Cet article explore des incidents impliquant des boulangers et des armes à feu, en mettant en lumière des cas de légitime défense, de courage civique et les suites judiciaires. Des situations extrêmes où le quotidien d'un artisan se transforme en scène de crime ou en acte héroïque.
C'est devant un ancien commerce de la rue Lesage à Reims que s'est déroulé un drame. Le 12 février 1989, Ali Rafa, 23 ans, était abattu d'une balle en pleine tête dans une boulangerie à Reims. Le drame de la rue Lesage allait défrayer l'actualité rémoise et nationale, notamment après l'acquittement de la boulangère en 1992.
Quatre armes protégeaient le petit chiffre d'affaires de la boulangerie-pâtisserie-confiserie de la rue Lesage à Reims, réalisé grâce aux croissants de l'aube et du week-end, puisque les personnes âgées du quartier ne mangent plus de baguettes. La carabine 22 long rifle dormait sous le lit de la boulangère, le pistolet à grenaille surveillait le tiroir-caisse de l'intérieur, le fusil à pompe était rangé à portée de main, le pistolet automatique était caché dans le four de la cuisine. Un arsenal pour un couple de petits commerçants en état de légitime défense permanent.
La boulangère, Marie-Joëlle Garnier, vingt-six ans, vivait avec le boulanger, Jacky Toillon, quarante-sept ans, et son fils Patrick, vingt ans, qui faisait office de mitron. Selon son avocat, Me Roland Mathieu, la jeune femme n'avait jamais tiré un coup de fusil avant de tuer, le 12 février à 6 h 15 du matin, Ali Rafa, vingt-trois ans, fils d'un harki devenu agent hospitalier. Elle visait le plafond, elle a atteint le jeune homme en pleine tête du côté droit alors qu'il sortait du magasin. Le juge, Jean-Marie Lion, a sanctionné cette erreur de trajectoire d'une inculpation d'homicide volontaire. Le boulanger a été inculpé de détention illégale d'armes de quatrième catégorie.
L'acquittement controversé de la boulangère par la cour d'assises de la Marne le 13 novembre 1992 avait fait l'effet d'une bombe, d'autant qu'une semaine plus tard elle devait être condamnée à de lourds dommages et intérêts pour avoir commis « une faute civile » en ayant eu « un comportement fautif en manipulant de manière inconsidérée une arme à feu qu'elle savait chargée ».
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Ce samedi 5 juillet à Uzès, Cyril Cosmo, boulanger de la commune, est devenu symbole de courage civique. Le 5 juillet dernier, Cyril, le boulanger d'Uzès qui a maîtrisé un homme armé le menaçant dans sa boutique, a reçu la médaille de l'Assemblée nationale. Il a été récompensé pour son acte de courage.
Revenons sur les faits. Le 10 mai 2025, vers 5 h 30 du matin, le boulanger, en train d’ouvrir sa boutique, entend des cris provenant de la rue. En sortant, il découvre un couple en pleine altercation. L’homme secoue violemment la femme, qui porte un jeune enfant. Le commerçant intervient pour protéger la mère et l’enfant. Une demi-heure plus tard, l’individu revient, cette fois armé d’un fusil. Apercevant la scène via la vidéosurveillance, le boulanger remarque l’arme pointée vers le sol mais avec le doigt sur la détente. L’homme entre dans la boutique en demandant : « Il est où le boulanger ? ». Sans hésiter, le commerçant surgit et plaque l’homme à l’extérieur, le projetant par-dessus une barrière. Il parvient à le désarmer malgré une blessure à l’épaule et au bras, entraînant une ITT de trois jours. Ancien militaire, robuste et expérimenté, le boulanger a su garder son sang-froid.
Il est 5h30 lorsque Cyril, boulanger à Uzès, et sa femme entendent des cris venant de l’extérieur de leur boutique. « Le ton montait et on a vu un jeune homme agressif avec deux jeunes femmes et un bébé, tant verbalement que physiquement », se remémore le patron. Il s’interpose immédiatement pour empêcher l’individu de violenter deux femmes, puis, une fois la situation apaisée, retourne à ses fourneaux. Il est loin de s’attendre à la scène qui suit, qui a été immortalisée par la caméra de sécurité de sa boutique. Une demi-heure s’écoule et l’agresseur revient armé d’une carabine et prêt à en découdre. Le commerçant le voit apparaître à l’écran dans son laboratoire et se précipite à sa rencontre. Le boulanger de 110 kg charge alors son assaillant jusqu’à la sortie de sa boutique et le maîtrise en quelques secondes : « Les réflexes que j’ai appris pendant mon service national en 1998 m’ont servi.
Le tribunal correctionnel de Nîmes a jugé ce jour l’agresseur du boulanger d’Uzès dans une affaire mêlant violences, menaces avec arme et récidive. L’homme avait été interpellé un mois après les faits, en vertu d’un mandat de recherche. Il comparaissait détenu pour une autre affaire de violences avec arme.
Le prévenu, âgé de 23 ans, a déjà plusieurs condamnations à son actif, dont des peines de prison pour vol, extorsion, rébellion, et infractions liées aux stupéfiants. Il était également jugé pour une bagarre survenue le 31 décembre 2024 sur fond de trafic de stupéfiants. Lors de cette altercation, son adversaire a été gravement blessé au thorax. Le prévenu évoque un tesson de bouteille utilisé pour se défendre, tandis que la victime parle d’un couteau. Le jugement : 24 mois de prison, dont 18 avec sursis probatoire de trois ans. Le prévenu devra suivre un parcours de soins, trouver un emploi ou une formation, indemniser les victimes et respecter l’interdiction d’entrer en contact avec elles.
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| Date | Lieu | Description de l'incident | Conséquences |
|---|---|---|---|
| 12 février 1989 | Reims, rue Lesage | Boulangère tue un jeune homme avec une arme à feu | Acquittement de la boulangère, condamnation pour faute civile |
| 10 mai 2025 | Uzès | Boulanger désarme un agresseur armé d'une carabine | Agresseur arrêté et jugé, boulanger reçoit la médaille de l'Assemblée nationale |
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