Les forêts d’Île-de-France abritent une population de chevreuils, de sangliers, parfois de cerfs qu’il est nécessaire de réguler. La régulation du nombre de sangliers, principalement, et de chevreuils, participe à la conservation des écosystèmes forestiers. En effet, en l’absence de prédateurs naturels, c’est la chasse qui régule les populations de grand gibier (cerfs, chevreuils, sangliers).
En Ile-de-France, les populations de grand gibier n’ont jamais été aussi importantes qu’aujourd’hui. Une population d'animaux trop élevée met en péril le renouvellement de la forêt, sa biodiversité, et à terme les populations elles-mêmes.
Pour le forestier, il n'est pas question de supprimer le grand gibier mais simplement de maintenir une population qui ne mette pas en péril le milieu forestier. Il s'agit de veiller à ce que le niveau de dégâts de ces grands animaux reste supportable pour la forêt.
Sans prédateurs, la régulation est ainsi un acte obligatoire pour :
L’ONF suit le même protocole pour évaluer la population de grand gibier. Cette constance sur plusieurs décennies permet d'avoir une vision de la dynamique des populations et d'adapter les plans de chasse en conséquence. Les sangliers, quant à eux, de plus en plus nombreux, sont une espèce classé nuisible par arrêté préfectoral. Ils font l’objet d’une pression plus forte de régulation.
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L’ONF est détenteur du droit de chasse en forêt domaniale et mène une gestion cynégétique exigeante en partenariat avec les autres acteurs de la chasse :
L’ONF gère intégralement l’organisation de ces chasses de régulation en forêt de Montmorency (logistique, sécurité, gestion de la traque, tir, etc.). Le directeur de chasse supervise toutes ces étapes, et notamment celle de l’examen de venaison, qui a eu lieu à la fin de la chasse. Les animaux sont rassemblés près d’un local forestier afin d’effectuer la vérification de leur état de santé. En effet, si aucun cas n’a été détecté en forêt de Montmorency, la peste porcine a touché du gibier en Belgique. Puis, le dépeçage du gibier est organisé et les déchets sont traités par une entreprise dans le respect des normes sanitaires. Enfin, la viande est distribuée entre les traqueurs et les chasseurs, qui se sont investis dans l’action de chasse.
Afin de garantir la sécurité de tous, la vigilance est de rigueur. La forêt demeure très fréquentée l’automne par de nombreux usagers. Chasseurs, promeneurs et acteurs de la forêt doivent cohabiter.
Afin que tous puissent exercer leurs activités, il est demandé à chacun de rester vigilant. En période de chasse, il est primordial de se tenir informé avant de planifier une sortie. La prudence demeure la priorité.
Depuis la loi du 2 février 2023 visant à limiter l’engrillagement des espaces naturels et à protéger la propriété privée, qui a été promulguée au journal officiel du 3 février 2023, un certain nombre de règles changent. En effet, modulo un régime d’exceptions prévu par la loi, toutes les clôtures situées à plus de 150 m d’une habitation devront désormais être des clôtures non vulnérantes construites en matériaux naturels ou traditionnels posées à 30 centimètres au-dessus de la surface du sol et ne dépassant pas 1,20 mètre.
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Les enclos et parcs de chasse construits plus de 30 ans avant l’entrée en vigueur de la loi pourront préserver leurs clôtures en l’état. Néanmoins, en cas de détérioration, les réparations et rénovations doivent se faire conformément aux conditions énumérées dans la loi.
Pour les clôtures de moins de 30 ans, ainsi que pour toutes nouvelles clôture, la mise aux normes doit être effectuée avant le 1er janvier 2027. Les propriétaires de clôtures devant être démantelées devront veiller à ne pas porter atteinte, ni à l’état sanitaire, ni aux équilibres écologiques, ni aux activités agricoles des territoires alentours et seront, dans le cas contraire, soumis à une déclaration préalable.
De plus, l’article 2 de la loi abroge également les privilèges en matière de chasse jusqu’alors octroyés aux territoires clos. Par application immédiate de la loi, les territoires concernés sont désormais soumis aux mêmes dates de chasse que les territoires ouverts, sont soumis à la réglementation relative à l’attribution des plans de chasse et participeront à l’indemnisation des dégâts de gibier par le paiement des cotisations diverses votées en assemblée générale des fédérations de chasseurs. Les périodes et les modalités de destruction des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts à l’intérieur de ces espaces clos sont maintenant celles en vigueur dans le reste du département.
Cette loi prévoit également, pour les territoires clos qui subsisteraient, une interdiction de l’agrainage, et les soumet à un plan de gestion sanitaire qui sera validé par la fédération.
Dans chaque forêt gérée par l'Office national des forêts (ONF), les forestiers concilient protection de la biodiversité, production de bois, accueil du public et prévention des risques naturels. Dans certains cas, la richesse naturelle très élevée d'un site justifie le besoin d'une protection réglementaire renforcée et d'une gestion spécifique.
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Ces réserves concernent des milieux forestiers à la fois remarquables et nécessitant une gestion conservatoire spécifique. Dans les RBD, la gestion est interventionniste et ciblée sur des enjeux patrimoniaux forts : création ou entretien de milieux ouverts, travaux de gestion hydraulique (pour maintenir ou restaurer des zones humides), lutte contre des espèces exotiques envahissantes (EEE)…
Le plus souvent, les réserves biologiques dirigées protègent des milieux ouverts (landes, tourbières…) qui risqueraient de subir une fermeture et une régression du fait du développement naturel de la végétation arbustive ou arborescente. A l'opposé des réserves biologiques dirigées et de leur gestion active, ces réserves sont consacrées à la libre évolution des forêts. L'ONF continue de développer un réseau national de réserves biologiques intégrales représentatives de la diversité des milieux forestiers : depuis les plus communs, mais caractéristiques de grandes régions naturelles (chênaies vertes méditerranéennes, hêtraies de plaine, sapinières montagnardes…) jusqu'aux plus remarquables (forêts alluviales, érablaies sur éboulis...).
Ces réserves sont à la fois des observatoires de la dynamique naturelle sur le long terme (notamment dans le contexte de changement climatique) et des conservatoires d'une biodiversité particulière qui est plus rare dans les forêts exploitées (insectes et champignons liés au bois mort...).
Dans l'Hexagone, la surface des RBI varie d'une cinquantaine à plus de 2 500 hectares. Réserves biologiques de Lacanau, de l'Aulp du Seuil, des Maures, de la Pointe d'Arçay, de Cîteaux, des Faux de Verzy... Dans l'Hexagone comme dans les départements et régions d'outre-mer, les réserves biologiques offrent un statut de protection fort, contribuant à la Stratégie nationale aires protégées (SNAP) 2020-2030. Le développement du réseau des réserves biologiques se poursuit au rythme de 5 créations par an, auxquelles s'ajoutent régulièrement des extensions de réserves existantes.
RBD ou RBI, quel que soit le type de réserve, la priorité est la protection du patrimoine naturel. Dans le cas des réserves biologiques intégrales, ce qualificatif "intégral" n'implique pas une complète "mise sous cloche" : il vise avant tout les activités sylvicoles. On trouve surtout deux constantes dans les RBI : interdiction des exploitations forestières et de la chasse au petit gibier.
Le dernier-né des parcs nationaux français, inauguré le 8 novembre 2019, est théoriquement voué à la protection des forêts et de ses habitants sauvages. Il s’étend entre la Bourgogne-Franche-Comté et le Grand Est, soit un territoire grand de 240 000 hectares. Or, le site officiel du Parc met carrément en avant la chasse comme activité « nécessaire pour réguler les populations » de cerfs, chevreuils, sangliers, tout en passant totalement sous silence le rôle des prédateurs naturels (loup, lynx…) dont il serait bon de favoriser le retour et le développement, pour un équilibre des milieux vraiment… naturel.
La chasse est est même autorisée dans la zone coeur du parc ! Curieusement, dans la page consacrée à la chasse, le site ne mentionne pas les 34 autres espèces dont la chasse-loisir est autorisée dans le Parc. Oui vous avez bien lu : 37 espèces au total sont chassables dans le Parc national des forêts ! Parmi ces 37 espèces, il y a également le cerf Sika, un cervidé originaire d’Asie importé en France dans des enclos de chasse commerciaux…
Si nous insistons ici sur ces enclos, c’est parce qu’ils sont eux aussi autorisés dans le Parc national des forêts ! Il s’agit des deux qui existaient déjà avant la création du Parc. La charte nous apprend en effet que les activités morbides du domaine Val Bruant, notamment, peuvent légalement continuer. Aussi fou que cela puisse paraître, dans certaines zones du Parc national des Forêts (forêt de Châtillon-sur-Seine notamment), deux équipages de chasse à courre, à cor et à cri sont autorisés à traquer des sangliers et des cerfs !
Dans le Parc national des forêts, les chasseurs peuvent aussi distribuer du maïs aux sangliers, y compris dans la zone cœur. Pour le monde de la chasse, mais aussi celui de l’administration, l’agrainage n’est pas considéré comme du nourrissage.
A quelques semaines du sommet international de l’UICN à Marseille, où l’effondrement de la biodiversité sera au centre de toutes les préoccupations, l’ASPAS souhaite rappeler à l’État l’insuffisance des moyens déployés pour une protection vraiment forte et efficace de la nature en France. Nous appelons à la création de nouvelles zones protégées sans aucune intervention humaine, autre que la balade immersive et respectueuse, à l’image de nos Réserves de Vie Sauvage® où la nature est laissée en libre évolution.
La création du Refuge LPO vous engage moralement à interdire chasse et pêche sur votre terrain, conformément à la charte Refuges LPO. En effet, ces activités créent des perturbations dans le Refuge LPO et plus spécialement sur la faune sauvage. Mon Refuge est un espace sans chasse. L’intrusion par les chasseurs et les chiens font fuir et stressent les animaux à cause du bruit avant même d’impacter directement les espèces injustement considérées comme "gibier chassable" par la loi.
Alors que l’ouverture de la chasse bat son plein depuis septembre, vous êtes nombreux en tant que membres Refuge LPO à vous demander quels sont vos droits pour l’interdire chez vous. Pour rappel, le Refuge LPO n’est pas reconnu sur le plan juridique. La labellisation du terrain auprès de la LPO ne suffit donc pas à interdire légalement la chasse.
Le Refuge LPO n’est pas reconnu comme une zone « protégée » au sens strict comme le sont les cœurs de Parcs Nationaux, les Réserves Naturelles Nationales (RNN) ou bien les Réserves Naturelles Régionales (RNR) qui sont réglementés par l’Etat. Néanmoins, le Refuge LPO vise à préserver la biodiversité chez soi et il est possible d’y interdire juridiquement la chasse.
Tous les propriétaires disposent en effet du droit de retirer leur propriété d’une zone de chasse conformément à la loi chasse n°2000-698 du 26 juillet 2000, au nom de convictions personnelles opposées à la pratique. Il suffit pour cela d’effectuer une démarche administrative en plus de la création du Refuge LPO.
Cette démarche est simple et peu contraignante : elle consiste concrètement à envoyer un courrier, soit au président de la Fédération départementale des chasseurs, soit au président de la Société de chasse selon la situation du terrain. Il existe deux cas possibles pour les terrains soumis à la chasse. Pour savoir dans quel cas vous vous trouvez, vous pouvez contacter votre mairie qui peut vous renseigner.
Une fois votre terrain retiré de la chasse, vous avez l’obligation de poser au moins un panneau « Chasse interdite » sur le terrain. Aucune règle sur le nombre de panneaux ou la distance de pose est à respecter. Pas d’obligation de clôture du terrain non plus.
Conseil : posez un ou plusieurs panneaux sur les points de passages principaux des chasseurs (tous les 200 mètres par exemple).
Des battues administratives, autorisées par le maire ou le préfet (et donc déclarées officiellement en mairie), peuvent avoir lieu sur un Refuge LPO, même si la chasse y a été interdite. Ces battues sont organisées dans le cadre de dites « surpopulations » de gibiers (parfois issus eux-mêmes d’élevages) comme le chevreuil, le sanglier, ou encore le lapin de garenne qui peuvent localement présenter un caractère invasif sur les sites où le milieu naturel est fortement perturbé et/ou modifié par l’homme comme les zones régulièrement tondues notamment.
Une zone de 150 mètres autour d’une habitation est automatiquement exclue du domaine de chasse d’une ACCA/AICA.
Pour les sociétés de chasse, un chasseur peut tirer à moins de 150 mètres d’une habitation mais jamais dans sa direction, ni même en direction des voiries (route, chemin, voie ferrée).
S’il y a abus ou infractions : ouvrez le dialogue si possible. Les chasseurs ont peut-être oublié que votre parcelle n’était plus chassable.
Si le dialogue est difficile (menaces, dégradations, infractions), faites appel à un agent de l’OFB - Office Français de la biodiversité (habilité à dresser des procès-verbaux pour mauvaises pratiques de la chasse). Vous pouvez également rassembler les preuves (empreintes, photos, …). Si la situation représente un risque d’atteinte à votre personne, faites une déclaration de main courante ou bien déposez plainte auprès de la gendarmerie.
| Type d'espace protégé | Nombre (en 2025) | Superficie |
|---|---|---|
| Parcs Naturels Régionaux | 59 | 106 330 km2 |
| Parcs Naturels Marins | 8 | 139 727 km2 |
| Réserves Naturelles Nationales | 169 | 1,7 millions de km2 |
| Réserves Naturelles Régionales | 185 | 436 km2 |
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