Edwy Plenel est né à Nantes en 1952. Son père, agrégé d’histoire, catholique, renie sa foi et subit dans sa carrière de graves déboires dus à son engagement politique à gauche. Son fils en restera aigri. Sa mère, protestante, est la fille d’un gros industriel.
De 1976 à 1980 il est journaliste à Rouge, l’organe du mouvement trotskiste. Edwy est d’abord journaliste à Rouge, le journal trotskiste, puis au Monde dont il est brutalement évincé en 2005. Entré au Monde en 1980, il traite de l’éducation et s’occupe, à partir de 1982, de la rubrique « police ».
C’est à l’occasion de la crise du Monde qu’Edwy Plenel acquiert une nouvelle stature. Au début de 1994, la Société des rédacteurs se révolte contre une gestion qui mène le quotidien à sa perte et convainc les actionnaires de nommer Jean-Marie Colombani directeur du journal. Edwy Plenel est nommé rédacteur en chef en mars 1994. Le 1er septembre 1995, il est chargé de la réorganisation de la rédaction ; il est nommé directeur de la rédaction en janvier 1996, poste qu’il occupe jusqu’en novembre 2004. Les recettes du journal croissent rapidement, grâce à l’augmentation des ventes, qui passent de 354 000 à 416 000 exemplaires par jour de 1994 à 2002, ce qui permet à l’entreprise de constituer un groupe de presse en rachetant d’autres journaux.
Mais la prospérité du Monde n’est pas du goût de tous : durant l’année 2003, plusieurs livres à charge sont publiés contre Le Monde et ses dirigeants - notamment celui de Pierre Péan et Philippe Cohen, La Face cachée du Monde. Les auteurs consacrent 200 pages à des attaques contre le journalisme d’investigation de Plenel, accusé d’être un trotskiste et un agent de la CIA cherchant à déstabiliser les institutions républicaines. Ce dernier leur avait répondu à l’avance.
Contraint de quitter Le Monde en 2005, Edwy Plenel renoue avec sa conception du journalisme en créant un site d’information sur le Web, Mediapart, seul et à partir de rien. En 2008, il fonde Mediapart, lancé en mars 2008 avec François Bonnet, Gérard Desportes et Laurent Mauduit.
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Mediapart héberge à la fois les articles rédigés par ses journalistes et ceux des lecteurs adhérents au Club. Pratiquant le journalisme d’enquête, le site acquiert ses titres de noblesse grâce à ses révélations dans l'affaire Woerth-Bettencourt en 2010, et dans l'affaire Cahuzac en 2012-2013. Sans recettes publicitaires, le site vit des abonnements de ses utilisateurs.
Passés de 20 000 en 2009 à près de 170 000 en 2019, ils permettent à l’entreprise d’être rentable : près de 17 millions d'euros de chiffre d'affaires et 2,3 millions d'euros de résultat net en 2019. Les publications de Mediapart sont régulièrement mises en cause par ceux qui y découvrent des informations désagréables pour eux, mais Edwy Plenel n’en a cure et poursuit son chemin.
En 2009, Edwy Plenel a été l’un des fondateurs du Syndicat de la presse indépendante d'information en ligne (SPIIL). Il a également été professeur associé à l'université de Montpellier-I et a enseigné à l'Académie du journalisme et des médias de l'université de Neuchâtel (Suisse).
Pour Edwy Plenel, qui aime à citer la phrase d’Albert Londres : « Notre métier n’est ni de faire plaisir ni de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. » « L’expression “journalisme d’investigation” est un pléonasme. C’est partout, dans tous les secteurs, économie, culture, étranger, qu’il faudrait mener des enquêtes » (Télérama, 20 janvier 1993). Et ailleurs : « Pour moi, le débat porte sur la démocratie et ses libertés. Il y a une réticence proprement française, chez les politiques comme chez les intellectuels, à envisager sereinement la place citoyenne du journalisme dans le conflit démocratique. […] [Le journaliste] se contente de mettre un problème sur la place publique (la corruption par exemple) ; à la démocratie, à ses acteurs mandatés par la collectivité de s’en saisir ou non, à temps ou non » (Edwy Plenel, « La Plume dans la plaie », Le Débat, no 90, mai-août 1996).
Né le 31 août 1952 à Nantes (Loire-Atlantique), Edwy Plenel, fils du vice-recteur de la Martinique sanctionné pour ses positions anticolonialistes, doit quitter les Caraïbes à dix ans. Après un passage en France, il vit en Algérie de 1965 à 1970. De retour à Paris, il milite à la Ligue communiste révolutionnaire.
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Avec des révélations sur les affaires des Irlandais de Vincennes (1982) et du Rainbow Warrior, Edwy Plenel dévoile la « part d’ombre » de la Ve République et du président François Mitterrand. Il est placé, illégalement, sur écoutes téléphoniques par la cellule antiterroriste de l’Élysée (ce qui sera révélé en 1993). Poursuivant ses enquêtes, seul ou en tandem avec Bertrand Le Gendre, Alain Rollat ou Georges Marion, Edwy Plenel fait du Monde un journal d’investigation, ce qui est loin de plaire à tous, aussi bien au sein de la rédaction (de nombreux rédacteurs manifestent leurs préférences pour un journalisme plus traditionnel, alliant informations institutionnelles et commentaires) que chez les politiques (notamment les entourages de François Mitterrand, puis de Jacques Chirac).
Dans Les mots volés en 1997, Edwy Plenel, à la recherche du sens politique de ses identités plurielles de Breton d’outre-mer, avait mis à jour l’histoire familiale de ce refus du colonialisme. De la page 7 à la page 72, Edwy Plenel explicite le sens de son projet.
« Infidèle aux canons du matérialisme historique, je dois confesser avoir toujours eu le goût de cette pédagogie par l’exemple où les défis prométhéens sont tissés de ce matériau ordinaire : des vies humaines, aléatoires et imprévues, misérables et grandioses, anecdotiques et légendaires. Ce penchant est moins apolitique qu’il n’y paraît : face à la longue litanie des vainqueurs qui réquisitionnent l’Histoire - grande histoire où de grandes circonstances fabriquent de grands hommes - seule l’invention permanente d’une histoire à petite échelle humaine est à même de sauver le souvenir des innombrables et modestes vaincus.
Le livre s’ouvre ainsi sur des citations des pages 110-111 de Secrets de jeunesse, paru en 2001. Et se poursuit en refusant l’histoire écrite par les vainqueurs, sur et par les élites. C’est, pour Edwy Plenel, tout l’apport du Maitron, une longue histoire qui aboutit à la victoire des vaincus, en retraçant les histoires de ces vies engagées dans le mouvement ouvrier et le mouvement social. Ainsi, pour l’auteur, cette histoire actuelle, utile et plurielle, ressource essentielle pour saisir les engagements militants au sens large, constitue un outil pour « l’indépendance de l’esprit » (p. 36), une « école de liberté » (p.
Le 10 juillet 1985, le Rainbow Warrior, navire du mouvement Greenpeace, est coulé dans le port d’Auckland (Nouvelle-Zélande) alors qu’il se préparait à partir en campagne contre les essais nucléaires français dans le Pacifique. Un article signé Bertrand Le Gendre et Edwy Plenel, paru dans Le Mondele 17 septembre 1985, dévoile qu’une troisième équipe de la DGSE (les services secrets français) était responsable, « sur ordre », du sabotage.
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En comparant Éric Zemmour à Adolf Hitler, le président de Mediapart a installé un malaise sur le plateau de l’émission On est en direct, diffusée sur France 2 ce samedi 5 février. Ce samedi 5 février, Edwy Plenel était invité sur le plateau d’« On est en direct ». Alors qu’il était en train de débattre avec Laurent Ruquier à propos de la mort du débat public, le ton est monté. Face à leur désaccord, le présentateur n’a pas caché son mécontentement.
Le journaliste Edwy Plenel a annoncé, ce lundi 12 février sur les ondes de France Inter, qu’il s’apprêtait à quitter la présidence de Mediapart.
Ce dimanche 15 avril, Edwy Plenel interrogera le président de la République en direct sur BFM TV. Il l’a promis : lorsque son site d’informations payant, Médiapart, atteindra les 200 000 inscrits, Edwy Plenel se rasera la moustache. Ce dimanche 15 avril, Edwy Plenel va interviewer le président Emmanuel Macron aux côtés de Jean-Jacques Bourdin. L’occasion de s’intéresser au cofondateur de Médiapart. Ce dimanche 15 avril, Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel feront face à Emmanuel Macron au cours d’un entretien de deux heures diffusé sur BFM TV, RMC et Médiapart.
| Année | Nombre d'abonnés | Chiffre d'affaires (euros) | Résultat net (euros) |
|---|---|---|---|
| 2009 | 20 000 | - | - |
| 2019 | 170 000 | 17 millions | 2,3 millions |
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