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Dans le domaine des munitions de chasse, l'innovation est constante, visant à améliorer la performance, la sécurité et l'éthique de la chasse. Parmi ces innovations, la balle de chasse à déformation programmée occupe une place de choix. Cet article explore le fonctionnement de ces balles, leur évolution et leurs avantages.

L'Évolution des Balles de Chasse

L'histoire des balles de chasse a connu plusieurs étapes clés. Pour la première catégorie, la première balle à double noyau en étain d’une grande marque connu apparait en 2013, ceci pour répondre à la demande de certains chasseurs très attachés à l’architecture à double noyau en plomb. C’est l’Américain Fred C.

Cependant il faudra attendre les années 80 pour voir apparaitre une petite révolution dans le domaine. En effet Randy Brooks, propriétaire du nom de marque « Barnes », conçoit la X-Bullet nommée ainsi en référence à ses « pétales » en forme de X. Mais comme pour sa descendante spirituelle la Grom, elle n’était pas totalement « écologique ».

La Balle GPA et GPA² de Solgne

Voici une nouvelle qui va ravir nos amis chasseurs qui pratiquent l’approche avec des armes de calibre 7 mm. La marque Solgne sort sa balle GPA² pour ce calibre. Spécialement étudiée pour le tir à longue distance avec un profil extrêmement aérodynamique ainsi qu’une coiffe balistique en polycarbonate, cette ogive d’un poids de 130 grains (8,4g) est conçue pour développer une fragmentation programmée.

Une fois cette phase accomplie, les pétales s’écartent progressivement du noyau résiduel. Les pétales de très faible poids sont stoppées dans le corps de l’animal, alors que le noyau dur poursuit son chemin créant la plupart du temps un orifice de sortie. Cette sortie, ainsi que les lésions engendrées par les pétales, assurent une très importante hémorragie.

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Les pétales assurent des lésions supplémentaires occasionnant une baisse de tension artérielle (supérieure aux projectiles classiques) provoquant un arrêt cardio-respiratoire. Cette ogive est proposée pour les calibres 7×64 mm, 7x65R et 7 mm Remington Magnum et vient rejoindre sa grande sœur en calibre 30 (poids de 168 grains soit 10,9g) déjà disponible pour le 308 Winchester, le 30.06 Springfield, le 300 Winchester Magnum et le 300 Weatherby Magnum.

L’essai de tir dans le bois (planche, bûche …) n’entraine pas de pétalisation ; il en est de même lorsque la balle passe dans la terre ; il faut en effet un milieu « liquide » pour entrainer cette pétalisation (l’expansion de la balle GPA ne se fait que lorsque la cavité frontale du projectile se remplit de fluide incompressible (comme les tissus biologiques composés à 85 % d’eau).

En conclusion la balle GPA comme toutes les autres munitions expansives peut fragmenter mais sans être plus dangereuse que les autres ; de toutes façons il convient d’être extrêmement prudent car toutes les balles sont dangereuses. Depuis 2006 j’ai fabriqué en France à Lamotte Beuvron, deux millions de balles GPA sans retour de constat d’accident touchant quelque personne que ce soit, (chasseurs, traqueurs, promeneurs, …).

Caractéristiques des Ogives Monolithiques

La canule centrale c’est le petit « trou » dont sont dotées les ogives monolithiques. « Trou » qui peut être recouvert par un élément protecteur, un élément aidant à l’expansion ou bien encore améliorant le coefficient balistique. La rétention de la masse de ce type d’ogive avoisine les 100 %. Cependant, certaines, de par leur conception, perdent leurs pétales.

Sans entrer dans les détails, elles garantissent aujourd’hui un coefficient de frottement moins important dans les canons en minimisant les surfaces en contacts, autorisant au passage de grandes vitesses et une usure moindre des canons. Une expansion facilitée dans tout type de tissu, programmée et contrôlée sans déformation anarchique, et un bon coefficient balistique.

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Les Balles (Presque) Lisses à Calepiner

Des balles ( presque ) lisses à calepiner .Qui dit balle à calepiner dit balle lisse , sans gorges de graissage . Les moules existent , de toutes formes et poids , dans un choix de calibres conséquent ; voir chez BuffaloArms .

Je les trouve bien chers pour un simple cylindre basique .Pour un tel moule il ne faut pas se tromper dans le choix du diamètre , sans compter qu'entre une balle " chasse " tirée en PN et une balle PN pour les silhouettes ou les longues distances le diamètre ne sera pas le même .

Alors si on y rajoute une balle pour PSF on aura vite fait de sacrifier le livret A .Heureusement pour les petites retraites macronées ( une des premières mesures de notre vénéré président ) il y a la solution de modifier des balles à gorges de graissage ; pour se faire plaisir aux courtes distances que sont les 200 m , ou moins , c'est suffisant .

Réduire le diamètre implique un effacement partiel des gorges , on ne parviendra pas cependant à la transformer en une vraie balle lisse . Mais après tout la balle à gorges donne d'excellents résultats , alors pourquoi pas la même avec ses gorges atténuées ? Avec l'avantage du calepin , donc une balle sans lubrifiant .

On se tourne alors vers un calibreur de graisseuse et d'emblée ça se complique ; si l'aloi de la balle ( forcement à base de plomb ) est trop mou , le plomb va virer au champignon et ira rejoindre le musée des horreurs en compagnie des étuis plissés .

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Si elle est " dure " (*) l'effort à exercer sur le levier est excessif ; j'y rajoute une grand rallonge ce qui m'a valu de ressentir un effet shamalow lors d'un calibrage, la bride en étrier de la calibreuse s'étant littéralement déchirée .Donc on se dit qu'il faut passer par plusieurs diamètres pour atteindre celui qui est souhaité ; il suffit de posséder un bon choix de calibreurs .

Avec l'expérience on apprend qu'il en faut beaucoup , par exemple une balle en .45" sortie du moule à .460" devra passer à .454 , puis .450 , puis .446 et même .442 si elle est destinée à un chargement par la bouche . .004" de rétreint par passe me semble un bon compromis . Certains de ces calibreurs ne sont pas répertoriés et , cumulés , ça représente une dépense conséquente .

Sans compter que si l 'ogive de la balle est un tant soit peu sécante ( pointue ) , et même avec le bon poussoir , c'est une déformation inévitable . Pour la précision un nez qui n'est plus dans l'axe du corps c'est à exclure .Heureusement la solution existe , c'est pousser la balle par sa base et non par son ogive . Mais on ne trouvera pas ces calibreurs ( comme Lee ) dans tous les diamètres .

Alors ? (*) En PN arme longue une balle en Lyman n° 2 est considérée déjà comme dure , 1/30 une moyenne , 1/40 comme dureté standard . Selon les auteurs .

En partant de, en pourcentage : plomb pur , étain , antimoine , on a :

  • Lyman n° 2 : 90 / 5 / 5 , BHN de 15
  • 1/20 : 95 / 5 / 0 , BHN de 10
  • 1/30 : 97 / 3 / 0 , BHN de 9
  • 1:40 : 97,5 / 2,5 / 0 , BHN de 8,5
  • Plomb pur : 100 / 0 / 0 , BHN de 5

Techniques de Calibrage

Un outil le plus creux possible ( Seater par exemple ) sera sacrifié (*) , tourné intérieurement par accepter un calibreur de graisseuse et son jonc torique , calibreur placé par le dessous en butée sur l'outil .Un poussoir au bon diamètre ( le plus fort possible pour rentrer dans le calibreur ) est facile à tourner dans une grosse vis .

Mais un calibreur a un cône d'entrée court et de peu d'angle , prévu et suffisant pour une balle standard , ce qui oblige à en utiliser plusieurs pour arriver au diamètre final .Alors ? (*) je vois sur le web US youtube ( je n'ai rien inventé ) des étasuniens qui utilisent de grosses vis au pas des outils de rechargement . si vous savez où les trouver en France ...

En bas l'outil sacrifié , un poussoir de bélier tourné et un calibreur maison à .442" sans trous de graissage ( inutiles ) ; à l'origine prévu en finition sur une calibreuse- graisseuse . Son cône d'entrée à été amélioré mais c'est encore insuffisant , même en la guidant la balle n'est pas toujours dans l'axe .

En haut : la solution simplissime c'est d'usiner des calibreurs plus longs ce qui autorise une entrée plus progressive et un meilleur guidage de la balle . On ne fera pas l'économie d'en utiliser plusieurs au besoin ( le champignon ) , mais bien moins nombreux qu'avant .

Par exemple , et selon la dureté de l'aloi , une balle à .408" ( calibre .40-60 WCF ) en sortie de moule , calibrée à .400 puis .395 , balle qui une fois calepinée deux tours sera à .402" , le diamètre final recherché pour un alésage du canon à .400" .

Le calibreur " maison " étant rentré par le bas de l'outil , il lui faut un jonc torique pour le maintenir à poste .

A contre-jour , la balle prise entre les deux becs du pied à coulisse , je la fais tourner pour m'assurer qu'elle n'est pas déformée . Les deux jours de part et d'autre de l'ogive indiquent que le nez n'a pas été dévié ; et pour cause , la balle a été poussée par sa base . On ne peut pas espérer ce résultat en forçant la balle par son ogive .

Une vingtaine de balles rien que pour le calibre .45 armes longues , de quoi satisfaire les .45 Colt , .454 Casull PN , .45-60 , .45-70 et .45-90 .

Des vis CHc (BTR) en 7/8-14 (assez courtes) j'en avais récupéré quelques unes à l'Alsthom, et un copain en avait déniché quelques autres ailleurs, donc ce n'est visiblement pas une denrée ultra-rare dans la grosse industrie.

Mais c'est un peu chiant à usiner proprement car la dureté est très inégale et ce n'est généralement pas un alliage optimisé pour l'usinage, ces boulons étant fabriqués par forgeage / matriçage et filet roulé.

Comparativement à l'usinage d'un manchon destiné à recevoir des calibreurs du commerce, il est bien plus facile d'usiner des calibreurs aux cotes d'un manchon existant : Lynx, Crimp-Die LEE, Collet-Die LEE, Neck-Sizer ou Seater TPM, etc. Ce sont malheureusement 4 diamètres différents, métriques pour Lynx (18.0 mm) et TPM (17.0 mm pour les 7/8 et 25.0 mm pour les 1"1/4).

En usinant le calibreur on peut aussi donner à l'alésage d'entrée une longueur correcte (càd un poil plus long que le corps du projectile le plus long), l'alésage de calibrage n'ayant pas besoin d'être bien long.

Car le problème du calibrage, c'est que la balle n'a strictement aucune raison de s'enfoncer bien droite, et ce n'est pas l'alésage de sortie qui va l'aligner, puisqu'au départ elle n'est pas encore dedans. C'est donc l'alésage d'entrée qui la guide, et il faut qu'il soit le plus ajusté possible à la la balle (le mieux étant qu'elle y rentre à frottement doux).

Pour couvrir tous les cas de figure, avec les différents alésages d'entrée et de sortie, il faudrait un très grand nombre de calibreurs.

Une disposition que je n'ai pas essayée, c'est de séparer le tube d'entrée et le tube de sortie afin de permettre toutes les combinaisons possibles.

Il faudrait cependant que les tubes soient toujours en parfait alignement ! Ce que l'on pourrait vraisemblablement obtenir par une emboîture conique, de même conicité que l'angle désiré pour la portée de calibrage (le tube calibreur aurait donc une entrée en cône femelle qui en partie intérieure servirait au calibrage et en partie extérieure au centrage du tube de guidage, lequel serait pourvu d'une sortie en cône mâle).

Pour la conicité de la portée de calibrage il ne faut peut-être pas exagérer : dans le principe ça ressemble tout de même aux filières de tréfilage (fils de fer, acier "étiré"), pour lesquelles on avait reconnu qu'un angle très faible n'était pas avantageux. Car bien que le métal rentre effectivement mieux, la surface de frottement dans la portée de calibrage augmente beaucoup ; et l'effort de frottement supplémentaire dépasse l'économie obtenue sur l'effort de calibrage...

Il est évident qu'une lubrification facilite la pénétration (honni soit qui mal y pense !)

Je n'ai malheureusement pas de données techniques précises, relatives à la détermination des profils d'entrée de filières d'étirage.

Par exemple une balle à .400" qui sera réduite avec un calibreur à .395".Après le cône il n'y a qu'un seul alésage jusqu'à la sortie . La balle est entièrement prise dans l'alésage avant de sortir du calibreur . Et c'est là que se fait la différence avec un calibreur RCBS ou Lyman .

Le fait que le cul , la base de l'ogive , de la balle soit plat et en appui sur le poussoir de bélier bien plat et d'équerre fait que la balle rentre bien dans l'axe ou , si elle n'y est pas , se centre d'elle même . Comment en suis-je si certain ? Et bien parce qu'une fois calibrée ( ou recalibrée s'il y a eu plus d'un passage ) le diamètre est régulier ( plusieurs mesures sur la périphérie ) , bien plus régulier que sur la balle sortie du moule (*).

De plus la vérification du nez entre les becs du Roch montre une symétrie quasi parfaite .(*) En sortie de moule , quel qu'il soit , de grande marque ou apacher , neuf , je n'ai jamais rencontré une balle parfaitement cylindrique ; et ce même après réglage des coquilles , re-surfaçage ou autre intervention . On retrouve toujours une différence de lecture au Palmer , parfois infime , juste à côté du cordon de jonction des coquilles .

J'ai lu ( toujours sur les échanges US ) que la valeur de .0005" ( un peu plus d'1/10 de mm ) est négligeable et sans conséquence sur la précision , tests à l'appui .

deGuers a écrit:" Alésages d'entrée et de sortie ": là je ne comprends pas ; en fait mes calibreurs sont simplement plus longs que ceux des graisseuses , avec un cône d'entrée modeste , progressif , mais suffisant pour accepter d'emblée une balle bien sûr lubrifiée . Par exemple une balle à .400" qui sera réduite avec un calibreur à .395".

Après le cône il n'y a qu'un seul alésage jusqu'à la sortie . La balle est entièrement prise dans l'alésage avant de sortir du calibreur . Et c'est là que se fait la différence avec un calibreur RCBS ou Lyman .

Le fait que le cul , la base de l'ogive , de la balle soit plat et en appui sur le poussoir de bélier bien plat et d'équerre fait que la balle rentre bien dans l'axe ou , si elle n'y est pas , se centre d'elle même ...C'est pourtant simple :D'abord un alésage "d'entrée" recevant la balle brute, avec le moins de jeu possible (et même à frottement doux), afin de la guider avant qu'elle n'entre dans le cône de calibrage ; puis le cône de calibrage ; puis un alésage "de sortie", au diamètre final, qui n'a pas besoin d'être aussi long que l'entrée mais qui sera tout de même chargé de guider la balle à la fin du calibrage, quand elle ne sera plus guidée par l'alésage d'entrée.

Car se fier à la perpendicularité du cul de la balle et du sommet du poussoir, avec du plomb mou c'est pas prudent...On pourrait aller plus loin, en ajustant le poussoir, mais c'est compliqué :

Etant donné qu'il doit passer (certes juste) dans l'alésage de sortie, au moment de l'entrée il n'est pas guidé. Il faudrait placer autour du poussoir une bague coulissante, ajustée intérieurement sur le poussoir et extérieurement dans l'alésage d'entrée ; mais la différence est si faible que la bague devrait être très mince, trop mince...

Il faudrait alors prévoir à l'entrée un petit chambrage de plus grand diamètre, dans lequel s'encastrerait la bague qui pourrait alors avoir plus d'épaisseur.

Mais ça complique bien les choses !

Des recalibreurs de balle j'en ai fait quelques uns, de divers systèmes pour essayer de simplifier la fabrication. Et j'ai finalement laissé tomber, trouvant plus simple d'usiner le moule au diamètre requis.

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