Avant l'avènement des cartouches métalliques modernes, diverses tentatives ont été faites pour créer des cartouches tout en conservant le système d'amorçage des mousquets, qui utilisait une cheminée et une amorce séparées. Du papier, de fins clinquants, et même des douilles en laiton percées d'un trou pour permettre le passage de la flamme de l'amorce, furent employés.
Cette section explore les armes longues qui utilisaient des cartouches à poudre noire avec un système d'amorçage séparé.
Sans doute la plus célèbre des armes à cartouche en papier, le Sharps fut développé par Christian Sharps en 1848. L'objectif était de faciliter le chargement des armes en utilisant une culasse mobile, en l'occurrence un bloc d'acier coulissant vers le bas. On insérait la cartouche dans la chambre, et en remontant le bloc, on coupait l'arrière de la cartouche en papier, exposant ainsi la poudre pour l'inflammation.
Bien que permettant un tir de 7 coups par minute, le Sharps souffrait d'un manque d'étanchéité et d'un encrassement important, rendant le chargement difficile. Il était également tributaire de la fragilité relative de la cartouche en papier. Malgré ces faiblesses, le Sharps a prouvé sa valeur. À Gettysburg, une troupe du 2nd Sharpshooter a tenu en échec des troupes sudistes supérieures en nombre à Little Round Top, grâce à la cadence de tir et à la précision de ces armes.
D'un calibre .52 et chargé de 80 grains de poudre noire, il propulsait une balle de 370 grains. Capable d'atteindre sa cible à 500 voire 1000 yards, cette arme représentait un progrès significatif pour l'armement du fantassin. Cependant, l'immobilisme des états-majors, attachés aux mousquets classiques, et le coût élevé des armes, dû à la précision de leur usinage, ont limité sa diffusion. Le marché civil a rapidement compris les avantages de cette nouvelle arme. Les calibres furent variés, presque à la demande des utilisateurs, faisant de cette arme de chasse une des causes des massacres de troupeaux de bisons.
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Pour le tireur à poudre noire, le principal obstacle à l'utilisation du Sharps est la nécessité de confectionner soi-même les munitions, car personne ne fabrique ce genre de munitions. Seuls les passionnés de poudre noire utilisent ces armes. Les fusils d'infanterie à fût long sont rares, la carabine de cavalerie étant plus répandue, ainsi que quelques modèles de chasse à double détente.
D'excellentes copies existent, notamment chez Pedersoli, Armi Sport et d'autres fabricants. L'auteur de cet article se déclare fan de cette arme, qu'il trouve très agréable au tir, tout en reconnaissant que la réalisation des munitions demande du soin et du temps, ce qui limite sa popularité auprès des tireurs.
Un artifice permet d'utiliser des douilles métalliques en laiton, mais cela oblige à utiliser des balles à épaulement et surtout un crochet pour extraire les douilles, une solution considérée comme un pis-aller. Il est préférable d'opter pour les cartouches en papier, malgré les inconvénients liés à ce mode de fonctionnement.
Calibre et Charge du Sharps
| Calibre | Charge de poudre noire | Poids de la balle |
|---|---|---|
| .52 | 80 grains | 370 grains |
Petite carabine de cavalerie à canon basculant, activé par un levier dans le pontet, la Smith fut utilisée par quelques unités de l'Union. Elle était alimentée par des cartouches mi-métal mi-papier ou en caoutchouc dur (gutta-percha). Le point faible de l'arme résidait dans ces cartouches : celles en gutta-percha étaient difficiles à éjecter et à charger après quelques coups, et les soldats ne les récupéraient pas. La poudre s'échappait par le trou d'inflammation. La production cessa rapidement au profit du clinquant cuivre recouvert de papier.
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D'un calibre .50, cette arme était appréciée pour sa légèreté et sa maniabilité. Performante jusqu'à cent mètres, elle était facile d'emploi pour les cavaliers. L'apparition des cartouches métalliques entraîna naturellement son abandon.
Comme pour le Sharps, des douilles en laiton existent, obligeant à l'usage de balles adaptées et limitant la contenance de poudre, ce qui ne rend pas hommage à cette arme. La meilleure solution est de fabriquer ses propres cartouches, en clinquant recouvert de papier, avec 3 grammes de PNF2 et une balle de 370 grains. L'esthétique est un de ses atouts.
Une autre carabine de cavalerie qui existait en réplique, chez Erma. L'auteur de cet article a possédé une de ces "petites merveilles" et souhaite en acquérir une nouvelle dès que possible, mais elles sont quasi introuvables. De calibre .54, avec des étuis métalliques en laiton et un canon basculant, c'est une carabine de selle dont la précision est remarquable. On lui reprochait à l'époque de pincer les doigts dans le mécanisme, mais l'auteur ne s'est jamais pincé. Il la considère comme la meilleure des carabines de cavalerie qu'il ait eu l'occasion d'utiliser avec ces cartouches d'avant les étuis classiques.
Après avoir évoqué les armes à cartouches et amorçage séparé, intéressons-nous aux armes à cartouches métalliques, à un coup.
Les répliques proposent le plus souvent le calibre 45-70 Govt, qui fut réglementaire pendant des années dans la cavalerie US. On peut aussi trouver du 45-90, 45-110 ou 45-120, chaque fois avec une cartouche plus longue. L'appellation de ce calibre et de beaucoup de calibres US est construite comme suit :
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On peut donc trouver 45-70-500, 45-70-405 ou 45-90-500. Dans ce dernier exemple, on aura 90 grains de poudre noire, soit 90 x 0,0648 = 5,83 grammes.
Le système du bloc tombant était si simple et pratique que l'adaptation à la nouvelle cartouche métallique était un jeu d'enfant. De 1867 à 1869, Sharps a converti plus de 30 000 carabines et 1 500 fusils d'infanterie pour le calibre 50-70 Govt. Pedersoli propose de nombreux modèles variés en calibre 45-70, le calibre standard, mais aussi en 90, 110 et 120, plus rares. La carabine n'est proposée qu'en 45-70, ce qui, en fonction de sa taille, est déjà largement puissant. Les autres modèles ont des canons de 24 à 32 pouces, des crosses anglaises ou à poignée pistolet, des organes de visée ouverts ou des dioptres. Les finitions sont plus ou moins luxueuses.
Le Sharps est utilisable à très grande distance. Tirer à 1000 yards n'est pas une hérésie avec ces calibres, et l'arme est parfaitement adaptée au tir à grande distance, voire à la chasse. Aux USA, on chasse encore le bison avec ces armes, qui sont aussi utilisées en Afrique. Si vous cherchez une arme mono coup sortant de l'ordinaire et ayant un passé, le Sharps est un excellent choix. L'auteur, étant un passionné du Sharps, reconnaît son manque d'objectivité.
Suite logique du mousquet Springfield recanonné, doté d'une culasse mobile s'ouvrant sur le dessus, il gardait la mécanique et la crosse, offrant ainsi une arme plus moderne. Le système de culasse est moins résistant que celui du Sharps, et donc les munitions doivent être à poudre noire. De longueurs diverses, on trouve surtout des carabines ou des modèles officier, fabriqués par Pedersoli. C'est l'arme du 7ème de Cavalerie à Little Big Horn.
Initialement en calibres .50 à percussion annulaire, ils furent plus tard chambrés en 45-70, munitions plus modernes. Cette transformation était un moyen de réutiliser les nombreuses armes fabriquées pendant la guerre de Sécession et de donner à la troupe une arme plus facile à utiliser et dotée d'une puissance notable.
Les adaptations d'anciennes armes ont toujours des limites, et le système de culasse ne permet pas de tirer tout le potentiel de la cartouche 45-70 Govt. Le verrouillage et la charnière antérieure ne sont pas un modèle de résistance. Un autre problème, lié à la cartouche réalisée en cuivre et non en laiton (trop molle), se posait : elle se déformait, collant dans les chambres et résistant à l'extracteur, ce qui pouvait aller jusqu'à la mise hors de service de l'arme. Les copies ne poseront pas ce problème, mais il faut toujours avoir à l'esprit que le rechargement pour ces armes doit se faire avec discernement pour ménager la mécanique. Vous aurez le choix entre le fusil d'infanterie, les carabines de troupe ou de luxe. Cette arme est une partie de l'histoire de la cavalerie et de l'infanterie US.
Ce système de culasse rotative, mis au point par Remington, a produit des armes à un coup d'une solidité proverbiale. Le système de culasse est extrêmement résistant, ce qui permet à ces armes d'accepter des calibres de grande chasse à forte puissance. Ce système restera fabriqué très longtemps. La France fut utilisatrice de cette arme, dont les dernières étaient même chambrées pour la cartouche 8mm Lebel.
Largement diffusé, le Remington rolling-block fut adopté par diverses nations dans des calibres différents. Pour la chasse ou l'armée, cette arme, dont le système de culasse simplissime et original ne comporte que 2 pièces en mouvement, est d'une grande solidité. Lors d'essais, on a réussi à faire éclater des canons, mais sans faire céder le système de culasse, qui reste bien verrouillé.
L'arme, dont la silhouette est particulière à cause de son système de verrouillage, est bien adaptée au tir et à la chasse. Capable d'accepter les munitions de fort calibre et des charges importantes, elle est sûre et précise. Facile d'emploi, elle connut un franc succès comme arme réglementaire. Parmi les utilisateurs civils, les chasseurs prisèrent l'arme, qui était aussi répandue que le Sharps. De nos jours, les copies sont issues de chez Pedersoli, bien sûr, dans différents calibres, du 22lr ou 357mag en passant par le 30-30 wcf, mais c'est surtout avec le 45-70 Govt et 45-90 qu'elle prend toute sa mesure. Réalisée en différentes longueurs et finitions, c'est un choix très intéressant pour un tireur désireux de mettre dans sa collection une arme originale et puissante qui fera bonne figure sur les pas de tir, même à longue distance.
Winchester sortit cette arme pour concurrencer les Sharps, qui dominaient le domaine des armes de tir. La demande des tireurs à longue distance utilisateurs des Sharps était forte, et Winchester proposa son modèle 1885, qui d'emblée était fait pour les cartouches modernes. Le système est un bloc tombant qui n'est guère différent de celui du Sharps, commandé par un levier de sous garde faisant office de pontet, il dégage la chambre qui est accessible facilement. La percussion est assurée par un chien externe dans l'axe et non en platine latérale comme le Sharps.
D'emblée, l'arme est proposée dans une multitude de calibres, les plus puissants de son époque. Extrêmement élégante et simple, l'arme est tout à fait adaptée à l'usage au stand. Différents modèles sont proposés aujourd'hui par Pedersoli, bien sûr, dans un éventail de deux calibres de 45-70, mais aussi le calibre d'origine 38-55.
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