L'histoire des braquages est jalonnée de figures et d'événements qui ont marqué les esprits. Parmi eux, l'utilisation de revolvers à poudre noire occupe une place particulière, souvent associée à des récits audacieux et à des personnages hors du commun.
De 1981 à 1986, le gang des Postiches a dévalisé des banques en équipe. Leur particularité : ils étaient postichés, grimés, maquillés et déguisés parfois en rabbin, en diplomate russe ou en bourgeois du 16ème arrondissement.
En ce début d’années Mitterrand, les Postiches sont parfois présentés comme des « Robins des bois » : ils crient « contrôle fiscal » au lieu de «hold-up » en entrant dans les banques. Braquages après braquages, ils accumulent un butin de plusieurs dizaines de millions d’euros d’aujourd’hui ! Les agences bancaires ne gardent plus beaucoup d’argent dans leurs coffres et sont de plus en plus sécurisées : qu’à cela ne tienne ! Les Postiches s’attaquent à une nouvelle cible : les petits coffres des particuliers remplis de lingots d’or, de bijoux ou de liasses de billets.
A la fois imprévisibles et « professionnels », ces braqueurs font les choux gras de la presse. Et les Postiches s’attirent la sympathie de l’opinion publique car après tout, il n’y a pas mort d’homme. Pourtant, ces gangsters peuvent faire preuve d’une violence inouïe et n’hésitent pas à ouvrir le feu…
C'est l'histoire d'un journaliste à la retraite qui écrivait "des chroniques judiciaires et traitait des faits divers" dans les colonnes d'un quotidien régional de Loir-et-Cher, raconte 20 Minutes. Selon le journal gratuit, l'homme a été interpellé lundi par les policiers... pour avoir braqué cinq magasins de la ville de Blois.
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"Il s’est approprié les compétences techniques qu’il relatait dans son journal", explique une source policière à 20 Minutes. Grâce à ces "compétences techniques" engrangées durant sa carrière, l'ancien journaliste avait monté tout un stratagème : "Au moment de la fermeture du magasin, il se cachait dans une cabine d’essayage avant de sortir un 'pistolet à poudre noire' et de braquer le magasin", raconte encore la source policière. Zélé, le braqueur s'apprêtait à commettre un sixième braquage, avant que la police ne mette fin à ses ambitions, précise le journal gratuit.
Ange Lucarroti est un de ceux-là. Sa vie fut une véritable « Série noire » dont on aurait pu faire un film dialogué par… Michel Audiard ! Car cet Ange-là, dont le patronyme sent plus le maquis corse que les bords de Garonne, est pourtant « bien de chez nous » si tant est qu’être né quelque part ait encore du sens quand on ne vécut que quelques années à Clairac où il vit le jour en 1913.
À l’éducateur qui lui demande fin 1948, à la prison d’Ensisheim, ce qu’il va faire à sa sortie, Ange Lucarotti a l’honnêteté de répondre que, hormis voleur, il n’a pas vraiment de métier. Alors, il va reprendre le chemin des banques vu que, il n’y a que là qu’on peut retrousser de l’oseille.
Au mois d’avril 1960, il a purgé toutes ses peines avec toutefois l’épée de Damoclès des sursis cumulés. Mais ce serait trop lui demander que de raccrocher. Lors d’un banal contrôle d’identité dans un bar de Pigalle, il présente aux policiers des tocs (faux papiers). Au tribunal correctionnel cette fois, les sursis tombent. Résultat, retour en cellule pour un an.
Avec son frère et deux autres complices, il tente un hold-up audacieux dans une bijouterie du 9e arrondissement. Mais la police est déjà sur les lieux avant que le quatuor n’ait eu le temps de s’arracher. Ça défouraille dans tous les coins et un policier est sérieusement blessé. Ange et son frère sont arrêtés.
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Cette fois, c’est grave et la cour d’assises de Paris ne fera pas dans la demi-mesure… les deux frangins sont condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité. Ange réussit à faire entrer un revolver en pièces détachées. Le 20 janvier 1964, les deux frères prennent un surveillant en otage et se font ouvrir toutes les portes.
Paris est devenu « trop chaud » pour les frères Lucarotti, alors on prend la direction de Marseille où le milieu local va les accueillir comme on doit le faire pour des frères insulaires qui ont besoin de prendre l’air. Se faire la belle, c’est bien, mais ça vous lâche tous les perdreaux de l’Hexagone aux trousses. Cette fois, il faut se résoudre à quitter le pays.
Ange Lucarotti est maintenant devenu le boss qui réceptionne pour le compte de la French la cocaïne pure à 90% que Jo Césari dit « le chimiste » tire de ses éprouvettes dans les labos clandestins de Marseille. Devant une cour fédérale, il ramasse une condamnation d’élimination.
Par les remises de peines, il est libéré en 1987. Il a alors 74 ans. Il traîne dans les rues et les bars toulousains comme il le faisait à Paris. Immanquablement, il y rencontre quelques malfrats qui, justement aurait besoin d’un chouf pendant qu’ils iront casser des coffres. Ange accepte avec enthousiasme.
Pendant pratiquement trois mois, dix à quinze hommes, se relaient dans les égouts de Nice pour creuser un tunnel de 8 m de long qui débouche directement dans la salle des coffres de la Société Générale de l’avenue Jean-Médecin. Chaque nuit, ils accèdent au dédale souterrain des égouts niçois par l’entrée amont de la partie couverte du fleuve Paillon, sous le Palais des Expos.
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Le cerveau du Casse sait qu‘il ne craint rien. Aucune vibration ne viendra faire sonner d’alarme. Il a tout préparé, tout prévu. Un ami employé à la Société générale lui avait appris que la salle des coffres de l’agence de Nice était dépourvue de système d’alarme, ses murs en béton d’1,80 m d’épaisseur étant censés être une protection suffisante.
Le vendredi 16 juillet, c’est le grand soir : à 21h30 le mur est percé, le coffre qui y est appuyé, renversé grâce à un vérin. L’équipe s’installe dans la salle des coffres où elle va camper tout le week-end. En deux jours et trois nuits, 371 coffres sont ouverts, les lingots d’or et les devises entreposés dans la « réserve » de la banque, la caisse qui alimente les distributeurs automatiques de billets, sont aussi embarqués.
Le cerveau du casse du siècle profitera d’un de ces rendez-vous, le jeudi 10 mars 1977, pour sauter par la fenêtre de celui qu’il appelle « mon petit juge ». Il atterrit sur une bordure, avant de se jeter sur le toit d’une voiture garée en contrebas qui amortit sa chute, puis d’enfourcher la moto d’un complice, qui démarre en vrombissant.
Après ce nouveau coup d’éclat, Spaggiari, passera le reste de sa vie en cavale. Mais ne cessera de faire des pieds de nez aux autorités, dans les médias, qu’il adore. En 1979, il est en Suisse. L’homme vit en Amérique du Sud, le plus souvent en Argentine.
Spaggiari ne cessera de chercher à retrouver ses racines. De courir. C’est la maladie qui le rattrapera. Bandit ou héros ? Fasciste ou Robin des bois ?
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