L'Arme Automatique type 52, plus connue sous le nom d'AA-52 ou MAC 52, a été conçue et développée suite aux campagnes d'Indochine du début des années 1950. Il s'avéra très vite que l’armée française (l'infanterie principalement mais aussi l'aviation) devait posséder une arme automatique de fabrication française. L'AA-52 fut donc conçue et développée en raison des retombées directes des campagnes d'Indochine du début des années cinquante.
À la fin des années 1940, la France était armée de mitrailleuses d'origines diverses : allemande (MG34 et MG42), américaine, britannique et française. Cette disparité posait de gros problèmes, notamment lors de la guerre d'Indochine, car toutes ces mitrailleuses utilisaient des calibres différents et nécessitaient des pièces détachées spécifiques. L'approvisionnement des troupes devenait d'une extrême complexité. Il fut donc décidé de lancer un programme de conception d'une arme française d'emploi général qui devrait remplacer toutes celles déjà en service.
Il s'agissait là d'une solution permettant de grandes simplifications, que ce soit au niveau de l'intendance : plus qu'un seul calibre et pièces détachées standard ; et de la production industrielle. Mais aussi de l'entraînement des hommes, qui n'avaient plus qu'à connaître une seule arme. Le développement de la nouvelle mitrailleuse, fut confié à la Manufacture d'Armes de Saint-Étienne, celle-ci utilisera par la suite son expérience et le fonctionnement général, pour la conception du FAMAS.
L'AA-52 fait exception parmi les mitrailleuses modernes par son fonctionnement interne basé sur le recul libre, la culasse n'étant pas verrouillée lors du tir. La force appliquée sur la cartouche au moment du tir est employée pour renvoyer la culasse en position arrière, où le ressort récupérateur la renvoie vers l'avant et lui fait introduire une nouvelle cartouche. Ce système fonctionne parfaitement bien avec des cartouches de pistolet sur des pistolets mitrailleurs, mais l'utilisation de cartouches de fusil dans les fusils mitrailleurs demande quelque chose de plus rigoureux si l'on veut conserver une certaine sécurité.
Pour pouvoir se passer d'un système de verrouillage de la culasse, l'usine de Saint-Étienne va innover en employant un système d'amplification d'inertie du recul. L'AA-52 utilise, en effet, un système en deux parties, reliées par un levier amplificateur d'inertie. La culasse qui subit une poussée des gaz au niveau de la cuvette de tir recule en poussant vers l'arrière la masse additionnelle du transporteur de culasse; après une course arrière réduite permettant le retard de l'ouverture nécessaire à la chute de la pression des gaz de combustion de la poudre, le levier amplificateur d'inertie accélère le mouvement arrière de la masse additionnelle qui a son tour entraine la partie avant. La culasse n'est certes pas verrouillée lors du tir mais elle s'ouvre bien moins rapidement qu'avec une culasse traditionnelle, il n'y a donc plus aucun risque, malgré la puissance de la cartouche.
Lire aussi: Recommandations concernant les fusils turcs
Afin de faciliter l'éjection des étuis percutés, la chambre possède des rainures permettant aux gaz de s'introduire entre la chambre et la cartouche et d'éviter l'enrayement, par le frettage de l’étui dans la chambre.
L'AA-52 peut tirer avec un bipied ou un trépied, mais, quand le trépied est utilisé pour un tir continu, la mitrailleuse est équipée d'un canon lourd, donc plus long à chauffer, ce qui permet des tirs plus soutenus.
Très utilisée en Algérie pour tout un tas d’applications, elle ne semble pourtant pas avoir été utilisée sur les avions, seul quelques T-6 semblent en avoir été équipés en arme de capot avec tir synchronisé à travers l’hélice, et d'arme d'aile, mais sans que ces appareils aient été utilisés en opération.
L’armée de Terre équipe ses blindés légers dès 1958 et teste les missiles durant la guerre d’Algérie. En 1956, l’armée décide une nouvelle méthode d’attaque contre les grottes fortifiées du FLN situées dans l’Atlas algérien. Elle équipe un DASSAULT MD 311 avec un missile SS-11. L’expérience se révèle très intéressante et devient un standard sur les MD 311 de l’armée de l’air en Algérie.
Les mitrailleuses AA 52 furent montées par deux sur les T-6 dans des carénages fixés sous les ailes, évidemment allégées des pièces inutiles et avec un système de déclenchement électrique.
Lire aussi: Fusil Darne Calibre 12 : Détails Techniques
L'AA-52 remplaça le Mac 24/29 et diverses mitrailleuses étrangères, alors en service dans l'Armée de Terre française au début des années 1960. Le terme transformable indique qu'elle peut être employé comme mitrailleuse légère, ou lourde, par simple changement du canon.
À la fin des années 1960, la France décide d'adopter le 7,62 OTAN pour ses mitrailleuses. Cette décision vient d'un raisonnement balistique et économique (faciliter les exportations vers les pays soutenus ou proches de l'OTAN). Cette version calibrée à 7,62 mm est la AA 7,62 NF-1.
| Caractéristique | AAT-52 (7,5 mm) | AN F1 (7,62 mm OTAN) |
|---|---|---|
| Calibre | 7,5 mm | 7,62 x 51 mm OTAN |
| Capacité du chargeur | Bandes de 50 (FM) - 200 cartouches | |
| Longueur totale | 1080 mm | |
| Longueur du canon | 500/600 mm | 500/600 mm |
| Masse avec bipied et canon léger | 10 kg | 10 kg |
| Masse avec canon lourd et trépied | 23 kg | 23 kg |
| Cadence de tir | 900 coups/min | 900 coups/min |
| Portée efficace | 600 m | |
Lire aussi: Calibre 16: Le Fusil Nemrod
tags: #fusil #mitrailleur #AA-52 #guerre #d'Algérie #caractéristiques