Le cuir est un matériau très utilisé, souvent en association avec d’autres matériaux, pour la confection d’armes défensives. Les auteurs de récits de guerre ou d’ouvrages sur l’art de la guerre insistent également sur la nécessité d’avoir toujours à portée de main des matériaux comme l’osier, des peaux, des tentures en tissu qui seront fort utiles à la confection d’armes défensives (boucliers, écrans de protection…) mais sûrement aussi au bon fonctionnement des chars et machines.
Le cuir est un matériau très utilisé (souvent en association avec d’autres matériaux) pour la confection d’armes défensives, ainsi qu’en témoigne cet emploi métonymique chez Homère : « de la large terre monte un grand bruit de bronze, de cuir, de peaux de bœuf travaillées, que heurtent des épées et des lances à deux pointes ». Ces armes n’ont d’ailleurs, la plupart du temps, pas été retrouvées en fouille dans la mesure où elles étaient parfois confectionnées intégralement en matériaux périssables.
Les auteurs de récits de guerre insistent également sur la nécessité d’avoir toujours à portée de main des matériaux comme l’osier et des peaux, utiles à la confection d’armes défensives et au bon fonctionnement des chars et machines. Xénophon prête ces paroles à Cyrus, préparant sa campagne imminente, insistant sur l'importance des courroies pour les hommes et les chevaux.
Par ailleurs, en prévision d’un siège, il est recommandé de garder auprès de soi des animaux dont le lait et la chair seront une source de nourriture, et parce qu’« en outre, leurs peaux sont utiles pour les ouvrages de charpente, les béliers et les engins analogues ».
Une des armes défensives rencontrée en grand nombre dans nos sources est le bouclier, qui revêt plusieurs formes. Il ne s’agit pas ici d’établir la nomenclature ni la typologie de tous les boucliers qu’ont connus les armées des Grecs ou de leurs rivaux dans l’Antiquité, mais d’examiner, à l’aune des textes qui apportent des précisions techniques plus ou moins détaillées, leur fabrication au cours de laquelle on associait la plupart du temps plusieurs matériaux, parmi lesquels la peau, sous divers états, trouve naturellement sa place.
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Le premier de ces boucliers constitués de matériaux multiples est celui du héros grec Ajax, désigné par le terme sakos et maintes fois décrit dans l’épopée : cet écu scintillant, il l’a fait de sept peaux de taureaux bien nourris, sur lesquelles, il a, en huitième lieu, étalé une plaque de bronze.
Il consiste, on le voit, en une alliance de peaux (sept couches tirées de bovins) et de métal (une feuille de bronze sur le dessus) reposant sur une armature de bois qui, par son épaisseur et sa bosse centrale, le rend « semblable à une tour ». C’est encore ainsi qu’on désigne une des deux formes de boucliers mycéniens, le « bouclier-tour », le second étant le bouclier « en forme de huit » qu’attestent les représentations sur les murs des palais crétois. Ces deux types étaient réalisés de plusieurs peaux de bœuf séchées cousues ensemble et tendues, ce qui offre « une surface lisse et extrêmement résistante, sur laquelle les flèches et même les lances glissent ou rebondissent ».
Pourtant, si le bouclier d’Ajax est des plus célèbres et le seul digne aux yeux d’Achille de remplacer ses armes pour retourner au combat, il n’est pas le seul dont Homère fasse mention et donne une description minimale, attestant les deux matériaux précédemment évoqués : ainsi, le bouclier rond de Sarpédon réunit de « multiples peaux au moyen de rivets d’or », ailleurs, Idoménée « se cache sous son bouclier bien rond, dont l’orbe fait de peaux de bœuf et de bronze éblouissant est étayé de deux baguettes ».
Toutefois, ces armes tenant du bel ouvrage semblent l’apanage des chefs, héros sur lesquels la description s’attarde volontiers pour les mettre en valeur. D’autres boucliers, qui ne font pas l’objet d’une description aussi détaillée, sont certainement de fait plus banals, confectionnés de cuir de bovin seul sur une armature de bois ou d’osier, sans ajout de métal : c’est ainsi que dans la mêlée, Troyens et Achéens indistinctement présentés, ou, plus loin, dans les mêmes termes, Danaens et Lyciens s’affrontent et « déchirent, autour de leurs poitrines, boucliers de cuir ronds et rondaches légères ».
Dans des descriptions plus récentes, on note que le barbare utilise des peaux fraîches pour réaliser ses boucliers. Peut-être doit-on y déceler le préjugé ethnographique de l’auteur de la description : seul le Grec, dans la vision d’Hérodote, peut s’équiper d’armes en cuir ; les barbares Pisidiens, Colchidiens et Ciliciens portent, eux, des boucliers en « peau de bœuf crue ».
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Mais, au-delà du simple préjugé, il demeure légitime de se demander si l’habitude décrite relève de la réalité, dans la mesure où fabriquer du cuir demande une organisation technique et économique complexe, plutôt associée à des civilisations urbaines.
Xénophon confirme d’ailleurs le propos du précédent auteur à une ou peut-être deux reprises : les barbares rencontrés au cours de l’expédition des Dix Mille semblent ne pas tanner les peaux dont ils se servent pour fabriquer leurs armes ; elles comportent encore de ce fait leurs poils. Ainsi, sur le mont Théchès, à proximité du Pont-Euxin, Xénophon et ceux de l’arrièregarde « prirent » aux gens du pays « une vingtaine [d’exemplaires] couverts de peau de bœuf non tannée qui avait encore son poil » ; ailleurs, les Mossynèques sont décrits avec leurs « boucliers d’osier recouverts de peaux de bœuf blanc ayant encore leurs poils, en forme de lierre ».
Crue, travaillée sommairement ou tannée, la peau choisie est toujours pour ce genre d’instrument celle, plus épaisse et donnant un cuir plus solide, d’un bovin (bœuf, taureau) - d’où la fréquence élevée des termes formés sur le nom du bœuf - ou, pour des contrées plus exotiques, celle, certainement brute, d’un éléphant.
Les boucliers sont habituellement suspendus à l’épaule par une courroie, une bretelle ou « baudrier » de cuir appelée telamôn ou aortêr, afin de laisser le guerrier libre de ses mouvements en cas d’attaque ou de fuite, le protégeant sur les côtés ou dans le dos. Hérodote attribue aux Cariens l’invention de « courroies intérieures » (sans précision du matériau) permettant au guerrier, qui y passe le bras jusqu’au coude, de saisir son bouclier et de mieux le manœuvrer.
Tandis que l’avant-bras passe dans le brassard (porpax), généralement de métal et fixé diagonalement, la main saisit la poignée (antilabè/ochanon) de cuir, même si la nécessité peut conduire à utiliser tout autre matériau, comme le bois ou l’osier, ainsi qu’en témoigne Énée : « des hommes, qui avaient besoin de boucliers [et qui n’avaient pu s’en faire faire ni en importer par aucun autre moyen,] firent venir une quantité d’osier et en même temps des vanniers. [Et pendant le jour, ceux-ci] tressaient [des couffins, mais en plus,] la nuit, des armes défensives, casques et boucliers, auxquels ils mettaient des énarmes de cuir ou de bois ».
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L'homme de Néandertal utilisait les peaux de gibier comme protection contre les intempéries. Vers 8000 avant J.-C., les changements climatiques ont intensifié l'utilisation des peaux pour se couvrir, menant à la recherche de méthodes pour prolonger leur durée de vie.
Les Sumériens furent parmi les premiers à équiper leurs armées de protections en cuir, une tradition reprise par les Babyloniens et les Assyriens. Vers l'an 2000, la domestication du bœuf a facilité l'accès à la peau, permettant la fabrication de sandales et l'utilisation des peaux pour l'enterrement des morts.
Selon les livres des Hittites, vers 2200 avant notre ère, un berger du Sinaï a découvert par hasard le processus de tannage en retrouvant une peau de chèvre traitée à l'argile et au sel dans une eau riche en sels d'alun. Cette découverte a mené les Hittites à développer une technique de tannage utilisant l'alun, l'huile de pavot, et le sel de roche, gardant ce secret pendant près de 1000 ans.
Les Carthaginois ont percé le secret du tannage et l'ont adapté aux peaux de mouton, devenant les premiers mégissiers. Vers 1000 avant J.-C., ils ont établi un grand centre de production de cuirs d'ovins près de Marseille. On peut donc imaginer que c’est à cette époque qu’apparurent les premiers étuis en cuir.
Le cuir est une matière naturelle qui demande un entretien adapté pour rester souple, résistant et agréable au toucher. Un soin régulier permet d’éviter les craquelures, la perte de brillance et l’usure prématurée.
La graisse pour cuir nourrit, protège et imperméabilise. Elle se compose généralement de graisses animales, d’huiles végétales, ou d’un mélange des deux. Elle forme une barrière protectrice contre l’eau, idéale pour les cuirs exposés à la pluie ou à la neige.
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