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Les armes à feu sont souvent entourées de mystères et de malentendus, que ce soit à cause de la culture populaire, des films d’action ou des préjugés. Démystifier les mythes qui les entourent permet non seulement de mieux appréhender leur fonctionnement, mais aussi de renforcer la sécurité.

Les Mythes d'Hollywood

« Hollywood nous berne ! Films d'action : 10 mythes complètement faux ! » Bien que magnifiquement filmées, ces fusillades défient de A à Z toutes les lois du réalisme le plus élémentaire.

Personne ne se retrouve jamais à court de munitions dans un film d’action. À l’écran cela donne ce « clic » reconnaissable entre mille.

Mythe 1: La Projection des Victimes

Si l’on en croit Michael Bay, Sam Peckinpah et consorts, les tirs projettent-ils leurs victimes plusieurs mètres en arrière ? Oui. En réalité même une munition de calibre 0.50 conçue pour les mitrailleuses lourdes (du genre « balle pour sangliers ») n’a pas la puissance pour faire valdinguer un corps humain.

L’effet d’une balle qui perfore de la chair humaine ressemble plus à celui un piercing.

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Mythe 2: Les Explosions de Réservoirs d'Essence

De deux, tirer sur réservoir de voiture rempli d’essence ne le fait pas exploser.

La Réalité des Armes à Feu

Le maniement des armes obéit à des règles précises. La résistance du vent, la pression atmosphérique, l’apesanteur, et même la gravitation de la Terre sont à prendre en considération pour qu’un tir ne dévie pas.

Les Gilets Pare-Balles

Depuis les années 70 les gilets pare-balles ne sont plus composés d’acier (!) mais de Kevlar, une fibre synthétique conçue à l’origine pour le renforcement des pneus.

Lésions Auditives

Un coup de feu atteint en moyenne 150 décibels - soit le bruit d’un jet. Lésions auditives et acouphène sont les blessures les plus fréquentes chez les vétérans de guerre.

Le Danger des Balles Tirées en l'Air

Il est courant d'entendre parler des dangers des balles tirées en l'air, mais qu'en est-il réellement ? Une balle tirée en l'air peut-elle vraiment tuer quelqu'un en retombant ? Cette question, loin d'être anecdotique, mérite un examen approfondi.

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Trajectoire et Vitesse

Imaginons la scène : un coup de feu est tiré verticalement vers le ciel. La balle s'élève, propulsée par son énergie cinétique initiale, jusqu'à ce que cette énergie soit complètement épuisée. Ensuite, elle retombe inexorablement vers le sol. La vitesse de cette chute est influencée par la gravité et la résistance de l'air.

Si la balle est tirée parfaitement à la verticale, elle peut atteindre une altitude d'environ 2 750 mètres, soit près de 3 kilomètres. Elle parcourt cette distance en une vingtaine de secondes à l'aller et près du double lors de sa chute. La vitesse de la balle juste avant de toucher le sol varie alors entre 90 et 180 mètres par seconde (m/s).

Le Danger Mortel

Une question cruciale se pose : cette vitesse est-elle suffisante pour tuer quelqu'un au moment de l'impact ? La réponse est affirmative. Selon des spécialistes américains, une balle atteignant une vitesse d'environ 61 m/s suffit à pénétrer la peau et à causer des blessures graves, voire mortelles.

Il est important de noter que la probabilité qu'une balle tirée en l'air vous retombe sur la tête, même au milieu d'une foule, reste infime.

Facteurs Aggravants

Plusieurs facteurs peuvent influencer la létalité d'une balle qui retombe. Tout d'abord, le type d'arme utilisée joue un rôle important. Une balle tirée d'un pistolet 9 mm atteindrait une vitesse de retombée comprise entre 45 et 75 m/s, tandis que celle d'un fusil de calibre 30 dépasserait les 90 m/s.

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L'altitude est un autre facteur à prendre en compte. En altitude, la balle subit moins de résistance de l'air, ce qui augmente sa vitesse de retombée.

Exemples Tragiques

Bien que les statistiques soient minces, il est tout à fait possible de mourir tué par une balle tirée en l'air. Des exemples tragiques illustrent ce danger.

La Relation du Soldat à son Arme

Comment définir la relation qui unit le soldat à son arme ? Mais, avant de s’en servir sur un champ de bataille, les armes sont pensées, élaborées dans des bureaux d’études sophistiqués, puis construites par les décideurs civils et militaires. Une fois produite, reste le plus dur pour le combattant. Il faut apprendre à s’en servir, le former à son utilisation.

L’arme, destinée à être maniée par le combattant, arrive ainsi en fin d’une chaîne de décisions complexes, souvent empreinte de multiples systèmes de représentations mentales de la part de ceux qui en sont à l’origine.

Le fil rouge de l’ouvrage s’appuie au contraire sur l’expérience combattante. Nous écoutons les témoignages des soldats dire leurs armes. La façon dont ils s’en servent. Les relations qu’ils entretiennent avec elles ; comment perçoivent-ils également celles de l’adversaire. Comment se les réapproprient-ils ? En fait, le sujet de l’étude est bien l’homme en guerre, mais à travers une approche quasi animiste de l’arme.

L’arme appartient donc au soldat et réciproquement. Dès lors, le chercheur a poussé sa taraude en direction d’une triple piste : celle du rapport aux armes des combattants ; celle de l’évolution technologique et celle du comportement du soldat au feu, conditionné par son environnement technologique. Et ces pistes semblent fonctionner en étroite relation mais de façon très complexe.

Au fur et à mesure que les armes se complexifient, de moins en moins de combattants les servent réellement dans l’action.

L’originalité de cette étude est d’ouvrir, en parallèle, un nouveau champ relatif au processus d’élaboration des armes. La façon dont elles ont été pensées, élaborées, puis fabriquées pour atterrir dans les mains des soldats.

S’il est évident que le côté psychanalytique reste fortement lié à la masculinité, la féminité de l’arme reste néanmoins présente. Et, à ce sujet, il est intéressant de noter que les combattants ont comparé leur armement à de la musique.

Dans la seconde partie du livre, l’auteur change de registre et nous fait écouter ce que les soldats ont à dire de leurs armes. Mais aussi de celles de leur adversaire. Comment sont-elles perçues ? Et quelles sont les craintes et hantises développées face aux armes de l’ennemi ? Quelles sont les fiertés construites sur ses propres armes ?

François Cochet fait donc ici appel à tous les sens du soldat pour étayer sa thèse : l’ouïe, le toucher, la vue, mais aussi l’odorat. Car l’odeur de la poudre est souvent tour à tour mentionné par les belligérants comme un puissant analgésique et/ou un excitant.

L’histoire de l’évolution technologique des armes est indispensable à la compréhension des combattants.

Les armes, par le pouvoir qu’elles ont de donner la mort, sont porteuses de charges affectives très fortes. Avec la montée de la puissance de feu, les perceptions mentales des combattants évoluent en parallèle.

Le Mythe des « Balles en Caoutchouc » à Jérusalem-Est

Durant le récent cycle de violences à Jérusalem-Est, la presse internationale a régulièrement évoqué le tir par la police israélienne de « balles en caoutchouc » à l’encontre des manifestants palestiniens. Le correspondant du « Monde » sur place est l’un des rares journalistes à rappeler qu’il s’agit en fait de « balles de métal cerné de caoutchouc ».

Cette pellicule de caoutchouc, dont la finesse peut être observée sur la photo ci-dessus, amortit à l’évidence l’impact du projectile. Mais, en cas de tir en pleine tête, les blessures peuvent être irréversibles, voire mortelles.

Le mythe des « balles en caoutchouc » et de la retenue qui est censée les accompagner est inséparable du mythe d’une Jérusalem-Est qui serait pleinement partie d’Israël.

Le mythe de la Jérusalem « réunifiée » vole en outre en éclats à chaque crise israélo-palestinienne, qui voit la « ligne verte » réapparaître entre, d’une part, Jérusalem-Ouest et ses 365.000 Israéliens et, d’autre part, Jérusalem-Est où 220.000 Israéliens font face à 350.000 Palestiniens.

Le mythe des « balles en caoutchouc » est intimement lié au mythe de la Jérusalem « réunifiée », puisque la police israélienne y contrôlerait les manifestations avec des munitions non létales, à la différence de l’armée qui quadrille la Cisjordanie. Mais ce mythe-ci ne tient pas plus que celui-là face à la réalité de l’occupation, telle que la vivent au quotidien les Palestiniens de Jérusalem-Est.

Alors que les règles d’engagement supposent de ne tirer ces « balles en caoutchouc » qu’en dessous de la ceinture, pour neutraliser un manifestant menaçant, elles sont de manière routinière tirées en pleine tête, sans épargner des victimes collatérales.

A Jérusalem-Est, l’impunité est pratiquement garantie pour les tireurs de ces projectiles d’acier.

Les « balles en caoutchouc » peuvent tuer et, plus fréquemment, infliger des blessures sérieuses et durables. Le mythe de leur innocuité renvoie au mythe de la non-occupation de Jérusalem-Est.

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