Le fusil Lebel Modèle 1886 est un fusil militaire français développé à l’origine pour l’armée française. Sa conception remonte à 1886, ce qui en fait l’un des premiers fusils à tir rapide de l’histoire.
Le premier fusil Lebel a vu le jour en 1886 grâce au ministre de la Guerre : le général Boulanger. Cette arme doit son nom au colonel Nicolas Lebel, un membre de la Commission des Fusils à Répétition. Ayant rapidement gagné en notoriété grâce à son système à répétition, elle a été adoptée par l'infanterie française en 1887. Le fusil Lebel est ainsi considéré comme la première arme d'infanterie utilisant la poudre sans fumée mise au point par l'ingénieur Paul Vieille.
Pour charger le fusil Lebel, il suffit d'introduire les cartouches via l'orifice du magasin.
Aussi étrange que cela puisse paraître, l’histoire du fusil dit “Lebel” est intimement liée à l’histoire du fusil Autrichien Kropatschek. Cela commence par l’adoption du Mle 1878 pour la marine française. Il s’agit d’un fusil du système Kropatschek et tirant la cartouche de 11x59R mm gras. Alors que l’armée de terre adoptait en 1874 le fusil Gras, qui n’est finalement qu’un Chassepot converti à la cartouche métallique, la Marine décide d’acheter et de faire fabriquer chez Steyr en Autriche (pratique inhabituelle pour l’époque !) des fusils Kropatschek. L’avantage par rapport au Gras Mle 1874 c’est que le fusil autrichien dispose d’un magasin tubulaire sous le canon d’une capacité de 7 cartouches dans le tube, plus une dans la chambre, augmentant ainsi considérablement le volume de feu d’une section. Ce qui, dans un contexte marin et colonial, peut s’avérer fort utile pour des troupes bien souvent en infériorité numérique.
Cependant, du côté de l’armée de terre, il n’était visiblement pas encore acquis que le fusil à répétition soit nécessaire. Pour en revenir au Kropatschek en France, il y avait plusieurs problématiques concernant l’adoption d’un fusil à répétition : la consommation de munition plus élevée, et donc le coût, mais aussi le fait qu’à ce moment-là les cartouches utilisent encore la poudre noire. Quiconque a déjà tiré à la poudre noire dans son revolver comprendra aisément que cela encrasse énormément les mécanismes et que cela produit de grosses fumées. Si la fumée est déjà pénible dans certains clubs de tirs, alors imaginez sur un champ de bataille avec une masse de soldats tirant tous ensemble et pire, ayant à disposition 8 cartouches à tirer en quelques secondes.
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Néanmoins, on peut noter que durant la guerre civile américaine de 1860-1865, quelques armes à répétition avaient été utilisées avec succès (Cela ne changea pas le cours de la guerre, mais c’est tout de même à noter…) et de plus, il est aussi relaté que durant la bataille de Plevna en 1877, la Turquie aurait largement repoussé les assauts des troupes russes, car les Turcs étaient équipés de carabine Winchester à répétition (probablement des modèles 1866 mais les sources sur le sujet sont maigres…). Certes, les armes à répétition utilisées à ce moment-là sont dans un calibre bien inférieur aux fusils d’infanterie de 11 mm, mais le volume de feu délivré compense largement les calibres plus petits.
Tous ces retex vont faire franchir le pas de l’arme de fantassin à répétition chez la plupart des puissances européennes et notamment la Prusse qui va convertir ses Mauser 1871 avec un magasin tubulaire en 1884. La MAS reprend alors le Kropatchesck de Marine Mle 1878 et l’améliore légèrement pour en faire le Mle 1884, chambré en 11 mm Gras et toujours à poudre sans fumée. Globalement, la ligne de l’arme ressemble beaucoup au modèle de Marine. Il connut immédiatement un successeur l’année suivante nommé Mle 1885. Il s’agit parfois de Mle 1884 convertis en 1885. La différence notable est la crosse séparée en deux, exactement comme le Lebel. Toutefois le calibre reste le 11mm Gras. Des fusils Gras ont aussi été convertis avec des magasins, pour des essais.
En fait, les Mle 1884 et Mle 1885 ne sont que des modèles de transitions qui vont amener directement à l’arme qui nous intéresse : le fusil Lebel Mle 1886. Sauf qu’au milieu de tout cela, le chimiste Paul Vieille découvre la poudre sans fumée en 1884, et cela va bouleverser l’armement mondial. Il est alors possible d’envoyer un projectile plus petit, plus loin et cerise sur le gâteau, sans générer un épais nuage de fumée lors du tir. De plus, la nouvelle poudre encrasse moins les armes et n’est plus corrosive.
Le 1er janvier 1886, le général Boulanger est nommé ministre de la guerre et ayant connaissance de cette nouvelle technologie, il veut absolument que la france ait une longueur d’avance sur l’allemagne (qui rappelons le avait le Mauser 71/84 à répétition) et il ordonne que lui soit présenté un nouveau fusil chambré avec la nouvelle cartouche à poudre sans fumée pour le mois de mai 1886. Autant dire qu’il était impossible pour nos manufactures de sortir aussi rapidement une nouvelle arme. La solution ? se baser sur le Kropatschek 1885 déjà existant, et l’adapter à la cartouche de 8x50R (8x51 selon la CIP).
En 1887, le “Lebel” (nom populaire donné par la presse) offre au fantassin une puissance de feu inégalable. L’armée française possède entre ses mains le meilleur fusil au monde, ce qui est surtout lié à sa cartouche : elle dépasse de très loin les performances balistiques en portée, vitesse et pénétration des autres cartouches et surtout ce qui était le plus important à l’époque, de l’Allemagne ! Sauf que cette adoption a été fort précipitée et il était évident que les autres nations n’allaient pas rester les bras croisés et conserver leurs fusils à poudre noire. L’Allemagne (toujours elle) ne tarda pas à développer sa propre cartouche pour son nouveau fusil : le Gewehr 88.
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Mais la différence c’est que le G88 se charge avec des clips du système Mannlicher (comme un fusil Berthier) et ce système de clips rend les magasins tubulaires comme celui du Lebel complètement obsolète. Certes, le fusil Lebel permet de mettre 8 cartouches dans le tube, plus une dans la chambre et éventuellement une de plus dans l’auget pour un total de 10 munitions contre 5 dans celui du G88, mais une fois les 10 coups tirés, le temps de rechargement va être extrêmement long. Ce qui signifie que sur une minute de tir, la cadence globale sera plus rapide avec le G88 qu’avec le Lebel.
Le drame dans cette histoire, c’est que le fusil Lebel était là pour durer dans l’armée française car si sa production était terminée depuis 1894, il était en nombre suffisant pour équiper l’armée de la mobilisation en août 1914. Le fantassin français est donc parti au combat avec un fusil obsolète à cause de son magasin tubulaire. À noter que la cartouche, elle, était par contre parfaitement apte et performante, du moins sans faire mention de la problématique de la forme de son étui pour les armes automatiques, mais c’est une autre histoire.... Durant le premier conflit mondial, les pertes colossales sur le terrain ont relancé la production de pièces à la manufacture de Tulle et il n’est pas rare de trouver des fusils avec des canons datés durant les années de la guerre. Cependant, le fusil Lebel était en train d’être remplacé par le Berthier 07-15, dont le magasin du type Mannlicher était plus convenable.
Le fusil Lebel a fait l'objet de deux modifications majeures :
Dans les évolutions du fusil, on remarquera que la plupart des exemplaires sur le marché sont marqués ‘M93’ sur le côté gauche du boîtier : il s’agit de modifications apportées en 1893 et appliquées sur la plupart des fusils. La fixation de la hausse a été améliorée, la tête de culasse est modifiée pour l’évacuation des gaz en cas de rupture d’étui et le bouchon de culasse est redessiné pour faciliter le démontage.
Enfin, en 1916, la hausse et le guidon ont été modifiés, pour une visée ‘carrée’ : le guidon est plat et dispose d’une fente comme sur les Berthier.
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Le fusil ‘Lebel’ sera encore utilisé après-guerre et il sera tenté de l’adapter à la nouvelle cartouche de 7,5x54 et un magasin de type Mauser en tant que Modèle 27. Ces exemplaires sont quasi introuvables sur le marché.
Détail d’un fusil Lebel ayant été modifié pour la balle N. Ce qui signifie que ce fusil était encore dans les stocks de l’armée en 1932.
RSC est l'acronyme du nom des trois ingénieurs : Ribeyrolle, Sutter et Chauchat. Ils travaillent de concert pour créer le M17 en 1916. Cependant, la production est stoppée en 1918, car les soldats ne sont pas convaincus par sa mise en œuvre.
Le Fusil Lebel 1886 est doté d’un canon de 8mm qui est légèrement recourbé vers le haut et d’un mécanisme de verrouillage qui peut être actionné d’une main. Il est équipé d’un mécanisme à levier de sûreté qui permet au tireur de tirer en toute sécurité.
La poignée et le canon sont ornés de l’inscription «Manufacture Saint-Etienne Modèle 1886 - M93» pour confirmer sa qualité et son origine.
Le canon et la boîte de culasse sont soigneusement bronzés, la culasse mobile est en acier poli.
L’épée-baïonnette a la forme d’une longue aiguille, elle est composée d’une lame quadrangulaire en acier poli, d’une poignée entièrement métallique et d’une croisière avec douille et quillon en acier.
But en blanc de 250 mètres avec planchette de hausse rabattue vers l’avant.
Le fusil Lebel entra en service dans l’armée française en 1886. C’était le premier fusil à chargeur du monde à être produit en masse. Il apportait une autre innovation : il utilisait la poudre sans fumée nommée Poudre B, inventée par l’ingénieur Paul Vieille (les fusils du XIXe siècle utilisaient alors la poudre noire et dégageaient beaucoup de fumée lorsqu’ils faisaient feu, ce qui gênait énormément les soldats et nuisait aux manœuvres). Cette poudre B fut ensuite remplacée par la cordite inventée par Alfred Nobel en 1887 (elle était plus puissante et plus facile à manipuler que la Poudre B). Ce fusil est considéré par beaucoup comme le premier vrai fusil moderne. On le modifia légèrement en 1893, ce qui lui valut l’appellation « Mle 1886 M93 ». Malheureusement, son statut historique n’arrangea en rien le fait qu’il était totalement dépassé en 1940 (notamment par sa longueur, son poids et l’utilisation des lame-chargeurs par les autres fusils) . Une version pour tireur d’élite fut produite au cours de la Première Guerre mondiale, avec l’utilisation des lunettes APX mle 1916 et APX mle 1917.
Comme précédemment indiqué, le fusil Mle 1886 dispose d’un magasin tubulaire. Pour l’alimenter, il faut simplement ouvrir la culasse et baisser l’auget avec votre pouce. Un petit clic caractéristique se fera entendre et vous aurez alors accès au tube. Il suffit ensuite d’insérer les cartouches une à une tout en n’oubliant pas que le ressort du magasin à une centaine d'années et qu’il peut vite fatiguer au-delà de 5 cartouches.
Une fois la dernière cartouche insérée dans le magasin, si vous refermez votre culasse il n’y aura aucune cartouche de chambrée puisque la dernière se trouve encore dans le tube. Il y a un petit coup à prendre mais en théorie il faudrait mettre votre dernière cartouche dans l’auget plutôt que le magasin, et avec un coup sec sur la culasse vers l’arrière, vous faites remonter l’auget donc la cartouche au niveau de la chambre.
Parce que : oui, les cartouches ne vont pas remonter toutes seules au niveau de la chambre, c’est bien la culasse qui actionne l’auget et ce par un mouvement sec et court vers l’arrière. Inutile de forcer, il faut juste que le geste soit vigoureux. Vous aurez alors le plaisir de ‘sentir’ l’auget remonter, et lorsque vous allez chambrer la cartouche, l’auget va redescendre tout seul pour faire sortir une nouvelle cartouche du tube et ‘préparer’ la montée au niveau de la chambre. Sinon vous avez un levier sur le côté droit du boîtier qui sert à bloquer la descente de l’auget lorsque vous fermez la culasse.
Voici les étapes pour le tir :
Cartouche engagée dans l’auget, prête à être chambrée.
Hausse et guidon du 2nd type, dont la forme est carré.
Une fois les manipulations de base comprises, vous aurez la joie d’emmener votre fusil Lebel au stand pour faire parler ce monument de l’histoire française des armes à feu réglementaires. À notre connaissance, PPU Partisan est la seule société à proposer des cartouches manufacturées de 8mm Lebel. Ces cartouches sont aptes à être tirées dans n’importe quel fusil : qu’il soit modifié N ou non. C’est une question qui revient assez souvent sur les forums mais il n’y a aucun problème de compatibilité.
De plus, si vous avez un fusil non modifié pour la balle N, c’est peut-être mieux ainsi car bien souvent les étuis tirés sont très gonflés et si vous rechargez cela fatigue les étuis et les craquelures au niveau du col apparaissent plus rapidement. Concernant le rechargement, tous les composants sont disponibles dans le commerce, et vous pourrez adapter des balles en .327 avec, par exemple, de la N150.
Si le Lebel est une belle arme élégante, néanmoins au stand vous constaterez qu’elle ne manque pas de défauts… Disons qu’on achète un Lebel pour son côté historique et non ses performances au stand, même si le fusil est loin d’être ridicule. Néanmoins, le premier point négatif est l’absence de poignée-pistolet. Ensuite la détente est… typique des armes réglementaires françaises avec un point dur immédiat, sans réelle course avant que le coup ne parte. Ce n’est clairement pas une détente match !
Quant aux organes de visées, cela dépendra si vous avez celle du 1er ou 2nd type: visée fine ou carrée. Étrangement, la visée carrée s’en sort mieux pour le confort du tireur, avec cette petite fente sur le dessus. La culasse, qui s’arme à l’ouverture, n’est pas non plus la plus fluide que l’on ait connu. Et pour terminer, le canon est assez fin et chauffe très rapidement : en seulement 15 cartouches, vous aurez un mirage, ce qui est évidemment très gênant si on envisage de faire le T.A.R. avec ce fusil !
Mais il faut bien comprendre que toutes ces considérations de tireur sportif ne sont finalement que secondaires par rapport au plaisir de tirer avec cette arme à haute valeur historique, et qui attirera forcément les curieux sur le pas de tir.
Cartouches rechargées avec balles PPU et N150: résultats honorables pour du tir posé à 100m.
Les passionnés de tir aux armes réglementaires seront ravis de découvrir les offres de fusils Lebel affichées sur notre site. Ce fusil est sûrement l'un des plus célèbres. Il fut utilisé notamment lors de la Première Guerre mondiale et était alors produit dans les célèbres usines de Tulle et de Saint-Étienne.
Voici une estimation des prix en fonction de l'état :
Il est important de noter que le marché des armes de collection peut être influencé par des tendances et des modes. Par exemple, certains collectionneurs sont prêts à payer plus cher pour des pièces en état d'origine, même si elles sont en mauvais état, tandis que d'autres préfèrent des armes restaurées en bon état.
Sur le forum Passion-Militaria, un utilisateur a demandé une estimation pour un fusil Lebel 1886/93 en mauvais état. Les avis étaient partagés :
Les discussions ont également souligné que le marché peut être imprévisible, avec des "pigeons" prêts à payer des sommes importantes pour des armes en mauvais état, tandis que des modèles en meilleur état peuvent avoir du mal à se vendre.
Un Lebel prix de tir, comme son nom l’indique, et comme pour les revolvers, est une arme qui supporte une plaque montrant qu’il a été offert comme… prix de tir.
Malheureusement, la majorité des fusils 1886-93 prix de tir ont été scrupuleusement déposés en mairie suite au décret d’avril 1939 (difficile de cacher l’existence d'une arme reçue en trophée ), leurs propriétaires recevant en échange un joli reçu. Et à l'arrivée des allemands, soit en 1940, soit en 1942 selon les régions, ils ont dû constitués de magnifiques "prises de guerre" pour les envahisseurs teutons. Et quand l'Allemagne a été occupée à son tour, ils auront été dispersés au USA, en URSS, et Dieu sait où encore, échangé contre des cigarettes, de la vodka ou des boites de corned-beef. Il faut dire que c’était le double du prix d’un revolver. Quand on vient à en offrir en nombre, ça compte.
Certains Lebel prix de tir ne sont pas très rares (j'en connais une douzaine ) mais avant leur déclassement .....les collectionneurs évitaient d'en parler , bien que in finé ils furent libérés .
Contrairement à la plupart des Lebel USTF vus, ce n’est pas un Lebel « civil » (comprenez fait dans les manufactures, mais destiné au marché civil et non matriculé). Il s’agit au départ bel et bien d’un réglo, normalement réceptionné à Saint-Etienne en août 1887.
Il a été reconditionné à Tulle, visiblement en juin 1911 (la lettre de la manufacture n’est pas toujours dans le prolongement du « MA »).
Meilleur fusil du monde lors de son adoption, en 1887, le fusil Lebel pouvait être considéré comme dépassé cinq ans plus tard.
| Caractéristique | Description |
|---|---|
| Calibre | 8mm |
| Mécanisme | Répétition à magasin tubulaire |
| Capacité du magasin | 8 cartouches + 1 dans la chambre |
| Poudre | Poudre sans fumée (initialement Poudre B, puis cordite) |
| Modifications notables | M93 (bouchon de culasse, tampon masque) |
| Fabrication | Manufacture Saint-Étienne, Tulle |
| Utilisation | Armée française (Première Guerre mondiale, opérations coloniales) |
| Estimation (bon état) | 400-500 euros |
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