L'histoire des bombardiers équipés de mitrailleuses sur les ailes est une facette importante de l'évolution de la guerre aérienne. Ces appareils, conçus pour attaquer des cibles au sol et en mer, ont joué un rôle crucial dans de nombreux conflits, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale.
Parmi les bombardiers les plus emblématiques équipés de mitrailleuses, on trouve le Junkers Ju 87 Stuka. Développé par Junkers au milieu des années 30, le Ju 87 était un bombardier en piqué qui a rapidement surclassé ses concurrents biplans. Il était équipé d'une mitrailleuse MG17 de 7,9mm servie par le mitrailleur arrière, puis d'une mitrailleuse jumelée MG81Z de calibre identique. Il pouvait également disposer de mitrailleuses MG17 ainsi qu’emporter jusqu’à 1800kg de bombes.
Le Ju 87A était la première version de série du Stuka. Vinrent ensuite le Ju 87B, équipé d’un moteur plus puissant, et le Ju 87C, destiné a être embarqué sur le porte-avions Graf Zeppelin et doté d’une crosse d’appontage et d’ailes repliables. Le Ju 87D et ses dérivés est la version la plus répandue avec des améliorations aérodynamiques, au niveau du moteur, du blindage et de l’armement.
La légende du Stuka naquit sur son premier théâtre d’opération, au sein de la Légion Condor pendant la Guerre Civile Espagnole et notamment lors du bombardement de Guernica. Il afficha également sa force lors des campagnes de Pologne et de Belgique au sein de la Blitzkrieg mais commença à montrer ses limites lors d’interceptions durant la campagne de France et en particulier lors de l’évacuation de Dunkerque. La Bataille d’Angleterre confirma : le Stuka était extrêmement vulnérable aux attaques de chasseurs.
Malgré ses succès initiaux, le Ju 87 s'est avéré vulnérable face aux chasseurs modernes. Sa trajectoire rectiligne pendant le piqué en fit également une cible de choix pour les nouveaux canons de DCA précis et à grande cadence. Quoi qu’il en soit le Stuka fut et restera dans les mémoires comme une des armes principales et les plus efficaces de la Blitzkrieg allemande des débuts du second conflit mondial.
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D'abord conçu et utilisé pour le transport de passagers dans l'aviation civile en raison de l'interdiction pour l'Allemagne de concevoir des appareils militaires, le Heinkel 111 fit son premier vol en février 1935. Dès 1936, il est armé, comme bombardier moyen, à équipage de cinq hommes, et des essais sont réalisés avec succès au cours de la guerre civile espagnole. Ayant un armement défensif trop léger, les Heinkel 111, comme les JU-87 « Stuka », étaient essentiellement employés pour des missions de nuit et des patrouilles en mer.
Les Heinkel 111 avaient un armement interne constitué d'un canon MG-FF de 20mm, de six mitrailleuses MG 15 de 7,92mm et un armement externe de 2 500kg de bombes. Leur poids était de 7 720kg à vide et de 13 500kg armés. L'une des principales caractéristiques du Heinkel 111 réside dans la large verrière qui occupe le nez de l'avion et où prenait place l'essentiel de l'équipage.
Lorsque la guerre commence le 3 août 1914 la France mettait en ligne 141 avions, de 14 types différents. Il convient d'ajouter à ce total cinq dirigeables et quatre parcs de ballons. Au début de la Guerre, le 3 août 1914, il y avait uniquement une aviation d'observation, de surveillance et de renseignement. On estimait que l'avion c'était surtout un moyen "pour voir de l'autre côté de la colline".
Au demeurant, les performances de tous ces appareils sont sensiblement équivalentes : globalement, leur vitesse est de l'ordre de 80 à 120 Km/h, leur plafond avoisine de 1500 à 2000 m, et leur autonomie est d'environ 3 heures. Mais aucun avion n'est armé. La France berceau de l'aviation science, fut aussi le berceau de l'aviation arme. Lorsque la guerre survint, la France seule disposait d'une industrie aéronautique capable de conserver au camp allié sa suprématie aériennne. Elle dut approvisionner les Britaniques, les Italiens, les Russes, les Belges, dont la production aéronautique était nulle, du moins au début des hostilités.
| Avion | Type | Pays | Description |
|---|---|---|---|
| Farman MF.7 Longhorn | Reconnaissance | France | Avion de reconnaissance français monomoteur mis en service au début de la Première Guerre mondiale. |
| Caudron G.3 | Observation | France | Monomoteur français biplan utilisé intensivement comme appareil de reconnaissance et d'entraînement. |
| Voisin type III | Bombardier | France | Bombardier et avion d'attaque au sol biplace, biplan à hélice propulsive. |
| Avro 504 | Polyvalent | Royaume-Uni | Biplan polyvalent britannique de la Première Guerre mondiale. |
| Fokker E | Chasseur | Allemagne | Assura la supériorité aérienne aux forces allemandes à partir de l'été 1915. |
| SPAD S.XIII | Chasseur | France | Version améliorée du SPAD S.VII, doté d'une deuxième mitrailleuse. |
Pour illustrer les dangers auxquels étaient confrontés les équipages de bombardiers, prenons l'exemple de la mission du B-17 "Black Swan" le 1er mai 1943.
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Au matin du 1er mai 1943 vers 9 h30, dix-neuf bombardiers B17, appelés aussi "forteresses volantes", décollaient de la base de Molesworth en Angleterre. Tous appartenaient au 303rd Bomb Group répartis en trois Squadrons, les 359, 360 et 427ème. L'un des B17 du 427th Squadron, Black Swan (d'où vient ce nom !), était piloté par le lieutenant Jay STERLING ; il comprenait dix membres d'équipage et portait le N° 42-5780. Black Swan avait décollé avec un petit bruit anormal du moteur N° 3, annonçant de graves conséquences sur son destin final.
L'équipage de Jay STERLING avait effectué une première mission de bombardement le 16 avril 1943 sur la base sous-marine de Lorient avec le B-17F 41-24610 Joe Btfsplk, puis une deuxième, le 17 avril, sur l'usine d'avions Focke-Wulf à Brême en Allemagne, avec le B-17F 41-24587 Bad Check. Ce 1er mai 1943, c'était la 3ème mission de l'équipage, sauf pour Arthur Mc CORMACK (2ème mission) et William WHALON (4ème mission). Black Swan, qui transportait deux bombes d'environ une tonne chacune, rejoignit avec sa formation les autres groupes à un point de rendez-vous.
La formation comptait alors soixante-dix-huit bombardiers dont le dernier était piloté par Jay STERLING. Chacun était concentré sur ses tâches de bord, mais les aviateurs éprouvaient une certaine inquiétude car l'objectif de ce 1er mai 1943 était la base sous-marine de Saint-Nazaire, et chacun savait que certains équipages ne rentreraient pas vivants en Angleterre. En mai 1943, la défense anti-aérienne allemande (FLAK) de la base sous-marine de Saint-Nazaire, qui abritait la 6ème et 7ème flottille de sous-marins allemands, était confiée à la 5ème brigade de FLAK de la Kriegsmarine.
L'autre danger important était la chasse Allemande, la Luftwaffe. En mai 1943, la défense aérienne de la Bretagne était confiée au "Gruppe III./JG 2 Richthofen" commandé par le Hauptmann Egon MAYER. Le 1er mai 1943, Egon MAYER avait sous ses ordres trois escadrilles : la 7./JG 2, la 9./JG 2 et la 8./JG 2.
En traversant la Manche, à trois quart d'heure de la cible, le moteur N° 3 de Black Swan devenait de plus en plus défaillant et l’avion perdait de la vitesse. Au-dessus de Carquefou, près de Nantes, à 11 h 17, les soixante-dix-huit B17 firent un virage important vers l'ouest pour s'aligner vers la base sous-marine de Saint-Nazaire et effectuer l’approche finale pour le bombardement. Les radars allemands avaient bien sûr détecté la vague de bombardiers, et la 5ème brigade de FLAK de la Kriegsmarine était en alerte maximum dans la région de Saint-Nazaire.
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À quelques minutes de la cible, l’appareil, incapable de se maintenir dans la formation, commença à descendre, décrochant lentement mais inexorablement de plusieurs centaines de mètres. La FLAK avait ouvert le feu depuis quelques minutes. À bord du Black Swan, l'interphone venait d’annoncer une autre menace : ''Bandits à 2 heures''. La chasse allemande venait d’attaquer, s’en prenant d’abord aux avions isolés, à la mitrailleuse et au canon de 20 mm. Les chasseurs allemands attaquèrent alors Black Swan de tous côtés, leurs mitrailleuses et canons de 20 mm entaillant le fuselage, allumant des feux et blessant les aviateurs.
Soudain, un avion allemand fondit vers la tourelle supérieure, Powell GRIFFIN ajusta ses deux mitrailleuses jumelées de calibre 50 (12,7 mm) et réussit à atteindre le chasseur qui s’éloigna dans un sillage de fumée. Le pilote de la 7./JG 2, Paul ROSSNER, comprenant qu’il ne pourrait pas atteindre sa base de Vannes, sauta en parachute. À bord du Black Swan, le système électrique et l'interphone ne répondaient plus. Le pilote, Jay STERLING, s'effondrait sur son siège tandis que son avion piquait du nez avec un autre moteur en feu. C'était l'enfer dans le bombardier et le B17 allait inévitablement s'écraser.
Plus qu'une seule chose à faire pour les aviateurs qui le pouvaient encore : sauter en parachute. Harry ROACH ouvrit avec difficulté la trappe qui se trouvait près de lui et sauta le premier, suivi par Powell GRIFFIN. Harley FIELDS sautait au même moment par la trappe de la soute à bombe. John NEILL voyant Jay STERLING effondré et inconscient sur son siège le traîna et le poussa au dehors par la trappe de la soute à bombe, espérant que s’il était encore vivant il reprendrait ses esprits à plus basse altitude et tirerait sur la corde déclenchant l'ouverture de son parachute. Malheureusement ce ne serait pas le cas !
La force centrifuge maintenait David PARKER prisonnier du nez du B17 tandis que John NEILL était plaqué contre les parois. C’est à ce moment que le pilote allemand, Rudolf GEHRHARDT, de la 9./JG 2, atteignait d’un obus de 20 mm les réservoirs du B17 encore à 5000 m d’altitude. Une énorme explosion projeta alors des milliers de morceaux de l’avion dans le ciel. Soudainement, John NEILL et David PARKER se trouvèrent eux-mêmes projetés dans le vide, mais ils eurent le temps de reprendre leurs esprits et de déclencher l’ouverture de leur parachute. Au même moment, une aile du B17 qui planait faucha le parachute d'Harley FIELDS, le heurtant à la tête et le tuant sur le coup.
Au sol, des centaines de personnes assistaient, impuissantes, à ce combat aérien. D’innombrables morceaux tombaient maintenant du ciel, éparpillés sur des centaines de mètres. Les habitants qui étaient en dessous cherchaient un abri illusoire en maîtrisant au mieux leur frayeur. Pendant que les deux ailes tombaient en tournoyant, les quatre moteurs qui s’étaient détachées du fuselage s’écrasaient directement au sol. Le B17 était tombé à environ 170 mètres de la maison de Michel VALLEE (témoignage) aux Morandières sur la commune de Saint-Père-en-Retz. Michel VALLEE fut l’un des premiers arrivés sur les lieux mais tous les aviateurs étaient morts.
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