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Bandeau

The Machine Girl, réalisé par Noboru Iguchi, est un film qui ne laisse personne indifférent. Ce film grotesque, lourdingue, gore, irrévérencieux, délirant et hystérique se rapproche d’autres folles péloches telles que "Bad Taste" et "Evil Dead 2" ou de mangas trashs comme "Violence Jack" ou "Ichi The Killer". Enchaînant les délires ultra-violents les uns après les autres, le métrage réussit à tenir toutes les promesses qu’il avait suggérées. Rien que pour cela, il vaut largement le coup d’œil.

Dans la droite lignée de Tokyo Gore Police (2008) et Vampire Girl vs Frankenstein Girl (2009), tous deux réalisés par Yoshihiro Nishimura, The Machine Girl (2008) reprend le même principe : des hectolitres de sang, du gore et du trash toutes les secondes, du grand n'importe quoi sur plus de 90 minutes.

Un Film qui Divise

Autant vous dire qu'il faut être sacrément motivé pour se farcir le film jusqu'au bout. Les amateurs décérébrés de films aussi futiles et sanguinolents seront comblés, pour les autres passez votre chemin car sincèrement il n'y a rien à voir ici, à part une boucherie à ciel ouvert, entre les décapitations, les coups de tronçonneuses, perceuses, sulfateuses, les crânes éclatés, les types éventré de la tête aux pieds et le sang qui gicle comme des geysers.

Si vous n'aimez pas le second degré et l'ultra gore, ce film n'est pas fait pour vous, il est même à fuir car l'accumulation d'une violence physique, graphique et jusqu'au boutisme est assez perturbante. Si au contraire vous êtes preneur, ce film vous plaira sans mal. On est d'entrée fixé, soit on continue soit on quitte le navire. Une mise en bouche de ce qui nous attend, si passé ce cap vous êtes curieux de découvrir la suite, vous n'allez pas être déçu. Des démembrements, des décapitations, des geysers de sang à profusion qui éclaboussent même l'écran à de nombreuses reprises.

C'est un style qu'on apprécie ou pas, tout est une question de goût, mais ce cinéma gore japonais a une marque de fabrique typique. J'ai envie de dire pourquoi pas, les hectolitres d'hémoglobine déversés à droite à gauche ne me gêne pas en soi mais le minimum, c'est d'accompagner le tout d'une bonne mise en scène et d'une réalisation à la hauteur, ce qui n'est manifestement pas le cas ici. Certes j'ai ri un peu mais on tourne rapidement en rond et les scènes gore s'enchainent sans saveur entre des personnages stéréotypés et dont on se désintéresse totalement. À part le mélange manga et gore qui prête parfois à sourire (tel le moment où les émules de Bioman en survêt' rouge se transforment en viande hachée sanguinolente), c'est quand même très mal fait. Réalisation minable, jeu des acteurs pitoyable, effets spéciaux lamentables...

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The Machine Girl est un bon gros Z qui tâche en provenance directe du Japon. Devant cette version live et ultra gore du collège fou fou fou, on hésite souvent à arrêter le film pour s'occuper de manière plus intelligente. Mais curieusement, The Machine Girl accroche quand même le spectateur. Le réalisateur va jusqu'au bout de son projet en utilisant un second degré assez réjouissant. Sûrement fan de Evil Dead, Iguchi arrose son film de clins d'oeil à la trilogie de Sam Raimi. L'idée même de la tronçonneuse qui s'intègre au moignon du héros est recyclée. Certains effets gores sont plus que ridicules et Iguchi semble s'en moquer royalement. L'héroïne du film est très jolie et joue comme une savate, tout comme l'intégralité du casting par ailleurs. Le surjeu ambiant et la désinvolture totale de l'entreprise rend le film assez sympathique. C'est toujours drôle de voir dans des films aussi gores, les scènes les plus cucul la praline qui puissent exister. C'est un style qui est propre au Japon. Après que l'héroïne ait arraché la tête à deux collégiens et trucidé à la mitrailleuse une dizaine de personnes, le réalisateur n'hésite pas une seconde à caler des flash back de "machine girl" digne des feux de l'amour. C'est un phénomène qui m'a toujours marqué dans le cinéma de genre japonais, cette capacité à passer du trash au romantisme le plus bêta en une fraction de seconde.

Synopsis et Thèmes

Oh la sacrée bobine que voilà !! Ayant déchaîné les passions à l’époque avec sa bande-annonce délirante qui promettait tant et tant, les cinéphiles amateurs de cinéma de genre ont pu constater que le réalisateur Noboru Iguchi était quelqu’un de sérieux et qui tenait ses promesses : amateurs de sensations fortes et de gore à outrance, " The Machine Girl" est parfait pour vous !! Nous suivons donc la jeune Ami : depuis la mort de leurs parents, elle s’occupe maternellement de son petit frère Yu. Malheureusement, ce dernier sera victime d’une bande de voyous qui le rackettaient régulièrement et qui feront passer le décès du jeune homme pour un suicide. Ne tolérant pas un tel acte, elle décide de venger son petit frère...

Avec "The Machine Girl", Noboru Iguchi intègre aux codes du film de vengeance (deux actes : 01) mise en abîmes du personnage principal et 02) la vengeance de ce dernier) la thématique du héros handicapé : au Japon, des héros tels que Zatoichi, Sasori ou Tange Sazen sont des exemples d’individus au mental si fort qu’ils en parviennent à transformer leur handicap physique en simple anomalie, une anomalie qui se révèlera être en fait une arme redoutable…c’est sans doute dans ces héros que Iguchi a trouvé son inspiration pour Ami : après avoir enfoncer son héroïne plus bas que terre (elle est battue, humiliée, violée et mutilée…à un tel point qu’on flirte grave avec l’auto-dérision !!), il la fait renaître de ses cendres et la transforme en impitoyable machine à tuer. Unique et diablement efficace, la mitrailleuse qui remplacera son membre sera le prétexte à une monstrueuse hécatombe…et oui, âmes sensibles, passez votre chemin : "The Machine Girl" est très, très gore, nous offrant un divertissement viscéral comme on en fait que trop peu aujourd’hui.

Dès le début du film, Iguchi nous montre de quel bois il se chauffe et ne lésine pas sur la violence graphique granguignolesque dont les nombreux délires à la fois décomplexés, inventifs, surprenants et hilarants feraient passer "Baby Cart" ou "The Blade" pour des contes de fées ! Chaque nouvelle scène se veut encore plus violente que la précédente, à un tel point qu'à la moitié du métrage, on se demande comment le réalisateur fera pour continuer crescendo ! Les effets gores sont généralement bien réalisés : les effets « plastiques » par maquillage, malgré leur aspect « bricolés » sont plus réussis que les effets numériques dont la qualité est trop approximative. ) avec une facilité et une jubilation déconcertante ! ), le fils est un lâche qui n’hésite pas à battre à mort les faibles sans défense, les ninjas du clan sont des spécialistes du démembrement sous toutes ces formes, l’alliée d’Ami est une cinglée des armes obsédée par la vengeance, et même Ami déclare elle-même être devenue un démon ! Ne cherchez pas de « gentils » dans ce film car il n’y en a pas : une vraie hystérie collective !!

Casting et Réalisation

Le véritable point faible du film demeure son casting justement : il faut avouer que pour beaucoup d’entre eux, il s’agit de leur première apparition devant une caméra (inutile de dire que leur jeu d’acteur laisse à désirer !). Quand à Minase Yashiro (celle qui interprète Ami) sa prestation se trouve être plus qu’honnête quand on sait que jusqu’à présent, elle s’est contenté de jouer les «Gravure Idol », c’est-à-dire une jeune fille exhibant ses courbes en bikini devant des appareils photos. Pour une première prestation, elle donne vie à une héroïne hors norme, indestructible et particulièrement charismatique avec sourire carnassier et sadique (elle est presque aussi flippante que Eihi Shiina dans "Audition" de Takashi Miike !!).

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On se demande réellement où l’esprit de Noboru Iguchi est allé chercher tout ça, mais une seule chose est certaine : ce type sait ce qu'il fait, comment il le fait et pour qui il le fait.

Conclusion

The Machine Girl est un film qui ne convient pas à tous les publics. Si vous êtes à la recherche d'un film intelligent et subtil, passez votre chemin. Mais si vous êtes prêt à vous laisser emporter par un torrent de gore et d'humour noir, alors The Machine Girl pourrait bien être le film qu'il vous faut.

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