La France est le leader européen de l'élevage de faisans et de perdrix destinés à la chasse. Ce secteur, souvent méconnu du grand public, est pourtant un fleuron de l'élevage français, selon Jean-Christophe Chastang.
La France possède environ 400 élevages de gibier, qui sont leaders en Europe. Un oiseau sur deux chassés en Europe est issu d'un œuf produit en France. L'Ouest de la France compte de nombreux élevages, dont Gibovendée, le premier élevage de reproducteurs en France.
Chaque année, environ 16 millions de faisans, perdrix et canards sont élevés en France pour la chasse. Les chiffres précis incluent environ 10 millions de faisans (vendus en moyenne 13 euros l'animal), 4 à 5 millions de perdrix et 1 million de canards colverts. La plupart de ces animaux sont exportés dans le reste de l'Europe, mais ils sont également utilisés en France.
Sans l'élevage de gibier, les perdrix, les faisans et les colverts auraient probablement disparu de nos paysages depuis longtemps. Aujourd'hui, l'élevage de gibier à plumes contribue au renforcement des populations de petits gibiers. De nombreux territoires ont pu reconstituer des populations de gibier naturel grâce à des réintroductions d'oiseaux d'élevage. Sans lui, il n'y aurait plus de chasse en plaine dans de nombreux endroits.
Didier Curt, chasseur passionné et éleveur de gibier à Marsonnas, élève des perdrix, des faisans et des canards colverts. Il fournit environ 80 sociétés de chasse, livrant de 5 à 600 oiseaux par an. Il explique que la demande des sociétés est proportionnelle au nombre de chasseurs, généralement une pièce de gibier par chasseur et par dimanche.
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Selon Didier Curt, la perdrix rouge est plus adaptée à la petite montagne et aux zones de plaine où l'on trouve de grandes parcelles de maïs. La perdrix grise est adaptée à la zone de plaine, son habitat naturel, et à la petite chasse en superficie. La demande en perdrix représente 50 % de celle en faisans.
L'élevage de gibier est aujourd'hui remis en cause par certaines associations, notamment en ce qui concerne le bien-être animal. Pour Pierre Rigaux, élever des animaux sauvages pose un problème de bien-être animal, car les conditions en captivité sont contradictoires avec les besoins biologiques de ces animaux.
Un autre grief concerne la question des lâchers. Selon l'association Aspas, les 14 millions de faisans relâchés chaque année en France représenteraient l'équivalent de la population européenne sauvage de ces oiseaux. Pour certaines associations, les lâchers ont pour vocation principale de satisfaire les chasseurs, et non le repeuplement.
Les lâchers posent également des problèmes tels que l'appauvrissement génétique de la faune sauvage, la transmission de maladies et l'administration d'antibiotiques, qui soulève la question de l'antibiorésistance.
Parmi les protagonistes de la chasse aux petits gibiers de plaine, il y a une profession incontournable de cette activité qui a été particulièrement visée : celle des éleveurs de gibiers. La France a une production qui s’exporte aux quatre coins de l’Europe.
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Malgré ces débats, la cynégéculture ne semble visée par aucun projet de durcissement de la réglementation. Il est essentiel d'engager des discussions pour rallonger les périodes de chasse au mois de février, car la période de fermeture a engendré des problèmes de trésorerie et des coûts supplémentaires liés à l'allongement du cycle d'élevage.
Il est également important de noter qu'il n'existe pas de filière spécifique viande pour l'élevage de gibier à plumes et que les outils d'abattage de volailles ne sont pas adaptés à ces oiseaux. Il est donc impossible de valoriser ces oiseaux en filière viande.
Il faut que chaque décideur fasse preuve de discernement pour prendre les bonnes décisions dans les jours à venir, afin de ne pas détruire une économie et un savoir-faire qu'il sera impossible de retrouver.
| Type de gibier | Nombre élevé par an | Prix moyen (faisan) |
|---|---|---|
| Faisans | Environ 10 millions | 13 € |
| Perdrix | 4 à 5 millions | N/A |
| Canards colverts | 1 million | N/A |
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