La guerre de Sécession, conflit majeur de l'histoire américaine, a été marquée par des évolutions techniques significatives dans le domaine de l'armement. Parmi ces innovations, la balle de fusil a joué un rôle crucial, transformant les tactiques de combat et causant des blessures dévastatrices.
Avant la guerre de Sécession, le fusil standard était un mousquet à silex, tirant des balles sphériques. Cependant, les années 1850 ont vu l'émergence de fusils plus modernes, avec des canons rayés et des balles cylindro-coniques, comme la balle Minié.
La balle Minié, du nom de son inventeur français Claude Étienne Minié, a révolutionné le combat d'infanterie. Ce projectile cylindro-conique en plomb, plus petit que la balle sphérique, offrait une portée et une précision accrues grâce à son mouvement rotatif. La base de la balle, striée et creuse, assurait une meilleure étanchéité et permettait aux gaz de s'incruster dans les rainures du canon.
L’ancêtre de la balle Minié a été créée en 1848 par les capitaines de l’armée française Montgomery et Henri-Gustave Delvigne. En 1826, Delvigne avait inventé une balle qui pourrait se tasser et s’expanser pour surmouler les rainures du canon du fusil. Ainsi lorsque le coup était tiré, la balle tournait sur elle-même, acquérant une meilleure précision, mais aussi, du fait de l’amélioration de l’étanchéité, une plus grande vitesse à la bouche et une meilleure portée.
En 1849, un essai test à Vincennes a démontré qu’à 15 m, la balle Minié pouvait pénétrer deux planches de bois de peuplier, chacune épaisse de 17 mm et séparées de 50 cm.
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Le gouvernement des États-Unis a adopté la balle Minié avant la guerre civile, avec quelques modifications. La jupe de la base de balle était légèrement plus fine et l’ergot a été supprimé, car la pression des gaz seule était suffisante pour déformer la jupe et surmouler les rayures.
Plan de la balle d'origine.
Comme la balle sphérique des armes à canon lisse, la balle Minié produit de terribles blessures. Les balles de gros calibre brisent facilement les os, et dans de nombreux cas, le chirurgien amputait le membre touché plutôt que de risquer une infection secondaire souvent fatale. La balle Minié causait des ravages sur les champs de bataille. En pénétrant les chairs, elle brisait les os et disséminait des fragments dans la plaie, augmentant considérablement les risques d'infection. Les amputations étaient fréquentes, et les blessures à l'abdomen ou au thorax étaient souvent fatales.
Plus de 90% des blessés nordistes le seront par balles. Bien que plus petite que la balle sphérique du fusil à canon lisse - 0,58 pouce (14,7 mm) contre 0,69 (17,5 mm), sa vitesse accrue et son mouvement tournoyant la rendent bien plus létale. Une blessure à un membre nécessite souvent une amputation, car les fragments d’os, de balle et d’uniforme disséminés dans la plaie sont autant de risques d’infection à une époque où le concept d’asepsie n’existe pas encore.
Plusieurs types d'armes ont été utilisés pendant le conflit, dont le nombre fut particulièrement important car la durée de la guerre a permis le développement de nouveaux types de fusils qui sont venus s'ajouter à ceux déjà existant. En outre les états avaient des stocks d'armes plus ou moins anciens et firent appel aux importations étrangères augmentant encore le nombre d'armes.
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Le mousquet ou le fusil était l'arme principale du soldat d'infanterie. Son maniement n'était guère différent de celui effectué par les soldats du premier empire à quelques détails près. Son chargement était effectué par la bouche du canon et nécessitait généralement que le soldat se tienne debout. La cartouche généralement en papier était déchirée et son contenu versé dans le canon puis tassé au moyen d'une baguette accrochée sous le fusil.
Le soldat équipé d'une arme à silex devait ensuite verser une petite quantité de poudre dans le bassinet puis armer le chien qui tenait un morceau de silex entre ses mâchoires d'acier. Lors du départ du coup le chien frappait la platine provoquant une pluie d'étincelles qui enflammait la charge de poudre du bassinet et dont la flamme se communiquait à la chambre du canon par un petit trou appelé la lumière. Sous la pluie cette arme était capricieuse, son chargement était malaisé. Les mousquets de la guerre civile furent principalement équipés du système à percussion qui nécessitait de placer une cartouche de fulminate sur un emplacement adapté puis d'armer le chien et tirer.
L'avantage est de pouvoir tirer sous la pluie (bien que le fulminate soit sensible à l'eau), d'éliminer les risques de projections de poudre enflammée dans les yeux du tireur et de faciliter l'armement du fusil.
L'autre grosse différence était que le canon soit ou lisse ou rayé. Le canon lisse tirait une balle ronde à des distances ne dépassant pas les 150 mètres, le canon rayé tirait plus de projectiles dont les balles coniques et à de plus grandes distances.
La principale innovation qui apparut durant le conflit fut le chargement par la culasse des fusils. Les carabines furent les principales bénéficiaires de ce changement mais quelques fusils eurent également le privilège d'être conçus de la sorte simplifiant davantage le rechargement et permettant de le faire dans n'importe quelle position.
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Voici une liste non exhaustive d'armes d'infanterie d'origine américaine ainsi que du fusil britannique Enfield. En fonction de la munition utilisée, la plupart de ces armes pouvaient encore blesser au-delà de 650 mètres mais la portée pratique était bien moindre. Au-delà de 300 mètres la plupart des mousquets devenaient imprécis, le Enfield, le Sharp et le Remington demeurant au-dessus de la norme.
Le fusil le plus utilisé par le Nord, à environ 1 million d'exemplaires, fut le Springfield modèle 1861. D'un calibre de 15mm (0.58) d'un poids de 4.1 kg et d'une longueur de 140cm, le M1861 est une version améliorée du M1855. Équipé d'un canon rayé il est précis jusqu’à 400 m environ ; sa mise à feu est assurée par le système à percussion à cartouche de fulminate. Le modèle précédent était équipé d'une bande d'amorces en rouleau afin d’éviter la manipulation d'amorce en cuivre pour chaque tir mais qui s'avéra décevante à l'usage car sensible à l'humidité.
Pendant la guerre le M1861 fut amélioré et donna la version M1863 qui fut le dernier fusil à chargement par la bouche de l'US Army. Fabriqué en deux types à 700 000 exemplaires, il ne différait du M1861 que par quelques petits détails comme les ressorts du fût de canon, la baguette pour le chargement, le pontet ou la chambre et le marteau de percussion.
Le second mousquet le plus utilisé pendant le conflit fut le Enfield P1853 (P pour pattern). Cette arme britannique produite pour les troupes coloniales indiennes de l'empire britannique servit durant plusieurs conflits dont la guerre de Crimée. Commandé en grand nombre auprès de contractuels par les sudistes, ce mousquet fut utilisé durant toute la guerre de Sécession. D'un calibre de 0.58, d'un poids de 4.3 kg et d'une longueur de 140cm, cette arme était excellente et meilleure que le Springfield à la plupart des distances de tir.
Le modèle précédent était donc le M1855 qui reprenait les spécifications du M1861 mais qui avait été pourvu d'un système original de bande amorçable enroulée dans un boîtier. Ce système est connu sous le nom de Maynard : des gouttes de fulminate était encachetées dans un rouleau de papier qui se déroulait au fur et à mesure des tirs évitant la manipulation des amorces. Mais le papier était sensible à la moisissure et fut abandonné au profit du système classique à amorce en cuivre. 60 000 mousquets M1855 furent produits.
Le Sharps Infantry Rifle est sans doute l'une des armes les plus célèbres de la Guerre de Sécession. Pedersoli propose une reproduction fidèle de ce fusil à bloc tombant, apprécié pour sa précision et sa cadence de tir rapide. Disponible en calibres historiques tels que le .54 ou le .45-70 Government, il est parfait pour les tireurs sportifs passionnés d’histoire militaire.
La Spencer Carbine, utilisée principalement par la cavalerie de l’Union, fut l’une des premières armes à répétition adoptées en masse. Chiappa propose une réplique exceptionnelle de ce modèle révolutionnaire à levier sous garde, chambré en calibres traditionnels, offrant aux tireurs la possibilité de vivre une expérience de tir fluide et authentique.
Chez ADL Armurerie, sont également proposées des reproductions du Springfield Model 1861 et du fusil Enfield Pattern 1853. Ces fusils à poudre noire, à chargement par la bouche, ont équipé massivement les troupes nordistes et sudistes et demeurent aujourd’hui incontournables pour les passionnés de reconstitution historique.
| Fusil | Camp Principal | Calibre | Caractéristiques |
|---|---|---|---|
| Springfield M1861 | Union | .58 | Canon rayé, système à percussion |
| Enfield P1853 | Confédération | .58 | Canon rayé, importé de Grande-Bretagne |
| Sharps Infantry Rifle | Union | .54, .45-70 | Fusil à bloc tombant, précis |
| Spencer Carbine | Union | .52 | Carabine à répétition, magasin tubulaire |
Bien que le mousquet à canon rayé et la balle Minié eussent déjà prouvé leur valeur respective dans des conflits précédant la Guerre Civile Américaine, appelée en Europe Guerre de Sécession, le système n’avait jamais été essayé sur une échelle aussi vaste. La « Guerre entre les Etats » vit des millions de fusils de type Minié de tous bords, les plus utilisés étant les Modèles 1855, 1858 et 1861 des Enfield anglais.
En fait, les autorités tant Fédérales que Confédérées, ayant chacune devant eux l’énorme tâche d’armer une multitude d’hommes, n’étaient souvent pas très regardantes quand il s’agissait de savoir où les armes avaient été achetées, et les produits issus de contrats des deux côtés de l’Atlantique étaient sujets à des variations subtiles en matière de style et de qualité.
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