Dans le jargon des chasseurs et tireurs, le terme "cartouche balle" peut parfois prêter à confusion, notamment lorsqu'il est appliqué aux fusils de chasse, traditionnellement associés aux cartouches à plombs. Cependant, il existe bien des cartouches pour fusil qui projettent une seule balle, conçues pour des usages spécifiques. Bien distinctes des munitions rayées d'une carabine, ces cartouches sont primordiales pour certaines pratiques de chasse, notamment pour le gros gibier avec un fusil, ou pour le tir sur cible. Comprendre leur fonctionnement et leurs applications est essentiel pour tout utilisateur.
Une cartouche à balle pour fusil est une munition conçue pour être tirée avec un fusil de chasse (généralement de calibre 12, 16 ou 20), mais qui, au lieu de propulser une gerbe de plombs, projette un unique projectile solide, la "balle".
Il est crucial de distinguer la cartouche à balle de fusil de la munition à balle d'une carabine :
Les balles pour fusil se sont perfectionnées au fil du temps pour offrir des performances adaptées aux différentes situations. Elles sont principalement utilisées pour le tir du grand gibier (sanglier, chevreuil) à courte distance en battue, ou pour le tir sportif.
Description : Historiquement la plus connue, c'est une balle lourde en plomb mou avec des nervures obliques. Elle est stabilisée par son poids, par ces nervures qui aident à la rotation dans le canon, et parfois par une petite bourre fixée à sa base.
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Usage : Idéale pour le tir du grand gibier en battue à courte portée (jusqu'à 50-60 mètres). Sa masse importante et sa capacité à se déformer à l'impact offrent un excellent pouvoir d'arrêt.
Compatibilité : Convient aux canons lisses et aux chokes améliorés (cylindrique ou quart de choke).
Description : Ce sont des balles plus petites que le diamètre du canon, logées dans une "bourre sabot" qui se détache une fois la balle sortie du canon. La balle elle-même est souvent en plomb ou en alliage, parfois avec des pointes creuses pour l'expansion.
Usage : Conçues pour une meilleure précision et une portée légèrement accrue (jusqu'à 70-80 mètres, voire plus avec un canon rayé spécifique pour fusil). Le sabot permet à la balle de passer en toute sécurité à travers les chokes serrés, et d'être stabilisée si le canon est rayé.
Compatibilité : Peuvent être tirées dans des canons lisses, mais sont optimales dans les fusils équipés de canons spécifiquement rayés pour balles ("canons slug").
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Description : Fabriquées dans des matériaux non-plomb (cuivre, laiton, alliages divers), elles répondent aux préoccupations environnementales et aux restrictions d'usage du plomb dans certaines zones. Elles conservent généralement mieux leur masse à l'impact.
Usage : Similaire aux balles Brenneke ou sub-calibrées, avec l'avantage d'être sans plomb. Leur comportement à l'impact peut varier (moins de déformation, plus de pénétration).
Compatibilité : Varie selon le design, toujours vérifier les recommandations du fabricant.
L'utilisation d'une cartouche à balle est régie par des règles de sécurité et des situations de chasse spécifiques :
Sécurité : Il est impératif de s'assurer que le canon de votre fusil est adapté au tir de balles. Les fusils à canon lisse peuvent tirer la plupart des balles, mais certains chokes (full choke, extra full) sont déconseillés avec certaines balles pour éviter d'endommager le canon.
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La cartouche à balle est la plus répandue pour le calibre 12, car ce calibre offre un bon équilibre entre puissance, polyvalence et disponibilité. Cependant, des versions existent aussi pour le calibre 16 et 20.
Le choix de la cartouche à balle doit être méticuleux. Il dépendra du type de fusil, du gibier visé, de la distance de tir prévue et des réglementations locales.
Depuis la balle ronde, différentes évolutions techniques ont été mises au point, notamment les balles à empennage, les cylindro-ogivales à base creuse (rappelant la balle Minié) et les balles sous-calibrées.
Au calibre du canon, les balles à empennage sont constituées d’un projectile, généralement en plomb, avec un dispositif en plastique ou en fibre à l’arrière. Ce dispositif sert à s’appuyer sur l’air et à redresser la balle sur sa trajectoire. La plus connue de ces balles est la Brenekke, datant de 1898. D’une manière générale, toutes ces balles donnent de bons résultats en précision et en énergie.
La catégorie des balles cylindro-ogivales est principalement occupée par les balles d’origine américaine appelées slug Foster.
L’apparition de la balle Sauvestre a marqué le lancement des balles sous calibrées. C’est la plus évoluée des balles courantes : elle est constituée de plusieurs matériaux, plomb, acier, plastique. Dans la cartouche, cette balle est ceinte de deux demi coques de plastique qui la tiennent en place et assurent l’étanchéité des gaz. Les fabricants américains proposent également des balles sous calibrées qui sont généralement, aujourd’hui, des balles demi blindées de calibre de calibre 50 installées dans des sabots de plastique. Ces balles nécessitent l’usage d’un canon rayé pour être stable, il peut arriver qu’elles basculent sur leur trajectoire quand elles sont tirées dans un canon lisse.
Pour obtenir le maximum de précision, on doit imprimer à la balle un mouvement gyroscopique. Les rayures du canon sont donc essentielles pour stabiliser les balles, en particulier les balles américaines de type ÉLITE WINCHESTER, qui doivent être tirées dans des canons rayés de 711 mm.
Si le canon de votre fusil est rayé, c’est le pas de rayure de votre arme qui va déterminer le comportement de la balle durant son vol. Plus la balle est longue comme les SAUVESTRE ou la BRENNEKE verte à empennage, plus le pas de rayures doit être important.
Les balles Françaises et Européennes : FIER et SAUVESTRE, ont été mises au point pour être tirées dans des canons lisses. Mais elles passent aussi dans des canons rayés.
« Il existe pour une balle donnée (calibre et masse) un pas de rayure et un seul ». Si vous la tirez dans un canon lisse ou un dans un pas de rayures de 889 mm, elle va arriver cul par dessus tête. Elle tuera quand même, mais sur un plan balistique c’est une aberration.
Avant de l’utiliser à la chasse, la première condition au choix d’une balle est de cibler de son fusil : des surprises, bonnes ou mauvaises, peuvent se produire. Bien tester le modèle de la balle que l’on emploiera : dans un même type de balle plusieurs chargements ne donneront pas forcément les mêmes résultats. Pour une balle donnée, un chargement en 70 peut convenir au fusil, mais le chargement Magnum donnera un autre résultat…ou le même.
Il n'y a pas de règles en la matière, chaque tube "acceptant " une balle mieux qu'une autre. Il existe plusieurs type de balles sous calibrées. A mon avis un essai sur cible s'impose et avec différentes balles. Les écarts de visées sont très importants suivants les balles. Donc choisir la balle qui porte le mieux avec son arme.
| Balle | Type | Caractéristiques | Utilisation |
|---|---|---|---|
| FIER | Ensabotée | Précise, puissante, sabot intégré | Chasse et tactique |
| SAUVESTRE | Sous-calibrée | Légère, rapide, conçue pour canons lisses | Chasse au grand gibier |
| BRENNEKE | Plomb massif | Pointe conique, ailettes stabilisatrices | Chasse au grand gibier |
| GUALANDI | Plomb massif | Efficace, similaire à BRENNEKE | Chasse au grand gibier |
Si les canons de 50 cm sont très bien pour pouvoir passer sous les branches autant pour ce qui est de laisser suffisamment la poudre brûler ce n’est pas tout à fait ça. On fait maintenant des chokes amovibles qui permettent d’allonger la longueur des canons. Mais d’après les experts en balistique, je cite : “Allonger la longueur des canons au delà de 70 cm ne sert plus à rien”. 66 cm c’est le bon compromis.
La cartouche destinée à être utilisée dans une arme rayée est trop souvent désignée par le terme galvaudé « balle » . La cartouche (nom de la munition complète) est composée d’une balle (le projectile), d’un étui (la «douille») d’une amorce et de poudre.
En se basant sur des faits concrets, la forme d’une balle est composée d’une série de solides géométriques. Sur une surface plane, à la verticale, on trouve d’abord une base, puis un cône de degré variable. Suit une section cylindrique, qui peut être striée ou non, et qui sera en contact avec le canon lors du passage de la balle. La partie suivante est l’ogive, qui existe sous trois formes principales : l’ogive sécante, l’ogive tangente et l’ogive hybride.
La forme de l’étui de munition, sa capacité, l’angle et la hauteur de son collet, parmi d’autres paramètres, peuvent conférer à deux balles identiques des comportements distincts.
Prenons l’exemple du calibre .30 (.308 / 7,82mm) très répandu. Une balle de 165gr, logée dans un étui de 308 Winchester (environ 780 m/s) ou de 300 Winchester Magnum (environ 1000 m/s), se comportera de manière radicalement différent. Au-delà de l’impact de la forme de l’étui sur la vitesse du projectile, c’est son «caractère» qui est le plus perceptible. Ce dernier réside dans sa capacité à propulser une balle à une certaine vitesse et énergie, avec un niveau de confort variable. Ainsi, des calibres qui utilisent des projectiles lourds (plus de 250 gr) générant beaucoup d’énergie peuvent être relativement confortables à tirer, tandis que des munitions qui propulsent des projectiles de 150 gr peuvent se révéler brutales ou désagréables. Globalement, plus les parois de l’étui sont droites, plus le tir sera confortable. À l’inverse, les étuis avec un angle de collet prononcé sont souvent considérés comme des calibres «virils». Sur ce point également, le vaste choix de projectiles tiendra à l’usage de ce dernier et de vos préférences personnelles.
Ces balles voient leur chemise (cuivre ou autre alliage) verrouillées au noyau par une gorge de sertissage. Cette dernière protège la partie arrière de la balle tout en laissant la partie avant s’expanser. L’adversaire redouté des grands sangliers… les balles dites « bonded » chez nos amis anglophones disposent d’une chemise intégralement solidaire du noyau de plomb.
Monolithiques ou monométalliques : comme leur nom l’indique, ces projectiles sont faits d’un seul bloc de métal, généralement usiné afin de lui donner les capacités expansives souhaitées.
Les rayures présentes à l’intérieur du canon d’une arme rayée ont une fonction fondamentale : elles impriment au projectile un mouvement de rotation extrêmement rapide autour de son axe longitudinal. Cette rotation, souvent qualifiée de « vertigineuse », est indispensable à la stabilité de la balle en vol. Sans elle, un projectile de forme ogivale aurait tendance à basculer, perdre sa trajectoire et devenir imprécis.
Le pas de rayures correspond à la distance nécessaire pour que la balle effectue un tour complet sur elle-même. Ce paramètre conditionne directement la vitesse de rotation du projectile. À pas de rayure constant, plus la vitesse initiale de la balle est élevée, plus la rotation sera rapide. À l’inverse, un pas de rayure trop long associé à une vitesse insuffisante engendre une rotation trop lente, rendant le projectile instable.
La stabilité d’une balle repose donc sur l’existence d’une vitesse de rotation minimale. En dessous de ce seuil, le projectile devient imprécis. Cette relation explique pourquoi les fabricants de canons choisissent un pas de rayure spécifique, généralement optimisé pour une plage donnée de projectiles, définie principalement par leur longueur et non uniquement par leur masse.
En pratique, les balles longues nécessitent une rotation plus rapide que les balles courtes pour rester correctement stabilisées. Lors de l’achat d’une carabine, celle-ci est en principe conçue pour fonctionner de manière optimale avec certaines munitions. Toutefois, les chasseurs peuvent être amenés à utiliser des projectiles différents selon les modes de chasse ou les conditions rencontrées. Le choix du projectile doit alors respecter l’équilibre initial prévu par le canonnier, car le pas de rayure du canon, lui, est fixe et ne peut être modifié.
Les modèles théoriques, comme la formule empirique de Greenhill ou la formule plus moderne de Miller, permettent d’évaluer l’adéquation entre le projectile et le pas de rayure. Ces approches introduisent notamment le facteur de stabilité (FS), indicateur clé de la qualité de la stabilisation gyroscopique. Un FS inférieur à 1 indique une instabilité, tandis qu’une plage comprise entre environ 1,2 et 2,5 correspond à une stabilité optimale. Au-delà, on parle de sur-stabilisation, susceptible d’augmenter la dispersion.
En pratique, d’autres paramètres influencent encore le comportement de la balle : équilibre interne du projectile, qualité de fabrication, coefficient balistique, vitesse initiale et conditions atmosphériques.
Lorsqu’une balle atteint un animal, deux phénomènes physiques fondamentaux entrent en jeu : l’énergie cinétique, responsable du travail de destruction dans les tissus, et la quantité de mouvement, parfois invoquée pour expliquer un prétendu « choc d’arrêt », mais dont l’importance réelle dans la létalité a souvent été surestimée.
L’énergie cinétique (Ec = ½ m·V²), décrite par Leibniz sous le concept de force vive, représente la capacité d’un projectile à produire un travail mécanique lorsqu’il est stoppé ou déformé. À l’inverse, la quantité de mouvement (m·V), formalisée par Descartes et Newton, traduit l’aptitude d’un corps en mouvement à communiquer une impulsion. À l’impact, ces deux grandeurs disparaissent partiellement ou totalement, laissant place à des phénomènes de balistique terminale : pénétration, cavitation permanente (déchirure tissulaire) et cavitation temporaire (onde de pression).
Pour comprendre ces effets, rappelons brièvement les bases. Dans la plupart des tirs de chasse, la composante d’énergie potentielle due à la gravité est négligeable ; l’énergie transférée dépend presque exclusivement de la vitesse résiduelle du projectile. De façon cruciale, la vitesse apparaît au carré dans la formule : une balle légèrement plus rapide peut donc délivrer beaucoup plus de travail destructeur, notamment par le biais de l’expansion (ou « mushrooming ») de l’ogive, processus indispensable pour transmettre efficacement l’énergie aux tissus.
Prenons un exemple représentatif : une balle de 15 g frappant un animal à 700 m/s libère près de 3 700 Joules. Les normes recommandées en France pour le tir des ongulés, notamment celles de l’ANCGG, exigent un minimum de 1 000 Joules à 100 m pour les chevreuils et au moins 2 500 J pour les sangliers ou cervidés adultes. Ces seuils correspondent à l’énergie minimale nécessaire pour assurer une destruction rapide d’organes vitaux avec un effet létal quasi-immédiat, à condition que la balle soit correctement construite (bonded, monolithique, demi-blindée, etc.) et conserve suffisamment de masse lors de la pénétration.
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