Le salon international de l'arme ancienne et du militaria, une bourse des armes de collection, se tenait dimanche 20 novembre à l'Espace Tête d'Or, à Lyon. Il rassemble deux fois par an des amateurs d'armes venus de toute la France.
Cette année, le salon se tient dans un contexte particulier après la spectaculaire saisie d'armes chez un papy collectionneur lyonnais en septembre dernier. Des centaines de pièces rarissimes avaient été confisquées, dont un fusil datant de 1728. Cette arme de collection a été officiellement détruite deux mois plus tard. Dans le petit monde des collectionneurs, la pilule a du mal à passer...
Récemment dans une bourse aux armes, un collectionneur me racontait attristé que le brocanteur de son village du Sud Ouest avait eu la visite des gendarmes qui lui avaient fait détruire, sous peine de procès verbal, un masque à gaz de la 1re Guerre Mondiale.
Le principe du masque « anti-gaz » a été inventé en 1799 pour protéger les mineurs des poussières. Avant la Première Guerre Mondiale ce n’est qu’un simple appareil comportant un simple morceau de coton, d’éponges mouillées et deux tuyaux pour récolter l’air près du sol. Cette nouvelle protection devenait indispensable après la bataille d’Ypres et l’utilisation d’une arme nouvelle, le gaz de combat sous forme de chlore gazeux.
Pour l’Etat, il fallait éviter que des matériels de mauvaise qualité se retrouvent sur le marché. Tout naturellement le décret de 1939 a classé les masques à gaz en 3e catégorie, afin d’en surveiller les fabricants et de contrôler la qualité de fabrication. Si c’est dans une intention louable que ce classement a été fait, les services répressifs poursuivent des collectionneurs et ordonnent la destruction de ces matériels.
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Pour lutter contre le chlore gazeux, les soldats de la 1re Guerre Mondiale ont commencé par uriner ou mouiller avec un mélange de bicarbonate de soude dilué dans de l’eau des chiffons placés sur leur visage. L’ammoniac contenu dans l’urine réagissait avec le chlore en produisant des chloramines et limitait ainsi les effets du gaz.
- Sécurité, les matériels de 3e catégorie doivent être détenus dans des lieux sécurisés. Mais dans une circulaire d’application il est précisé : “En ce qui concerne les matériels de 3e catégorie (protection contre les gaz de combat), seules peuvent les détenir les personnes morales de droit public ou de droit privé, à l’exclusion des personnes physiques." ? Il est donc clair que la détention d’un simple masque à gaz par un simple particulier est interdite.
On a détourné une simple mesure de protection du consommateur en interdiction pure et simple, par méconnaissance du sujet !
Une directive européenne [3] traite de l’utilisation des équipements de protections individuelle (EPI). Elle précise les obligations des employeurs en matière d’évaluation des risques, des sélections des matétils les mieux adaptés, d’attribution et d’entretien des équipements, d’information et de formation des salariés à leur port et utilisation.
Les masques disponibles filtrent les particules, les poussières, les gaz et les vapeurs. Ils sont bien plus efficaces que les “antiquités" ?
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