Dans un média comme le jeu vidéo, où les mondes fantaisistes sont légions, et où de petites elfettes exhibant de jolis bonnets H combattent toutes sortes de créatures ridicules, Far Cry est avec Call of Duty l'une des dernières sagas à prendre place dans un univers dit "réaliste". Le baroud d'honneur des vieux de la vieille, en quelque sorte, façon Expendables.
En même temps, vu que l'âge moyen des "gameurs" est de quatorze ans environ et que le taux d'acné de ces derniers doit bien monter à deux boutons par centimètres carrés sur le front, il n'est pas surprenant que ce genre d'univers n'aie plus le vent en poupe.
Mais je suis un vieux de la vieille, moi aussi, et je me réjouis du fait qu'il y ait encore une saga comme Far Cry pour se revendiquer de la mouvance des nanars d'actions des années 80/90. Yipikai, pauvres cons !
En vérité, si le synopsis de Far Cry parait pour beaucoup dénué de toute originalité, que dire en ce cas de tous ces jeux de mages et de dragons qui se succèdent les uns après les autres depuis un bon nombre d'années ? Sans oublier les sempiternels jeux de zombies... C'est cela qu'il faut prendre en compte lorsque l'on juge Far Cry à l'aune de notre époque : la proposition.
Et de ce genre-là, il est le seul à le faire. Ou plus exactement, l'un des derniers. Néanmoins, en ce qui concerne ce Far Cry 6, le scénario (et plus particulièrement la fin) se fait beaucoup plus prévisible que dans l'opus précédent.
Lire aussi: "Le Vieux Fusil": une analyse scène par scène
Autre point noir : alors qu'on est censé être embringué au beau milieu d'une révolution en compagnie de nos collègues guérilleros, nous nous trouvons constamment seuls à arpenter le terrain de jeu.
Le 7 octobre 2021 sortait le nouvel opus (décrié) de ce qui est très impartialement la meilleure saga d'Ubisoft, l'éditeur de jeux vidéo français, à l'heure actuelle : Far Cry 6. L'occasion pour nous de revenir, à un an de sa sortie, sur les qualités et les défauts qui font le jeu, bien sûr, mais aussi et surtout de dresser des parallèles avec la réalité et les aspirations politiques souvent endoctrinées de ses auteurs, comme nous nous y employons pour un bon nombre d'œuvres de fiction sur ce site.
Après tout, ça ne s'appelle pas "narcoCULTURE-France" pour rien : témoigner du sordide des faits divers (mais toujours néanmoins avec ironie et décomplexion, en tout cas on essaie !) qui inspirent l'art de manière générale, quel qu'il soit, est aussi l'une des raisons d'être de celui-ci.
Que ce soit les tribulations d'un dictateur ou d'un narcotrafiquant, sur petit, grand écran ou consoles, il y a toujours a dire en effet sur les parallèles que l'on peut établir avec ses homologues dans la réalité, car c'est bien connu : la réalité dépasse bien souvent la fiction, et les scénaristes ne vont souvent pas chercher beaucoup plus loin pour puiser leurs idées.
Far Cry 6, si ça ne vous cause pas plus que ça, c'est avant tout le 6ème opus de la saga Far Cry, une série de jeux vidéo dit "à la première personne" (fusil pointé devant soi avec les mimines du protagoniste, bang bang sur les ennemis, et vas-y que j'te monte un lance-grenades sur mon sniper). Ca vous la coupe, ça, hein ? Je peux même vous préciser qu'il fait suite au 5, qui lui-même suivait le 4, sortit quelques années avant lui... CQFD.
Lire aussi: Décryptage de la séquence du lance-flammes dans *Le Vieux Fusil*
Oui, sauf que "suivre", pas tout à fait : les jeux Far Cry, bien qu'ils partagent plus ou moins la même strate dimensionnelle, de ce que l'on en sait (avec ces conneries de multivers maintenant, faut se méfier !) et donc un univers semblable, ne sont pas réellement liés les uns par rapport aux autres (nouveaux cadres, nouveaux personnages à chaque opus)... sinon par ses mécaniques de jeu.
Et c'est bien ce que l'on reprochera au jeu à sa sortie justement : "être trop similaire en tout point à ses prédécesseurs", notamment au 5ème opus, sortit 3 ans plus tôt.
Far Cry 6, comme le 5 donc, subira l'ire de la presse politisée et abrutisée ; mais le lynchage était-il justifié ? Il faut dire que la recette de la saga est toujours plus ou moins la même depuis une quinzaine d'années maintenant, sans que l'on puisse constater d'évolution notable...
Mais pourquoi changer une recette qui fonctionne et qui définie la saga par rapport à ses concurrents, dont certains se renient en basculant totalement dans le nimportnawak (Saints Row, hum, hum...), passe d'un jeu de zombies à la 3ème personne à des nanars de films/jeux d'horreur à la première personne (Resident Ev...), ou encore rajoute des saloperies de troll/dragons/soubrettes féministes dans une saga prétendant jadis dépeindre les tribulations d'une secte islamique ismaélienne d'exécuteurs chevronnés (on vous laisse trouver, celle-là...) ?
Si vous ne me croyez pas, partons des qualités qui faisaient Far Cry 5, puisque c'est vrai, je l'avoue, le 6 ne fait que reprendre la même formule et est donc davantage passible de reproches... Prenons Far Cry 5, donc, un jeu qui a reçu un accueil mitigé à sa sortie, et comparons-le à un horrible nanar du même éditeur, sortit à peine un an auparavant, qui lui se verra (injustement/ridiculement) encensé par la même plèbe de journaleux à lunettes.
Lire aussi: Retour sur la scène du pistolet d'Indiana Jones
Ce nanar, ce n'est nul autre que Tom Clancy Ghost Recon Wildlands, un jeu qui se veut mettre en scène un cartel de la drogue de manière "réaliste", en vadrouille en Bolivie. D'ailleurs, certains de ses protagonistes sont inspirés de véritables narcos dont vous rencontrerez, pour certains d'entre eux, le nom au détour de mes autres articles. Si vous ne me croyez pas, j'ai tout référencé personnellement sur Wiki. Eh, ouais ; la gloire du petit scribouillard.
Ces dernières années, deux franchises se sont élevées parmi celles de premier ordre entre les nombreuses que compte l'éditeur français basé au Quebec, Ubisoft. Et, force est de constater que ces deux franchises possèdent un nombre impressionnant de points communs.
Si la saga Ghost Recon représente ce qui se fait de plus classique dans le genre du "jeu de tir militaire", les jeux Far Cry sont en général un peu plus originaux, avec quelques analogies fantasmagoriques, bien qu'on peut aussi taxer ces derniers d'être une sorte de "guérilla-simulator", d'une certaine manière...
On est toujours amené à répandre la démocratie avec son cuerno de chivo (ou sa kalash, comme vous préférez) au milieu des montagnes, de par le monde, au bout du compte.
Mais c'est encore plus flagrant depuis que les Ghost Recon sont revenus d'entre les limbes des jeux vidéos oubliés en ressuscitant par la formule du "monde ouvert", en 2017.
Et il semblerait que Far Cry et son succès commercial soit l'inspiration préférentielle d'Ubisoft pour le retour de sa saga militaire : un vaste monde ouvert et une visée à la première personne sont ainsi implémentés dans Ghost Recon Wildlands, à la manière de ce qu'il se fait déjà depuis plusieurs années dans la saga sœur.
Mais surtout, chose inhabituelle : contrairement aux assassin's creed, du même éditeur, ainsi que pour la plupart des jeux, l'accent n'est cette fois pas mis, pour l'une comme pour l'autre des deux séries, sur le héros, mais bien sur l'antagoniste. Le grand méchant est bien la principale attraction du jeu.
Si Far Cry nous avait habitué à cette particularité dès 2012 et son marketing axé sur la performance de son célèbre psychopathe Vaas Montenegro, incarné par le québécois d'origine mexicaine Michael Mando (Nacho Varga dans Better Call Saul), la chose est relativement nouvelle pour Ghost Recon, qui lorgnait jusque-là davantage du côté de Call of Duty et des bonnes vieilles démonstrations de patriotisme made in america pour son scénario.
Pourtant, la majeure partie des bande annonces de Wildlands fera la part belle à El sueño, chef du cartel de la Santa Blanca en Bolivie, et principal antagoniste du jeu. D'ailleurs, il s'agira bien du seul personnage avec un peu de consistance au sein de celui-ci.
Deux ans plus tard, en 2019, Ubisoft réitère la formule pour sa suite : Ghost Recon Breakpoint. Et cette fois, plutôt que d'essayer d'inculquer un peu de charisme à un personnage créé de toutes pièces, le studio se tourne vers Hollywood pour tenter de trouver une Némésis marquante aux militaires ricains de Breakpoint.
Leur choix se porte sur un acteur remarqué dans l'une de mes séries de cœur, à savoir The Walking Dead, M. Jon Bernthal himself, qui campait d'ailleurs le meilleurs personnage de la série, avec celui de Merle Dickson, peut-être... L'acteur, qui incarne également le Punisher de la série de Netflix, est choisi pour importer un peu du personnage qu'il campe dans cette seconde série au sein du jeu Ghost Recon Breakpoint, et c'est tout naturellement que le marketing s'axera sur ce petit nom d'Hollywood pour la promotion de ce dernier.
2 ans plus tard encore, c'est cette fois au tour de la saga Far Cry d'emprunter cette grossière ficelle pour donner vie à son "grand méchant".
Mais alors, si elles se ressemblent beaucoup, que valent ces deux sagas de jeux vidéo l'une par rapport à l'autre ? Les soldats du Cartel de la Santa Blanca et ceux de la secte d'Eden's Gate vous attaquent dans les deux jeux avec un arsenal quasi-similaire, des AK et des M4 pour le cartel, et des ARC du même coloris pour les soldats de la secte.
Et après tout ça, avec une seule année séparant ces deux jeux, avec la même boîte derrière, n'allez pas me dire qu'il ne s'agit pas d'un simple "copier-coller" entre les deux !
Ce qui les sépare ? Ben on peut le résumer à ceci : Far Cry 5 est un bon jeu, sorti un an plus tard il est vrai, tandis que Ghost Recon Wildlands c'est de la de-mer. Purement et simplement.
Et voilà, un bon point en faveur de Wildlands pour finir ! Même si ça ne concerne que la flotte qui tombe du ciel en pixels... waaah (exclamation sarcastique) !
Là, comme ça tout de suite, en lisant ces lignes, si vous deviez tester un seul de ces deux jeux, sur lequel se porterait votre choix ? En toute honnêteté, hein...
La grosse daube de Bolivie où il n'y a rien à sauver ou le jeu de qualité, néanmoins atteint de quelques rebutants défauts ? Une démonstration, s'il en fallait une, que la presse française est aux fraises dans bien des domaines !
Vous voyez bien, objectivement, même si vous n'avez fait aucun des jeux en question (si vous avez seulement joué à Far Cry 5 chers lecteurs et que vous n'avez pas aimé, ce que je peux parfaitement concevoir, car le jeu possède pas mal de défauts néanmoins, surtout ne sous-estimez pas à quel point Wildlands et sa suite Breakpoint peuvent être pires sur tous les tableaux), vous êtes parfaitement en mesure de juger, sur chacun des points énoncés plus haut, à quel point les notes de la presse française sont indécemment surcotées pour cette bouse de Ghost Recon.
Certes, chacun à son propre système de notation et peut être plus ou moins bon public, mais le comparatif avec les notes que ces mêmes médias ont attribués à Far Cry 5, bien meilleur en tout point, est criant. D'ailleurs, la presse internationale et les avis des joueurs du monde entier dénotent d'un son de cloche bien différent.
Alors qu'est-ce qui aurait pu pousser la presse française à surcoter l'une de ces sagas et pas l'autre ? Le copinage et les dérives wokes, tout simplement.
En ce qui concerne les dérives wokes qui ont nuit à la réception de Far Cry 5 je vous dirige présentement vers mon article sur le jeu comme mentionné plus haut, seulement le temps de vous rappeler qu'à cette occasion, le même site jeuxvideo.com déplorait "les visages noirs et basanés des membres de la secte" dans le jeu Far Cry 5, sans savoir que celle-ci était basée sur celle des Davidiens, qui comportait (facilement visibles sur les images d'archives) des membres noirs, asiatiques et latino-américains.
Les autres principaux cultes mortifères de ces dernières décennies sont ceux du gourou indien Bhagwan Shree Rajneesh en Oregon, celle du pasteur (blanc, il est vrai) Jim Jones et de son "Temple du Peuple" à forte majorité noire, qui se désignait comme communiste et antiraciste, et enfin celui de la Colonia Dignidad, basée au Chili.
Bref, pas de quoi reprocher à la secte du jeu de comporter (une fois n'est pas coutume) des membres de couleurs, au vu de ses inspirations.
Quant au copinage en question, il est tout simplement dû au fait que, bien que les deux jeux soient développés par le même éditeur, Far Cry 5 est l'œuvre des studios d'Ubisoft Montreal et Ubisoft Toronto, au Canada, quand Wildlands est lui développé par... Ubisoft Paris. Voilà, vous savez tout, cet étron du jeu vidéo est en réalité bien de chez nous, cocorico !
Et le pire, c'est que le hasard a voulu que cette bouse sans nom sorte un petit jour avant la Remontada ; oui, LA Remontada, l'originale (je peux vous dire que je m'en souviens)... Un mois de mars 2017 qui entachera pour au moins 30 générations l'image de la ville de Paris ; on avait plus connu ça depuis l'époque des guillotinages en place publique... Honte aux parisiens et aux studios de jeu vidéo qui y sont installés.
Et Far Cry sixième du nom, justement, puisqu'il s'agit à la base du sujet de cet article, qu'en est-il ? Déjà, cet épisode marquait la nouvelle percée d'Ubisoft dans la culture d'Amérique latine après le tristement célèbre Ghost Recon Wildlands et sa vision d'une Bolivie narco-état ; y'avait donc, au vu de la qualité toute relative de ce dernier, de quoi légitimement flipper sa race !
A ceci près que Far Cry 6 trouve son inspiration, pour son cadre de jeu comme son scénario, dans l'île de Cuba. Il s'agit donc ici pour le coup davantage d'un mood caribéen, pour parler aujourd'hui comme les babtous français anglophonisés, tels les peuples inuits des décennies passées. Eh oui, peut-on réellement parler d'Amérique latine pour ce qu'il s'agit de la patrie de Jose Marti, puisque ses habitants n'en partagent ni la culture ni l'ethnie ?
Bref, après cette interrogation légitime et ce petit tacle qui fait toujours plaisir sur ceux qui font leurs petits bilingues en shakespirien, voici le synopsis du jeu résumé en quelques mots : vous incarnez Dani Rojas (homme ou femme), orphelin de l'île de Yara, qui va devoir rejoindre la résistance armée contre son gré pour destituer le dictateur Anton Castillo (Giancarlo Esposito de Breaking Bad).
Le scénar, que l'on peut décrire ainsi de manière quasi-exhaustive, tient sur un ticket de métro, on vous l'accorde. En fait, ça aurait pu être un film de Steven Seagal ; sauf que non.
Dans un média comme le jeu vidéo, où les mondes fantaisistes sont légions, et où de petites elfettes exhibant de jolis bonnets H combattent toutes sortes de créatures ridicules, Far Cry est avec Call of Duty l'une des dernières sagas à prendre place dans un univers dit "réaliste". Le baroud d'honneur des vieux de la vieille, en quelque sorte, façon Expendables.
tags: #Expendables #scène #mitrailleuse #analyse