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Les balles de pistolet à bille, également appelées munitions ou projectiles, sont des éléments essentiels pour diverses activités allant du tir récréatif à l'autodéfense. La composition et les matériaux de ces balles varient considérablement en fonction de leur utilisation prévue, de leur compatibilité avec différents types d'armes et de l'équilibre souhaité entre puissance, précision et sécurité.

Composition Générale des Munitions

Une munition standard est généralement composée de plusieurs éléments clés, chacun ayant une fonction spécifique :

  • La douille: Elle sert de récipient pour la poudre et le dispositif d'allumage. Généralement en laiton (alliage de cuivre et de zinc), elle peut également être en aluminium. Elle assure la solidarisation de tous les éléments entre eux.
  • L'amorce: Elle contient l'explosif primaire qui enflamme la poudre. Il existe deux types principaux d'amorces : les amorces Boxer (plus faciles à recharger) et les amorces Berdan.
  • La poudre: C'est la charge propulsive qui, en brûlant, génère les gaz propulsant le projectile. Il existe différents types de poudre, notamment la poudre noire (historique) et les poudres modernes à base de nitrocellulose.
  • Le projectile: C'est l'élément qui est propulsé hors du canon et qui atteint la cible. Les projectiles peuvent être homogènes (une seule matière) ou chemisés (composés de plusieurs matériaux).

Types de Balles et Leurs Compositions

Il existe une grande variété de balles, chacune étant conçue pour un usage spécifique. Voici les types les plus courants :

Balles en Caoutchouc

Conçues pour un usage non létal, principalement en autodéfense ou en entraînement, les balles en caoutchouc sont fabriquées à partir de caoutchouc haute densité. Elles offrent un bon équilibre entre flexibilité et résistance. Ces balles sont compatibles avec les armes de calibre .50 et sont idéales pour l'entraînement ou la dissuasion.

Billes en Acier

Les billes en acier sont largement utilisées pour le tir de loisir, l'entraînement, la chasse aux petits nuisibles et l'autodéfense.

Lire aussi: Comprendre les balles de pistolet

Billes Polymère Acier

Ces billes hybrides combinent un noyau en acier avec un revêtement polymère. Elles offrent une puissance de tir exceptionnelle, une stabilité en vol améliorée et une usure réduite du canon. Elles sont compatibles avec les armes et dispositifs de tir de calibre .50.

Billes Vesta Steel Core Hybrid

Ces billes combinent un noyau en acier massif et une enveloppe en polymère haute densité. Elles offrent un fort impact, un excellent transfert d'énergie, une précision accrue et une réduction des frottements dans le canon. Elles sont réutilisables et douces pour le canon.

Billes Acier et Caoutchouc

Fabriquées à partir de caoutchouc extra-dur renforcé par de la poudre d'acier, ces billes combinent robustesse, poids et efficacité. Elles offrent une trajectoire plus stable, une précision renforcée et une puissance d'impact élevée, ce qui les rend efficaces pour la neutralisation rapide d'une menace à courte et moyenne portée.

Balles FMJ (Full Metal Jacket)

Les balles FMJ sont constituées d'un noyau en plomb recouvert d'une enveloppe métallique rigide (souvent en cuivre ou en alliage cuivre-zinc). Elles sont appréciées pour leur coût de fabrication réduit, leur fiabilité dans les armes automatiques et semi-automatiques, et leur pénétration accrue. Cependant, elles présentent l'inconvénient d'émettre des particules de plomb et d'offrir une précision moindre.

Balles TMJ (Total Metal Jacket)

Contrairement aux FMJ, les balles TMJ sont entièrement enveloppées de métal, y compris la base du noyau en plomb.

Lire aussi: Le Rechargement

Balles Hollow Point

Les balles Hollow Point possèdent une cavité ou un creux au sommet, favorisant leur expansion à l'impact. Cette expansion augmente le transfert d'énergie à la cible, causant une blessure plus large et limitant la pénétration, ce qui réduit les risques de dommages collatéraux. Elles sont prisées pour la défense personnelle et l'application de la loi.

Balles Soft Point

Les balles Soft Point ont une pointe en plomb exposée, entourée d'un chemisage en métal. Elles offrent une expansion contrôlée et une pénétration efficace, ce qui les rend adaptées à la chasse et aux situations nécessitant un bon compromis entre expansion et pénétration.

Balles LRN (Lead Round Nose)

Les balles LRN sont fabriquées en plomb nu sans chemisage, avec une pointe arrondie. Elles sont économiques pour l'entraînement et le tir récréatif, mais encrassent rapidement le canon, ne s'expansent pas à l'impact et présentent un risque accru de ricochets.

Balles Wad-Cutter (WC) et Semi Wad-Cutter (SWC)

Ces balles ont une forme cylindrique avec un nez plat, permettant de découper proprement le papier des cibles pour faciliter le marquage des points. Elles sont principalement utilisées pour le tir sportif de précision en raison de leur précision et de leur faible recul.

Matériaux Utilisés

Les matériaux utilisés dans la fabrication des balles de pistolet à bille jouent un rôle crucial dans leur performance et leur sécurité :

Lire aussi: Pistolets à balles caoutchouc : Guide complet

  • Plomb: Utilisé pour le noyau des balles en raison de sa densité et de sa malléabilité. Cependant, son utilisation est de plus en plus limitée en raison de sa toxicité.
  • Acier: Utilisé pour les billes en acier et les noyaux des balles hybrides en raison de sa dureté et de sa résistance.
  • Caoutchouc: Utilisé pour les balles en caoutchouc en raison de sa flexibilité et de sa capacité à absorber l'énergie.
  • Polymères: Utilisés pour les revêtements et les enveloppes des balles hybrides en raison de leur légèreté, de leur résistance et de leur capacité à réduire la friction.
  • Cuivre et alliages de cuivre: Utilisés pour le chemisage des balles en raison de leur ductilité et de leur capacité à réduire l'encrassement du canon.

Alternatives Sans Plomb pour la Chasse

En raison des préoccupations environnementales et des restrictions légales, des alternatives sans plomb sont de plus en plus utilisées pour la chasse, notamment dans les zones humides. Les billes en acier et en bismuth sont les principaux substituts au plomb.

Acier

L'acier est trois fois plus dur que le plomb, ce qui permet aux billes en acier de conserver leur forme et d'assurer une densité de dispersion exceptionnelle. Cependant, sa densité moindre nécessite une vitesse initiale plus élevée et une augmentation du calibre des billes.

Bismuth

Le bismuth est un métal lourd d'une densité similaire à celle du plomb, offrant des performances comparables.

Considérations sur les Calibres et les Charges

Dans leur configuration initiale, ces deux cartouches non-interchangeables ont des balles analogues : cylindriques à bout rond, lourdes, en plomb chemisé, et sous-calibrées. La chemise étant ouverte à l’arrière, le noyau de plomb gonfle sous la pression ; ce qui dilate la balle et lui fait prendre les rayures. Alésage / rayage sont très proches, 7.98 / 8.30 pour Lebel et 7.95 / 8.35 pour Mannlicher.

Les balles sont peu différentes, légèrement coniques, respectivement 8.18 et 8.20 à la base pour environ 8.0 à 20 mm. Conicité non régulière: à environ 10 mm de la base, respectivement 8.10 et 8.15. La balle Mle 1886 du Lebel est à peine plus courte (30.3 à 31.3) que la Mannlicher M.93 (31.8), un peu plus légère (230 gr contre 244 gr), et méplatée au bout.

Vers une Balle Unique ?

On peut donc penser qu’une même balle de .322, chemisée FMJ (ouverte à l’arrière) pourrait convenir aux deux calibres... Mais l’offre n’est pas si étendue, et l’on devra se contenter de .323, certes chemisées mais fermées à l’arrière. Il est attesté que le gonflement se produira tout de même, du moins avec un culot plat et une bonne charge de poudre vive (en boat-tail ou charge réduite c’est plus hasardeux, ainsi qu’avec les balles à expansion limitée par un culot renforcé).

Pour dupliquer les cartouches originelles ou tout au moins les approcher (Mle 1886 et M.93), il faudrait une balle cylindrique à bout rond, pesant entre 225 et 250 gr. Si le bout rond restait inquiétant dans le magasin tubulaire du Lebel, on pourrait éventuellement "méplater" la balle en sectionnant son nez en plomb nu, à l’aide d’un gabarit muni d’un genre de coupe-cigares...

Les vitesses de référence seraient de 632 m/s en 230 gr dans les fusils Lebel et Berthier (inconnu dans le mousqueton). Et 620 m/s en 244 gr dans le fusil Mannlicher M.95. Il faudrait collecter les rares références de balles disponibles, pour tests éventuels.

Dupliquer la cartouche SFM 17 (Lebel et Berthier) est plus facile, car en minimum de tolérance la balle Mle 17 est tout simplement une .323 Spitzer de 194 à 199 gr, avec chemise ouverte à l’arrière. Vo de référence: 720 m/s en 200 gr environ, dans les fusils Lebel et Berthier (mousqueton ??). Par analogie, la balle D (pourtant aussi 200 gr) était moins véloce : 701 m/s en fusils, 637 m/s en mousquetons. Et 690 m/s pour la balle lourde 1932N (en fusil assurément).

En Spitzer .323, il semble difficile de trouver plus lourd que 200 gr ; et la plupart sont plus légères, ce qui n’est pas forcément incompatible. La SPEER 2285 (Spitzer SP 200 gr) s’est montrée très satisfaisante en Lebel et Berthier. Mais l’extrapolation au Mannlicher est hasardeuse (voir plus loin, «Profils de chambre»).

Les balles plomb vont certainement gonfler si nécessaire. Mais on s’éloigne des cartouches originelles, dont les Vo pourtant modestes restent trop élevées pour du plomb, même avec gas-check. En poids, on ne trouve pas grand-chose au dessus de 200 gr.

Pour amorcer une liste en .323 : le moule LEE «C324-175-1R» (175 gr)... En plus gros diamètre, avec forcement conventionnel : la LEE «C329-205-1R» (.329 de 205 gr avec GC) donne satisfaction à plusieurs tireurs en Lebel, Berthier et Mannlicher (calibrée ou non à .327, équipée ou non d’un GC).

Profils de Chambre : de Grosses Différences

Si les balles originelles sont quasi-identiques, les Berthier et Mannlicher sont très différents au niveau du chambrage, en particulier au logement de balle.

Dans les Berthier, le cône de prise de rayures est très long et confondu avec le logement de balle, qui commence à diminuer dès la cote L3 + h ; soit environ 3 mm devant le collet. Les balles D et 32N ne présentant qu’une très courte longueur au Ø 8.30, elles ne posent aucun problème ; tout comme les diverses Spitzer possibles, sans doute. Mais une longue balle cylindrique toucherait vite la naissance des rayures. Du .323 coincerait à 5 ou 6 mm devant le collet, ce qui est gênant pour émuler la balle Mle 1886 avec une RN en .323 de 225 à 250 gr (la longueur au calibre nominal n’est pas spécifiée sur les catalogues). La légère conicité des balles Mle 1886 n’était donc pas fortuite...

Dans le Mannlicher M.95 au contraire, la chambre n’est pas rétreinte en bout de collet : le logement du collet se prolonge sur 3 cm avec la même conicité, jusqu’à se raccorder avec l’âme rayée. L’énorme logement de balle ainsi créé peut difficilement guider ou maintenir en ligne un projectile ; ni même assurer l’étanchéité avant la prise de rayure complète !

Devant un tracé si hérétique, le 8x50R «Lebel» pourtant si décrié friserait la perfection... Il y a pourtant quelques excuses : le 8x50R M.93 faisait suite aux 8x52R M.88 chargée en PN, et M.90 à poudre Schwab (pseudo PSF). Celles-ci provoquant un fort encrassement, il fallait de la place pour le loger ; la chambre du nouveau fusil aurait conservé ces dimensions pour compatiblilité avec les anciennes munitions...

On comprend donc que la munition n’ait pas évolué comme celle du Lebel, et qu’elle ait toujours gardé sa longue balle cylindrique, seule forme susceptible de s’auto-aligner tant bien que mal. Le rechambrage en 8x56R M.30 aurait-il eu pour principal objectif de réduire cette caverne ?

Pour une longue balle RN de .323, il n’y a donc plus ici le problème du Lebel exigeant une partie cylindrique assez courte. Mais le problème d’étanchéité avant prise totale de rayure se pose nettement plus ; même une balle de .327 ou .329 n’y échapperait pas tout à fait. Y a-t-il la place pour une rondelle de cire sous la balle (comme la 8x50R Lebel Mle 1886) ? Un graissage de la balle, «à la Suisse», serait-il bénéfique?

Quant aux balles courtes Spitzer, il faut craindre qu’en l’absence de guidage en bout de chambre, elles ne prennent les rayures de travers. Cela fut paraît-il réalisé en fabrication de guerre avec la balle boat-tail de la 8x56R M.30, sans autres problèmes qu’une précision médiocre (peu gênant en temps de guerre, plus réhibitoire en tir civil).

Une balle plomb en calibrage conventionnel (.327 ou .329) pourrait légèrement réduire le flottement dans la chambre, si l’épaisseur du collet d’étui le permet. On notera par ailleurs que le logement de balle fait encore 8.85 à la longueur correspondant à une douille de 54 mm, diamètre encore suffisant si le collet est mince. Ceci permettrait d’utiliser des étuis de 7.62 Mosin non recoupés (d’autant qu’ils font généralement moins de 54 mm), afin de réduire un peu la caverne. Cumul éventuellement possible avec une balle de .329, sous réserve de vérifier qu’il reste quelques 1/100 de jeu au collet...

Tableau Récapitulatif des Balles et Leurs Caractéristiques

Type de balle Composition Avantages Inconvénients Utilisations
Caoutchouc Caoutchouc haute densité Non létal, bon équilibre flexibilité/résistance Moins de puissance Autodéfense, Entraînement
Acier Acier Dureté, résistance Densité moindre Tir de loisir, Entraînement, Chasse
FMJ Noyau plomb, enveloppe métallique Coût réduit, fiabilité, pénétration Émission de plomb, précision moindre Armes automatiques/semi-automatiques
Hollow Point Cavité au sommet Expansion à l'impact, transfert d'énergie Pénétration limitée Défense personnelle, Application de la loi
LRN Plomb nu Économique Encrassement du canon, pas d'expansion Entraînement, Tir récréatif

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