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L'utilisation des lanceurs de balle de défense, communément appelés Flashball, a suscité de vives controverses en France en raison des blessures graves, voire mortelles, qu'ils peuvent infliger. Cet article examine la procédure à suivre pour déposer une plainte suite à un tir de Flashball, tout en mettant en lumière des cas emblématiques et les débats entourant l'usage de cette arme.

Blessures et incidents liés au Flashball

Depuis 2004, plus d'une trentaine de personnes ont été grièvement blessées par des lanceurs de balle de défense en France, selon un décompte. Parmi elles, quatorze ont perdu un œil, et un homme est décédé à Marseille en décembre 2010.

  • Montreuil, 8 juillet 2009: Six tirs de Flashball, six blessés dont Joachim Gatti, éborgné.
  • Grenoble, 27 décembre 2013: Quentin Charron, 31 ans, est violemment touché au visage lors d’une manifestation des sapeurs-pompiers.
  • Montpellier, 21 septembre 2012: Florent Castineira a été éborgné par un tir de Flashball par la brigade anticriminalité.
  • Toulouse, 21 avril: Yann Zoldan, 26 ans, a déposé plainte après avoir été grièvement blessé par un tir policier lors de l’évacuation de deux squats.
  • Biarritz, 18 décembre: Lola Villabriga, 18 ans, a reçu un tir de flash-ball en plein visage, dans la joue droite, alors qu'elle filmait une manifestation.

Procédure de dépôt de plainte

Si vous avez été blessé par un tir de Flashball, il est crucial de suivre une procédure rigoureuse pour déposer une plainte et obtenir justice :

  1. Consulter un médecin: Faites constater vos blessures par un médecin et obtenez un certificat médical détaillé.
  2. Recueillir des preuves: Rassemblez tous les éléments de preuve possibles, tels que des photos, des vidéos, des témoignages de personnes présentes lors de l'incident.
  3. Déposer une plainte: Rendez-vous dans un commissariat de police ou une gendarmerie pour déposer une plainte pour "violence aggravée avec arme". Il est également possible de déposer une plainte directement auprès du procureur de la République.
  4. Se constituer partie civile: Cette démarche vous permet d'être informé de l'avancement de l'enquête et d'avoir accès au dossier.
  5. Faire appel à un avocat: Un avocat spécialisé dans les violences policières pourra vous conseiller et vous assister tout au long de la procédure.

Enquêtes et procédures judiciaires

Après le dépôt de plainte, une enquête est généralement menée par l'Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN), souvent surnommée la "police des polices". L'IGPN est chargée de déterminer les circonstances du tir et de vérifier si l'usage du Flashball était justifié.

Si l'enquête révèle des éléments de culpabilité, le policier responsable peut être poursuivi devant les tribunaux. Les qualifications pénales retenues peuvent varier en fonction des circonstances et des conséquences du tir, allant de "violence par imprudence" à "violence aggravée avec arme".

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Dans certains cas, les victimes de tirs de Flashball ont obtenu des condamnations et des indemnisations. Par exemple, dix-huit mois de prison avec sursis ont été requis contre Xavier Crubezy, le policier qui en 2010 avait tué Mustapha Ziani par un tir de Flash-Ball à Marseille.

Débats et controverses autour du Flashball

L'utilisation du Flashball fait l'objet de débats passionnés en France. Ses partisans mettent en avant son rôle dans le maintien de l'ordre et la gestion des violences urbaines. Ses détracteurs, quant à eux, dénoncent son caractère dangereux et son utilisation abusive.

Plusieurs associations et collectifs demandent l'interdiction pure et simple du Flashball, ainsi que des grenades de désencerclement, en raison des risques de blessures graves qu'ils présentent.

Malgré ces controverses, le gouvernement a jusqu'à présent rejeté toute réflexion sur l'usage des lanceurs de balle de défense et a refusé le moratoire sur le Flash-Ball Super-Pro demandé par le Défenseur des droits.

Témoignage de Lola Villabriga

Lola Villabriga, une étudiante blessée par un tir de Flashball lors d'une manifestation, témoigne de son expérience :

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« C'est un geste violent, après lequel on ne voit plus les choses de la même façon, on ne se sent plus pareil. On m'a retiré les plaques l'été dernier (à la mâchoire, après une triple fracture, NDLR). La cicatrice se voit encore, mais cela ne me gêne pas trop. J'ai une dent en moins, une autre qui doit être dévitalisée, et des petits morceaux qui partent parfois. Mais j'ai la chance de ne pas avoir gardé de handicap physique. »

Elle ajoute : « J'attends que la personne qui a fait cela se retrouve devant ses responsabilités. »

Tableau récapitulatif des incidents et procédures

Date Lieu Description de l'incident Suites judiciaires
8 juillet 2009 Montreuil Six tirs de Flashball, six blessés dont Joachim Gatti, éborgné. Une juge d'instruction a décidé de renvoyer l'ensemble des policiers tireurs devant le tribunal correctionnel.
Décembre 2010 Marseille Décès de Mustapha Ziani suite à un tir de Flashball. Dix-huit mois de prison avec sursis ont été requis contre le policier Xavier Crubezy.
21 septembre 2012 Montpellier Florent Castineira éborgné par un tir de Flashball. N/A
27 décembre 2013 Grenoble Quentin Charron blessé au visage lors d'une manifestation. N/A
18 décembre Biarritz Lola Villabriga blessée au visage lors d'une manifestation. Plainte déposée, enquête en cours par l'IGPN.

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