle de 150 gr. Le Wehrmannsgewehr vient de naitre. Car c’est initialement le nom d’une compétition civile de tir à forte consonance militaire quand même. Ça prend mais le succès reste mitigé en Allemagne qui continue tranquillement ses compétitions civiles à l’ancienne façon Guillaume Tell avec ses schützen.

Peu après l’adoption du 98 par la Heer, Mauser met quand même à son catalogue de quoi pratiquer ces épreuves là avec un fusil militaire pour civils qui n’est autre qu’un G98 canonné en 8,15, calibre roi des tireurs sportifs germaniques de l’époque, et auquel Mauser donne bel et bien le nom de Wehrmannsgewehr. De 1909 à 1913, Mauser produira environ 1.800 de ces fusils militaires civilisés à destination des Sociétés de Tir et au calibre 8,15X46R.

Aussi sur réaliste que cela puisse paraître, ils en produiront encore quelques uns de ces Wehrmannsgewehr de concours pendant la guerre alors que les commandes militaires tournent à plein et que l’industrie de guerre allemande est déjà à la peine pour produire ce que la guerre demande. Sans doute pour contribuer aux préparations militaires en stand de tir. Combien produits en 14-18 ? Sais pas. Mais 1.227 de 1916 à 1922 donc peut-être dans les 2. 000 ou moins entre 1914 et 1922. Pure supposition mais qui semble assez réaliste. En tous cas on en voit jamais de ceux-là.

A ma connaissance, seul « Momo » en a produit à cette époque jusque l’après 1918. Mais l’intérêt pour ce type de compétitions Wehrmanns et ces armes va croître un peu à nouveau avec la fin de la première guerre et avec les restrictions du Traité de Versailles. Pour continuer à s’entrainer dans un monde de restrictions, certains reviennent aux compétitions Wehrmanns et au bon vieux 8,15×46 d’avant-guerre qui, lui, n’est pas sous haute surveillance et de fait quasi interdit comme le 8×57 standard de l’armée teutonne.

Ces armes civiles reviennent donc sur le marché, surtout en Allemagne du Nord (le Sud, proche culturellement de l’Autriche et des Suisses est encore très Schützen Buschen). En fait, en cette époque intermédiaire entre Défaite de 1918 et 1933, on ne tire pas beaucoup de 22LR. Ce calibre n’apparaitra massivement pour l’entrainement qu’à partir des années 27/30 et encore plus après 1933, avec l’arrivée du moustachu agité au pouvoir qui promouvra un entrainement réellement massif dans ce calibre obligeant à des stands beaucoup plus nombreux, plus petits (des 50 mètres au lieu de 300) et à une production massive de carabines 22LR soutenues financièrement par le gouvernement.

On changeait de but, de type de compétitions, et d’échelle donc on changea de calibre, d’armes, de stands, et de budget. Mais voilà. On peut donc distinguer, en gros, trois types de G98 spécifiquement conçus pour ces compétitions Wehrmanns Gewehr: ceux produits par Momo avant 1922 toujours à hausse escargot, levier droit et Mauser Banner. Des, comme le notre, issus de quelques récupérations de G98 passé en coup par coup et canonnés en calibre 8,15 par trois ou quatre fabricants entre 1922 et 1930, certains à hausse plate et d’autres escargot, avec des marquages de boitiers d’usines 14-18 ou non et destinés à ceux souhaitant se remettre aux compétions Wehrmanns entre 1922 et 1930 en gros.

Et, enfin, quelques uns encore produits par l’industrie privée sous le Troisième Reich naissant, en sus des nombreuses 22LR du régime, avec des fenêtres d’éjection différentes, des leviers coudés et des hausses plates cette fois, et qui sont une dernière version avant le Einheitgewehr (autre sujet que Maître Flingus abordera une autre fois). Donc au moins trois types principaux à récupérer en collection pour un passionné du G98. Comme je le suis moi-même d’ailleurs.

Combien y en a t-il eu de ces Wehrmanns Gewehr? Des recoupements que j’ai fais sur les site US, très peu. J’ai donné les chiffres pour les productions Momo 1914-1922. Les Gewehr 98 transformés au 8,15 dans les années 22/30 sont également très rares. On en connait des (encore) de chez Mauser, des Haenel et des VCS. Les prix catalogue tournaient autour de 90/120 DM, sans doute du fait de la robustesse de ces armes obligeant à du travail plein acier sur toutes les pièces, du recanonnage nécessaire, et de leur finition. De toutes façons, c’était absolument prohibitifs pour les allemands ruinés de cette époque. Peut-être 5/6.000 en tout pour tous les modèles confondus de Wehrmanns Gewehr. Sans doute un peu moins.

Et le plupart sont désormais aux USA, barbotés dans le grand bazar de la défaite allemande de 1945 et du pillage du pays par tous les alliés qui faisaient d’ailleurs suite, juste retour des choses, à une razzia gigantesque de tout par les allemands en Europe entre 1939 et 1944. Notre arme de ce jour est typique des quelques uns produits pour les compétiteurs Wehrmanns dans les années 20/30 - Elle est bien 100% civile sur base d’un G98 en culasse et boitier qui sort de chez VCS (Shilling à Sühl). Ce marquage est le seul subsistant d’une possible utilisation militaire originelle - en bord de boite de culasse. Le marquage traditionnel de fabricant et la date de production figurant usuellement sur le dessus de chambre ont été effacés très professionnellement ou bien n’a même jamais été apposé.

Le bois est ce qui se faisait de plus perfectionné à l’époque avec rainures de préhension en fût (qui apparaissent fin 1916 sur les réglementaires) et œillet de démontage en crosse qui ne se sont généralisé qu’en extrême fin de guerre. A noter que dans cette production civile un l’œillet de démontage est présent des deux cotés de la crosse et bronzé (impensable dans un réglementaire qui ne comportait qu’un seul œillet et encore assez rarement et non bronzé évidemment). Le bois, c’est du beau hêtre de qualité et pas du noyer comme 95% des militaires. Aucun marquage militaire en bois évidemment. Entre les deux œillets, le bois et l’absence de trace du moindre marquage, il n’est même pas sûr que ces bois aient connus l’armée un jour. N’ayant pas fait la guerre, leur état est proche du neuf avec très peu de marques de manipulations. Aucun coup important ou enture.

Mécaniquement l’arme est parfaite - son canon est miroir avec de belles rayures bien nettes. L’arme est au numéro 742 partout (garnitures, plaque de couche, canon, chambre…) sauf le levier de culasse mais qui est bien civil aussi. En effet, il porte le poinçon commercial « U » couronné qui, de l’Empire au III° Reich inclus, identifie les armes allemandes de fabrications civiles. Poinçon « G » couronné d’épreuve civile pour les fusil aussi en canon. Les vis sont en TBE, non numérotées et bronzées comme l’arme. En effet, pour en avoir le cœur net, j’ai démonté intégralement l’arme et j’ai bien retrouvé de magnifiques poinçons civils G et U couronnés en canonnerie.

Et seulement des poinçons civils. Le poinçon commercial U couronné est aussi en chambre coté gauche sous le n° 742 mais pas visible sur les photos de l’arme non démontée car masqué par le bois mais il est là. 100% garanti et j’ai mis la photo aussi. L’arme est en 8,15x46R - le bloc de bois, du hêtre aussi, est bien là aussi en magasin pour limiter la capacité en coup par coup. Un poinçon du canon indique que l’arme est de septembre 1925 - en revanche un H étoilé et un marquage ESB restent mystérieux pour moi (canonnier ayant fabriqué le canon?).

Comme sur la plupart des Wehrmanns que j’ai vu sur les sites US, le boitier et la culasse ont été laissés blanc (ce qui, par parenthèse, et contrairement à une légende tenace, était aussi normal sur tous les G98 de la période de guerre) alors que le reste de l’arme (canon, hausse, garnitures y compris plaque de couche et même les deux œillets de démontage) est recouvert d’un bronzage noir profond civil très beau et nullement militaire. Ce bronzage d’origine est présent à 99% sur toute l’arme sauf la plaque de couche à 60%, elle, un peu oxydée (mais bien numérotée 742 aussi). Percussion franche, tous ressorts biens fermes, toutes vis en TBE. Arme au démontage aisé et sans souci.

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