Le tir sportif est un sport qui se pratique dans toutes les catégories, et qui figure dans les premiers rangs des sports individuels pratiqués dans le monde : actuellement, au niveau mondial, le tir est, en nombre de licenciés, le deuxième sport individuel pratiqué et la quatrième discipline olympique. Sport complet, le tir sportif nécessite une bonne forme physique et mentale. C’est une école de concentration et de maîtrise de soi. Comme beaucoup d’autres sports, il prône les valeurs fondamentales du respect de la règle, du respect de soi et des autres. Le tir est une source d’enrichissement de soi en développant les valeurs d’engagement, de persévérance, du goût de l’effort. Plus spécifiquement, le tir sportif enseigne la concentration, l’humilité et la sagesse. Par l’apprentissage de la maîtrise de l’esprit et du corps, il est idéal pour maîtriser la gestion du stress. Contrairement aux idées reçues, le tir sportif n'est pas classé dans la catégorie des "sport à risques".
Outre le respect des valeurs traditionnelles du sport que sont l'engagement, l'esprit d'équipe, la fraternité, le contrôle et le dépassement de soi, la pratique du tir enseigné par la FFTir repose en outre, sur un certain nombre de valeurs éthiques propres qu'il est strictement interdit de transgresser sous peine d'exclusion immédiate.
Le tir sportif est une discipline qui fascine de plus en plus. C’est un sport qui allie précision, concentration, maîtrise de soi et passion. Pourtant, se lancer peut sembler complexe : la réglementation, le choix du matériel, les démarches administratives… Pas de panique ! Avant de plonger au cœur du sujet, une règle d’or : la sécurité est primordiale. Le tir sportif est une activité encadrée par une législation stricte en France, et se pratique toujours dans des environnements homologués et sous la supervision de professionnels.
Avant même d’envisager l’achat d’une licence ou de matériel, la grande majorité des clubs et stands de tir en France proposent des journées ou séances d’initiation au tir sportif. Ces séances sont conçues pour être accessibles et sécurisées, encadrées par des moniteurs diplômés. Votre séance débutera toujours par un briefing essentiel sur les règles de sécurité fondamentales. Vous découvrirez différentes armes et leur fonctionnement de base. Pour l’initiation, les clubs utilisent généralement des armes de petit calibre. Souvent, il s’agira de carabines ou pistolets en .22 LR, idéals pour débuter grâce à leur faible recul et leur coût abordable. Cependant, certains clubs préféreront commencer par des armes à air comprimé (plomb), très pédagogiques pour appréhender les bases du tir sans la détonation. Sous l’œil attentif d’un instructeur, vous effectuerez vos premiers tirs. Il vous guidera sur la position, la visée, la respiration et le lâcher de coup. C’est une opportunité unique de lever toutes vos appréhensions et de vivre une première expérience concrète du tir sportif dans un cadre parfaitement sécurisé et pédagogique.
L’âge requis varie selon le type d’arme et le club. Pour les armes à air comprimé, l’initiation est souvent possible dès 8 ans. Le club vérifiera que vous n’êtes pas inscrit au Fichier National des Interdits d’Acquisition et de Détention d’Armes (FINIADA).
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Une fois que vous avez confirmé votre intérêt pour le tir sportif via une initiation, la prochaine étape logique est l’obtention de votre licence de la Fédération Française de Tir (FFTir). Elle vous ouvre les portes de tous les clubs affiliés à la FFTir en France, garantissant que vous pratiquez dans des installations respectant les normes de sécurité. Votre licence inclut une assurance responsabilité civile, vous couvrant en cas d’accident sur le pas de tir. Elle atteste de votre statut de tireur sportif légalement reconnu, ce qui est indispensable pour l’acquisition et la détention d’armes de catégories B et C.
L’obtention de la licence s’effectue systématiquement par l’intermédiaire d’un club affilié à la FFTir. C’est la première et principale étape. Une fois que vous avez choisi votre club, vous devez y adhérer. Vous devrez fournir un certificat médical datant de moins d’un an, attestant de votre aptitude à la pratique du tir sportif. Ce document est délivré par votre médecin traitant et doit être remis à votre club lors de votre demande de licence ou de son renouvellement. Attention : un certificat médical de plus d’un an rend votre licence invalide par mesure de sécurité. Avant toute validation de votre licence, le club effectuera les contrôles nécessaires. Il vérifiera notamment que vous n’êtes pas inscrit au FINIADA (Fichier National des Interdits d’Acquisition et de Détention d’Armes). Cette vérification est systématique et obligatoire. Votre club pourra généralement vous accompagner ou même s’occuper de la création de ce compte pour vous. La plupart des clubs imposent une période de formation et d’intégration aux nouveaux adhérents. Cela inclut des cours sur la sécurité, le maniement des armes et les règles du pas de tir. Votre licence est valable pour une saison sportive (généralement du 1er septembre au 31 août de l’année suivante) et doit être renouvelée chaque année.
Le choix de votre club de tir est une étape aussi importante que l’obtention de votre licence. Bien plus qu’un simple lieu pour tirer, votre club sera votre point d’ancrage, votre source de formation et, très souvent, l’endroit où vous rencontrerez d’autres passionnés.
Les tarifs varient d’un club à l’autre (adhésion annuelle, cotisation, éventuels frais d’accès aux pas de tir). Prenez votre temps pour visiter plusieurs clubs si possible. Le « coup de cœur » est souvent un bon indicateur !
En France, la loi encadre strictement la possession et la vente d'armes à feu, y compris les carabines de calibre .22 LR. Il est essentiel de connaître les obligations légales pour éviter des sanctions pénales.
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Depuis 2013, les armes sont classées en 4 catégories en fonction de leur dangerosité. La dangerosité d'une arme à feu s'apprécie en fonction des modalités de répétition du tir et du nombre de coups tirés. À chaque catégorie correspond un régime administratif d'acquisition et de détention. Les armes de catégorie A, considérées comme les plus dangereuses et parmi lesquelles figure notamment la kalachnikov, sont strictement interdites. Les catégories B, C et D, regroupant principalement les pistolets et les fusils, sont respectivement soumises au régime d'autorisation et de déclaration. Les armes de catégorie B nécessitent une autorisation spécifique du ministère de l'Intérieur, sans quoi elles sont inaccessibles aux particuliers, tandis que les armes de catégorie C et D requièrent l'obtention d'une licence de tir agréée par le ministère des Sports ou d'un permis de chasse. Dans tous les cas, le demandeur doit justifier d'un besoin réel pour acquérir et détenir une de ces armes.
Depuis novembre 2022, un compte spécifique "détenteur d'armes héritées ou trouvées" est ouvert, permettant de déclarer une arme via la création d'un compte SIA (Système d'Information sur les Armes). La déclaration des armes via le SIA est une étape cruciale pour les détenteurs d'armes. Il est aussi possible de déclarer simplement sa découverte ou son héritage sans aucune formalité. Il suffit de créer un compte SIA, de suivre la procédure indiquée et d’enregistrer toutes ses armes de catégorie C. Si vous avez hérité d'un fusil de chasse, vous pouvez le conserver sans permis à condition de le déclarer en préfecture dans les six mois suivant le décès du propriétaire. La loi est très claire : il est interdit de détenir une arme de catégorie C sans permis de chasse ou licence de tir. Il est important de s'assurer que l'arme est bien inutilisable avant de la stocker sans permis. Si l’arme héritée bénéficiait d’une « autorisation viagère » au titre d’une ex 4ème catégorie, cette autorisation délivrée au seul détenteur devient caduque. Elle n’est pas transmissible.
Pour la protection personnelle, il existe des alternatives non létales telles que les armes de catégorie D. Ceci inclus les bombes lacrymogènes, les pistolets ou les armes à impulsions électriques. Ces dispositifs sont conçus pour désorienter ou neutraliser un agresseur potentiel sans causer de dommages mortels.
La possession illégale d'un fusil de chasse constitue une infraction grave aux yeux de la loi et peut entraîner une série de conséquences légales et pénales pour l'individu concerné. Selon la législation en vigueur et la gravité de l'infraction, les conséquences peuvent inclure des amendes considérables et même une peine d'emprisonnement. Outre les sanctions pénales, les autorités compétentes ont le pouvoir de confisquer tout fusil de chasse détenu illégalement. Trois ans de prison et 45 000 € d’amende la cession ou détention d’armes des catégories A et B (Art L.317-4). Deux ans de prison et 30 000 € d’amende la cession ou la détention d’armes de la catégorie C. Et de un an de prison et 15 000 € d’amende lorsqu’il s’agit d’armes de la catégorie D (Art L.317-4-1).
La vente par un particulier, d’une arme, élément d’armes ou munitions des catégories A, B, C est réglée par l’ Art.L314-16 du Code de la Sécurité Intérieure. La vente entre particuliers d’une arme, élément d’armes ou munitions des catégories A, B ou C reste possible malgré un contexte très défavorable, il y a l’obligation de consulter le fichier des interdits d’armes. La loi fait l’obligation de livrer l’arme dans un local agréé, ainsi il faut obligatoirement passer par un professionnel, armurier ou courtier. Ainsi la vente en bourse aux armes d’armes de catégorie C et d’armes neutralisées, devient matériellement impossible sans la présence d’un armurier qui accepte de « jouer le jeu » et puisse faire le transfert informatique.
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C’est l’armurier ou le courtier qui s’occupe des déclaration préfecture. Il inscrit l’opération dans son registre d’armurier (Art. R.313-24). Le particulier procède à une déclaration sur le CERFA comportant les caractéristiques de l’arme. Cette déclaration est transmise à la préfecture par le courtier agréé. De plus, le particulier envoie son récépissé barré de la mention « vendu » au préfet. Pour les armes classées en D, il n’y a pas de restriction spécifique sur les transactions entre particuliers majeurs. Ainsi, il reste autorisé pour les particuliers la vente d’armes anciennes, armes blanches, reproductions etc… Attention, dans les bourses aux armes, la vente d’armes anciennes de catégorie D§e), f) et g) doit être effectuée si un armurier est présent dans la bourse aux arme.
L’article L312-16 du CSI prévoit qu’y sont recensées, notamment, les personnes interdites d’acquisition et de détention d’armes en application des articles L.312-10 et L.312-13. Ce dernier article vise, s’agissant des dessaisissements, toutes les catégories d’armes et l’article L312-10 renvoie à l’article L312-7 qui concerne la remise des armes quelle qu’en soit la catégorie. Le FINIADA contient donc bien les interdits d’armes de la catégorie D.
L’article R. 313-23 du CSI prévoit l’obligation d’enregistrement des transactions en faisant référence aux articles R.313-24 et R. 313-40 du même code. Or l’article R.313-24 du CSI concerne les armes de la catégorie C et l’article R. 313-40 celles des catégories A et B.
L’armurier transfère l’arme du râtelier numérique du vendeur à celui de l’acheteur. L’ancien texte prévoyait que la vente entre particuliers pouvait être constatée par une autorité de police. Le particulier vendeur doit s’assurer de l’identité de l’acquéreur et conserver copie durant 5 ans des documents présentés par ce dernier (Art R314-20 CSI). Il va de soi que le vendeur particulier ne peut vendre à un autre particulier que des armes de catégorie A ou B pour lesquelles il est autorisé, ou des armes de catégorie C couvertes par un récépissé de déclaration.
Par contre, les armes anciennement enregistrables acquises ou détenues avant le 1er décembre 2011 (voir art. 18 du décret du 7 octobre 2011.) peuvent être vendues librement même non enregistrées. Cela du fait qu’il n’y a jamais eu d’obligation d’enregistrement. Pour effectuer une transaction entre deux particuliers, l’intermédiaire vérifie l’identité du vendeur et de l’acheteur, vérifie dans le FINIADA, et se fait présenter les documents nécessaires à l’acquisition ainsi que l’arme, l’élément d’arme ou les munitions.
Notons qu’en dépit de l’informatisation, même pour les armuriers qui sont informatisés, le travail reste important. Dans ce processus, il n’y a pas de nécessité que le particulier vendeur se présente physiquement devant un armurier (sous réserve que la consultation du FINIADA ait été réalisée par une personne habilitée).
| Classement | Désignation | Caractéristiques |
|---|---|---|
| C1- a) | Arme à feu d'épaule à répétition semi-automatique | Projectile de diamètre inférieur à 20 mm. Tir de 3 munitions maximum, sans réapprovisionnement. |
| C1- b) | Arme à feu d'épaule à répétition manuelle | Projectile de diamètre inférieur à 20 mm. Tir de 11 munitions maximum, sans réapprovisionnement. |
| C1- c) | Arme à feu d'épaule à 1 coup par canon | |
| C1- d) | Arme à feu d'épaule à répétition manuelle | Canon rayé munies d'un dispositif de rechargement à pompe chambré pour les calibres 8, 10, 12, 14, 16, 20, 24, 28, 32, 36 et 410. Capacité de 5 coups maximum. Longueur totale supérieure à 80 cm. Longueur du canon supérieure à 60 cm. Crosse fixe. |
Selon le site de l'Union française des amateurs d'armes (UFA), la France compterait légalement 762 331 armes soumises à autorisation (actuelle catégorie B) et 2 039 726 armes soumises à déclaration (actuelles catégories C et D). Un nombre important qui ne prend en compte que les armes détenues à titre civil, et s'explique par l'importance de la chasse en France. L'État recense 1,2 million de chasseurs en 2016, soit le contingent le plus important d'Europe, derrière l'Allemagne et la Finlande.
L'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux regrettait en 2009 une législation sur les armes « inefficace, car trop tatillonne pour les honnêtes gens, et impuissante face aux trafiquants » au lendemain d'un règlement de comptes à la kalachnikov. En effet, l'obtention d'une licence de tir, nécessaire pour acquérir une arme, découle d'un processus administratif long et dissuasif, assorti de trois séances de tir contrôlées sur l'année avant validation par la fédération concernée. La détention d'armes à feu est scrupuleusement contrôlée, le port d'arme est rigoureusement interdit, sauf exception accordée par le ministère de l'Intérieur, et le transport d'armes fait l'objet d'une réglementation drastique qui empêche le détenteur de s'en servir en cas de nécessité. L'arme doit être démontée, déchargée et transportée dans une mallette close, de sorte que son utilisation immédiate est rendue impossible.
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