L'étang du Valvert, un écrin de verdure près de Noyal-Pontivy, s'anime lors du grand rassemblement annuel de l'association Passion Jeep 56. Des hommes en tenues militaires installent leur bivouac au bord du plan d'eau, des hérissons tchèques interdisent l'accès à l'aire de jeux, et les ronronnements de véhicules militaires couvrent les gazouillements des oiseaux.
Une bourse militaria, dédiée aux objets militaires, est un grand rassemblement d’objets militaires, en majorité issus de la Seconde Guerre mondiale.
Selon Bruno Buffard, organisateur du salon, « plus de 150 exposants », antiquaires professionnels ou des collectionneurs passionnés, seront présents. Ils sont une majorité de Français, mais aussi quelques étrangers. Fusils, treillis, médailles, drapeaux… sont exposés lors de cet événement.
Avril 2010 : Adrien Denis a 28 ans. Jeune retraité de l'armée, il trouve du travail en Centre-Bretagne et pose ses valises à Pluméliau. L'homme s'ennuie ferme : sa Bourgogne natale est loin, tout comme les copains avec lesquels il a l'habitude de partir en « virée Jeep ». Comme une bouteille à la mer, il créé un forum sur internet.
Rapidement, des dizaines de passionnés de militaria s'inscrivent. L'association recrute jusqu'au Canada d'où vient Éric Martin, quincaillier québécois âgé de 49 ans, devenu la mascotte de la bande et qui, cette année encore fait le déplacement pour le grand raout de l'association - sans son 4x4, mais avec sa tenue !
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Costumes, objets d'époque, véhicules... Au sein de l'association chacun des 354 membres trouve « Ranger » à son pied. Alors qu'une « Willys » se négocie de 6.000 à 20.000 EUR, Adrien Denis admet que tous les membres n'ont pas les moyens de s'acheter un véhicule, « du coup, ils se reportent sur l'habillement ».
Johann Kergourlay, 22 ans, étudiant à l'IUT de Pontivy, est de ceux-là et il admet avoir déjà dépensé plusieurs centaines d'euros en tenues et objets depuis le début de l'année.
« Le militaria, c'est vrai, ça prend un peu plus de place que les timbres », sourit Christophe Dion, 46 ans, habitant de Saint-Gonnery (56) lui aussi militaire à la retraite qui admet avoir un peu de mal à « couper le cordon ».
Jerricans, coffres, pièces détachées... « J'en ai plein le garage ! », souffle Adrien Denis dont la compagne se voit automatiquement obligée de garer son véhicule dans la rue. « Elle dit souvent que ma Jeep, c'est ma maîtresse », s'amuse-t-il.
Une maîtresse que « le Gros » - son nom de « combat » - n'hésite pas à malmener : « Je m'en sers pour faire ce pourquoi elle a été conçue : le tout-terrain, assure le président. Ce n'est pas une Jeep de salon, je ne demande pas à mes passagers de s'essuyer les pieds avant de monter ! ».
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Ainsi, chacune des balades commence sur les routes « où les gendarmes nous arrêtent par curiosité » et se terminent dans des bois privés où ces véritables allumés prennent un plaisir tout particulier : « T'imagines, rester plantés en forêt avec la Jeep, creuser pendant huit heures, ne pas arriver à se dégager et être obligés de monter un bivouac ? Le bonheur ! », lance Christophe Dion à son président.
« Ma spécialité, c'est de " poser " le châssis. Ensuite, je creuse », répond, dans un sourire de grand enfant, Adrien Denis.
Pour ses 33 ans, qu'il fêtera vendredi, le jeune homme est gâté : il reçoit la visite d'une centaine d'hommes en tenue et espère accueillir 40 véhicules sur site. D'autres associations bretonnes amènent d'ailleurs leurs représentants : Le Liberty Breizh memory group, de Plouharnel (56), Brest 44, Souvenir militaire Centre-Morbihan, de Locminé (56) ou encore les Costarmoricains de Westerwald, en tenues allemandes.
« Un groupe sérieux, juge-t-il. Des passionnés du matériel et notamment des motos. Ce ne sont pas les nazis nostalgiques des bruits de bottes que l'on a pu rencontrer sur certains rassemblements... ».
Crédibilité de l'événement oblige, les casques à pointe n'auront pas droit de cité sur le bivouac allié et devront stationner sur une autre rive.
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« Ah bah, je suis désolé mais c'est la guerre ! », soufflerait le colonel Blanchet joué par Robert Lamoureux dans la trilogie de films sur la « Septième compagnie », référence vaudevillesque plus que culte dans cette bande de joyeux militaires du dimanche.
Bivouac ouvert au public samedi et dimanche, à l'étang du Valvert, à Noyal-Pontivy.
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