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La précision du tir à la carabine de match dépend de nombreux facteurs, dont la ligne de mire et la correction de l'erreur angulaire. Cet article explore ces aspects en détail.

Formule de l'erreur angulaire

L'erreur angulaire est un décalage en cible causé par une imprécision dans la visée. Pour comprendre son impact, il est essentiel d'examiner les calculs et les facteurs qui l'influencent.

Calcul de l'erreur angulaire

Effectuons ensemble le calcul en prenant les bases suivantes :

  • J'ai une carabine 50m avec une rallonge (environ 1m de ligne de mire)
  • J'utilise un iris sur ma hausse dont le diamètre est d'environ 1mm.

En admettant que je décentre ma visée en erreur angulaire à moitié (je m'explique, au lieu de viser au centre de l'iris, je me décale pour viser par un point situé entre le centre de l'iris et son bord. Ce qui est un gros décentrage très facile à percevoir), on va obtenir la situation suivante :

décalage de l'iris (0,25mm) X distance de tir / longueur de la ligne de mire = 0.25 X 50 / 1 = 12,5mm

Lire aussi: Interpolation Linéaire et TRI

Dans cette situation, le projectile doit arriver avec un décalage de 12,5mm. On arrive en fait dans le 9. Et c'est un gros décentrage.

Théorème de Thalès

Le théorème de Thalès peut être utilisé pour calculer l'erreur angulaire :

Soit un triangle ABC, et deux points D et E des droites (AB) et (AC) de sorte que la droite (DE) soit parallèle à la droite (BC) (comme indiqué sur la figure ci-dessous). Alors on a : AD/AB=AE/AC=DE/BCA ton œilB la cibleC le point d´impactD le tunelE le décalage angulaire à niveau du tunelEn pratique, à 50 mètres (AB=50 m), la distance entre tes organes de visée est de 85 cm (AD=0,85 m), et tu commets une erreur angulaire de 0,5 mm (DE=0,0005 m), alors le résultat sur la cible sera BC=50 x 0,0005 /0,85 = 0,029 m = 2,9 cm = un joli 6 !!!!

Dans une erreur angulaire, on voit le guidon du tunnel et la cible concentriques, mais pas le dioptre. Grosso modo, le résultat s´amplifie 10 ou 50 fois (quotient entre la distance de la cible et la distance entre les organes de visée), que par rapport à une erreur à niveau du guidon du tunnel et la cible. Au pistolet ce problème est beaucoup plus grave (3 ou 4 fois plus) parce que la distance entre les organes de visée est plus petite.

Le décalage que je parle c´est au niveau oeil dioptre comme tu dis, mais projeté au niveau du tunnel. Si ton œil est proche du dioptre, on peut décaler beaucoup plus que ça. En général le tunnel (pas le guidon) on le voit 3 à 5 fois plus petit que le dioptre. Les tunnels ont 22 ou 18 mm de diamètre.

Lire aussi: Sécurité angle de tir

Impact des dénivelés sur la précision

Lors de tirs à longue portée avec des différences d'altitude significatives, la trajectoire de la balle est affectée. La gravité exerce une influence maximale lorsque la trajectoire est perpendiculaire à l'attraction terrestre. Il faut donc calculer rapidement la distance « gravité » de la cible, par opposition à la distance « ligne de mire » fournie par un télémètre laser, par exemple.

Malheureusement, une tendance est observée couramment chez les tireurs, même chez ceux de grande expérience, c’est celle de surestimer la valeur de l’angle de tir, ce qui va également fausser la précision finale par excès. Savoir compenser lors de tirs réalisés en descente et en montée est donc pratiquement une science car il sera indispensable d’opérer une lecture très précise de l'angle de dénivelé pour être précis.

Angle de prise de vue et visée

Après avoir estimé la force et la direction du vent et la distance de la cible, l'angle d'inclinaison du tir est l'un des moins compris et pourtant, c’est un paramètre tout aussi important que les autres à prendre en compte pour pratiquer le tir à longue distance. Que ce soit pour un tir vers le haut ou le bas, la balle subira un impact non négligeable sur sa trajectoire estimée, et cela est dû notamment à la pesanteur.

La trajectoire reste la même. Ce qui change en fait est la chute de balle. La trajectoire est supérieure à la ligne de visée. Il y a seulement une différence subtile entre dans la trajectoire de tir montée et en descente, en raison de l'effet de traînée agissant respectivement vers le bas et vers le haut, ce qui provoque le fait que la balle va tomber plus ou moins rapidement. La différence de trajectoire est faible et de l’ordre de plus ou moins 5 pouces à 1000 yards avec un angle d'élévation ou de dépression de 60 °.

Exemple pratique

Situation : Notre tir se fait à flanc de falaise alors que notre cible est dans le fond de la vallée. Que ce soit en utilisant un viseur télémétrique ou en utilisant notre estimation pratique de la distance de tir, nous apprenons ou estimons, par exemple, que la distance entre nous et notre cible est de 500 mètres.

Lire aussi: Calcul des scores au tir : Explication détaillée

Instinctivement, nous pourrions donc nous dire que notre portée est de 500 mètres, régler nos tourelles de lunette en fonction, aligner notre « crosshair » et appuyez sur la détente. Mais cela se traduirait par un échec lorsque la balle passerait au-dessus de notre cible. Et s’il s’agissait d’un petit gibier, ce serait foutu … l’animal n’attendrait pas notre second réglage !

Dans le cas qui nous occupe, bien que la balle se déplace sur une trajectoire de 500 mètres entre vous et la cible, elle n’est affectée par la gravité que sur seulement 410 mètres. Et donc, lorsque vous composerez le nombre de clicks en élévation sur votre lunette pour l’adapter à votre distance de tir à la cible par rapport à votre zérotage initial (par exemple, lunette réglée à 100m), vous devrez utiliser cette mesure de 410 mètres dans vos calculs, et non pas les 500 mètres de la distance « ligne de mire » fournie par votre télémètre laser.

La plupart des télémètres modernes ont la capacité de compenser cela en utilisant un inclinomètre intégré. Ceux-ci calculent la différence d'angle que ce soit en visant vers le haut ou vers le bas, et affichent directement la distance pratique à tenir en compte par le tireur.

Calcul mathématique de la distance "gravité"

Voici les deux techniques mathématiques qui vont vous permettre de calculer manuellement la distance « gravité » de la cible.

Si vous connaissez l’angle d’inclinaison et la distance exacte à la cible

Il suffit de faire appel à vos notions de trigonométrie. Que ce soit en montée ou en descente, rappelez-vous que le calcul est le même. Nous avons vu que la ligne de mire représente l'hypoténuse du triangle ou encore son côté le plus long. Le terme « cosinus » étant une façon élégante de nommer le rapport entre la longueur du côté adjacent du triangle à la longueur de l'hypoténuse.

De plus, le côté du triangle qui se prolonge horizontalement à partir du point C au point B est appelé le côté adjacent et le côté du triangle qui se prolonge verticalement à partir du point C au point A est appelé le côté opposé. Ici, nous tirons du point A. Nous cherchons à connaître la distance C B parce que la gravité affecte uniquement la balle en fonction de la distance horizontale à la cible et donc, après transformation de formule, on a :AC = cos α x AB

Pour rappel, en géométrie, la somme des angles d'un triangle est égale à l'angle plat, soit 180 degrés. Dans notre exemple, nous connaissons l’angle α avec α= 35° et avec cosinus 35° = 0, 819152 Et comme la somme des angles vaut 180°, nous aurons 90° pour l’angle droit + α (ici, 35°) + X X étant l’angle dont nous devrons prendre le sinus pour atteindre notre calcul final.

Et donc ici : X = 180° - (90°+35°) = 55° dont le sinus (55°) vaut strictement la même valeur que le cosinus (35°). C’est-à-dire : 0, 819152 Et donc : CB = 0, 819152 x 500 m = 409.576 m soit ± 410 mètres. CQFD !

Si vous connaissez votre altitude exacte et la distance exacte à la cible mais pas la pente

Il suffit de faire appel au théorème de Pythagore. Vous connaissez votre altitude exacte (ici, 20 yards - Au sommet du bâtiment - côté Y de votre triangle rectangle) et votre télémètre laser pointe votre cible, située en bas, à 100 yards (votre hypoténuse). Appliquons la formule : X² = 100² - 20² Et donc, X = (racine carrée de 9600 yards) = 98 yards.

Comme nous l’avons vu précédemment, l’erreur sera minime et négligeable, ce qui ne vous obligera pas de modifier le réglage de votre tourelle en élévation (par rapport à votre zérotage initial) pour pouvoir toucher votre cible.

Méthodes et moyens de mesure de l'angle de visée

Plusieurs méthodes et outils peuvent être utilisés pour mesurer l'angle de visée, notamment les indicateurs d'angle, les applications pour smartphone et les télémètres laser.

Indicateurs d'angle

La première étape consiste à vous équiper d'un dispositif (ACI) qui mesure l'angle et dont l'inventeur serait un vétéran de l'armée américaine. L’indicateur d'angle sera monté sur votre lunette ou sur le rail de votre montage. Robustes, non affectés par les conditions météorologiques, fiables, précis et relativement peu coûteux (+/- 150€), également appelés indicateurs de cosinus d'angle, ils sont très populaires auprès des passionnés de TLD.

Les tableaux qui l’accompagnent fournissent les mesures de distances correspondantes. Il est efficace, mais malheureusement plutôt lent par rapport aux appareils électroniques.

Vous devez viser et pointer votre canon vers la cible qui est par exemple, vers le haut de 20 degrés à 500 yards. L’ACI étant fixé précisément sur l'axe longitudinal, il va tourner automatiquement en position et indiquer la lecture de 0.94, qui est le cosinus de 20 degrés. Vous restera alors à calculer et régler la bonne élévation tourelle.

Une façon plus simple de procéder est de considérer le cosinus en pourcentage de la distance réelle de la cible. Par exemple, si votre indicateur d'angle indique près de 20 degrés, le pourcentage de cosinus (0,940) indiquerait de tirer à 94 % de la distance réelle. L'ACI est disponible en deux versions: en mesure d'angle et en mesure de cosinus. L'ACI qui lit les mesures d'angle au lieu des chiffres de cosinus est utile si vous saisissez l'angle de visée dans un programme balistique.

Montage de l'optique et conséquences

La hauteur du montage de l'optique par rapport au canon peut influencer la convergence à certaines distances. Plus tu éloignes ton optique de l'axe du canon, plus la divergence sera élevée quand tu t'éloigneras de la distance à laquelle tu as fait ton zéro. Pour la chasse, ce sera négligeable car cela signifie peut-être 1 ou 2 cm de décalage.

Par exemple, avec une Remington 700 canon de 26" en 300WM avec une 200gr et un zéro à 100m, une optique très basse (axe optique à 4cm de l'axe du canon) donne une chute de 0,2cm à 50m et de 11,5cm à 200m. Si on monte la lunette de 3cm, la chute passe à 1,5cm à 50m et à 15cm à 200m.

Il est conseillé de faire des tirs d'essais à différentes distances pour connaître les compensations à appliquer. Mieux vaut faire des tirs d'essais, car si théoriquement et logiquement les différences devraient en effet être minimes, on peut s'attendre parfois à des surprises assez importantes.

Plus tu éloignes ton optique de l'axe du canon, plus la divergence sera élevée quand tu t'éloigneras de la distance à laquelle tu as fait ton zéro. Pour la chasse, ce sera négligeable car cela signifie peut-être 1 ou 2 cm de décalage.

Pour la chasse, ce sera négligeable car cela signifie peut-être 1 ou 2 cm de décalage. Je vais prendre l'exemple concret de mon ancienne Remington 700 canon de 26" en 300WM avec une 200gr et un zéro à 100m. Mon optique était très basse, à 2mm du canon donc j'avais un axe optique à seulement 4cm de l'axe du canon. Cela donne une chute de 0,2cm à 50m et de 11,5cm à 200m. Si je monte la lunette de 3cm, mon calculateur balistique me dit que la chute passe à 1,5cm à 50m et à 15cm à 200m.

C'est relativement négligeable, 1cm à 50cm et 3,5cm à 200m, mais ce serait quand même bien que tu fasses quelques tirs de réglage à différentes distances pour savoir de combien tu dois contre-viser.

Calcul de sa propre table balistique

Il est important de calculer sa propre table balistique tous les 50 mètres (25 m pour les furieux du nuisible de petite taille), et ... la connaître presque par cœur !

Il est intéressant de noter :

  • la distance du premier zéro,
  • la distance à laquelle la flèche est à son maximum (+ 4 cm)
  • la distance du deuxième zéro, point visé = exactement point touché
  • la distance du but en blanc, c'est à dire la distance à laquelle la balle est juste à - 4 cm.

La distance du premier zéro donne une bonne idée de la correction à très courte distance. Ce n'est pas très compliqué à calculer avec le calculateur balistique Norma gratuit en ligne (en français et mètres) ou Point Blank téléchargeable (en anglais et mètres).

Alignement de la hausse et du guidon

Pour bien viser, il est essentiel de bien aligner la hausse et le guidon. La position du guidon dans l'encoche de la hausse est cruciale pour un tir précis.

Il faut viser comme ça, haut du guidon aligné sur le haut de la hausse. Pour un point visé point touché, grande feuille blanche puisqu'à priori, tu n'es pas dans la cible, rond noir au milieu, en appui, 5 tirs, mesure du groupement pour trouver la moyenne, puis tu entres les mesures là dedans urrp.free.fr/hausse/formulaire.php et ça te donnera le calcul de la dérive à faire sur ta hausse, et le plus gros réglage sera fait. Ensuite, tir sans appui, et tu fignoles ton réglage

Il faut :

  1. Cible floue
  2. Marge de blanc
  3. Guidon net
  4. Hausse (encoche de mire) net

Organes de visée du fusil Lebel

Le fusil Lebel, tout comme le Berthier Modèle 07/15 possède un canon rayé à gauche (au pas de 240 mm). Le sens des rayures à gauche engendre une dérivation de la trajectoire de la balle vers la gauche, c'est la dérivation gyroscopique bien connue des tireurs à longue distance et des artilleurs.

Pour contrer cette dérivation vers la gauche, les concepteurs du fusil ont déporté le guidon vers la gauche afin de déplacer le tir vers la droite. Ces dispositions sont rendues nécessaires par le fait que la hausse est graduée jusqu'à 2400 mètres. Cette distance de 2400 mètres peut paraître surpenante de nos jours mais elle prend tout son sens si l'on se replonge dans le contexte de l'époque où l'on pratiquait le tir de salve, c'est à dire qu'une compagnie complète effectuait un tir simultanément sur un objectif désigné à des distances supérieures à 1200 mètres.

Ce qui comptait n'était pas l'aptitude d'un tireur à atteindre sa cible (encore que nos anciens ne tiraient pas plus mal que nous) mais la convergences de multiples trajectoires, la dispersion inhérente à la balistique faisant son oeuvre.

Les tireurs à longue distance corrigent systématiquement la dérivation gyroscopique,,qu'elle soit à gauche ou à droite, en fonction du sens des rayures de leur arme et de la distance de l'objectif. En calibre 7.62X51 (otan) la correction est sensible à compter de 500-600 mètres.

Dom51 a écrit:J'ai remarqué que le haut du guidon est décalé vers la gauche et que la hausse présente également ce décalage (crans de mire). A priori ont pourrait se dire que le guidon décalé vers la gauche de quelques dixièmes et le cran de mire pareillement décalé dans le même sens, cela ne déplace que de très peu le point d'impact à courte distance. Mais à plus longue distance cela génère une compensation progressive qui augmente avec la distance et ceci "avec modération".

Comparer aussi le décalage relatif du cran de mire "faibles distances" avec celui du cran de mire "longues distances" : il est souvent différent, ce qui permet déjà deux corrections sans devoir pencher ou cintrer la planchette.

tags: #calcul #ligne #de #mire #carabine #match

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