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La Provence, avec ses paysages variés et son riche patrimoine naturel, est une région où la chasse occupe une place importante dans la culture locale. Des Alpilles aux Monts de Vaucluse, en passant par le Ventoux, la diversité des territoires offre un habitat propice à de nombreuses espèces de gibier.

La Chasse en Vaucluse : Une Tradition Ancêstrale

En Vaucluse, la chasse est devenue une tradition sous le poids des contraintes. Si les tirs d'afflux et d'approche ou les battues de régulation des sangliers à proximité des cultures occupent le terrain, durant une bonne partie de l'année, le temps de la chasse générale est venu.

Chaque année, des périodes de chasse sont définies par la Préfecture du Vaucluse. La période d'ouverture générale de la chasse à tir et de la chasse au vol est fixée pour le département de Vaucluse du : 14 septembre 2025 à 7 heures au 28 février 2026 au soir.

Cependant, il est plus que probable que le reste de l’année des chasses aient aussi lieu dans certaines communes. Voici une liste non exhaustive :

  • BEAUMES-DE-VENISE : Les battues se feront à partir du 12 octobre le samedi et dimanche
  • MALAUCENE : Chasse est possible tous les jours pendant la période.
  • BEDOIN : Chasse est possible tous les jours pendant la période.
  • GIGONDAS : Depuis le 14/09/2025 jusqu'au 11/01/2026 : chasse aux gros gibiers uniquement les lundis et jeudis et à partir du 13/10/25 et jusqu'au 10/01/26, la chasse aux gros gibiers sera les lundis, mardis, jeudis et vendredis. Chasse aux petits gibiers les mercredis et dimanches du 14/09/2025 au 11/01/2026
  • MAZAN : chasse possible tous le jours sauf le mercredi à partir de midi.
  • VENASQUE : Pour le petit gibier la chasse à tir n’est autorisée que du 14/09 au 14/10 le samedi et dimanche et pour le gros gibier (jusqu'au 31/03) la chasse est possible tous les jours de la semaine (en général le mercredi, samedi et dimanche)

Sécurité et Prévention

Pour vous promener en toute sécurité, voici quelques précautions à prendre avant et pendant votre balade :

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  1. S’informer : Auprès des Offices de Tourisme, de l’ONF (Office National des Forêts), des Espaces Naturels Sensibles ou auprès de la Fédération Départementale des Chasseurs de Vaucluse si vous avez le moindre doute.
  2. Prêter attention : Tendre l’oreille afin de faire attention aux éventuels bruits des chasseurs, vérifier s’il y a des panneaux au début de votre circuit de randonnée annonçant une chasse et ne pas hésiter à se signaler aux chasseurs quand vous les voyez).

Le Gibier en Provence : Diversité et Abondance

Petit ou grand gibier, la plupart des espèces sont représentées en Vaucluse.

Le Petit Gibier

  • Lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) : Jusqu’au début des années 1950, le lapin constituait plus de 80 % du fond de chasse en Vaucluse. Il était présent dans toutes les communes et abondait presque partout.
  • Lièvre commun (Lepus europaeus) : Contrairement à la perdrix et malgré un environnement très favorable composé de petites parcelles de polyculture, le lièvre n’a jamais été abondant en Vaucluse.
  • Perdrix rouge (Alectoris rufa) : La perdrix rouge est restée abondante jusqu’au début des années 1950. Elle est un indicateur biologique des écosystèmes ouverts.
  • Faisan (Phasianus colchicus) : Ce n’est qu’après la myxomatose qu’il apparaît dans le paysage cynégétique vauclusien.

Le Grand Gibier

  • Sanglier (Sus crofa) : L’extension des surfaces forestières, leur vieillissement, le déclin de l’activité humaine dans ces espaces, l’association en Vaucluse de deux formations végétales complémentaires, chêne blanc et chêne vert atteignant leur stade de maturité ont stimulé le développement des populations dans les années 1990.
  • Chevreuil (Capreolus capreolus) : Présent en Vaucluse jusqu’au XVème siècle, le chevreuil avait totalement disparu. Il est réapparu dans le département à partir de populations elles-mêmes introduites dans les départements voisins, Drôme et Alpes de haute Provence.
  • Cerf élaphe (Cervus élaphus) : En 1954, 1956 et 1958, 16 animaux, 5 cerfs et 11 biches sont relâchés dans les 2263 ha de forêts reconstituées du Mont Ventoux.
  • Chamois (Rupicapra rupicapra) : Depuis 2005, dans le Vaucluse, il existe deux colonies importantes. Dans le Ventoux, la population estimée pour ce secteur est de 2 à 300 individus.
  • Mouflon (Ovis gmelini) : Sa présence en France est liée à des opérations de repeuplement. C’est le cas pour la population de mouflons du Ventoux.

Réglementation et Introduction du Grand Gibier

Toute introduction de grand gibier dont la chasse est autorisée (sanglier, cerf, chevreuil, mouflon, chamois, daim) dans un milieu ouvert et en parc ou enclos de chasse cynégétique est soumise à autorisation préfectorale.

La demande doit comporter les éléments suivants :

  • provenance des animaux : dénomination, adresse et n° d’agrément de l’élevage,
  • lieu d’introduction : coordonnées du propriétaire et localisation de la parcelle ou du parc ou enclos de chasse (pour les parcs ou enclos : précisez la superficie et le nombre de grands gibiers présents au moment de la demande),
  • finalité de l’introduction.

La Chasse et l'Environnement

La dégradation de l'environnement a un impact direct sur les différents écosystèmes qui va à l'encontre des objectifs de la Fédération. Les chasseurs s'investissent donc afin de limiter leur impact sur le milieu naturel ainsi que de protéger les populations de gibiers.

Dans ce cadre, la Fédération des Chasseurs des Alpes de Haute-Provence travaille en partenariat avec les aménageurs du territoire (SNCF Réseau, sociétés d'autoroutes, Conseil Régional et Départementaux, ...), les gestionnaires de territoires (parcs naturels régionaux, conservatoires d'espaces naturels, ...) et les acteurs ruraux (agriculteurs, forestiers, ...).

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Initiatives pour la Protection de la Faune

  • Cultures à gibiers : L'objectif des cultures à gibiers est de fournir aux petits gibiers des secteurs de taille suffisante (1.000 m² minimum) offrant à la fois couvert et nourriture, notamment dans les zones de déprise agricole, ou bien, au contraire d'agriculture intensive.
  • Protection du tétras-lyre : Pour préserver le tétras-lyre des câbles présents et pouvant présenter un profil accidentogène dans les milieux naturels , notamment ceux des remontées mécaniques, la fédération a équipé certains téléskis des stations du département d'un système de flotteurs ovoïdes rouges posés sur les filins reliant les pylônes.

Les Armes et l'Équipement du Chasseur

La pratique de la chasse en France est soumise à un examen national, le permis de chasser, qui peut être obtenu dès l’âge de seize ans. Pourtant, de nombreux chasseurs commencent leur vie cynégétique plus tôt. Dans la vallée du Verdon, les garçons armés de carabines à air comprimé font souvent leurs premières sorties à l’âge de dix ou onze ans.

L’équipement du garçon passe littéralement de la catégorie « petite carabine » à « fusil de chasse ». Pour un anthropologue, il n’y a pas de différences tech­niques majeures entre les deux types de fusils. La plus remarquable serait le calibre.

Traditionnellement, les Français le définissent ainsi : « Le nombre de plombs sphériques (de même calibre que le canon) qui peut être produit à partir d’une livre de plomb pur - un ancien poids qui équivaut 0,4895 kg » (Noblet 1988 : 101). En pratique, on peut facilement identifier les divers calibres par le diamètre du canon ou par la dimension de la munition.

Les fusils les plus ordinaires sont « le 20 », « le 16 » et « le 12 ».

À 16 ans, la sexualité du garçon est culturellement affirmée et reconnue. Au même moment, alors que le chasseur passe de l’illégalité à la légalité, il entre dans l’âge d’homme adulte mais, pour ainsi dire, sur la pointe des pieds.

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Dans la vie d’un homme, la prochaine étape importante est sa majorité civile qui, en France, est fixée à 18 ans. Le jeune chasseur peut maintenant acheter légalement son propre équipement.

La Chasse dans l'Art et la Littérature

C’est Marcel Pagnol, dans La Gloire de mon père, qui fait véritablement entrer la chasse provençale en littérature.

« [Le propriétaire de la bastide] se construit une cabane en fagots d’épines, à vingt pas de son arbre mort ; il s’y tapit dès quatre heures du matin, et il attend patiemment qu’une grive vienne se poser sur l’arbre mort. Quelquefois, de quatre heures du matin à midi, il a le bonheur de tuer jusqu’à trois grives ; il les marque aussitôt sur une ardoise placée dans la cabane. Ce plaisir a beaucoup de rapports avec la pêche à la ligne. Les fusils sont placés artistement à certains petits trous pratiqués dans les fagots qui forment les murs de cette rustique construction. En attendant sa grive, le Marseillais lit son journal, quelquefois un roman. Il jure quand il entend tirer dans les postes voisins. On appelle poste la réunion de l’arbre mort et de la cabane. Voilà M. un tel, s’écrie-t-il, qui m’enlève le gibier ! Il faut convenir qu’on jouit délicieusement du beau climat dans ces cabanes de bois mort, que la brise de mer pénètre dans tous les sens. Il règne là un délicieux silence ; de ces silences qui font qu’on entend son âme ; on y goûte une liberté complète ; les soucis ne pénètrent point dans ce paisible réduit. »

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