Edwy Plenel, figure emblématique du journalisme français, suscite autant d'admiration que de controverse depuis plus de trente ans. Ses ennemis le considèrent dangereux, tandis que ses fidèles le voient comme une victime d'un complot orchestré par ceux qu'il dérange : les puissants, les réactionnaires et les envieux du succès de Mediapart.
À 61 ans, Edwy Plenel continue de traquer le mensonge d'État, une obsession qui le caractérise. Robin des bois du journalisme pour certains, ses méthodes sont sujettes à caution pour d'autres.
Il a été le journaliste qui a dérangé les années Mitterrand, mis sur écoutes, le cauchemar d'un futur Sarkozy II, et potentiellement celui d'un Valls. Capitaine du journal Le Monde pendant près de dix ans, il est également le créateur de Mediapart, qu'il considère comme un sauveur du journalisme sur Internet.
En 1983, il rejoint la rubrique police du quotidien après des débuts à l'éducation. Il est fasciné par les complots, les histoires de l'ombre, et considère la police comme un instrument politique. Il se nourrit d'informations, lit, et sympathise avec de grands policiers. Les beaux coups tombent naturellement : l'affaire des Irlandais de Vincennes, le dossier Farewell, et le scoop magistral sur le Rainbow Warrior, le bateau de Greenpeace coulé en Nouvelle-Zélande le 10 juillet 1985.
François Mitterrand a décidé de le placer sur écoute, inquiet de ce journaliste trop bien informé qui révèle des secrets d'État et menace au téléphone d'« assassiner politiquement » un de ses ministres.
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Fin 2005, Edwy Plenel quitte Le Monde après vingt-cinq ans passés dans ce journal. Il part sans discours ni pot de départ, mais avec un chèque conséquent. Il fonde ensuite Mediapart, un média en ligne indépendant qui se distingue par ses enquêtes approfondies et ses révélations fracassantes.
Mediapart, c'est l'histoire d'un succès bâti sur un échec. Adieu sans discours, sans pot de départ, avec un gros chèque - 450 000 euros d’indemnités - obtenu, de son propre aveu, en menaçant de publier les salaires du comité de direction.
Mediapart a révélé des affaires retentissantes telles que l'affaire Cahuzac et l'affaire Bettencourt. Le site dénonce également des prédateurs sexuels et épingle des ministres de la Macronie pour des questions d'éthique.
Ici, ça bosse : on a fait tomber Cahuzac en attendant de coincer ce « bandit » de Sarko - ça devrait arriver à force de chercher les preuves de ses financements libyens.
Edwy Plenel a toujours été un personnage clivant, suscitant des réactions passionnées et des débats enflammés. Son engagement en faveur de la Palestine, sa critique du terrorisme, et ses prises de position sur des questions de société ont souvent été sources de polémiques.
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En novembre, il se découvre en couverture de Charlie Hebdo, réduit à un petit singe savant, accusé d'avoir négligé ou couvert les agissements de l'islamologue Tariq Ramadan. Il réagit en tweetant : « L’affiche rouge de Charlie contre Mediapart. “Ils peuvent me haïr, ils ne parviendront pas à m’apprendre la haine”. » S'identifiant aux résistants traqués par le régime de Vichy, il enrage contre une « gauche égarée qui trouve n’importe quel prétexte, n’importe quelle calomnie pour en revenir à une obsession : la guerre aux musulmans ».
En mars dernier, Edwy Plenel publiait un livre intitulé Palestine, notre blessure (Éditions La Découverte) qui constitue un recueil d’articles sur le sujet depuis 2009. Sa publication a suscité parmi une partie de la gauche radicale et décoloniale, et notamment de la part de personnalités de la France insoumise, une réaction de rejet, appelant parfois à son boycott.
Dès les premières pages de son livre, Edwy Plenel n’euphémise rien de l’horreur de ce que commet Israël à Gaza, parlant d’une “guerre génocidaire”.
Il évoque des “crimes contre l’humanité” et des “crimes de génocide” se basant sur la documentation d’ONG comme Amnesty International, Human Rights Watch ou Médecins sans Frontières.
Les mots d'Edwy Plenel roulent, martèlent, précis, en quête de théorie. Il se méfie de la personnalisation et préfère la culture de l'enquête. Il renvoie sans cesse à ses livres, une vingtaine d'ouvrages dans lesquels il professe son engagement de journaliste au service d'une « radicalité démocratique ».
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Tableau récapitulatif des chiffres clés de Mediapart :
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Lecteurs payants | 140 000 |
| Chiffre d'affaires | Plus de 13 millions d'euros |
| Bénéfices | Près de 2 millions d'euros |
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