Cet article explore les techniques de tir au fusil utilisées pendant la Seconde Guerre mondiale, en se concentrant sur des aspects tels que les armes, les munitions et les considérations pour les tireurs modernes souhaitant utiliser ces armes historiques.
Au cours du 19ème siècle, la révolution armurière affecte d’abord le fusil, arme principale du combattant. Le Mauser M71, adopté par le nouvel Empire allemand, puis le fusil Gras de 1874 en France, tous deux avec cartouches métalliques de calibre 11 mm, marquent l’apogée du fusil tirant au coup-par-coup. Suivant l’exemple américain, des fusils Spencer et des carabines Winchester, l’attention se tourne en effet vers des armes à répétition, où l’on peut tirer plusieurs coups sans rechargement, en déplaçant successivement des cartouches placées dans un magasin, dans la crosse ou sous le canon.
Venant après les affrontements de la guerre de 1870, le siège de Plevna mettait en effet l’accent sur l’importance de la vitesse du tir. Un fait historique allait forcer la décision ; la bataille de Plevna en septembre 1877. C’est là que pour la première fois sur un champ de bataille européen opposant russes et turcs, les armes à répétition firent leur apparition.
La perspective d’être devancé par l’Allemagne qui devait adopter en 1884 son premier fusil à répétition, un modèle 71/84 modifié par Mauser en 1884, conduisait à accélérer le processus. À la fin des années 1870, les études sur l'armement individuel portent sur l'application de la répétition, c'est-à-dire la capacité d'approvisionner l'arme au préalable d'un certain nombre de cartouches et puis de la recharger rapidement entre chaque tir en actionnant le mécanisme.
La solution pour emmagasiner les cartouches, apportée par le chevalier von Kropatschek commandant de l’École des Cadets de Vienne, est un chargeur tubulaire sous le canon. Cette technique avait déjà fait ses preuves en Amérique avec le fusil Henry, devenu Winchester modèle 1866, une arme très appréciée par les chasseurs et dont l'utilisation au combat a marqué les esprits pendant la Guerre de Sécession et les Guerres Indiennes.
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La Marine française décide donc d'équiper les troupes de marine en adoptant un fusil à répétition « Kropatschek » Modèle 1878 de calibre 11 mm (comme le fusil Henry) fabriqué en Autriche qui remplace le Chassepot à un coup. La Manufacture de Châtellerault présentait en 1884 et 1885 des modèles adaptés du Kropatschek de la marine [Mle1878][2].
Entre-temps, en 1884, Paul Vieille invente une poudre toute nouvelle, sans fumée, la poudre « B » (B pour Boulanger) à base de nitrocellulose, destinée à remplacer la poudre noire alors utilisée. Cette invention constitue une percée déterminante dans la technique de fabrication des munitions. Outre le fait qu'elle rend l'usage des armes beaucoup plus discret, elle permet la construction d'armes de calibre inférieur à 11 mm.
Les munitions sont donc beaucoup plus légères, multipliant ainsi la capacité d'emport du soldat et améliorant de manière déterminante les caractéristiques balistiques des balles (vitesse initiale plus grande, distances utiles et de combat plus longues et trajectoire beaucoup plus tendue). Lorsque le général Boulanger accède aux fonctions de ministre de la Guerre, le 7 janvier 1886, il exige que le prototype d'un nouveau fusil à répétition et de petit calibre lui soit présenté pour le 1er mai.
La décision est donc prise avec une précipitation quelque peu néfaste. La Commission des fusils à répétition présidée par le général Tramond chargé de sa conception a un an et demi pour passer de l'état de projet à une production de masse.
Le colonel Gras et le capitaine Dessaleux inventent une cartouche de 8 mm dont le culot de l'étui à bourrelet conserve le diamètre de celui de la munition du fusil Gras, autrement dit avec un étui exagérément tronconique. La balle « M » est développée par le lieutenant-colonel Nicolas Lebel, directeur de l’École normale de tir du camp de Châlons. La culasse mobile à doubles tenons est conçue par le colonel Bonnet.
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Le colonel Gras et surtout les contrôleurs d'armes Albert Close et Louis Verdin, à Châtellerault, sont responsables de l'architecture détaillée de l'arme et de son usinage. Des prototypes sont construits à la manufacture d'armes de Châtellerault et essayés à l'école normale du tir au camp de Châlons et dans les corps de troupe. Le 22 avril 1887, le fusil est officiellement dénommé modèle 1886.
La production est lancée et le général Boulanger exige la production d'un million d'exemplaires pour le 1er mai 1887. Malgré une industrialisation forcenée, le rythme atteint 900 000 armes par an soit cinq produites à la minute dans les trois manufactures nationales d'armes de Châtellerault, Manufacture d'armes de Saint-Étienne et Tulle.
Quasiment toutes les pièces du fusil Lebel sont marquées au même numéro, y compris la crosse et le fût. Le canon et la boîte de culasse sont soigneusement bronzés, la culasse mobile est en acier poli. L’épée-baïonnette a la forme d’une longue aiguille, elle est composée d’une lame quadrangulaire en acier poli, d’une poignée entièrement métallique et d’une croisière avec douille et quillon en acier.
En 1893, une série de modifications est apportée au fusil d’origine. Elle consiste essentiellement dans l’adjonction d’un « tampon-masque » sur la tête de culasse, pour mieux protéger le tireur contre d’éventuelles projections de gaz suite à rupture de culot de la cartouche, et dans l’adoption d’un pied à griffes pour la hausse.
Le fusil Lebel a été employé avant 1914 dans les colonies françaises d'Afrique, mais aussi pour la répression de quelques grèves ouvrières : le Lebel connut son baptême du feu lors de la fusillade de Fourmies le 1er mai 1891 (neuf morts parmi les manifestants). Le Lebel servit aussi lors de la révolte des Boxers en Chine, en 1900-1901.
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Durant la première Guerre Mondiale, il équipa la quasi totalité de l'infanterie française mais fut progressivement remplacé par les fusils Berthier à chargeur de type Mannlicher qui connurent deux variantes (fusil Mle 1907-15 à chargeur de 3 cartouches fabriqué en grande série à partir de 1916, ainsi que fusil Mle 1916 à chargeur de 5 cartouches mis en fabrication assez tard en 1918).
Il est incontestable que le fusil Lebel est devenu et restera l'arme symbolique de l'infanterie française pendant la Grande Guerre (1914-18).
| Modèle | Description |
|---|---|
| Fusil Mle 1886 (Lebel) | Modèle original adopté en 1887. |
| Mousqueton Mle 1887 | Version plus courte du Lebel. |
| Mousqueton Mle 1887 M93 R35 | Version raccourcie du Lebel, utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale. |
Pour les heureux propriétaires d’armes en 8X50R (ou ceux qui souhaitent le devenir) deux problématiques se posent avant le rechargement. Hormis les balles coulées en alliage de plomb, dans le commerce nous ne trouverons que des projectiles en 8mm avec un diamètre de 8,20mm (323 millièmes de pouce) contre les 8,30mm (329 millièmes de pouce) relevés dans le canon à fond de rayures.
Partizan propose une intéressante 8,20mm FMJ BT Match de 196grains, dont la forme rappelle un peu notre balle « D ». Les options pour l'acquisition de douilles neuves sont les suivantes:
Pour le chargement final, nous utiliserons la Tubal 5000 de la SNPE. Cette poudre semble correspondre parfaitement à notre cartouche, en effet la densité de chargement et la vivacité semblent proches de la poudre d’origine. Les charges de TU5000 varient entre 2,82 grammes et 2,92 grammes. Avec ces charges il n’y a aucun signe de surpression ou de fatigue prématurée de l’étui.
Le tir à la silhouette métallique, ou silhuetas metallicas, a été créé vers 1914 lorsque le chef des rebelles et stratège Pancho Villa et ses hommes ont attaqué des villages et des ranchs dans l’État de Chikupehua, au nord du Mexique. Il s’agit simplement de faire tomber des silhouettes métalliques en forme d’animaux : poulet, cochon, dindon, mouflon...
A noter qu’il n’existe aucune distinction d’âge ni de sexe dans les classements. Egalité parfaite... Seul le type d’arme sépare les tireurs en catégories.
Un match, quel que soit la discipline, comporte 40 cibles : 10 poulets, 10 cochons, 10 dindons et 10 mouflons. Les cibles sont tirées de gauche à droite en deux demi-séries de 5 coups en commençant par la plus courte distance. Les tireurs disposent auparavant de 5 cartouches d’essai, cibles et distance à leur libre choix.
Les tireurs ont 2 minutes pour tirer 5 coups pour les armes de poing et 2 minutes 30 secondes pour les armes d’épaule. Chaque cible renversée est comptée 1 point, le maximum étant de 40 points (10 à chaque distance). On ne revient jamais sur une cible tirée : si elle est manquée, on passe à la suivante.
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