L'histoire des armes à feu est une saga fascinante, marquée par des innovations constantes et des adaptations aux besoins militaires et sociétaux. Cet article explore l'histoire et la collection des cartouches à broche de calibre 12, un sujet passionnant pour les amateurs d'armes anciennes.
Depuis l'avènement des civilisations, les êtres humains se sont toujours dotés d’armes à distance (arcs, javelots, lances pierres…), quel que soit le contexte. L'élément déclencheur de cette révolution est l'invention de la poudre noire par les Chinois.
Au fur et à mesure du Moyen-Âge, les bombardes et les canons ont eu des déclinaisons de plus en plus petites, jusqu'à devenir des armes portables individuelles. Cette nouvelle ère des armes débute avec l’arquebuse. L'arrivée de la platine à silex enterrera l'ancien système de mise à feu.
Durant le XIXème siècle, un nouveau système de mise à feu a vu le jour : le système à percussion. Lefaucheux déposa un brevet d'invention en 1833 décrivant son célèbre fusil à brisure. Grâce à cette invention, il démocratisa ainsi le chargement par la culasse. La cartouche à broche est une grande invention: c'est la première fois que l'on réunit en une entité une amorce, de la poudre, bourre et plomb, permettant la démocratisation du chargement par la culasse.
L'utilisation d’étuis de munitions pour les transformer en objets du quotidien remonte bien plus loin qu’on ne le pense. Dans l’imaginaire collectif, les coupe-papiers montés sur des douilles de cartouches de Lebel ou les porte-mines issus de la même munition datent de la guerre des tranchées où, en 14-18, le poilu désœuvré n’avait d’autre occupation que de bricoler des souvenirs pour les générations à venir.
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La lecture d’anciens numéros de journaux comme Le Chasseur Français nous apprend que les premiers objets d’art populaire, issus de munitions, datent en fait de la fin du XIXème siècle. Dans le Chasseur Français du mois d’octobre 1889, sur la réclame dédiée aux Docks Réunis, on découvre ainsi toute une collection de nouveautés parmi lesquelles figure une « cartouche Lebel porte-mine. Nouveauté « des plus gracieuses… » qui représente exactement la cartouche et la balle du fusil Lebel.
C’est effectivement au décours de la Grande guerre que ces souvenirs particuliers vont connaître leur plus grande production et comment faire autrement alors que la matière première couvrait les champs de bataille et que les périodes de repos entre deux passages en premières lignes laissaient effectivement aux poilus du temps pour fabriquer des vases, des coupe-papiers, des briquets ou des porte-parapluies suivant le diamètre des objets récupérés entre deux assauts.
L'ordonnance du 9 décembre 1758 donne plus de précisions sur l’équipement des officiers et sous-officiers d’infanterie : « L’armement des officiers et sergens des compagnies de fusiliers de ses troupes et des cartouches ou demi-gibernes dont ils devront être pourvus… ».
Le monde des fusils Lefaucheux est vaste et plein de surprises. Après 1843, d’autres armuriers ont produit des fusils sous licence Lefaucheux. Cela explique la grande variété de modèles que l’on peut trouver. Identifier un fusil Lefaucheux demande de l’attention aux détails et une bonne connaissance historique.
Pour identifier un Lefaucheux, il faut regarder les poinçons, ici "invention C.Lefaucheux à Paris" (normalement il n'y a pas le "C"): poinçon apposé sur les armes de fabrique de 1833 à 1843 après le brevet tombe dans le domaine public.
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Voici comment fabriquer des cartouches à broches pour armes de poing:
Pour du 7mm, procurez-vous des cartouches de pistolet d'alarmes 8 mm K, assurez-vous qu'elles sont bien en laiton et non pas en fer laitonné. Pour du 9 mm, les douilles de 9 parabellum (9 Luger) vont très bien. Pour le 12 mm ça peut varier (280 remington, 7x64, 30/06, 45 ACP ect ...), mesurez au préalable le diamètre moyen des chambres du révolver a qui elles sont destinées.
Recoupez le culot au coupe tube, nettoyez ce qu'il reste du puits d'amorce et rebouchez a l'étain, ensuite ajustez le culot de la cartouche au tour pakistanais ou à la lime.
Percez le trou du passage de l'aiguille qui sert a percuter l'amorce. Introduisez une amorce et glissez l'aiguille dedans, mettez de la poudre, une balle, sertir et c'est fini.
Il est aussi possible de recharger des cartouches à broche pour 12 mm Lefaucheux en utilisant du matériel de chez HC. Toutefois, le système HC est mal abouti car les balles qu'il fournit pour les calibres 9 et 12 mm sont bien trop lourdes pour la dose de poudre qu'il est possible d'y introduire. Une alternative est de recharger avec des billes rondes de 445 et une dose de PNF 2 de 0,9 g.
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Le fusil de calibre 12 est le calibre de fusil de chasse le plus répandu et polyvalent. Il est utilisé pour une grande variété de types de chasse, allant du petit au grand gibier. L'un de ses principaux avantages est sa diversification, ce qui le rend adapté à la plupart des types de chasse.
Le calibre 12 s’est forgé une solide réputation grâce à son utilisation dans des contextes variés, allant de la chasse à des usages militaires. Il est adapté à une grande variété de gibiers, des petits oiseaux aux grands mammifères comme les sangliers. Que ce soit pour la chasse en battue ou dans des zones plus restreintes, le calibre 12 offre une grande souplesse grâce à sa puissance et sa précision.
Le fusil de chasse Winchester 1887 à levier de sous-garde a été fabriqué en calibre 12/65 (canon lisse) et en calibre 10/76 (canon lisse), à 64 855 exemplaires en tout pour les deux calibres. Cette arme existe en plusieurs longueurs de canon, mais dans tous les cas, la capacité du magasin tubulaire est de 5 cartouches.
Le modèle 1901 n’a été fabriqué qu’en calibre 10/76 (canon lisse). Le Winchester 1897 a une place importante dans l'histoire des armes à feu. Son design innovant de fusil à pompe à plat a été révolutionnaire pour l'époque et a influencé le développement ultérieur des fusils à pompe.
C'est en 1925 qu'est né le B25, premier fusil superposé qui représente le point culminant de la carrière du génial inventeur John Moses Browning. Quatre modèles de B25 sont lancés en 1931 et en calibre 12 : le Standard, le Pigeon, le Diana et le Midas. La version calibre 16 sera produite dès 1936. La production est interrompue en 1940 pendant la deuxième guerre mondiale et ne reprendra que quand l'usine de la FN Herstal sera reconstruite après les bombardements en 1948 date à laquelle est présenté la version en calibre 20.
Chronologie de fabrication des douilles:
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