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La balistique est une science qui étudie le mouvement des projectiles et leurs effets, jouant un rôle crucial dans les enquêtes criminelles impliquant des armes à feu. Elle permet de déterminer la nature de l’arme utilisée, le nombre de coups tirés, la direction et la distance de tir, ainsi que les effets subis par les projectiles.

Traces de Fabrication et Caractéristiques Individuelles

La fabrication des différentes pièces constitutives d’une arme à feu laisse des traces sur leur surface due à l’action mécanique de matériaux plus durs sur des matériaux plus doux. Ces marques vont à leur tour laisser des traces sur les douilles et projectiles rentrant en contact avec ces différentes pièces. De ce fait, chaque arme possède sa propre empreinte. En effet, la combinaison des différentes traces laissées sur le percuteur, l’éjecteur, l’extracteur, le canon etc.

Ce sont des caractéristiques mesurables dues aux processus de fabrication (appelées également caractéristiques de fabrication). Ce sont des processus dus à la fabrication mais de façon plus restreintes. Le processus de fabrication d’une arme fait intervenir des outils généralement utilisés pour une cinquantaine ou une centaine d’armes puis sont aiguisés ou jetés. La finition sera donc différente.

Ces caractéristiques individuelles (appelées aussi caractéristiques acquises) apparaissent et évoluent avec le temps. Elles sont généralement dues à l’usure du canon et sont produites par l’usage de l’arme. Ce sont ces caractéristiques qui permettent réellement l’identification d’une arme à feu.

Traces Spécifiques sur les Projectiles

Les projectiles ayant un diamètre plus grand que celui du canon, les projectiles chemisés cuivre, acier ou tombac vont avoir une influence sur l’usure du canon. L’entretien de l’arme et la corrosion peuvent également laisser des traces sur l’arme et ainsi les reproduire sur un projectile.

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Ce sont des traces laissées par les champs du canon sur le projectile. La forme et la profondeur des bords droits et gauches des impressions de champs ne sont pas les mêmes, ceci est dû à la pression exercée par les bords de champs, pression dépendante de l’orientation du rayage. Pour les canons polygonaux : il y a plus de pression, donc une plus grande vitesse du projectile. Ces traces proviennent des rayures du canon.

Il y a une infiltration des gaz et une apparition de stries profondes dans les projectiles en plomb, ainsi que des incrustations carbonées le long du bord de fuite pour les projectiles chemisés. On les retrouve beaucoup lors de l’emploi de revolver.

Ces traces sont généralement retrouvées sur les revolvers. Ces traces sont dues au mauvais alignement du barillet avec l’âme du canon.

Traces sur les Douilles

L’impression de la tête de culasse sur le culot de la douille est causée par la grande pression exercée lors du tir. Il y a une meilleure impression sur la capsule d’amorçage. Donc s’il n’y a pas de tir, il n’y a pas de trace. L’intensité de l’empreinte du percuteur peut varier légèrement d’un coup à l’autre. La profondeur et la position des traces peuvent également varier. Il y a certaines particularités quant à l’impression du percuteur sur la douille de la munition.

La traînée du percuteur est observée lorsqu’il y a un autre trou à coté du trou du percuteur. Les Shear Marks donnent des traces légèrement rectangulaires. Ces traces se retrouvent au niveau de la gorge ou sur le bourrelet des douilles. Il n’est pas rare de pouvoirles observer au niveau du bord du culot. Il s’agit de traces moulées (parfois glissées).

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Dans certains cas, les traces d’éjecteurs ne s’observent seulement si la cartouche a été tirée (nécessité d’une pression conséquente pour laisser ce genre de trace sur le culot d’une douille). Certaines armes peuvent posséder deux éjecteurs, laissant ainsi les traces de deux éjecteurs sur le culot des douilles. Dans d’autres types d’armes, le percuteur ou les lèvres du magasin peuvent faire office d’éjecteur.

L’observation de plusieurs traces d’éjecteur sur le culot d’une douille ne signifie pas forcement une arme à deux éjecteurs. Si l’on compare le culot d’une douille à une horloge, il est alors possible de définir la position relative de l’extracteur et de l’éjecteur. L’exemple si dessous montre un extracteur positionné à 3h et un éjecteur entre 8 et 9h.

Il s’agit de traces moulées ou glissées qui sont causées par l’introduction des cartouches dans le chargeur et dans la chambre à cartouche. Les gaz produits lors du tir provoquent le gonflement de la douille qui va adhérer à la chambre à cartouche. Ces traces peuvent être confondues avec des traces préexistantes dues à l’usinage.

Méthodes de Comparaison Balistique

En matière de comparaison d’éléments balistiques, deux écoles prédominent. En 1959, un article scientifique publié dans le Journal of Forensic Science définissait les critères pour des stries concordantes. Biasotti s’associe à Murdock afin de développer le concept de CMS (Consecutive Matching Striation en anglais ou Stries concordantes consécutives en français).

  • La notion de caractéristiques de sous-classe provenant du processus de fabrication des canons par enlèvement de métal.
  • Cette approche est une méthode d’inférence permettant de déduire la probabilité d’un événement à l’aide d’autres probabilités déjà évaluées sous le jeu de plusieurs hypothèses.

Cette méthode s’intéresse aux cas où une proposition pourrait être vraie ou fausse suivant des observations où subsiste une incertitude. Cette probabilité concerne la reproductibilité des traces laissées par l’arme sur les éléments balistique. Cette probabilité concerne la correspondance fortuite dans la population d’intérêt. Il s’agit de l’inter-variabilité.

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Quand on parle d’une autre arme, il faut se rappeler que ce sont les circonstances du cas (I) qui dictent les propositions en jeu et non les résultats. Prenons le cas par exemple, d’une prise d’otage où l’auteur sort en pleine rue avec son otage et se faittiré dessus par plusieurs policiers.

Aux Etats-Unis, il est important de savoir, qui a entrainé la mort de la personne. Ainsi, après le travail remarquable du médecin légiste définissant (si cela est possible) quel est le projectile à l’origine de la mort, il va s’agir de savoir quelle arme à tiré ce projectile.

Le Rapport de Vraisemblance (LR)

Comment calculer le LR ? Pr (E1|H1, I) : Il s’agit de la probabilité d’observer ces caractéristiques de classe sachant que les deux projectiles ont été tirés par la même arme. En général, les experts en balistique effectuent 3 tirs de comparaisons avec une arme et comparent l’ensemble des traces de ces trois éléments de munitions entre eux (pour des douilles et projectiles).

Le rapport de vraisemblance LR ne s’exprimant que de manière numérique, cela entraîne une difficulté importante dans la communication avec des personnes n’utilisant pas ce langage. On imagine difficilement un expert en arme à feu se présenter devant un Juge d’Instruction et exposer un LR de 50.000.

La Balistique : Interne, Externe et Terminale

La balistique est divisée en trois branches principales :

  • Balistique interne: Étude du mouvement d’un projectile à partir du moment où l'on appuie sur la détente jusqu’à ce qu’il quitte le canon du fusil. Elle dure environ 5 millièmes de seconde.
  • Balistique externe: Science qui étudie la trajectoire du projectile entre sa sortie de l’arme et le moment où il atteint sa cible. Les projectiles peuvent être ralentis par la gravité, le vent… La gravité entraîne une accélération vers le bas du projectile, et le vent le dévie de sa trajectoire.
  • Balistique terminale: Science qui étudie les effets du projectile sur la cible.

Techniques d'Identification et d'Analyse

La police scientifique utilise plusieurs techniques pour relever les indices :

  • Photographie, mesures et plans de la scène de crime.
  • Polilight.
  • Prise d'échantillon pour prélever une douille.

Chaque arme marque d’une façon particulière les balles, elle possède son identité propre. Cela permet de savoir sur une scène de crime si une ou plusieurs armes ont été utilisées. Chaque balle possède des sillons ou des stries visibles sur la surface de la balle, caractéristique de l’arme utilisée et de la morphologie de canon de l’arme.

Pour cela, le balisticien compare les projectiles avec le système IBIS (Integrated Ballistics Identification System). Les balles et les projectiles trouvés sur chaque scène de crime sont numérisés et enregistrés dans une base de données qui permet de comparer les marques d’un projectile suspect avec d’autres affaires criminelles.

Puis au macroscope, il compare les types de trace. Le macroscope est un microscope de comparaison avec deux objectifs ce qui permet de comparer deux objets simultanément. Pour comparer les balles, il fait glisser les images jusqu’à ce que les marques semblent continues.

Pour vérifier que le projectile trouvé sur la scène provient de l’arme suspecte, on doit le comparer avec un autre projectile. Pour cela, l’expert tire dans un puit spécial rempli d’eau ou dans un tube d’acier rempli de coton qui permet de freiner le projectile et donc de le récupérer sans dommage.

Puis, si l 'expert a repéré une correspondance, alors il fait tourner les deux balles dans la même direction et à la même vitesse pour voir si d’autres marques apparaissent simultanément. Cependant, la procédure n’est pas une science exacte. Deux balles ne sont jamais exactement les mêmes, elles peuvent avoir subi des marques particulières quand elle a atteint la victime ou heurté un objet.

On peut savoir si un suspect a tenu ou actionné une arme récemment en tamponnant leurs mains (la zone palmée entre le pouce et l’index) pour détecter des traces chimiques. La spectrophotométrie, qui permet de mesurer l’absorbance d’une espèce chimique, est utilisée pour chercher les traces de substances présentes dans l’amorce (baryum, plomb, antimoine).

L’analyse des vêtements et des plaies permet principalement d’étudier la trajectoire des projectiles mais aussi le champ de tir et les positions relatives de la victime et du tireur. L’orifice d’entrée comprend certaines lésions : l’orifice d’entrée (qui correspond au trou), la collerette érosive et d’essuyage, les brûlures, et les dépôts de résidus (suie ou tatouage). L’orifice de sortie n’a ni brûlures, ni collerette érosive et d’essuyage, c’est une plaie supérieure que celle de l’orifice d’entrée.

Un expert peut parvenir à recueillir des résidus de poudre même si l’agresseur se trouvait à 2 km et avait une arme surpuissante. Pour ce qui concerne les armes à canon lisse, plus la cible est éloignée, plus l’impact est étendu.

Bases de Données Balistiques

La plupart des pays européens possèdent la base de donnée IBIS (Integrated Ballistics Identification System), qui est d’origine canadienne.

  • Le fichier CIBLE (Comparaison et Identification Balistique par Localisation des Empreintes) permet de comparer les éléments de tirs avec ceux d’autres affaires criminelles, ce qui permet de relier les crimes entre eux.
  • Le fichier TRAFFIC (Traitement Automatisé des Armes Frauduleusement Fabriquées Introduites et Commercialisées).

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