La chasse, activité ancestrale, suscite de nombreuses interrogations quant à son éthique et son impact sur la faune sauvage. Au cœur de ces débats se trouve la notion de "chasser en laissant la chance au gibier". Mais que signifie réellement cette expression et comment se traduit-elle dans la pratique ?
L'éthique est au centre de la pratique de la chasse. Hormis les règles de sécurité, les règles d’éthique sont importantes. Il est difficile d’en trouver une liste exhaustive, mais le respect du gibier chassé en lui assurant une mort rapide, ou en cas de blessure une recherche au sang revient quasi systématiquement.
L’éthique prônant toujours le respect du gibier, le fait de le tuer proprement en pouvant par la suite consommer sa venaison devrait pousser le chasseur à proscrire ce genre de tirs aléatoires.
Il est important de noter que, selon certains, chasser et tuer des animaux pour se nourrir ne peuvent être mal. Quand un chasseur tue un animal, il met un point d’honneur à ce qu’il n’y ait aucun gaspillage et récupère la viande en totalité.
Les chasseurs prônant le tir en mouvement ont comme argument principal le côté ‘’sportif’’ engendré par le tir d’un animal à pleine vitesse. Prenons tout simplement la définition du sport : « Activité physique exercée dans le sens du jeu et de l’effort, et dont la pratique suppose un entraînement méthodique et le respect de règles. ».
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Déjà on voit ici que l’entrainement méthodique est clairement stipulé dans la définition. Malheureusement, vu le faible nombre d’infrastructures permettant cet entrainement, vu qu’elles ne sont pas plébiscités par les ‘’sportifs’’ de la chasse, une majorité de chasseur hexagonaux est loin d’être au niveau pour remplir ce prérequis !
J’ai encore entendu récemment que tirer un gibier en mouvement lui laisse plus de chance… Autant je peux concevoir que certains chasseurs trouvent que la chasse à l’affût et à l’approche laissent moins de chance au gibiers car ces derniers sont régulièrement chassés sur leurs places de gagnage ou pendant le rut. Mais en quoi le fait de tirer une balle sur un animal giclant du couvert lui laisse plus de chance ? Plus de chance d’être loupé ? Plus de chance d’être blessé ? Plus de chance de voir sa venaison saccagée s’il est touché ?
Certains chasseurs sont des tireurs nées pouvant placer une balle de cou sur un chevreuil à la course de ¾ arrière et à 100 mètres, mais c’est l’exception qui confirme la règle, le 0.01% de l’échantillon ! L’immense majorité va surement louper le chevreuil, une proportion modérée le blesser superficiellement et quelques autres le blesser mortellement en explosant la venaison.
Les 75% de chevreuils chanceux ayant été loupés justifient ils les 25% d’animaux malchanceux ?
Ces techniques sont souvent perçues comme laissant moins de chance au gibier, car les animaux sont chassés sur leurs lieux de gagnage ou pendant le rut.
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En battue si vous avez la possibilité de tirer un gibier à l’arrêt c’est principalement que ce dernier a réussi à se défaire des chiens, qu’il ne vous a pas détecté lorsque vous avez épaulé et qu’il se trouve dans une zone ou vous pouvez tirer en toute sécurité. En gros ce pourcentage d’animaux est faible en battue traditionnelle. Pourquoi ne pas saisir votre chance ? Les planètes se sont alignées pour que vous puissiez tuer proprement ce gibier et faire un acte de chasse net et sans bavure (si vous avez bien entendu respecté les consignes de tir quant aux animaux ouverts au tir ).
Prenons comme exemple la technique de la traque affût. Ce mode de chasse revenu au goût du jour vise à mettre le chasseur posté en contact avec des animaux à l’arrêt, en faible déplacement et à moins de 50 mètres ! Les animaux sont donc facilement identifiables et la difficulté des tirs est diminuée. En résulte un ratio de deux balles pour un animal tué contre 7 balles pour un animal en battue traditionnelle. Plus ce ratio est faible, moins vous avez d’animaux blessés.
Le mode de chasse qui connaît en France, depuis la dernière guerre, un succès tout particulier, la chasse collective au sanglier, paraît comme tout "naturellement" prédisposé, par ses propriétés formelles, à alimenter la question du rituel. On peut y observer, en effet, des caractéristiques constituant les définitions habituelles du rituel : délimitation d'un temps et d'un espace hors du quotidien, formalisme de l'action et référence à la coutume, définition de rôles, répétition.
Sans prétendre trancher pour ou contre une définition de la chasse collective comme rituel, cette étude confronte les éléments permettant de formuler l'hypothèse du rituel à ceux qui, au contraire, semblent s'y opposer. Elle propose aussi une apparente diversion à cette question en posant l'hypothèse d'un rapport possible entre la chasse collective et la forme non codifiée de la chasse au sanglier qu'est la chasse solitaire.
Tout l'intérêt et la grande détente de cette chasse consistent à rechercher un animal sauvage difficilement saisissable tout en jouant soi-même au "sauvage" en parcourant les bois, en adoptant des comportements inverses à ceux que régit la civilité villageoise.
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La chasse à courre est le mode de chasse qui se rapproche le plus de la prédation naturelle. La chasse à courre « à cor et à cri » ou vènerie, se déroule selon la technique du courre, qui consiste à poursuivre un gibier avec une meute de chiens courants. Cette méthode est utilisée depuis deux millénaires.
Une journée de chasse à courre commence par « faire le pied » ou « faire le bois », exercice qui consiste à repérer la présence d’animaux en forêt, très tôt le matin, avec un chien en laisse. La meute est ensuite conduite à l’endroit ou l’un des limiers a repéré des animaux. Si elle les trouve, c’est l’attaque ! Durant toute la chasse, l’animal chassé va ruser comme ses instincts naturels lui indiquent. Il peut par exemple passer dans un cours d’eau pour que les chiens perdent sa trace. Les fois où les chiens parviennent à prendre leur proie, après avoir déjoué toutes ses ruses, la viande du gibier est donnée aux chiens comme récompense de leur chasse, c’est la curée.
La chasse est un phénomène de société qui intéresse non seulement les chasseurs, mais aussi les autres usagers de la nature et l'opinion publique. Les Verts, en tant que principaux garants des idées écologistes, sont souvent assimilés aux opposants à la chasse. Cependant, ils comptent parmi eux des chasseurs, des opposants à la chasse, et une foule d'adhérents qui ont en commun la volonté de défendre la planète et la qualité de vie sur celle-ci.
Ce problème s'inscrit dans celui, plus vaste, de la gestion de l'environnement et intéresse notamment la protection des espèces. Il est devenu passionnel dans sa dimension sociologique puisque certains groupes de chasseurs prétendent employer la force pour - croient-ils - défendre leur passion. C'est aussi un sujet politique.
Il faut que les Verts soient à même de déceler ce qui est critiquable et ce qui ne l'est pas dans le phénomène chasse. Pour cela, nous devons être capables de différencier les diverses pratiques cynégétiques afin de ne critiquer que ce qui est abusif.
L'interdiction de toute forme de chasse ne peut être préconisée que par des personnes qui ne connaissent pas le milieu rural. D'une part, la régulation de certaines espèces (ex: lapins) est indispensable à l'agriculture et à la sylviculture. D'autre part, la mentalité rurale, forte de cette nécessité et des habitudes du milieu, rejetterait l'interdiction de chasser : le braconnage deviendrait institutionnel et la chasse incontrôlable.
Ne confondons pas la chasse en général et la condamnation des formes de chasse destructrices d'espèces. Si la diversité des espèces animales se réduit à cause des chasseurs, alors il faut modifier les règles qui façonnent leurs comportements. La disparition d'une espèce participe de la destruction de la planète.
Lorsqu'on a bien compris qu'il n'est pas sérieux de vouloir interdire toute chasse, il s'agit de dénoncer les abus que constituent certaines pratiques cynégétiques. Ce message-là sera entendu, y compris chez les chasseurs.
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