La cartouchière, également connue sous le nom de ceinture à cartouches, est un accessoire conçu pour transporter les munitions de fusil de manière pratique et accessible. Bien qu'elle soit parfois supplantée par les sacs à cartouches et les pochettes à balles, elle demeure un accessoire indispensable, particulièrement pour le chasseur en milieu buissonneux souhaitant éviter de mélanger ses cartouches.
Il est important de noter que l’on trouve parfois désignés des éléments d’équipements semblables avec des appellations différentes selon les époques ou les auteurs. Ainsi, la poche qui porte les grenades se voit appelée grenadière, gibecière ou giberne. Le cartouche désigne la pièce de bois perforée qui contient les cartouches que l’on glisse dans la giberne aussi bien que la giberne dans laquelle se place ce patron de bois, et la cartouche désigne aussi l’ensemble constitué de la poudre et balle ensachée. Ce patron de bois peut être nommé cartouchier et quelques années plus tôt quand il n’y avait qu’un étui de papier rempli de la dose de poudre appelé gargousse avec la balle séparée on lui donnait le nom de gargoussier. La patellette désigne le rabat de cuir qui recouvre le cartouche.
La giberne du grenadier compte 30 coups et la demi-giberne du fusilier de 16 à 20, mais quand cette dernière est portée à 30 coups on continue quelque temps à l’appeler demi-giberne dans les textes. C’est vers 1750 que la capacité de la demi-giberne est portée à trente coups comme pour la giberne des grenadiers.
La dotation d’un fusil pour certains officiers date de la guerre de succession d’Espagne. Par l’ordonnance du 1er décembre 1710, le Roi convenant que pour le bien du service l’armement des officiers soit uniforme, il décide que le colonel, le lieutenant-colonel et les capitaines conservent l’esponton conformément à l’ordonnance de 1690 et que tous les officiers subalternes, comme les lieutenants de grenadiers ou de fusiliers, soient dotés du fusil, à l’exception des Gardes françaises et suisses.
Le siècle avance et les thèses s’affrontent ; pour Puységur, on prive chaque compagnie de cinq armes à feu, et qu’il n’y a aucune bonne raison d’armer les officiers différemment des soldats ; tandis que d’autres auteurs, comme le maréchal de Saxe ou Belle Isle, n’en sont pas partisans. Durant la guerre de Sept Ans, comme cela s’était déjà produit au début du siècle on voit des officiers de tous grades, porter tantôt l’esponton ou le fusil, et Belle Isle, visiblement à contrecœur, en admet la nécessité.
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En 1758 paraissent deux ordonnances qui fixent ceux des officiers admis à porter le fusil plutôt que l’esponton. Tout d’abord, l’ordonnance du 31 octobre 1758 concernant les officiers et sergents des compagnies de fusiliers indique : « Sa Majesté ayant jugé nécessaire au bien de son service que les officiers et sergens des compagnies de fusiliers de ses troupes d’infanterie soient dorénavant armés, ainsi que ceux des compagnies de grenadiers, de fusils avec leurs baïonnettes, Elle a ordonné et ordonne ce qui suit : Les officiers des compagnies de fusiliers ; tant françaises qu’étrangères, seront tenus de se pourvoir sans délai de fusils dans les manufactures d’armes à feu établies à Saint-Étienne, Charleville et Maubeuge, et de baïonnettes qui aient été fabriquées à la manufacture d’armes blanches d’Alsace. Il ne sera admis aucun fusil qui ne soit absolument conforme au modèle qui a été envoyé ci-devant à ces manufactures pour les officiers des compagnies de grenadiers ; ce fusil sera du calibre de seize, pour recevoir la balle de dix-huit, et de la même construction que celui du soldat, avec cette différence qu’il aura seulement quatre pieds de longueur, que sa monture sera en bois de noyer, qu’il sera plus fini et plus léger, et que les garnitures seront en fer poli, disposées relativement à la longueur. La bayonnette aura huit pouces et demi de lame, évidée, à trois quarts et tranchante à son extrémité. Ce fusil d’officier pèsera, armé de sa bayonnette, sept livres au plus. Le fusil du sergent sera semblable à celui du soldat, et sera fourni pour la première fois seulement des magasins du Roi aux dépens de Sa Majesté. »
Puis l’ordonnance du 9 décembre 1758 qui donne plus de précisions sur l’équipement des officiers et sous-officiers d’infanterie : « L’armement des officiers et sergens des compagnies de fusiliers de ses troupes et des cartouches ou demi-gibernes dont ils devront être pourvus… La cartouche ou demi-giberne à l’usage des officiers, sera percée de huit trous, du diamètre et de la profondeur convenables pour recevoir des cartouches à balles ; cette cartouche sera recouverte d’une patte de maroquin rouge ou noir, elle sera ornée d’une fleur de lis brodée en or ou argent sur son milieu, suivant l’uniforme de chaque corps, doublée et bordée d’une peau blanche. Le cordon qui portera cette cartouche avec sa traverse sera de buffle blanc piqué ; il aura un pouce et demi de largeur, et sera garni d’une boucle. La cartouche à l’usage des officiers des compagnies de grenadiers ne différera pas de celle de l’officier des compagnies de fusiliers, qu’en ce qu’elle sera garnie d’une grenade brodée en or ou argent, au lieu d’une fleur de lis. »
A propos de la coloration du cuir des gibernes en rouge ou en noir. Le cuir rouge se trouve souvent appelé dans les textes de l’époque : cuir de Russie. Il ne provient pourtant pas de Russie, c’est un cuir de vache qui reçoit un traitement particulier dont une huile dite de Russie dont la formule longtemps restée secrète vient de Russie d’où elle tire son nom. Elle donne au cuir une plus grande rigidité, une très bonne imperméabilité, sa teinte rouge et une odeur particulière. C’est l’huile de bouleau (ou de saule) qui lui donne sa résistance à l’humidité et son odeur empyreumatique caractéristique de la fumée d’écorce de bouleau. La couleur rouge sombre est donnée par une teinture tirée du bois Brésil ou Permanbouc.
Le cuir noir quant à lui est obtenu en faisant tremper le cuir dans une teinture métallogallique faite avec de la ferraille (sels de fer) et des noix de galle broyées (excroissance tumorale du chêne due à la piqûre d’un parasite) qui constitue la partie tannique. Ils sont mélangés dans de la bière aigre puis chauffés pour constituer le bain de teinture. Les cuirs de la buffleterie ne sont jamais graissés.
Suivant le règlement, la cartouche de cavalerie (troupe) contient douze coups, celle des dragons trente et six chez leurs officiers. Pour les dragons Héricourt indique que la demi giberne (30 coups) est "suivant le modèle pour l'infanterie, à poche et patelette de vache rouge" et pour les officier "une gibecière, garnie de six cartouches, suivant les modèles qui ont été envoyés à chaque régiment". Ces accessoires n'ont donc pas fait l'objet d'un règlement. Je n'ai pas trouvé trace d'une décoration particulière de la patelette.
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La giberne de dragon décrite par La Porterie en 1754 contient trois rangées de dix cartouches. La partie en cuir souple devant le bois forme une poche pour mettre des silex, des balles, le tire-bourre, etc... (La Porterie toujours).
Le Transport et le Port d’une arme neutralisée est autorisé dans le cadre d’une reconstitution historique. Le "port" d’une arme, par rapport à son "transport", c’est pouvoir la mettre en oeuvre immédiatement. Un Garand dans sa housse à l’épaule, c’est du transport. Sans housse, c’est du Port. Un pistolet à la ceinture, même dans un holster, c’est du Port. Les baïonnettes ne sont plus classées.
Si la reconstitution a lieu sur un terrain privé, (presque) tout est permis - même le tir - si la zone est sécurisée (le tir n’est pas une action de chasse) et que le bruit ne crée pas de nuisances au voisinage. Attention, seul le tir avec une arme mono-coup, à répétition ou semi-auto 3 coups (donc classée chasse ou collection) est possible sur une propriété privé. Le tir avec une arme classée soumise à autorisation (catégorie B) est interdit en dehors d’un stand d’une fédération sportive (les armes de poing, les semi-auto plus de 3 coups).
Les armes de conception antérieure à 1900 sont classées "collection" (libre). Ce qui veut dire que vous pouvez parfaitement commémorer 14-18 avec un Lebel ou un R35 (voir doctrine de classement) en parfait état de marche. Inutile de le faire neutraliser (sacrilège). Attention, les Mauser, Berthier et Mosin-Nagant - tous modèles confondus - sont reclassés en catégorie "Chasse" (soumis à déclaration). Ceux-là devront être neutralisés pour une reconstitution sur l’espace public.
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