Dire d’un festival qu’il est « un monde à part », c’est souvent un peu cliché. Mais que faire quand c’est vrai ? Qu’écrire sans tomber dans le moule gnan-gnan des « invitations au voyage » et autres « parenthèses enchantées », alors que, toute mièvrerie mise à part, c’est ce qu’on a vécu ?
Dour a un drôle d’effet sur les gens qui y participent. Car oui, tu as beau pisser partout dans un état proche du lamentable ou te balader avec un légume cru, à Dour, personne ne te regardera de travers.
Comme on est des petites natures, on n’aura vu que deux soirs de Dour, qui s’étale pourtant du mercredi au dimanche. Mais les programmations du vendredi et surtout du samedi ont de quoi éponger les plus grandes frustrations.
À commencer par les New-Yorkais de Blonde Redhead, portés par une voix à la Brian Molko et visuellement fascinant : les jumeaux Amadeo et Simone Pace, bouclettes et barbes grises, entourent une Kazu Makino à béret et timbre lyrique, pour un tableau scotchant, incarnation du cool. Quelques morceaux nous embarquent hors du temps.
On quitte le chapiteau de la Petite Maison dans la prairie, l’une des sept scènes du festival, pour filer à la Caverne, anciennement appelée la Cannibale Stage. Et là, on a très envie d’aller voir The Kills, avec tous nos souvenirs d’ados en bandoulière.
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Bonne surprise : Jamie Hince a beau avoir été propulsé super-star des tabloids après son mariage avec Kate Moss, Alison Mosshart a beau avoir été débauchée par Jack White pour le super-groupe Dead Weather, le duo n’a pas perdu ses accords sales et son charisme. Un concert sexy au possible, porté par leurs nouveaux singles mais aussi, dès le deuxième titre de la set-list, par d’anciennes pépites (en l’occurrence « U.R.A Fever »).
Retour à la Petite Maison pour (re)voir le live de Trentemøller. Jehnny Beth de Savages l’accompagne sur certains titres, dont le réussi et toujours noir corbeau « Complicated ».
Superpoze a également offert un concert magnifique.
Camping et humour fin.
Cet espace semi-VIP est un des plus mignons bars qu’on ait pu voir en festival - et promis, on en visite pas mal chaque année, des bars. Pour s’asseoir ? De la pelouse, des souches, et un unique siège en forme de champignon - fun fact : le premier à y poser ses fesses poussiéreuses chaque jour a droit à un verre gratos. Pour danser ? Des Djs, comme Surfing Leons ou DC Salas, mixant depuis la Cabane…
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Car cette année, Dour accueille Boudin Room, parodie bouchère de Boiler Room. Entendre parler de « mise en boyaux » entre deux disques, et danser en mangeant un boudin blanc dans du pain beurré… C’est tellement belge que ça en devient poétique.
En parlant de Belgique, Dour a mis l’accent sur une scène locale qui trouve de nombreux adeptes de notre côté de la frontière : la nouvelle scène rap. Roméo Elvis, Damso, Caballero & JeanJass, L’Or du commun, le 77… Difficile de passer à côté tant ses acteurs squattent la programmation de Dour.
La foule a l’air aux anges, vraiment.
Le live-band londonien de jazz fusion n’a pas grand-chose à voir avec le 77, qui se produisait juste avant sur la Jupiler Boombox, la scène hip-hop tenue ce jour-à par Lefto. Peintures de Basquiat en guise de visuels, batteur exceptionnel, bassiste pro du slap, clarinette, flûte traversière… Ce n’est pas tous les jours qu’un festival se permet d’accueillir un projet hybride, où le swing rencontre le jazz et les synthés se font organiques.
Rone et son live toujours impeccable, en attendant de découvrir son prochain album ? Meute et ses reprises en fanfares de classiques techno ? Carpenter Brut qui reprend « She’s A Maniac » de Flashdance en projetant les paroles sur écran de sorte que les bourrins de la Caverne puisse chanter tout ça en choeur ? Frànçois & The Atlas Mountains et ses chorés sur « Le Grand Dérèglement » ? Ou AZF, en toute fin de soirée, qui nous fera danser comme des forçats sur sa techno peu avare en BPMs et coups de poings ? La scéno de la Red Bull Elektropedia Balzaal hyper impressionnante ?
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Non, le what else, ce sont les innombrables festivaliers le sourire aux lèvres, le personnel de la sécu adorable quelque soit l’heure de la nuit, les « doureuuuh » hurlés à la Lune. Une ambiance et une bienveillance rare entre participants. Et un village où s’organisent des concours d’enfilage de capotes et autres activités ô combien intellectuelles. Et un manège-qui-fait-peur.
| Artiste | Scène |
|---|---|
| Blonde Redhead | Petite Maison dans la prairie |
| The Kills | Caverne |
| Trentemøller | Petite Maison dans la prairie |
| Superpoze | [Non spécifié] |
| Roméo Elvis | [Non spécifié] |
| Damso | [Non spécifié] |
| Caballero & JeanJass | [Non spécifié] |
| L’Or du commun | [Non spécifié] |
| Le 77 | Jupiler Boombox |
| Henry Wu | [Non spécifié] |
| Meute | [Non spécifié] |
| Rone | [Non spécifié] |
| Carpenter Brut | Caverne |
| Frànçois & The Atlas Mountains | [Non spécifié] |
| AZF | [Non spécifié] |
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