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L'histoire des Nambu commence avec Kijiro Nambu, souvent surnommé le "Browning japonais" en raison de son importante contribution à l'histoire des armes à feu.

Kijiro Nambu : Un Samouraï Ingénieur

Kijiro Nambu, né en 1869 dans le domaine de Saga, était issu du prestigieux clan Nabeshima. Passionné de mécanique et d'armes, il intégra l'arsenal de Tokyo en 1891 et travailla sous la supervision d'Arisaka Nariakira, un concepteur d'armes qui devint son mentor. Il collabora sur le fusil Type 30 (1897) et le fameux Arisaka Type 38 (1905), ainsi que sur des améliorations au revolver Type 26 (1894).

En 1903, Arisaka fut nommé à la tête du bureau technique de l'armée, laissant plus d'autonomie à Kijiro Nambu, qui fut promu Major. Dès les années 1890, l'armée japonaise envisageait de se doter d'un pistolet semi-automatique pour remplacer le revolver Type 26. Vers 1900, Kijiro Nambu reçut l'ordre de concevoir un pistolet semi-automatique pour l'armée.

Les Premiers Pistolets Nambu

Le premier pistolet semi-automatique japonais fut le Nambu Type A (ou "4"), affectueusement appelé "Grandpa Nambu" par les collectionneurs américains. Il fut suivi vers 1906 par un Type A "modifié", avec un pontet de queue de détente élargi. Les deux modèles utilisaient le calibre 8 X 22 R conçu par Kijiro. Ces armes ne furent pas adoptées réglementairement, à part un essai pour la Marine en 1909. Avec environ 7 000 exemplaires produits entre 1902 et 1909, le "GranPa" (2 600 exemplaires) et le "Papa Nambu" sont aujourd'hui rares.

Le Type A fut suivi du Type B, plus petit et plus léger, en calibre 7mm (7 x 20 Nambu). Les collectionneurs américains l'ont surnommé "Baby Nambu". Il fut conçu comme une arme de statut social et de prestige, destinée aux officiers de rang élevé ou au personnel médical. La production, presque artisanale, cessa en 1923 après le tremblement de terre de Kanto. Au total, environ 7 500 armes des trois types furent produites.

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Le prix élevé des Nambu était un facteur limitant pour l'officier japonais moyen, qui devait l'acheter sur ses deniers jusqu'en 1943.

Le Nambu Type 14

En 1923, Kijiro Nambu conçut qu'il fallait améliorer et simplifier ses Nambu pour obtenir un contrat militaire. Un nouveau prototype fut réalisé en 1924, et la production commença en 1925. C'est le fameux pistolet semi-automatique Nambu Type 14, officiellement adopté en 1926 par l'Armée Japonaise et en 1927 par la Marine.

Le Type 14 fut produit de 1925 à 1945, mais le nombre exact d'exemplaires est inconnu en raison de la destruction des archives pendant les bombardements du Japon. Les estimations varient de 70 000 à 400 000. Il fut simplifié pour être attribué aux sous-officiers et obtenir un plus vaste marché.

Le Type 14 se distingue de ses prédécesseurs par la disparition de la pédale de sécurité, de la hausse réglable, par la mise en place d'une sécurité de chargeur, d'un système de maintien de ce dernier amélioré et par un démontage simplifié. Le pontet fut élargi pour pouvoir l'actionner avec de gros gants d'hiver. C'est une arme de combat fiable et efficace malgré son calibre 8mm.

Le Nambu fut opposé en concours au Colt 1911, au P38, au TT33 et au P08, bref à la plupart de ses concurrents les plus sérieux de cette période.

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Bill Ruger, le fondateur de la firme éponyme, acheta en 1945 un Nambu Type 14 et décida d'en créer des copies dans son garage, admirant son fonctionnement et son ergonomie.

Pour connaître la date de fabrication d'un Nambu, il suffit d'ajouter 1925 (date de conception) au 1er chiffre présent à droite de la carcasse, qui exprime l'année de production en ère Showa. Le second chiffre est le mois du calendrier.

Les Nambu 14 ont pu sortir de 5 productions différentes: Arsenal de Tokyo avec deux sous-traitants et Arsenal de Nagoya avec trois fabrications.

Les Fusils Mitrailleurs Nambu

En 1901, le Japon acquit des mitrailleuses Hotchkiss modèle 1897, qu'il utilisa efficacement contre les Russes en 1904. Après un retour d'expérience, l'ingénieur Kijiro Nambu fut chargé de concevoir un modèle national basé sur le système Hotchkiss, avec des spécifications spécifiques.

En 1907, la mitrailleuse de Nambu fut officiellement opérationnelle, prenant le nom de Type 38 Mitrailleuse. Elle fonctionnait à emprunt de gaz et était alimentée par un peigne de 30 cartouches. En 1909, l'ingénieur Nambu apporta des modifications au canon pour améliorer sa durabilité, ainsi que des ajustements au refroidissement de l'arme et à la dissipation de la chaleur. Avec ces modifications intégrées à la production, l'arme fut officiellement renommée Type 3 en 1914.

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Le Type 3 connut un service étendu, participant à la campagne du Mandchoukou, à la guerre de 8 ans contre la Chine nationaliste, communiste et les seigneurs de guerre. Il fut également utilisé lors de l'incident de 1939, de la campagne de 1945 contre les Soviétiques et de la campagne du Pacifique contre les Alliés. L'arme fut massivement utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale, car le Japon n'eut pas le temps ni les ressources nécessaires pour effectuer une transition vers le calibre 7.7mm.

Le Type 11

Au Japon, les mitrailleuses lourdes utilisées entre 1941 et 1945 furent des dérivés de la Hotchkiss française, avec quelques modifications de détail. Les Japonais fabriquèrent leurs propres F.M., mais en s'inspirant toujours du principe de fonctionnement de la Hotchkiss. Leur premier F.M. fut le Type 11, calibre 6,5 mm, mis en service en 1922 et utilisé jusqu'en 1945. Il fut conçu par le général Kijiro Nambu, et c'est sous le nom de "Nambu" qu'elle fut connue des Alliés. Elle se caractérisait surtout par un système d'alimentation original ; il comprenait une petite trémie, placée sur la gauche de la culasse et permettant de l'alimenter avec des cartouches utilisées par les autres membres du peloton d'infanterie. La trémie d'alimentation avait tendance à déséquilibrer l'arme, rendant son utilisation difficile.

Le Type 96

Le Type 96 était basé sur le Type 11, mais remplaça le distributeur par un magasin conventionnel en boîte. Dans son fonctionnement général, le Type 96 était une combinaison de l'ancienne Hotchkiss et de certains éléments du ZB vz.26 tchèque. Ils empruntèrent en particulier au ZB vz.26 son système de magasin, qui remplaça la trémie du Type 11, mais conservèrent le système de lubrification, et donc le risque d'encrassement. Par contre, le Type 96 possédait un système de changement du canon très rapide et plusieurs viseurs télescopiques. Les viseurs furent rapidement abandonnés, mais le système de magasin maintenu. Le Type 96 possédait enfin un accessoire unique au monde sur ce type d'arme, un porte-baïonnette fixé au bout du canon.

Tableau Récapitulatif des Armes Nambu

Modèle Calibre Période de Production Particularités
Type A ("Grandpa Nambu") 8 x 22 R 1902-1909 Premier pistolet semi-automatique japonais
Type A Modifié ("Papa Nambu") 8 x 22 R 1906-1909 Pontet de queue de détente élargi
Type B ("Baby Nambu") 7 x 20 Nambu 1909-1923 Plus petit et plus léger, arme de prestige
Type 14 8mm Nambu 1925-1945 Adopté par l'armée et la marine, simplifié
Type 11 6,5 mm 1922-1945 Mitrailleuse légère, système d'alimentation original
Type 96 6,5 mm 1936-1945 Magasin en boîte, porte-baïonnette

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