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L'histoire de France, et plus particulièrement celle de certaines de ses régions, est marquée par des périodes de troubles et de résistance. La commande de fusil à Pons s'inscrit dans ce contexte complexe, où les enjeux politiques, sociaux et religieux se sont entremêlés.

La Révolution et la Contre-Révolution dans le Midi Languedocien

Moins connue que la chouannerie bretonne ou l’insurrection de la Vendée, la Contre-Révolution méridionale a profondément marqué l’histoire de la région. La mémoire collective conserve le souvenir de prêtres martyrs ou de villages insurgés qui ont contribué à dessiner une identité politique locale forte.

Terre de résistance et de contestation, le sud du Massif central s’est également affirmé patriote durant la Révolution. Les Cévennes et leurs marges ont manifesté très tôt leur soutien aux réformes mises en œuvre par l’Assemblée nationale. Terres de contrastes, les montagnes du Languedoc ont été le théâtre d’affrontements politiques précoces et sanglants qui se sont poursuivis durant toute la période révolutionnaire.

Les recherches montrent le très haut niveau de mobilisation durant la décennie révolutionnaire. Dans un espace montagnard comprenant le Tarn, l’Hérault, l’Aveyron, le Gard et la Lozère, près de 850 émeutes ont été dénombrées à partir du dépouillement des archives judiciaires entre 1789 et 1799. Pour les deux tiers, ce sont des manifestations hostiles à la Révolution dont le niveau le plus élevé se situe entre 1791 et 1793 puis en 1797.

Ces troubles sont divers : si le refus de la constitution civile du clergé y occupe une place très importante, la contestation porte aussi sur d’autres points. L’arrestation et l’exécution du roi, la levée des 300 000 hommes en février 1793, la Terreur sont autant d’éléments qui ici ont alimenté les dynamiques contre-révolutionnaires, comme dans d’autres régions du royaume.

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Le brigandage occupe une place importante dans ces processus. Apparu au lendemain de l’échec de l’insurrection contre-révolutionnaire de 1793 en Gévaudan, le brigandage s’implante fortement dans les montagnes jusqu’à la fin du Consulat. Une métamorphose de la protestation populaire semble s’opérer au lendemain de la Terreur : alors que les émeutes se font moins nombreuses, les actes relevant du brigandage obsèdent les autorités révolutionnaires.

Les violences commises déstabilisent les représentants de la République au point de créer de véritables zones de non-droit en Margeride, Aubrac ou sur les Causses. Certes, ces actes s’inscrivent dans une dynamique contre-révolutionnaire, mais ils diffèrent assez nettement des insurrections royalistes qui ont marqué 1792 et 1793, ainsi que des révoltes populaires qui se développent massivement à partir de 1791.

La Précocité de la Violence dans l'Expression des Choix Politiques

Les premiers troubles populaires contre la Révolution éclatent dès l’hiver 1789-1790 en Languedoc, plus précisément à Nîmes, en écho aux premières mesures de l’Assemblée destinées à réformer l’Église catholique en France. Cette hostilité ne se manifeste pas au cours des premiers mois de la Révolution.

L’adhésion aux réformes est très large au sein de la population, dans les zones urbaines tout comme dans les montagnes. Des émeutes éclatent dans les villes littorales ainsi que dans les communautés rurales en faveur des mesures sociales de la Constituante. Les espaces les plus reculés ne sont pas en retrait dans cette mobilisation qui, pour n’être pas exceptionnelle à l’échelle du royaume, n’en n’est pas moins élevée à celle de la région.

Les paysans protestent contre les droits féodaux, réclament leur abolition, précèdent les décisions de l’Assemblée en ce domaine. On peut lire, dans cette mobilisation, l’expression d’un radicalisme social que les émeutes de Mende, en juin 1790, illustrent. Les meneurs de la révolte contre les taxes et les droits féodaux sont très proches, sociologiquement, des « sans-culottes » préfigurés par les « vainqueurs de la Bastille ».

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Ils décident de taxer les riches pour donner aux déshérités et contestent les autorités traditionnelles incarnées ici par l’évêque de Mende, qui bénéficiait d’importants droits temporels attachés à son titre de comte du Gévaudan. Cet élan révolutionnaire vient cependant rapidement se briser sur les mesures de l’Assemblée nationale concernant l’Église catholique.

À Nîmes, dès le mois d’octobre 1789, le retour à la vie politique locale des protestants pose problème. Ces derniers, écartés des charges publiques depuis la révocation de l’édit de Nantes, même de façon relative, reviennent en force dès l’organisation en juillet d’un conseil de ville puis des milices préfigurant la garde nationale.

En avril, la création du club des Amis de la Constitution sanctionne la montée en puissance d’un « parti » protestant à Nîmes : 355 des 419 membres sont de confession réformée. Certes, ce « parti » a échoué lors des élections municipales de février, mais en juin, les électeurs chargés de désigner les membres de la future administration départementale comptent nombre de protestants. Aux yeux de certains catholiques, la menace de voir cette administration entre leurs mains est intolérable.

François Froment et les Légions Catholiques

Dès l’automne 1789, des légions catholiques sont constituées par François Froment. Issu d’une famille modeste à l’origine, qui a su mettre à profit la mise à l’écart des protestants au cours du XVIIIe siècle, Froment n’est pas hostile à la Révolution mais il affiche une sensibilité marquée face aux menaces qui, selon lui, pèsent sur l’Église catholique.

Les propositions visant à nationaliser les biens du clergé, la suppression des privilèges mais encore plus le rejet de la motion Dom Gerle suscitent des inquiétudes croissantes dans le Midi. Des adresses parviennent à l’Assemblée nationale pour protester contre ce rejet ; à Nîmes, ce sont plus de trois mille personnes qui apposent leur signature à un texte de protestation rédigé à l’initiative de François Froment.

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Son succès auprès des classes populaires repose sur des inquiétudes tout à la fois confessionnelles et économiques. Le Midi traverse une crise qui génère du chômage, notamment en ville. À Nîmes, la bourgeoisie protestante est puissante et semble pratiquer une préférence confessionnelle dans l’embauche des ouvriers depuis longtemps ; la crise des années 1780 rend cette pratique plus insupportable.

Les réformes religieuses conduites par l’Assemblée nationale avivent les inquiétudes et donnent consistance à l’idée d’un complot protestant destiné à détourner la Révolution au profit d’une volonté de vengeance des réformés du Midi. L’amalgame de tous ces éléments explique le succès des démarches entreprises par Froment à une date très précoce. Dès 1789, les opposants à la Révolution peuvent prendre appui, dans le Midi, sur une base populaire, ce que Froment met en valeur auprès du comte d’Artois, auquel il aurait rendu visite à Turin début 1790.

La mobilisation du « parti » catholique à Nîmes va crescendo au cours du printemps. Propagande, provocations, pamphlets antiprotestants contribuent à créer un climat délétère ; tout pousse les deux partis à chercher l’affrontement. Celui-ci survient en juin, lors des élections de l’administration départementale.

Les tensions déjà très vives dégénèrent en un affrontement sanglant entre catholiques et protestants qui laisse peut-être trois cents morts dans les rues et dans les couvents de la ville. L’implication des gardes nationales de toute la région explique l’impact de cette « bagarre », tout autant que le traumatisme dû au déferlement de violences rappelant le temps des guerres de religion.

Cet événement contribue à la polarisation politique des populations en fonction de leur confession et conduit à un raidissement sensible des opinions. L’introduction de la Constitution civile du clergé au début de 1791 aggrave la fracture et lie étroitement politique et religion dans une dynamique où les vieilles haines et la soif de vengeance l’emportent progressivement.

La frontière confessionnelle devient une frontière politique et la religion, la raison d’être d’une résistance populaire massive à la Révolution. Elle est le pivot autour duquel se structurent les réseaux d’opposition et le royalisme local. Le thème de la croisade est modulé par les discours royalistes, avec toute la dimension violente qu’il comporte. La Révolution devient un épisode des guerres de religion dans le cadre d’une lecture millénariste des événements.

Insurrections Contre-Révolutionnaires Précoces

Dans ces conditions, le Midi languedocien est le théâtre d’insurrections contre-révolutionnaires particulièrement précoces. Dès l’été 1790, la plaine de Jalès (Ardèche) accueille un premier camp convoqué à l’initiative d’un comité formé au lendemain de la « bagarre » de Nîmes.

Officiellement destiné à renouveler le serment civique des gardes nationales, le rassemblement est en réalité destiné à tester la capacité de mobilisation des forces d’opposition. Son succès est tel que bon nombre des membres du comité ainsi que certains délégués des gardes nationales sont persuadés qu’une réaction massive est possible dans la région.

En février 1791, après la suppression de l’évêché d’Uzès, une partie des gardes nationales de la cité se rebelle contre les autorités. Ils gagnent la plaine de Jalès, poussent le comité à décréter l’insurrection. Mal préparée, mal coordonnée, cette action est condamnée à l’échec. Elle alimente cependant la conviction de plusieurs chefs qu’une insurrection populaire est possible, d’autant que l’application de la Constitution civile du clergé suscite une opposition farouche dans les cantons catholiques, notamment des Cévennes et de la Lozère.

En février 1792, une partie du comité se retrouve à Mende, lorsque toute la ville se rebelle contre l’armée, venue rétablir l’ordre. Cette insurrection reste sans lendemain, mais elle a démontré la capacité de mobilisation de la Contre-Révolution au sein des campagnes catholiques. Plus que jamais, la réaction est montrée sous le jour d’une croisade au nom de la religion et contre les protestants.

Tout au long de l’hiver et du printemps, des recruteurs sillonnent les campagnes catholiques du Gard, de la Lozère, de l’Hérault et de l’Ardèche. Ils sont chargés de lever des troupes pour le troisième camp de Jalès. Le comité a établi des liens solides avec les émigrés. L’insurrection méridionale est conçue dans le cadre d’un plan d’ensemble destiné à diviser les forces de la République et à soutenir l’entrée en guerre de l’Espagne.

Déclenchée trop tôt et sans tenir compte des directives étrangères, l’insurrection tourne court. La contestation populaire ne désarme pas pour autant ; elle reste centrée sur le refus de la Constitution civile du clergé et contre les premières levées de volontaires, en 1792.

La Levée de 300 000 Hommes et la Résistance Populaire

Au printemps 1793, l’application du décret du 24 février sur la levée de 300 000 hommes met le feu aux poudres. L’exécution du roi, les décrets contre les prêtres réfractaires, perçus comme une véritable persécution contre l’Église catholique, sont autant d’éléments qui rendent insupportable l’idée d’une conscription. En outre, les montagnes du Languedoc ont toujours été une terre d’opposition à la milice.

C’est en Lozère que les troubles sont à la fois les plus précoces et les plus importants. La levée de 1792 s’était effectuée difficilement dans le nord du département « tout bouffi d’incivisme et fanatisé à l’infini », comme le reste des montagnes de l’Aubrac où des « malveillants » avaient trouvé refuge.

Les mouvements qui éclatent au lendemain du décret du 24 février sont d’une tout autre ampleur. En Margeride puis dans l’Aubrac, la jeunesse de villages entiers se soulève, le plus souvent avec le soutien tacite ou actif des aînés. La situation est suffisamment grave pour justifier l’envoi d’une force armée dans les communes rebelles de l’Aubrac ou de la Margeride dès le 7 avril. En l’espace de quelques jours, environ deux mille jeunes ont manifesté leur opposition aux portes de Mende. Leurs mots d’ordre sont expressément contre-révolutionnaires mais aucune structure ne semble alors prête à les encadrer, ce qui conduit à l’échec de l’insurrection.

Le Maquis et la Résistance durant la Seconde Guerre Mondiale

Durant l’été 1944, l’Aveyron et particulièrement le Lévézou ont été le théâtre de combats opposant l’occupant nazi aux résistants. Sur le Lévézou, on déplore 48 victimes dont 22 civils entre juin et août 1944. A la fin de la guerre, 16 stèles ont été implantées sur les lieux de combats et de massacres en mémoire des victimes de la guerre. C’est sur le Lévézou que l’on trouve le plus grand nombre de stèles mémorielles en Aveyron.

Exemples de Combats et de Massacres

  • 8 juin 1944: Le maquis Jean-Pierre installa son Poste de Commandement à La Besse (Villefranche de Panat). Le jeune Joseph Chauzit, 14 ans, est décédé après avoir été blessé par les allemands.
  • 18 juin 1944: A Saint-Martin-des-Faux, les troupes allemandes ont tué trois hommes de la paroisse lors de la procession de la Fête-Dieu.
  • 29 juin 1944: Sabotage de ligne téléphonique souterraine allemande par le maquis F.T.P. « Alfred Merle » de Coudols.
  • 1er août 1944: Embuscade manquée contre le préfet de l’Aveyron, CHAPRON, à Viarouge. Trois maquisards sont tués.
  • 6 août 1944: Embuscade du maquis de la Selve contre une colonne blindée allemande près de Bonnecombe.
  • 18 août 1944: Attaque des troupes allemandes à Flavin par le maquis O.R.A de Durenque.
  • 18 août 1944: Jean-Louis VERNHET et Gabrielle PONS sont fusillés près de la ferme de La Franquèze.

Hommages et Commémorations

La mémoire de ces événements est entretenue par des stèles commémoratives et des rencontres annuelles, comme celle des Darus (membres des groupes du maquis Pierre) à Saint-Pons (Condorcet). Ces commémorations permettent de se souvenir des sacrifices consentis pour la libération de la France et de transmettre l'histoire aux générations futures.

Les Décisions Rendues par la Commission Départementale de l'Ain

Furent expulsés du territoire français : MM. Denis Dufour, plâtrier, à Pônt-de-Vaux, et Philibert Valet, tisseur, du même lieu; M. Ch.-J. Millet, avocat, fut mis sous la surveillance du ministère de la police.

Parmi ceux qui furent condamnés à la transportation à Lambessa, se trouvaient quatre fugitifs : MM. Dufour aîné et ClaudeMarie Dufour, charpentiers à Pont-de-Vaux ; Joseph Vallet, charpentier à Pont-de-Vaux, et Pisseraz, plâtrier, demeurant à Mâcon.

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