La partie supérieure de la boîte de culasse, communément appelée "upper", est un élément essentiel des armes à feu, notamment dans les modèles de type AR15. Cet article vise à explorer en détail le fonctionnement de cette pièce, sa classification selon la législation française, ainsi que les implications pour les détenteurs d'armes.
La culasse est un composant indispensable pour toute arme semi-automatique ou automatique. C'est une pièce dotée de mobilité qui comporte généralement le système de percussion et le système d'extraction. Au moment où l’amorce est frappée par le percuteur, la culasse adopte une position de fermeture, assurant ainsi l’étanchéité entre la chambre et l’extérieur.
La culasse s’occupe ensuite de libérer une fenêtre d’éjection orientée vers l'extérieur pour expulser l’étui qui vient de heurter l’éjecteur. Elle réarme également le système de percussion en fin de course. Enfin, un ressort récupérateur rappelle la culasse, qui chambre une autre cartouche. Les fabricants d’armes veillent à toujours dimensionner avec exactitude les parties mécaniques ainsi que la pression des gaz résiduels de leurs armes, en se basant sur des calculs précis.
Pour les munitions de calibres puissants, un système de culasse verrouillée est conçu pour retarder l’ouverture de la culasse, transmettant ainsi une vitesse maximale au projectile avant l’ouverture. Cette ouverture survient lorsque la pression des gaz baisse.
Il existe différents systèmes de verrouillage de la culasse. Sur les fusils de type Lefaucheux, l’axe de basculement divise en deux parties sensiblement égales une robuste longuesse de fer, dont la partie arrière fixe est venue de forge avec la culasse. Cette pièce porte le verrou, tandis que la partie avant, mobile, soutient les canons qui basculent avec elle. Maintenus à l’origine par une simple vis, les canons sont retenus, à partir de 1852, par une petite clef qui pivote en bout de longuesse.
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Les fusils à clef de pontet utilisent un verrou en « T » de type Lefaucheux. Mais la clef, au lieu de s’étendre vers la longuesse, est orientée vers l’arrière. Seule subsiste la face arrière fixe de la longuesse, qui porte le verrou et dont l’extrémité était barrée par l’axe de basculement. Cette clef de verrouillage devient le mode d’ouverture standard à partir de 1890. C’est donc sur ce type d’armes qu’il convient de vérifier les autres critères pour opter entre un classement en catégorie D§e) ou C1°§c).
Ce système est souvent combiné à une nouvelle forme de verrou, le « T double gripp », ou « T anglais », imaginé par Webley en 1867. C’est un perfectionnement du modèle précédent, qui consiste à incliner les deux branches du tenon en « T » suivant un profil hélicoïdal. Ce dispositif ingénieux a pour effet d’assurer un véritable « vissage » qui augmente de façon conséquente le verrouillage et assure dans un même temps un certain rattrapage automatique du jeu.
Les fusils à levier à volute utilisent, eux, un double verrou, solide et efficace, mobilisé par une branche en volute placée en avant de la face antérieure du pontet. La clef latérale type Leclercq, plus connue sous le nom de clef serpentine, fonctionne sur le même principe avec deux verrous. La fermeture par clef supérieure (top lever) issue des travaux de Westley-Richards apparait en Angleterre dès 1860.
Il est important de noter que tous les systèmes de verrouillage mentionnés sont des modèles antérieurs à 1900 et fabriqués très précocement.
Le fusil semi-automatique est très prisé par les chasseurs, particulièrement ceux d’oiseaux migrateurs. Il fonctionne grâce à deux systèmes principaux et distincts qui exploitent des principes physiques bien établis : la pression et l’énergie cinétique.
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Pour se réarmer de façon autonome, c’est-à-dire éjecter la munition qui vient d’être percutée et en chambrer une nouvelle, un système est tributaire d’un paramètre essentiel : trouver l’énergie nécessaire au mouvement !
Ce système de fonctionnement, autrefois exclusif aux armes Benelli, s’est répandu ces dernières années, équipant de nombreux fusils. Deux facteurs expliquent cette popularité : le premier est juridique, avec l’entrée dans le domaine public du brevet Breda/Benelli pour le mécanisme inertiel à tête de culasse rotative. Le second, d’ordre pratique, réside dans la simplicité, la fiabilité et le coût de production réduit.
L’énergie requise est captée par la force générée au tir. En pressant la détente, la cartouche est frappée, la tête de culasse se déverrouille sous la pression, recule en éjectant la douille, puis la culasse avance, chargeant un nouveau projectile et verrouillant la chambre. Vous êtes prêt à tirer à nouveau !
Pour effectuer le réarmement, ce n’est pas la force de la munition qui est exploitée, mais celle des gaz qu’elle dégage. Ces gaz communiquent avec la culasse par l’intermédiaire d’un évent taillé dans le canon, qui pousse un piston et un poussoir, activant ainsi la culasse de la même manière que le ferait un système inertiel. Ce système, courant pour les armes rayées en raison de sa capacité à gérer des pressions de plusieurs milliers de bars, tend à être moins utilisé pour les armes de chasse lisses. Néanmoins, des marques renommées comme Beretta et Browning continuent de lui faire confiance, avec le succès que l’on connait.
John Moses Browning est l’inventeur du premier fusil semi-automatique destiné à la chasse. Le fameux Browning Auto 5 est arrivé sur le marché au cours de l’année 1903. Depuis, ce sont pas moins de 4 000 000 d’unités qui se sont écoulés à travers le monde entier. Il s’agit également du premier fusil utilisant l’inertie.
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Imaginez frapper violemment à l’aide d’une batte un ballon de football ou basket en cuir. Avant même d’entrer en mouvement, celui-ci va se déformer. Il va, dans un premier temps, absorber l’énergie avant de la restituer.
Lorsque l’amorce est percutée, la poudre s’embrase et expulse bourre et plombs, cette action crée une énergie dans le boîtier de culasse qui va compresser le ressort de celle-ci, libérant la tête rotative. La culasse se déplace ensuite vers l’arrière compressant un second ressort logé dans la crosse. La cartouche tirée est expulsée et une nouvelle monte du magasin. Enfin, les ressorts se détendent, refermant la culasse et faisant tourner sa tête, le percuteur est réarmé, l’arme prête à faire feu.
Les fusils à emprunt de gaz sont nettement plus complexes. Comme leur nom l’indique, ceux-ci utilisent les gaz produits lorsque la cartouche est tirée. A l’inverse des fusils à inertie, dont la culasse est totalement libre de mouvement, celle des armes à emprunt de gaz est reliée à un piston. Ce piston prend place autour du tube magasin, s’en servant comme guide.
Lorsque la cartouche est percutée, la poudre s’enflamme. Cette combustion provoque une accumulation de gaz dans la chambre du fusil. Ces gaz sont alors transférés vers le piston, l’excédent est expulsé. Le piston effectue un mouvement vers l’arrière, entrainant la culasse. La douille est éjectée, une nouvelle monte dans la chambre, les ressorts se détendent pour réarmer le mécanisme.
Les fusils de chasse à inertie disposent d’une mécanique nettement plus simple que les armes à emprunt de gaz. Le nombre de pièce est réduit, ils sont donc, de ce fait, généralement plus légers. Autre avantage, ils sont faciles à démonter et nettoyer.
Parce que les frottements entre les pièces sont réduits au maximum et qu’aucun piston n’est nécessaire au fonctionnement de l’arme, les fusils à inertie ne nécessitent pas un entretien très approfondi. C’est pourquoi ils sont souvent le choix privilégié des chasseurs de migrateurs.
Parce qu’ils sont plus légers et à cause du principe même de fonctionnement, les fusils semi-automatique à inertie sont plus dur avec le tireur, le recul est supérieur à une arme à emprunt de gaz. Le mécanisme ne permet pas non plus de s’adapter à la charge des munitions tirées. Les armes à inertie sont donc moins tolérantes et peuvent faillir lors du tir de petite charge. Ceci s’explique par le fait que l’énergie dégagée n’est pas suffisante pour faire fonctionner le mécanisme.
Les armes à inertie n’apprécient pas les excédents de poids. Ajouter une lunette par exemple, n’est pas très recommandée.
Les fusils semi-automatique à emprunt de gaz ont l’énorme avantage de « tout avaler ». Peu importe la charge de la munition, le mécanisme s’adaptera et fonctionnera sans rechigner. En revanche, à l’instar des systèmes à inertie, les armes à emprunt de gaz ont besoin de nettement plus d’attention. Les pièces mécaniques étant reliées les unes aux autres, elles ont un besoin vital d’une fluidité parfaite.
L’évacuation des excédents de gaz, dès la chambre sur les nouveaux Remington VersaMax V3 par exemple, joue un rôle primordial dans l’absorption du recul. D’une manière générale, sans technologie particulière pour lutter contre le recul, une arme à emprunt de gaz sera plus douce à l’épaule qu’un fusil à inertie.
La classification des carcasses (lower) est déterminée en fonction de l'“upper” qui y est monté. Ainsi, un "lower" monté avec un "upper" en .222 Remington en répétition manuelle sera classé en catégorie C. Pour celui avec un mode semi-auto monté avec un "upper" type AR15, il sera en B2, ou en B4 s’il est chambré dans un des calibres suivants, conformément à l'Article R311-2 II du CSI :
La longueur du canon peut également influencer le classement.
Selon la réglementation française, les éléments classés d'une arme sont :
La classification du "transporteur" ainsi que des parties supérieures et inférieures des boîtiers de culasse vise principalement les armes de types AR15 où l'on parle de "upper" et de "lower".
Acquérir un élément d’arme classée en catégorie B nécessite une autorisation pour la catégorie B5°. Notons que la majorité de ces éléments ne sont pas compris dans le quota. Pour l’instant, la procédure d’acquisition/renouvellement se fait toujours sur papier et non via le SIA (Système d'Information sur les Armes).
Les éléments d’armes doivent être déclarés séparément lorsqu’ils ne constituent pas un ensemble « fonctionnel ». Ainsi, un canon et un boitier de culasse, n’étant pas fonctionnels à eux seuls, doivent faire l’objet de deux CERFA (formulaires administratifs).
Le RA15C est une carabine à répétition manuelle, conçue et fabriquée par RDS Industrie. L’utilisation d’une arme à feu nécessite le respect rigoureux de règles de sécurité.
Le bon fonctionnement du RA15C repose sur un ensemble de manipulations précises. Ces étapes doivent être suivies rigoureusement pour garantir à la fois la sécurité et la performance de l’arme. Le RA15C est conçu avec un système de réarmement manuel basé sur un retour franc de l’ensemble mobile, similaire à un semi-automatique.
Le RA15C utilise un mécanisme de culasse linéaire appelé “bolt latch”, ou culasse lâchée. Ce système repose sur un réarmement manuel, permettant à l’utilisateur de ramener l’ensemble mobile en arrière pour chambrer une nouvelle munition. Le lâcher de la culasse doit être rapide et franc, sans tentative de freiner sa fermeture.
Dans le monde des munitions, la distinction entre projectiles subsoniques et supersoniques est cruciale.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la vitesse d’un projectile ne se lit pas sur l’emballage des munitions.
Mécaniquement, le fonctionnement de l'AR-15 est particulièrement intéressant. Il est souvent décrit comme utilisant un système à emprunt de gaz direct, mais ce n'est pas tout à fait exact. Comme sur le MAS 44, une veine gazeuse redirige les gaz de propulsion vers l'ensemble mobile, permettant ainsi l'ouverture de la culasse. Le verrouillage repose sur une culasse rotative, un concept similaire à celui du fusil Johnson. Ce mécanisme relativement simple a cependant l'inconvénient de générer davantage d'encrassement, notamment en raison du retour des gaz dans l'ensemble mobile.
Ce que l’on appelle le cycle de tir, c’est l’ensemble des étapes mécaniques que traverse l’arme après chaque tir. Dans certains cas, ce n’est pas le recul direct, mais les gaz du tir qui sont dérivés pour faire le boulot (comme dans un AR-15, par exemple). Résultat ? C’est un peu comme si l’arme utilisait une reprise d’énergie interne, comme un turbo dans un moteur.
Tout d’abord, mettre l’arme en sécurité en déposant le chargeur vide et vérifier l’absence de munition dans la chambre. Repousser la goupille arrière du receveur. Repousser l’arrêtoir de l’amortisseur du ressort récupérateur (buffer) et sortir l’amortisseur et son ressort (veiller à ne pas échapper les pièces car le ressort pousse fort). Vérifier l’état de l’intérieur du tube de crosse, du ressort et de l’amortisseur et les nettoyer. A l’aide de la brosse de nettoyage imbibé d’essence F, nettoyer le groupe détente en insistant sur la face du marteau et son ressort et sur le ressort de la queue de détente.
Passer un cordon de nettoyage type Boresnake dans le canon. Repousser la tête de culasse vers l’arrière (position verrouillée) et sortir le tourillon après lui avoir fait faire un quart de tour sur lui-même. A l’aide de la brosse à dent imbibée d’essence F, nettoyer toutes les pièces démontées en insistant sur les verrous, le puit de la tête de culasse et ses gaz ring, le tourillon et la pipe du transporteur. Avec un chiffon non pelucheux, essuyer les résidus laisser par l’essence sur les différentes pièces de l’arme.
Replacer le levier d’armement à mi-course. Replacer l’ensemble mobile en veillant à ce que la tête de culasse soit le plus en avant possible. A chaque entretien, il est nécessaire de vérifier l’état de chaque pièce afin de garantir un haut niveau de sécurité et un fonctionnement sans faille de son AR15. La moindre trace d’usure, fissure ou boursouflures des pièces doit être prise en compte afin de pouvoir anticiper son changement préventif.
Voici un tableau récapitulatif des caractéristiques techniques de l'AR-15 :
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Poids | Entre 2,7 et 3 kg |
| Longueur du canon | 19 à 50 cm |
| Longueur totale | 70 à 90 cm |
| Calibre | Principalement 5,56 / .223 |
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